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1586AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus

1586AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus Avers : M-ANTONIVS·III·VIR·R·P·C Tête de Marc Antoine à droite. Revers : L·MVSSIDIVS T·F·LONGVS·IIII VIR·A·P·F Mars debout à droite, portant un casque corinthien, tenant une épée de la main gauche et une lance de la droite; le pied gauche sur un bouclier. Bibliothèque nationale de France 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Antonia Références : RRC 494/8a – B.24 (Antonia) – Syd.1097 Cet Aureus n’est pas qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de propagande sophistiqué produit dans l’œil du cyclone des guerres civiles romaines. En 42 av. J.-C., la République est à l’agonie et la monnaie devient le principal vecteur de légitimité pour les chefs militaires. 1. Le Symbolisme : L’Alliance de la Force et de l’Honneur Chaque élément visuel de cette pièce est soigneusement choisi pour envoyer un message politique aux soldats et aux citoyens : Le Portrait de Marc Antoine : C’est l’affirmation d’une autorité suprême. En faisant figurer son visage sur l’or (métal destiné au paiement de la haute hiérarchie militaire), Antoine se place au-dessus des institutions traditionnelles. La mention III VIR R.P.C. formalise son pouvoir dictatorial partagé avec Octave et Lépide. Mars Victorieux : Le revers représentant Mars (le dieu de la guerre) est un choix stratégique. Contrairement à Vénus (souvent associée à la lignée de César et donc à Octave), Mars s’adresse directement à la vertu guerrière d’Antoine. Le pied sur le bouclier : Ce geste symbolise la domination et la paix imposée par les armes (Pax Romana par la victoire). L’épée et la lance : Elles rappellent que le Triumvirat est prêt à l’affrontement final contre les républicains (Brutus et Cassius). La mention A.P.F. (Auro Publico Feriundo) : Cette inscription sur le revers souligne que l’or utilisé appartient au Trésor Public. C’est une manière de dire : « Ce n’est pas la monnaie d’un tyran, mais celle de l’État pour restaurer l’ordre ». 2. Le Contexte Historique : L’Or de la Bataille de Philippes L’année 42 av. J.-C. est l’une des plus tendues de l’histoire romaine. Le financement de la guerre : Pour venger la mort de Jules César, Marc Antoine et Octave doivent lever et entretenir 28 légions. Le coût est colossal. La série RRC 494 a été frappée spécifiquement pour cette campagne. L’or (aureus) est indispensable car il est plus facile à transporter pour les armées en mouvement vers la Macédoine. La rivalité interne : Bien qu’alliés, Antoine et Octave se livrent une guerre d’image. En choisissant L. Mussidius Longus comme monétaire, Antoine s’assure une production de haute qualité artistique, surpassant parfois celle de ses rivaux. La fin de la République : Cette monnaie marque la fin du contrôle du Sénat sur les émissions monétaires. Ce sont désormais les « hommes forts » qui dictent l’iconographie, préfigurant le système impérial où le portrait du souverain deviendra la norme. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Lucius Mussidius Longus. Voici les informations essentielles sur ce magistrat et son rôle particulier dans le système monétaire romain : 1. Son titre : Un collège exceptionnel Contrairement à la règle habituelle de la République romaine où les monnaies étaient frappées par un collège de trois magistrats (Tresviri Monetales), Mussidius Longus fait partie en 42 av. J.-C. d’un collège de quatre magistrats (Quattuorviri). Sa légende sur l’aureus porte l’abréviation IIII·VIR·A·P·F, ce qui signifie Quattuorvir Auro Publico Feriundo (« L’un des quatre magistrats chargés de frapper l’or public »). Cette augmentation du nombre de magistrats témoigne de l’énorme besoin en numéraire (surtout en or) pour financer les guerres civiles du Second Triumvirat. 2. Un « partisan » du Triumvirat Lucius Mussidius Longus n’était pas un simple technicien ; il était un fidèle des Triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide). En 42 av. J.-C., il frappe une série complète de monnaies honorant chacun des trois chefs : Le type RRC 494/7 (celui que nous avons évoqué) est dédié à Lépide. D’autres types de la même année portent les portraits de Marc Antoine et d’Octave. Cette coordination montre que Longus agissait sous les ordres directs du pouvoir central à Rome pour diffuser l’image de l’unité triumvirale. 3. La Gens Mussidia L’histoire de la gens Mussidia est relativement obscure avant cette période. On considère souvent que Lucius Mussidius Longus est le membre le plus célèbre de cette famille. Sa carrière se situe à la fin de la République, et son nom disparaît des annales après la consolidation du pouvoir impérial par Auguste. 4. Son style et ses autres types célèbres Outre l’aureus de Lépide, il est très connu en numismatique pour ses deniers d’argent représentant le sanctuaire de Venus Cloacina (RRC 494/42). Le choix de ce sanctuaire (situé sur le Forum Romain) montre son intérêt pour les monuments et la topographie de Rome, renforçant l’idée d’un magistrat très impliqué dans la vie politique de la cité alors que les chefs militaires étaient en campagne. Variante : légende du revers différemment disposée. Référence : RRC 494/8b British Museum 8.09g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la

1593JU – Aureus Octave – Lucius Mussidius Longus

1593JU – Aureus Octave – Lucius Mussidius Longus Avers : C·CAESAR·III·VIR·R·P·C Tête d’Octave à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Corne d’abondance. British Museum 7.99g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Julia Références : RRC 494/15 – B.84 (Julia) – Syd.1101 Cet Aureus, frappé à Rome par le magistrat L. Mussidius Longus, est une pièce maîtresse pour comprendre la transition brutale entre la République agonisante et l’aube de l’Empire. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte. 1. Contexte Historique : L’An 42 av. J.-C. Cette monnaie est émise durant une année charnière où le destin de Rome se joue sur deux fronts : Le Triumvirat au pouvoir : Octave, Marc Antoine et Lépide ont formé le Second Triumvirat l’année précédente (Lex Titia). Ils contrôlent Rome, mais leur légitimité est encore fragile et contestée par les armes. La guerre civile : Au moment où cette pièce circule, les Triumvirs s’apprêtent à quitter l’Italie pour affronter Brutus et Cassius en Grèce (bataille de Philippes). Le rôle de Lucius Mussidius Longus : En tant que monetal (magistrat monétaire), il est chargé de transformer l’or et l’argent de l’État en monnaie pour financer l’effort de guerre. Le choix des motifs est donc une validation directe de l’autorité d’Octave à Rome. 2. Symbolisme de l’Avers : La Naissance d’un Chef L’effigie d’Octave avec la légende C·CAESAR·III·VIR·R·P·C L’Héritage de César : En s’appelant « C. CAESAR », Octave (né Gaius Octavius) occulte ses origines modestes pour s’affirmer comme le seul héritier légitime du dictateur assassiné. C’est un acte politique fort : il n’est plus un simple général, il est le fils d’un dieu (Divi Filius après la déification de César en début d’année 42). La Légalité du Pouvoir : Le titre III·VIR·R·P·C est crucial. Contrairement à Jules César qui avait pris le pouvoir par la force, Octave souligne ici que son pouvoir est légal, voté par le Sénat et le Peuple, avec pour mission de « restaurer la chose publique ». 3. Symbolisme du Revers : La Promesse de Paix La Corne d’abondance (Cornucopia) Contrecarrer la Crise : À cette époque, l’Italie souffre d’un blocus maritime imposé par Sextus Pompée, provoquant pénuries et détresse économique. La corne d’abondance est un message de réassurance. Le Programme Politique : Elle symbolise la Felicitas (la chance/félicité) et l’ Abundantia. Le message pour le peuple romain est clair : « Le pouvoir d’Octave apportera la fin des privations et le retour de la prospérité. » Stabilité vs Chaos : Alors que les adversaires républicains prônent la « Liberté » (souvent synonyme de désordre pour le peuple affamé), Octave prône la « Stabilité ». Le revers promet que la victoire militaire se traduira par des assiettes pleines. En résumé Cette monnaie est un pur outil de propagande politique. Elle lie indissolublement la figure du jeune Octave (l’héritier) à la survie économique de Rome. Elle marque le moment où l’image du dirigeant commence à dominer les symboles traditionnels de la République. Lucius Mussidius Longus est un magistrat monétaire romain dont l’activité est documentée uniquement par ses émissions monétaires, principalement en 42 av. J.-C. Il appartient à la gens Mussidia, une famille plébéienne relativement mineure dont les membres n’ont que rarement atteint les plus hautes fonctions de l’État. Voici les points clés à retenir sur ce personnage : 1. Membre d’un Collège Exceptionnel Mussidius Longus faisait partie d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri monetales) et non des trois habituels (triumviri), signe de l’augmentation des besoins monétaires durant les guerres civiles. Ses collègues étaient : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a été nommé par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) pour financer la campagne contre Brutus et Cassius. 2. Le Titre de « Quatuorvir A.P.F. » Sur certaines de ses monnaies, il porte le titre complet de IIII VIR A.P.F., ce qui signifie Quatuorvir Auro Publico Feriundo (Quatuorvir chargé de la frappe de l’or public). C’est un détail historique crucial : c’est sous ce collège que la frappe de l’or (l’aureus), auparavant sporadique et militaire, commence à être plus régulièrement supervisée par l’atelier de Rome. 3. Un Maître de la Propagande Mussidius Longus se distingue par la variété et la qualité de ses types monétaires. Son rôle était de diffuser l’image des chefs du Triumvirat tout en honorant la mémoire du défunt Jules César. Il a frappé des monnaies pour : Les Triumvirs : Notamment l’aureus de Lépide que nous avons évoqué, mais aussi pour Octave et Marc Antoine. Jules César : Des émissions posthumes honorant le dictateur divinisé. Des types personnels : Il est célèbre pour ses deniers représentant le sanctuaire de Vénus Cloacina (RRC 494/42), un petit temple sur le Forum Romain lié à la purification. 4. Origine et Famille On sait, grâce aux légendes de ses pièces (L. MVSSIDIVS T. F. LONGVS), qu’il était le fils d’un certain Titus Mussidius Longus. Son cognomen « Longus » suggère un ancêtre particulièrement grand. Bien que sa carrière politique après 42 av. J.-C. nous soit inconnue, il est possible qu’il soit l’ancêtre d’un sénateur de l’époque d’Auguste. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous

1585AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus

1585AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à gauche. Revers : L·MVSSIDIVS T·F·LONGVS·IIII VIR·A·P·F Mars debout à droite, portant un casque corinthien, tenant une épée de la main gauche et une lance de la droite; le pied gauche sur un bouclier. British Museum 8.02g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Aemilia Références : RRC 494/7b – B.38 (Aemilia) – Syd.1099 Cet Aureus, frappé par le magistrat L. Mussidius Longus, est bien plus qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de légitimation politique et un symbole de la force du Second Triumvirat. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte historique : 1. Symbolisme : Mars et la vengeance de César Le revers de cette monnaie, représentant Mars, le dieu de la guerre, est chargé de significations spécifiques à l’année 42 av. J.-C. : L’ancêtre divin : Pour Lépide (dont le portrait figure à l’avers), Mars n’est pas seulement le dieu de la guerre, mais une divinité protectrice liée à la gens Aemilia. En l’affichant, Lépide affirme son lignage et sa noblesse. Mars Ultor (Le Vengeur) : Bien que le temple officiel de Mars Ultor ne soit inauguré que plus tard par Octave, l’image de Mars en armes sur cette pièce symbolise la mission sacrée des Triumvirs : venger l’assassinat de Jules César. L’Iconographie guerrière : Mars est représenté avec un pied sur un bouclier, tenant une lance et un parazonium. Cette posture victorieuse annonce l’issue souhaitée du conflit imminent contre les « Libérateurs » (Brutus et Cassius). 2. Contexte Historique : Rome sous tension (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est un tournant majeur de la fin de la République romaine. Le partage des rôles : Pendant que Marc Antoine et Octave partent vers la Grèce pour affronter les armées de Brutus et Cassius, Lépide reste à Rome. Il est chargé de maintenir l’ordre en Italie et de protéger le centre du pouvoir. Cette monnaie, frappée à l’atelier de Rome, est donc une affirmation de sa présence et de son autorité en l’absence des deux autres triumvirs. Le rôle du magistrat L. Mussidius Longus : Longus était l’un des quattuorviri monetales (un collège exceptionnel de quatre magistrats au lieu de trois). Son titre complet sur la monnaie, IIII·VIR·A·P·F (Auro Publico Feriundo), indique qu’il était spécifiquement chargé de transformer l’or public en monnaie. Le financement de la guerre : La frappe d’aurei (monnaies d’or) est rare sous la République. Elle répond ici à un besoin urgent : payer les légions. L’or, métal de prestige, servait à fidéliser les officiers et les soldats avant la confrontation décisive de Philippes. 3. Une série coordonnée Il est fascinant de noter que cette pièce fait partie d’une série « cohérente » : Mussidius Longus a frappé des types similaires pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide). Cela visait à projeter une image de Concorde et d’unité totale du Triumvirat face à leurs ennemis, malgré les tensions internes qui commençaient déjà à poindre. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Lucius Mussidius Longus. Voici les informations essentielles sur ce magistrat et son rôle particulier dans le système monétaire romain : 1. Son titre : Un collège exceptionnel Contrairement à la règle habituelle de la République romaine où les monnaies étaient frappées par un collège de trois magistrats (Tresviri Monetales), Mussidius Longus fait partie en 42 av. J.-C. d’un collège de quatre magistrats (Quattuorviri). Sa légende sur l’aureus porte l’abréviation IIII·VIR·A·P·F, ce qui signifie Quattuorvir Auro Publico Feriundo (« L’un des quatre magistrats chargés de frapper l’or public »). Cette augmentation du nombre de magistrats témoigne de l’énorme besoin en numéraire (surtout en or) pour financer les guerres civiles du Second Triumvirat. 2. Un « partisan » du Triumvirat Lucius Mussidius Longus n’était pas un simple technicien ; il était un fidèle des Triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide). En 42 av. J.-C., il frappe une série complète de monnaies honorant chacun des trois chefs : Le type RRC 494/7 (celui que nous avons évoqué) est dédié à Lépide. D’autres types de la même année portent les portraits de Marc Antoine et d’Octave. Cette coordination montre que Longus agissait sous les ordres directs du pouvoir central à Rome pour diffuser l’image de l’unité triumvirale. 3. La Gens Mussidia L’histoire de la gens Mussidia est relativement obscure avant cette période. On considère souvent que Lucius Mussidius Longus est le membre le plus célèbre de cette famille. Sa carrière se situe à la fin de la République, et son nom disparaît des annales après la consolidation du pouvoir impérial par Auguste. 4. Son style et ses autres types célèbres Outre l’aureus de Lépide, il est très connu en numismatique pour ses deniers d’argent représentant le sanctuaire de Venus Cloacina (RRC 494/42). Le choix de ce sanctuaire (situé sur le Forum Romain) montre son intérêt pour les monuments et la topographie de Rome, renforçant l’idée d’un magistrat très impliqué dans la vie politique de la cité alors que les chefs militaires étaient en campagne. Variante : légende du revers différemment disposée. Référence : RRC 494/7a Münzkabinett Wien 8.04g Münzkabinett Wien 8.04g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de

1592AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus

1592AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus Avers : M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C Tête de Marc Antoine à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Corne d’abondance. British Museum 8.13g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Antonia Références : RRC 494/14 – B.23 (Antonia) – Syd.1110 Cet aureus, frappé par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C., est une pièce de propagande majeure du Second Triumvirat. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de transition violente où l’image monétaire devient une arme politique. Voici l’analyse détaillée de ses deux facettes : 1. Le Contexte Historique : L’année de tous les dangers (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est marquée par la préparation de la bataille de Philippes. Rome est dirigée par le Second Triumvirat (Marc Antoine, Octave et Lépide), dont l’objectif est d’écraser les assassins de Jules César (Brutus et Cassius). Le financement de la guerre : Pour mobiliser et garantir la fidélité de près de 28 légions, les triumvirs ont un besoin colossal de liquidités. L’or (aureus) est frappé en priorité pour payer les officiers et les primes de combat. L’atelier de Rome : Lucius Mussidius Longus est l’un des quattuorviri (le collège des quatre magistrats monétaires) chargés de cette émission massive. Contrairement aux frappes de camp réalisées par les généraux en déplacement, ces pièces sont frappées officiellement à Rome, démontrant que les triumvirs contrôlent totalement les institutions de la capitale. L’officialisation du portrait : C’est à ce moment que l’usage de représenter un dirigeant vivant (initié par César en 44 av. J.-C.) se généralise, marquant la fin définitive de la tradition républicaine qui interdisait l’auto-célébration d’un individu sur la monnaie d’État. 2. Le Symbolisme : L’image de l’autorité et de l’espoir La pièce est conçue pour transmettre un message double : la force militaire et la promesse de jours meilleurs. L’Avers (Portrait de Marc Antoine) : Légitimité : La légende M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C affirme son titre officiel de « Triumvir pour la réorganisation de la République ». Ce n’est pas une dictature, mais une magistrature légale (établie par la Lex Titia). La Barbe (Pietas) : Marc Antoine est souvent représenté avec une barbe courte, dite de deuil. C’est un signe de piété envers Jules César : il ne se rasera pas tant qu’il n’aura pas vengé son mentor. C’est un message direct aux vétérans de César. Le Revers (La Corne d’abondance) : La Promesse de l’Abondance (Annona) : La corne d’abondance (cornucopia) symbolise la fin des privations. En période de guerre civile, le blocus des mers par Sextus Pompée affamait Rome. En affichant ce symbole, les triumvirs promettent que leur victoire ramènera la richesse et la nourriture. Le Globe et le Gouvernail (parfois associés) : Sur certains types de cette série, la corne repose sur un globe, signifiant que le destin du monde est désormais entre les mains des triumvirs. L’influence du monétaire : Lucius Mussidius Longus, bien que simple magistrat, signe ici une œuvre d’une grande finesse artistique. Son nom apparaît clairement, liant sa famille (la gens Mussidia) au destin des nouveaux maîtres de Rome. Lucius Mussidius Longus est un magistrat monétaire romain dont l’activité est documentée uniquement par ses émissions monétaires, principalement en 42 av. J.-C. Il appartient à la gens Mussidia, une famille plébéienne relativement mineure dont les membres n’ont que rarement atteint les plus hautes fonctions de l’État. Voici les points clés à retenir sur ce personnage : 1. Membre d’un Collège Exceptionnel Mussidius Longus faisait partie d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri monetales) et non des trois habituels (triumviri), signe de l’augmentation des besoins monétaires durant les guerres civiles. Ses collègues étaient : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a été nommé par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) pour financer la campagne contre Brutus et Cassius. 2. Le Titre de « Quatuorvir A.P.F. » Sur certaines de ses monnaies, il porte le titre complet de IIII VIR A.P.F., ce qui signifie Quatuorvir Auro Publico Feriundo (Quatuorvir chargé de la frappe de l’or public). C’est un détail historique crucial : c’est sous ce collège que la frappe de l’or (l’aureus), auparavant sporadique et militaire, commence à être plus régulièrement supervisée par l’atelier de Rome. 3. Un Maître de la Propagande Mussidius Longus se distingue par la variété et la qualité de ses types monétaires. Son rôle était de diffuser l’image des chefs du Triumvirat tout en honorant la mémoire du défunt Jules César. Il a frappé des monnaies pour : Les Triumvirs : Notamment l’aureus de Lépide que nous avons évoqué, mais aussi pour Octave et Marc Antoine. Jules César : Des émissions posthumes honorant le dictateur divinisé. Des types personnels : Il est célèbre pour ses deniers représentant le sanctuaire de Vénus Cloacina (RRC 494/42), un petit temple sur le Forum Romain lié à la purification. 4. Origine et Famille On sait, grâce aux légendes de ses pièces (L. MVSSIDIVS T. F. LONGVS), qu’il était le fils d’un certain Titus Mussidius Longus. Son cognomen « Longus » suggère un ancêtre particulièrement grand. Bien que sa carrière politique après 42 av. J.-C. nous soit inconnue, il est possible qu’il soit l’ancêtre d’un sénateur de l’époque d’Auguste. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes

1622MU – Aureus Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1622MU – Aureus Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : Anépigraphe  Tête de Cérès à droite. Revers : L · MVSSIDI · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Légende comprise dans une couronne de laurier. British Museum 8.04g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Mussidia Références : RRC 494/44a – B.2 (Mussidia) Cet aureus ne se contente pas d’être une pièce de prestige ; il est le témoin d’une transition violente entre la République agonisante et l’Empire naissant. Frappé par Lucius Mussidius Longus, il utilise une imagerie traditionnelle pour légitimer un pouvoir nouveau. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du climat dans lequel il a été produit. 1. Le Symbolisme : Entre Tradition et Ralliement Le choix des motifs sur cette pièce n’est pas anodin, car il s’adresse directement aux besoins de la population et de l’armée. Cérès (Avers) : Déesse de l’agriculture et de la croissance. Dans le contexte des guerres civiles, son effigie est un message de stabilité alimentaire. La guerre perturbait les routes du blé (notamment à cause du blocus de Sextus Pompée) ; invoquer Cérès, c’est promettre le retour de l’abondance et la fin de la famine. La Couronne de fleurs (Revers) : Elle symbolise la Victoire et la Célébration. Contrairement à la couronne de laurier (purement militaire), la couronne de fleurs (ou guirlande) évoque la fête religieuse et la paix retrouvée après le sacrifice. C’est un symbole de renouveau. L’Or (Métal) : L’usage même de l’or est un symbole de pouvoir. Sous la République, les aurei étaient rares. En 42 av. J.-C., frapper en or signifie : « Nous avons les moyens de gagner ». 2. Le Contexte Historique : L’Ombre de Philippes L’année 42 av. J.-C. est l’une des plus critiques de l’histoire romaine. Le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide ont formé une alliance officielle pour venger Jules César. Ils ont besoin de fonds massifs pour lever et maintenir des légions. Les Proscriptions : Pour financer la frappe de monnaies comme l’aureus 494/44, les triumvirs ont organisé des proscriptions (exécutions et confiscations de biens) visant les sénateurs riches et les opposants. L’or de cette pièce provient souvent directement de ces saisies. La préparation du choc : Cette monnaie circule juste avant la bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.), où les triumvirs affrontent les « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Elle sert à payer les soldats dont la loyauté est la seule garantie de survie pour Octave et Antoine. 3. L’importance de Lucius Mussidius Longus Mussidius Longus était l’un des Quatuorviri Monetales (les quatre magistrats responsables de la monnaie). Il est célèbre pour sa capacité à naviguer dans les eaux troubles de l’époque. Alors que d’autres monnaies de sa série portent les portraits d’Antoine ou d’Octave, ce type avec Cérès reste plus « neutre » et traditionnel, sans doute pour plaire à la fois aux soldats et au peuple romain attaché aux anciennes valeurs républicaines. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Variante avec comme légende au revers L · MVSSIDI · LONGI Référence : RRC 494/44b Bibliothèque nationale de France 8.12g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà

1587JU – Aureus Octave – Lucius Mussidius Longus

1587JU – Aureus Octave – Lucius Mussidius Longus Avers : C·CAESAR·III·VIR·R·P·C Tête d’Octave à droite. Revers : L·MVSSIDIVS T·F·LONGVS·IIII VIR·A·P·F Mars debout à droite, portant un casque corinthien, tenant une épée de la main gauche et une lance de la droite; le pied gauche sur un bouclier. Bibliothèque nationale de France 8.08g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Julia Références : RRC 494/9a – B.85 (Julia) Cet aureus est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué frappé dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : l’année 42 av. J.-C., juste avant la bataille décisive de Philippes. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte qui a entouré sa création. 1. Le Contexte Historique : L’année de la Vengeance En 42 av. J.-C., la République est fracturée. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est formé pour stabiliser Rome, mais surtout pour traquer les assassins de Jules César, Brutus et Cassius, partis en Orient. Le besoin de légitimité : Octave n’a que 21 ans. Face à des vétérans comme Marc Antoine, il doit affirmer son statut d’héritier légitime du Dictateur. Le financement de la guerre : La frappe de l’or (l’aureus) est alors une nécessité militaire. Il s’agit de payer les légions qui s’apprêtent à traverser l’Adriatique pour affronter les Républicains. 2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritage de César Le portrait d’Octave sur cette pièce porte un message politique fort : La « Barbe de Deuil » (Barbatulus) : Octave est souvent représenté avec une barbe légère. Ce n’est pas une mode, mais un signe religieux de deuil. Il jure de ne pas se raser tant que le meurtre de son père adoptif, César, ne sera pas vengé. Le Nom de César : La légende C·CAESAR occulte son nom de naissance (Octavius). Il s’approprie le prestige du nom de César pour rallier les vétérans et le peuple. Le Titre Triumviral : L’inscription III·VIR·R·P·C (Triumvir pour la restauration de la République) lui donne une base légale constitutionnelle, transformant ce qui est essentiellement une dictature militaire en une mission officielle de sauvetage de l’État. 3. Le Symbolisme du Revers : Mars et la Victoire à venir Le choix de Mars, dieu de la guerre, par le magistrat monétaire Lucius Mussidius Longus, est hautement stratégique : Mars Gradivus : Le dieu est représenté en armure, le pied sur un bouclier. Cela symbolise la préparation au combat et la certitude de la victoire. Vengeance divine : Mars est ici le précurseur de Mars Ultor (Mars Vengeur), à qui Octave vouera un temple plus tard. Il invoque la divinité pour justifier la guerre civile comme une « guerre juste » destinée à punir un crime (le parricide de César). La mention IIII·VIR·A·P·F : Cette signature rappelle que le collège des monnayeurs est passé de trois à quatre membres, signe de l’activité frénétique des ateliers monétaires de Rome pour soutenir l’effort de guerre. Cet aureus est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué frappé dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : l’année 42 av. J.-C., juste avant la bataille décisive de Philippes. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte qui a entouré sa création. 1. Le Contexte Historique : L’année de la Vengeance En 42 av. J.-C., la République est fracturée. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est formé pour stabiliser Rome, mais surtout pour traquer les assassins de Jules César, Brutus et Cassius, partis en Orient. Le besoin de légitimité : Octave n’a que 21 ans. Face à des vétérans comme Marc Antoine, il doit affirmer son statut d’héritier légitime du Dictateur. Le financement de la guerre : La frappe de l’or (l’aureus) est alors une nécessité militaire. Il s’agit de payer les légions qui s’apprêtent à traverser l’Adriatique pour affronter les Républicains. 2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritage de César Le portrait d’Octave sur cette pièce porte un message politique fort : La « Barbe de Deuil » (Barbatulus) : Octave est souvent représenté avec une barbe légère. Ce n’est pas une mode, mais un signe religieux de deuil. Il jure de ne pas se raser tant que le meurtre de son père adoptif, César, ne sera pas vengé. Le Nom de César : La légende C·CAESAR occulte son nom de naissance (Octavius). Il s’approprie le prestige du nom de César pour rallier les vétérans et le peuple. Le Titre Triumviral : L’inscription III·VIR·R·P·C (Triumvir pour la restauration de la République) lui donne une base légale constitutionnelle, transformant ce qui est essentiellement une dictature militaire en une mission officielle de sauvetage de l’État. 3. Le Symbolisme du Revers : Mars et la Victoire à venir Le choix de Mars, dieu de la guerre, par le magistrat monétaire Lucius Mussidius Longus, est hautement stratégique : Mars Gradivus : Le dieu est représenté en armure, le pied sur un bouclier. Cela symbolise la préparation au combat et la certitude de la victoire. Vengeance divine : Mars est ici le précurseur de Mars Ultor (Mars Vengeur), à qui Octave vouera un temple plus tard. Il invoque la divinité pour justifier la guerre civile comme une « guerre juste » destinée à punir un crime (le parricide de César). La mention IIII·VIR·A·P·F : Cette signature rappelle que le collège des monnayeurs est passé de trois à quatre membres, signe de l’activité frénétique des ateliers monétaires de Rome pour soutenir l’effort de guerre. Variante : légende du revers différemment disposée. Références : RRC 494/9b – B.85 (Julia) – Syd.1098 Bibliothèque nationale de France 8.09g Bibliothèque nationale de France 8.09g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps

1591AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus

1591AE – Aureus Lépide – Lucius Mussidius Longus Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à gauche. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Corne d’abondance. British Museum 8.02g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Aemilia Références : RRC 494/13 – B.37 (Aemilia) Cet aureus est une monnaie d’exception frappée à Rome en 42 av. J.-C., une année charnière marquant la consolidation du pouvoir du Second Triumvirat. Voici l’analyse détaillée du contexte et des symboles de cette émission, supervisée par le magistrat monétaire L. Mussidius Longus : Contexte Historique : L’affirmation du Triumvirat Le Temps des Guerres Civiles : Nous sommes deux ans après l’assassinat de Jules César. Rome est dirigée par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). Cette monnaie est frappée alors que les triumvirs se préparent à affronter les républicains (Brutus et Cassius) à la bataille de Philippes. Lépide, le « Troisième Homme » : Bien que souvent éclipsé par ses collègues, Marcus Aemilius Lepidus occupe alors une position centrale. Il reste à Rome pour administrer l’Italie pendant qu’Antoine et Octave partent en campagne. L’émission de cet aureus à son effigie souligne son autorité légale et religieuse (il est Pontifex Maximus). Le financement de la guerre : L’usage de l’or est rare et presque exclusivement réservé aux besoins militaires urgents. Cet aureus servait à payer les légions stationnées en Italie, assurant ainsi leur fidélité au régime triumviral. Symbolisme : Ordre, Abondance et Légitimité Cette pièce est une véritable « profession de foi » politique des triumvirs : Avers (Le Portrait de Lépide) : Le Portrait : Le portrait de Lépide à gauche est entouré de la légende M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C. Signification : C’est l’affirmation d’un pouvoir personnel. Le titre III VIR R P C (Triumvir Rei Publicae Constituendae) indique qu’il a reçu le mandat légal de « restaurer la République ». C’est un paradoxe visuel : utiliser un portrait de type « monarchique » pour proclamer le retour à l’ordre républicain. Revers (La Corne d’Abondance) : Le Type : Une corne d’abondance (cornucopia) ornée d’un ruban (vitta). La légende mentionne le nom du monétaire : L·MVSSIDIVS LONGVS. Signification : La corne d’abondance symbolise la Felicitas (le bonheur public) et l’abondance retrouvée. Le message est simple : après le chaos des guerres, le gouvernement des triumvirs garantit la paix et la fin de la famine (problème récurrent à Rome à cause des blocus). Le ruban souligne le caractère sacré et béni de cette prospérité. Importance Numismatique Cet aureus est l’un des rares témoignages monétaires de l’importance de Lépide avant son éviction progressive par Octave. Il illustre parfaitement comment la monnaie servait de premier média de masse pour diffuser une image de stabilité et de légitimité divine. Lucius Mussidius Longus est un magistrat monétaire romain dont l’activité est documentée uniquement par ses émissions monétaires, principalement en 42 av. J.-C. Il appartient à la gens Mussidia, une famille plébéienne relativement mineure dont les membres n’ont que rarement atteint les plus hautes fonctions de l’État. Voici les points clés à retenir sur ce personnage : 1. Membre d’un Collège Exceptionnel Mussidius Longus faisait partie d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri monetales) et non des trois habituels (triumviri), signe de l’augmentation des besoins monétaires durant les guerres civiles. Ses collègues étaient : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a été nommé par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) pour financer la campagne contre Brutus et Cassius. 2. Le Titre de « Quatuorvir A.P.F. » Sur certaines de ses monnaies, il porte le titre complet de IIII VIR A.P.F., ce qui signifie Quatuorvir Auro Publico Feriundo (Quatuorvir chargé de la frappe de l’or public). C’est un détail historique crucial : c’est sous ce collège que la frappe de l’or (l’aureus), auparavant sporadique et militaire, commence à être plus régulièrement supervisée par l’atelier de Rome. 3. Un Maître de la Propagande Mussidius Longus se distingue par la variété et la qualité de ses types monétaires. Son rôle était de diffuser l’image des chefs du Triumvirat tout en honorant la mémoire du défunt Jules César. Il a frappé des monnaies pour : Les Triumvirs : Notamment l’aureus de Lépide que nous avons évoqué, mais aussi pour Octave et Marc Antoine. Jules César : Des émissions posthumes honorant le dictateur divinisé. Des types personnels : Il est célèbre pour ses deniers représentant le sanctuaire de Vénus Cloacina (RRC 494/42), un petit temple sur le Forum Romain lié à la purification. 4. Origine et Famille On sait, grâce aux légendes de ses pièces (L. MVSSIDIVS T. F. LONGVS), qu’il était le fils d’un certain Titus Mussidius Longus. Son cognomen « Longus » suggère un ancêtre particulièrement grand. Bien que sa carrière politique après 42 av. J.-C. nous soit inconnue, il est possible qu’il soit l’ancêtre d’un sénateur de l’époque d’Auguste. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la première femme de Marc Antoine, sur les médailles 2. La tête de la Concorde sur les deniers n° 5 et 6, figure sur

1621MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1621MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : Anepigraphe Buste rayonnant et drapé de Sol de face. Revers : L.MVSSIDI / LONGI  CLOACIN (Lucius Mussidius Longus/ Cloacine) Deux statues de Venus Cloacina sur plate-forme avec balustrade du lieu saint de Venus Cloacina. L’inscription sur la plate-forme est CLOACIN. British Museum 3.77g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussidia Références : RRC 494/43a – B.7 (Mussidia) – Syd.1094 L’étude de ce denier (frappé par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C.) révèle une symbolique complexe, mêlant aspirations à la paix civile et propagande liée au Second Triumvirat. Voici une analyse approfondie du symbolisme et du contexte, telle que documentée sur LesDioscures.com : 1. Le revers : Le sanctuaire de Vénus Cloacina (Cloacina Sacrum) Ce revers est l’un des plus célèbres de l’iconographie républicaine tardive pour son aspect architectural unique. L’origine du lieu : Le sanctuaire était situé sur le Forum Romain, là où l’égout principal (Cloaca Maxima) entrait dans la zone du Forum. Selon la tradition, c’est à cet endroit précis que les Romains et les Sabins se sont réconciliés et purifiés après l’enlèvement des Sabines. Le symbole de la « Purification » : Le nom Cloacina dérive du verbe latin cloare (purifier). En choisissant ce monument, le monétaire Mussidius Longus envoie un message politique fort : après l’assassinat de César et les proscriptions sanglantes, Rome a besoin de purification et de réconciliation. Les deux statues : Elles représentent la déesse sous deux aspects ou symbolisent l’union des deux peuples fondateurs (Romains et Sabins), renforçant l’idée d’une unité retrouvée. 2. L’avers : Le buste de Sol (le Soleil) Le choix de Sol au lieu d’une divinité plus traditionnelle comme Rome ou Jupiter n’est pas anodin. Référence à l’Orient et à Rhodes : En 42 av. J.-C., le monde romain est déchiré. Les triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’apprêtent à affronter Brutus et Cassius en Orient. Sol est une divinité particulièrement associée à l’Orient et à l’île de Rhodes (célèbre pour son Colosse représentant Hélios/Sol). Cassius avait pillé Rhodes peu de temps auparavant ; l’image de Sol sur les monnaies triumvirales peut ainsi symboliser la « libération » ou la reconquête de ces territoires. La Lumière après les Ténèbres : Le Soleil levant apporte l’espoir d’une ère nouvelle et d’un retour à l’ordre après le chaos de la guerre civile. 3. Contexte Historique : L’année 42 av. J.-C. Cette monnaie est frappée à un moment charnière de l’histoire de Rome : L’année de Philippes : C’est l’année de la bataille de Philippes, où les héritiers de César écrasent les « Libérateurs » (assassins de César). Légitimation du pouvoir : L. Mussidius Longus fait partie d’un collège de monétaires qui soutiennent activement le Second Triumvirat. Parallèlement à ce type « mythologique », il frappe également des deniers avec les portraits d’Octave, de Marc Antoine et de Lépide, ainsi que le portrait de Jules César divinisé. Propagande de Paix : Alors que les armées se rassemblent pour une confrontation finale, l’utilisation d’images liées à la concorde (Vénus Cloacina) tente de présenter les triumvirs non comme des chefs de guerre, mais comme les restaurateurs de la paix et de la piété romaine. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius

1620MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1620MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : CONCORDIA (la Concorde) Buste voilée de Concordia à droite. Revers : L.MVSSIDI / LONGI  CLOACIN (Lucius Mussidius Longus/ Cloacina, Lucius Mussidius Longus/ Cloacine) Deux statues de Venus Cloacina sur plate-forme avec balustrade du lieu saint de Venus Cloacina. L’inscription sur la plate-forme est CLOACIN. British Museum 3.95g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussilia Références : RRC 494/42a – B.6 (Mussidia) – CRR.1093 Ce denier, frappé par L. Mussidius Longus, est une pièce fascinante car elle capture Rome à un tournant critique de son histoire, mêlant propagande politique et archéologie monumentale. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de l’époque : 1. Contexte Historique : L’Ombre de la Guerre Civile (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est celle de la bataille de Philippes. Le monde romain est déchiré entre : Les héritiers de César (le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide). Les « Libérateurs » (Brutus et Cassius, les assassins de César). Le monnayeur L. Mussidius Longus frappe cette monnaie à Rome pour le compte des triumvirs. Le climat social est alors marqué par la peur, les proscriptions et le désir d’une paix stable après des décennies de conflits internes. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Concordia Le portrait de Concordia (la Concorde), déesse de l’harmonie et de l’entente, n’est pas un choix anesthésié. C’est un message politique fort : Appel à l’unité : Il symbolise l’accord (fragile) entre les trois membres du Triumvirat. Légitimation : En affichant la Concorde, les triumvirs se présentent comme les seuls garants de l’ordre public face au chaos provoqué par les républicains radicaux. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Sanctuaire de Venus Cloacina Le revers est l’un des plus célèbres de la numismatique républicaine car il représente un monument précis du Forum Romain : le Sacrum Cloacina. Vénus et la Purification : Bien que Cloacina soit liée à la Cloaca Maxima (le grand égout), elle était associée à Vénus. Selon la légende, c’est à cet endroit que les Romains et les Sabins déposèrent leurs armes et se purifièrent avec des rameaux de myrte après la fin des hostilités (suite à l’enlèvement des Sabines). Le message de réconciliation : En montrant ce sanctuaire, le monnayeur rappelle l’épisode fondateur où deux peuples ennemis ont choisi de s’unir pour ne former qu’un seul peuple. C’est une métaphore directe de la situation de 42 av. J.-C. : l’espoir que les factions romaines opposées puissent, elles aussi, se réconcilier. Détails architecturaux : On y voit deux statues (Vénus et Cloacina, ou deux aspects de la divinité), une balustrade en treillis et les marches menant au monument. C’est un témoignage archéologique précieux d’un sanctuaire aujourd’hui disparu (il n’en reste que la base circulaire sur le Forum). 4. Pourquoi ce choix pour Mussidius Longus ? Les monnayeurs de cette période utilisaient souvent les monnaies pour souligner l’ancienneté de leur lignée ou pour plaire aux dirigeants actuels. En choisissant des thèmes de purification et de concorde, Longus s’aligne parfaitement sur la communication des triumvirs qui prétendent « nettoyer » la République de ses traîtres pour restaurer l’harmonie. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Variante 1 avec une étoile à six raies sous le menton de Concordia  Références : RRC 494/42b – B.6 (Mussidia) – Syd.1093a British Museum 3.94g Variante 2 avec un croissant sous le menton de Concordia  Références : RRC 494/42c – B.6 (Mussidia) – Syd.1093b British Museum 3.8g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius

1619MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1619MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : CONCORDIA (La Concorde) Buste diadémé, voilé et drapé de la Concorde à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Mains jointes tenant un caducée ailé. British Museum 3.78g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussidia Références : RRC 494/41 – B.5 (Mussidia) – Syd.1092 Ce denier, frappé par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C., est une pièce maîtresse pour comprendre la communication politique à Rome juste avant la bataille de Philippes. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de l’époque : 1. Contexte Historique : L’équilibre précaire du Second Triumvirat L’année 42 av. J.-C. est une période de transition violente. Jules César a été assassiné deux ans plus tôt, et le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est officiellement formé pour stabiliser l’État et venger César. L’union contre les « Libérateurs » : Alors que les armées des triumvirs se préparent à affronter Brutus et Cassius en Grèce, il est crucial de projeter une image d’unité absolue à Rome. La propagande monétaire : Le monnayeur L. Mussidius Longus agit ici comme un relais de cette propagande. La monnaie ne sert pas seulement à payer les légions, elle sert à légitimer l’alliance des trois chefs aux yeux du peuple et des soldats. 2. Symbolisme de l’Avers : La Concorde (Concordia) Le choix de la tête de la déesse Concordia n’est pas anodin. La Paix Civile : Après des décennies de guerres civiles, la Concorde invoque le désir de fin des hostilités internes. L’entente des Chefs : Elle symbolise spécifiquement l’accord entre Octave, Marc Antoine et Lépide. En plaçant cette divinité sur l’avers, le monnayeur affirme que les triumvirs agissent en parfaite harmonie pour le bien de la République. 3. Symbolisme du Revers : L’Alliance et la Prospérité Le revers présente un motif iconographique très fort : deux mains jointes tenant un caducée. La Dextrarum Iunctio (Mains jointes) : C’est le geste romain traditionnel de la conclusion d’un traité ou d’une alliance sacrée. C’est le symbole ultime de la loyauté (Fides) et de la réconciliation. Le Caducée : Attribut du dieu Mercure, il représente ici la paix retrouvée, mais aussi la reprise du commerce et de la prospérité économique qui découlent de la fin des conflits. Le Message Global : Le message est clair : « Grâce à l’accord des triumvirs (les mains jointes), la paix et l’abondance (le caducée) reviennent sous la protection de l’harmonie (la Concorde). » Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la première femme de Marc Antoine, sur les médailles 2.