Atia
Gens plébéienne · IIe s. – Ier s. av. J.-C. · Iconographie numismatique · République romaine
La gens Atia, parfois écrite Attia, était une famille plébéienne à Rome. Le premier de cette gens à se faire connaître fut Lucius Atius, tribun militaire en 178 av. J.-C. Plusieurs membres des Atii servirent dans la guerre civile entre César et Pompée. La gens Attia peut être identique à cette famille, bien que les individus connus sous ce nom aient vécu près d'un siècle après les Atii les plus notables et ne soient pas connus pour avoir été apparentés.
La gens ne semble pas avoir été d'une grande antiquité, et aucun de ses membres n'a jamais atteint le consulat. Cependant, comme Auguste y était lié du côté de sa mère — Atia Balba Caesonia, nièce de Jules César — la flatterie des poètes tire son origine d'Atys, fils d'Alba et père de Capys, sixième roi d'Alba Longa, ville mère de Rome fondée traditionnellement par Ascanius, le fils d'Énée.
Le savant vénitien Paulus Manutius a supposé que la famille des Labieni appartenait à la gens Atia, opinion suivie par la plupart des écrivains modernes. Cependant, Spanheim a souligné qu'il n'y avait aucune autorité pour cela : comme Labienus ne se trouve pas comme cognomen d'une personne nommée Atius, ni dans aucune autre gens, c'est probablement le nomen d'une gens séparée.
« Comme Auguste y était lié du côté de sa mère, la flatterie des poètes tire l'origine de la gens Atia d'Atys, sixième roi d'Alba Longa, ville mère de Rome. »
— Virgile, Énéide, v. 568 · Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 3
La gens Atia doit sa postérité non à ses propres magistrats, mais à un lien familial d'une portée considérable : Atia Balba Caesonia, fille de Marcus Atius Balbus et nièce de Jules César, était la mère d'Octave Auguste. Ce lien maternel donna à la gens Atia une place unique dans l'imaginaire dynastique julio-claudien.
Les poètes augustéens construisirent en conséquence une généalogie prestigieuse, rattachant la famille à Atys, fils d'Alba et père de Capys — figures de la légendaire lignée albaine issue d'Énée et d'Ascanius. Virgile mentionne ce nom dans l'Énéide, et Tite-Live en retrace la chaîne dans le premier livre de l'Ab Urbe Condita. Ainsi, une gens qui n'avait jamais atteint le consulat se trouvait soudainement intégrée dans la mythologie fondatrice de Rome.
Le débat érudit sur le rattachement des Labieni à la gens Atia illustre la difficulté d'établir des généalogies romaines certaines. Paulus Manutius (XVIe s.) avait proposé que Labienus fût un cognomen de la gens Atia — hypothèse reprise par la plupart des modernes. Mais Ézéchiel Spanheim (De Praestantia et usu Numismatum Antiquorum, II, 11–12) démontra qu'aucune source ne confirme ce lien : Labienus ne figure nulle part comme cognomen d'un Atius. Il s'agit donc vraisemblablement du nomen d'une gens indépendante — ce qui n'empêcha pas Quintus Labienus d'être classé, par commodité numismatique, dans les émissions de la gens Atia sur les monnaies qu'il frappa en 40 av. J.-C.
Quintus Labienus Parthicus fit émettre un aureus (1706AT) et un denier (1707AT) tirés du même coin. La légende Q LABIENVS PARTHICVS identifie ce magistrat. Ces émissions de 40 av. J.-C. sont frappées durant la courte période d'hégémonie parthe en Asie Mineure et en Syrie, lorsque Labienus commandait les forces parthes contre Rome — contexte exceptionnel qui rend ces monnaies parmi les plus rares et les plus recherchées de toute la numismatique républicaine. Cliquez sur une monnaie pour afficher le détail.
La gens Atia incarne un paradoxe romain : une famille sans grand éclat politique propre, jamais portée au consulat, mais dont le lien maternel avec Octave Auguste lui valut une postérité exceptionnelle. La production monétaire associée à cette gens est concentrée sur deux émissions uniques : l'aureus et le denier de Quintus Labienus Parthicus (40 av. J.-C.), frappés dans des circonstances politiques et militaires extraordinaires.
Le cognomen Parthicus — habituellement réservé aux généraux victorieux des Parthes — est ici utilisé de manière paradoxale par Labienus, qui commandait pour les Parthes contre Rome, après avoir trahi la cause républicaine. Ces monnaies constituent un témoignage numismatique unique d'un épisode bref mais dramatique des guerres civiles.
Quintus Labienus Parthicus — 40 av. J.-C.
- Virgile (Publius Vergilius Maro), Énéide, v. 568 — mention d'Atys dans la généalogie légendaire rattachée à la gens Atia par les poètes augustéens.
- Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, 3 — Atys, sixième roi d'Alba Longa, père de Capys, dans la lignée fondatrice issue d'Ascanius et d'Énée.
- Smith, W., Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology — notice Atia (source principale de cet article).
- Spanheim, É., De Praestantia et usu Numismatum Antiquorum, II, 11–12 — démonstration que les Labieni constituent une gens distincte de la gens Atia.
- Crawford, M.H., Roman Republican Coinage, Cambridge University Press, 1974 — RRC (Q. Labienus Parthicus).
- Babelon, E., Description des Monnaies de la République Romaine, Tome I — notice Atia.
- CRRO — Coinage of the Roman Republic Online
- OCRE — Online Coins of the Roman Empire
- Gallica — Bibliothèque nationale de France — source des photographies
- LesDioscures.com — Iconographie numismatique romaine
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