1522PO – As Sextus Pompée _ Eppius

1522PO – As Sextus Pompée _ Eppius Avers : MAGNVS (ou (MA)GNVS, MAGNV, ou MAGN) PIVS IMP. F. (Magnus Pius, imperator filius) Tête laurée de Janus, les deux faces sont séparées par un autel autour duquel est enroulé un serpent. Revers : EPPIVS LEG (Eppius legatus) Proue de navire à droite. British Museum 24.38g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Hispanie Datation : 44 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gentes : Pompeia et Eppia Références : RRC 478/1a – B.19 (Pompeia) – Syd.1045 Cet as est une pièce maîtresse pour comprendre comment Sextus Pompée a transformé une défaite militaire en une résistance idéologique durable. 1. Le Contexte : La survie en Hispanie (45-44 av. J.-C.) Alors que son frère Cnaeus a été exécuté après la défaite de Munda, Sextus parvient à s’échapper. Cet as est frappé dans ce contexte de guérilla en Hispanie (Espagne). Le rôle de Marcus Eppius : La mention EPPIVS LEG (Eppius Legatus) est capitale. Marcus Eppius était un sénateur, ancien partisan de Pompée le Grand, qui a rejoint Sextus. En signant la monnaie en tant que Legatus (Légat), il confère une légalité républicaine à l’action de Sextus. Ce n’est pas la monnaie d’un pirate, mais celle d’un représentant officiel de ce qui reste de la « vraie » République face aux héritiers de César. Le financement de la révolte : Ces bronzes massifs servent à payer les troupes locales et les mercenaires, tout en faisant circuler un message politique fort dans une province historiquement fidèle à la famille Pompée. 2. Le Symbolisme : La naissance du « Pius » L’iconographie de l’as RRC 478/1 pose les bases de la mystique pompéienne : Janus et l’Autel (Avers) : L’élément distinctif de cette série est l’autel placé entre les deux faces de Janus sur la variante 478/1a. Signification : L’autel symbolise le sacrifice et la dévotion religieuse. Il renforce le titre de PIVS (Pieux) que Sextus adopte. Pour lui, la guerre n’est pas une ambition personnelle, mais un devoir sacré de vengeance et de respect envers son père assassiné. L’assimilation au père : Bien que ce soit Janus, les traits sont volontairement calqués sur le portrait de Pompée le Grand. C’est une manière de dire : « Mon père veille sur nous, il est devenu une figure tutélaire de l’État. » La Proue et le serpent (Revers) : La proue de navire est classique, mais elle prend ici une dimension prophétique. Sextus n’est pas encore le « Fils de Neptune » de Sicile, mais il affirme déjà que son avenir — et celui de Rome — se jouera sur l’eau. Sur certains exemplaires, un serpent est enroulé autour de l’autel à l’avers, symbole de protection ou de génie tutélaire. Marcus Eppius, le monétaire associé à cet as, est une figure historique qui incarne la fidélité absolue au clan Pompée à travers les crises de la fin de la République. Son rôle dépasse celui d’un simple magistrat : il est un officier supérieur (un « Légat ») qui gère les finances d’un camp en résistance. Voici les informations clés sur ce personnage : 1. Identité et Statut : Un « Légat du Trésor » Marcus Eppius était un sénateur romain. Son titre complet sur d’autres émissions est souvent précisé comme Legatus Fisci Castrensis (Légat du trésor militaire). Signification : Cela signifie qu’il n’était pas un magistrat monétaire civil à Rome (les IIIviri monetales), mais un responsable financier de haut rang chargé de la gestion du trésor de guerre de l’armée pompéienne. Légitimité : Sa présence sur la monnaie aux côtés de Sextus Pompée sert à démontrer que le camp de Sextus n’est pas un groupe de rebelles, mais qu’il dispose de cadres administratifs officiels issus du Sénat. 2. Une carrière de fidèle (de l’Afrique à l’Espagne) L’histoire de Marcus Eppius est celle d’un homme qui a suivi la cause pompéienne de province en province, refusant de se soumettre à Jules César : En Afrique (47-46 av. J.-C.) : Avant de rejoindre Sextus en Espagne, il servait sous les ordres de Metellus Scipio en Afrique du Nord. Il a d’ailleurs frappé des monnaies pour lui avec le titre de légat. Le pardon refusé : Après la défaite de Thapsus, il a été gracié par César. Cependant, au lieu de rentrer à Rome, il a choisi de rejoindre les fils de Pompée (Cnaeus et Sextus) en Espagne pour continuer la lutte. En Espagne (45-44 av. J.-C.) : C’est à ce moment qu’il frappe cet as RRC. Il est l’architecte financier de la reconstruction de l’armée de Sextus après le désastre de Munda. 3. Son rôle sur cet As Sur cette monnaie, son nom apparaît clairement au revers : EPPIVS LEG. Un garant technique : Sa signature garantit le poids et l’aloi de la pièce, une nécessité pour que les soldats acceptent leur solde. Un message politique : En associant son nom (celui d’un sénateur reconnu) au portrait de Janus/Pompée, il valide la propagande de Sextus. Il aide à forger l’image du fils « pieux » (Pius) qui agit sous les conseils d’hommes d’État respectables. En résumé Marcus Eppius n’est pas un simple « graveur » ou un fonctionnaire subalterne. C’est un allié politique de premier plan, un expert financier qui a permis à Sextus Pompée de maintenir une structure étatique et militaire crédible en Espagne. Variante :Sans autel entre les deux têtes et sans légende à l’avers. Références : RRC 478/1b – B.19 (Pompeia) – Syd.1045a British Museum 13.5g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) : La proue de navire ne comporte que la coque. Elle est orientée à droite. Le pont est vide. Il ne comporte aucune structure, ce qui le différencie des autres représentations. L’éperon est dans l’axe de la quille et d’une étrange ligne oblique qu’on peut interpréter comme une préceinte et qui sert à diffuser l’énergie de l’impact de l’éperonnage vers l’ensemble de la structure. L’éperon est d’un éperon à trois lames. Une préceinte haute, horizontale, ne semble pas servir de support à un preombolon. L’étrave est concave comme on le voit rarement sur les navire de guerre de l’époque. Au
1467EP – Denier Scipion – Eppius

1467EP – Denier Scipion – Eppius Avers : Q. METELL / SCIPIO. IMP (Quintus Metellus Scipio imperator) Tête de l’Afrique à droite, coiffée de la dépouille d’éléphant avec un épi de blé placé devant le visage et un araire sous le buste. Revers : EPPIVS/ LEG. F. C (Eppius Legatus Fisci Castrensis, Eppius légat du trésor des camps) Hercule nu debout de face, la léonté sur le bras, appuyé sur sa massue reposant sur un rocher. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Eppia et Caecilia Références : RRC 461/1 – B.50 (Caecilia) – Syd.1051 Ce denier ne se contente pas d’être une unité monétaire ; c’est un véritable manifeste politique et religieux frappé par les derniers défenseurs de la République romaine en exil. 1. Symbolisme de l’Avers : L’Afrique nourricière Le droit de la pièce est dominé par la personnification de l’Afrique. La dépouille d’éléphant : Ce couvre-chef (exuvie) identifie immédiatement le continent. C’est un rappel de la souveraineté de Scipion sur cette terre où il s’est réfugié. Les attributs agricoles (Épi de blé et Araire) : Avant la conquête de l’Égypte, l’Afrique (autour de Carthage) était le principal grenier à blé de Rome. En plaçant ces symboles, Scipion affirme qu’il contrôle l’approvisionnement vital de la Ville, menaçant ainsi indirectement César d’une famine à Rome. La Légende : Q·METELL SCIPIO·IMP. Scipion revendique son titre d’Imperator, soulignant son autorité militaire légitime face à l’usurpation qu’il attribue à César. 2. Symbolisme du Revers : La Force Divine (Hercule-Melqart) Le revers présente un Hercule musclé, appuyé sur sa massue. Identité double : Si pour un Romain il s’agit d’Hercule, pour les populations locales (et pour l’allié de Scipion, le roi Juba Ier de Numidie), il s’agit de Melqart, la divinité tutélaire phénicienne. Ce choix iconographique vise à rallier les forces locales à la cause pompéienne. Référence artistique : La posture d’Hercule, appuyé sur sa massue recouverte de la peau du lion de Némée, évoque le style de la célèbre statue de l’Hercule Farnèse (une copie de Lysippe). Elle symbolise la persévérance et la force brute après l’effort, une métaphore de la résistance républicaine. Le magistrat Eppius : La mention EPPIVS LEG·F·C indique que Marcus Eppius était le légat chargé du trésor militaire (Fiscus Castrensis). 3. Contexte Historique : L’ultime résistance (47-46 av. J.-C.) La pièce est frappée dans un atelier militaire itinérant en Afrique du Nord, durant l’une des phases les plus sombres de la guerre civile. Le refuge des « Optimates » : Après la défaite de Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.), les chefs républicains (Scipion, Caton d’Utique) se regroupent en Afrique. Ils forment une coalition puissante avec le roi Juba Ier, disposant d’une armée imposante incluant des éléphants de guerre. Légitimité dynastique : Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio cumule les noms de deux des plus grandes familles de Rome (les Metelli et les Scipions). En tant que descendant (par adoption) du vainqueur de Carthage, sa présence en Afrique possède une charge symbolique immense : « un Scipion ne peut être vaincu en Afrique ». La fin d’un monde : Ce denier sert à payer les légions juste avant la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). La victoire écrasante de César marquera la fin de cette résistance. Scipion se donnera la mort peu après, pour ne pas survivre à la chute de la République. Note numismatique : Ce denier est particulièrement apprécié pour la finesse de ses détails, notamment le rendu de la trompe de l’éléphant sur l’avers. L’information monétaire sur ce denier se concentre principalement sur le magistrat responsable de l’émission : Marcus Eppius. 1. Le Magistrat : Marcus Eppius Marcus Eppius n’est pas un « magistrat monétaire » classique (tresvir monetalis) travaillant à Rome. C’est un légat (officier supérieur) du parti pompéien. Identité : Membre de la gens Eppia (famille plébéienne), il est l’un des lieutenants fidèles de Quintus Metellus Scipion. Carrière : Après la défaite en Afrique (Thapsus, 46 av. J.-C.), il fait partie des rares officiers graciés par Jules César. Cependant, il choisit de reprendre les armes en rejoignant Sextus Pompée (le fils de Pompée le Grand) en Espagne pour poursuivre la lutte. 2. Sa fonction monétaire : LEG·F·C La légende au revers de la pièce est capitale pour comprendre son rôle technique. L’abréviation signifie : LEG(atus) F(isci) C(astrensis) — Légat du Trésor Militaire (ou du Fisc du Camp). Le Fiscus Castrensis : Contrairement à l’argent public géré par le Sénat à Rome (Aerarium), le fiscus castrensis était le trésor personnel d’un général en campagne. Rôle : Eppius était le responsable comptable et logistique. Il gérait les stocks de métal précieux (souvent issus de réquisitions ou de dons d’alliés comme le roi Juba Ier) et supervisait la frappe des monnaies pour payer la solde des soldats. 3. L’Atelier Monétaire Ce denier est ce qu’on appelle une émission militaire itinérante. Localisation : On estime généralement que l’atelier était situé à Utique (en actuelle Tunisie), qui servait de quartier général aux partisans de la République, ou qu’il suivait directement les déplacements de l’armée de Scipion à travers la province d’Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Eppia. Le seul membre de cette famille qui soit historiquement connu et qui fit frapper monnaie, est M. Eppius qui prit une part active dans les troubles de la fin de la république et figura parmi les principaux chefs du parti pompéien. Il se distingua d’abord comme lieutenant de Q. Metellus Scipion dans la guerre que celui-ci soutint en Afrique contre Jules César ; après Pharsale, il se rangea sous les étendards de Cn. Pompée ; mais à la suite de la bataille de Thapsus en 708 (46 av. J.-C.), il obtint son pardon de César, et l’histoire le perd de vue. Toutes ses monnaies ont été frappées pendant qu’il était lieutenant de Q. Metellus Scipion, de Jules César et de Sextus Pompée, dont elles portent les noms en même temps que