1568AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius

1568AN – Quinaire Fulvie – Marcus Antonius Avers : Anépigraphe Buste ailé de Victoria (la Victoire) à droite sous les traits de Fulvie. Revers : DVNI A XL // LVGV (Lugduni/ Anno quarantegesimus, Lyon quarantième anniversaire) Lion passant à droite. Bibliothèque nationale de France 1.54g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antonia Références : RRC 489/5 – B.32 (Antonia) – Syd.1360 Ce quinaire n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et un témoin chronologique rare de la montée en puissance de Marc Antoine après l’assassinat de Jules César. Ce quinaire est indissociable de la fondation de Lugdunum (Lyon) et du contrôle de la Gaule par Antoine. 1. Le Symbolisme de l’Iconographie L’imagerie de cette pièce combine des symboles traditionnels romains et des messages personnels forts : L’Avers : La Victoire et Fulvie Le buste de la Victoire ailée est omniprésent sur les quinaires (type « victoriatus »). Cependant, les traits de cette Victoire sont largement acceptés par les historiens comme étant ceux de Fulvie, l’épouse de Marc Antoine. Signification : C’est un acte d’audace politique. Faire figurer les traits d’une femme vivante sur une monnaie était sans précédent à Rome. Cela montre l’influence de Fulvie et la volonté d’Antoine de rompre avec les traditions républicaines pour instaurer une forme de « dynastie » personnelle. Le Revers : Le Lion marchant Le lion est le symbole personnel par excellence de Marc Antoine. Selon les récits de l’époque (notamment Plutarque), Antoine se prétendait descendant d’Hercule et, pour affirmer sa force, il fit un jour défiler un char tiré par des lions dans les rues de Rome. Signification : Le lion incarne la force brute, le courage et la domination. En plaçant cet animal au revers, Antoine rappelle son caractère indomptable et son statut de chef militaire (Imperator) capable de dompter les forces les plus sauvages, y compris la Gaule. 2. Le Contexte Historique : L’An 43 av. J.-C. La période de frappe (fin 43 av. J.-C.) est l’une des plus instables de l’histoire romaine. Le Second Triumvirat : La pièce est émise juste après la formation du Second Triumvirat (novembre 43 av. J.-C.) entre Octave, Marc Antoine et Lépide. Antoine reçoit le gouvernement de la Gaule Chevelue. La Naissance de Lyon (Lugdunum) : La colonie de Lugdunum venait d’être fondée en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus. Antoine y installe un atelier monétaire pour payer ses légions. Le quinaire était un module très apprécié en Gaule car son poids correspondait à l’ancien denier gaulois, facilitant ainsi les échanges avec les populations locales. Le Jalon Chronologique (A XL) : L’inscription A XL (Anni 40) est unique. Elle indique qu’Antoine avait 40 ans au moment de l’émission. Ce détail permet de dater la pièce précisément avant son 41e anniversaire (marqué par le type A XLI / RRC 489/6), soit entre novembre 43 et janvier 42 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette pièce a été émise dans l’atelier de Lyon; en effet, un quinaire aux mêmes types porte en légende au revers, LVGVDVNI; on y lit en même temps le chiffre XL. Borghesi a prouvé que ces chiffres XL et XLI (40 et 41) représentent l’âge de Marc Antoine à l’époque où ces pièces furent frappées, c’est-à-dire, ainsi que l’a démontré F. Bompois , en 711 et 712, après que, sur l’ordre du Sénat, -une colonie eût été envoyée à Lyon sous la conduite de L. Munatius Plancus; la Gaule était alors placée sous le commandement supérieur de Marc Antoine.L’attribution de ces traits féminins à Fulvie, la première femme de Marc Antoine, ne peut être -contestée depuis que M. Waddington a publié une monnaie de la ville de Fulvia de Phrygie, sur laquelle on voit un buste ailé analogue à celui qui est figuré sur le présent quinaire, et qui ne saurait être autre chose, comme l’a démontré le savant auteur de cette découverte, que le portrait de Fulvie . C’est la première fois que les traits d’une femme paraissent sur les médailles romaines. Quant au type du revers, il reçoit son explication d’un passage de Pline qui raconte que Marc Antoine fit dompter des lions qu’il dressa à traîner son char: dès le temps de la bataille de Pharsale, le futur triumvir, pareil à Cybèle, prenait plaisir à figurer sur un bige de lions; c’est sans doute ce fait que rappelle le type des quinaires de la colonie de Lugdunum On voit également un lion en course sur une monnaie légionnaire d’Auguste publiée par M. Friedlaender, et qui porte pour toute légende LEG. XVI. Lieux de découverte (9 exemplaires)
1075FU – Denier Fulvia – Cneius Fulvius

1075FU – Denier Fulvia – Cneius Fulvius Avers : ROMA Tête casquée de Rome à droite, sous le menton marque de valeur (XVI) en monogramme. Revers : C(N F)O(VL) M. C(AL.) Q. (ME)T (Cneius Fulvius, Marcus Calidius, Quintus Metellus) Bige galopant à droite, conduit par la Victoire tenant une couronne de la main droite et les rênes de la gauche. British Museum 3.89g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 117-116 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Fulvia, Calidia et Caecilia Références : RRC 284/1b – B.1 (Fulvia) – Syd.539a Ce denier a été frappé par un collège de trois magistrats monétaires, les tresviri monetales, qui étaient responsables collectivement de l’émission des monnaies. Ces magistrats étaient : Q. Caecilius Metellus M. Calidius Cn. Fulvius Information sur les Monétaires L’information la plus significative concerne Q. Caecilius Metellus, qui est identifié par les historiens et les numismates comme étant le futur Quintus Caecilius Metellus Numidicus. Être tresvir monetalis était généralement la première étape importante du cursus honorum (la carrière politique) pour les jeunes hommes de l’aristocratie romaine. 1. Quintus Caecilius Metellus Numidicus Période monétaire : 117–116 av. J.-C. (en tant que tresvir monetalis). Carrière ultérieure : Il est devenu l’une des figures politiques les plus importantes de la République romaine tardive. Consul en 109 av. J.-C. Général victorieux dans la Guerre de Jugurtha en Numidie. Il reçut l’honneur d’un triomphe et l’agnomen (surnom) Numidicus pour ses victoires. Censeur en 102 av. J.-C. Il était un chef de file de la faction aristocratique (les Optimates) et un farouche opposant au populaire Caius Marius, ce qui l’a mené à l’exil pour un temps. 2. M. Calidius et Cn. Fulvius Les deux autres monétaires, M. Calidius et Cn. Fulvius, sont beaucoup moins connus. Il est fréquent que sur un collège de trois monétaires, l’un soit issu d’une famille plus illustre et destiné aux plus hautes fonctions (comme Metellus), tandis que les autres sont de familles moins en vue ou n’ont pas poursuivi une carrière politique aussi marquante. Leurs noms sont principalement préservés grâce à cette émission de monnaie. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Fulvia était une des plus illustres tribus plébéiennes de Rome. D’après Cicéron et Pline , son berceau était la ville de Tusculum. Ses membres sont fréquemment cités dans les annales romaines avec les surnoms de Bambalio, Centumalus, Curvus, Flaccus, Gillo, Nacca, Nobilior, Paetinus, Veratius ; mais elle n’a fourni qu’un seul magistrat monétaire qui est inconnu historiquement : c’est Cnaeus Fulvius, qui frappa des deniers avec M. Calidius et Q. Caecilius Metellus, vers l’an de Rome 646 (108 av. J.-C.). Sur ces médailles le nom de Fulvius est écrit tantôt simplement F., tantôt FOVL ou FVL. Comme le prénom de Cnaeus est ordinaire chez les Centumali, on peut croire que notre monétaire était de cette branche des Fulvii. Lieux de découverte (140 exemplaires)