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1652JU – Aureus Brutus – Pedanius Costa

1652JU – Aureus Brutus – Pedanius Costa Avers : L·BRVTVS·PRIM·COS. (Lucius Brutus primus consul) Tête de L. Junius Brutus l’ancien à droite. Revers : M·BRVTVS·IMP COSTA·LEG. (Marcus Brutus imperator. Costa legatus) Tête de Brutus à droite. British Museum 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Asie Mineure ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Pedania et Junia Références : RRC 506/1 – B.43 (Junia) – Syd.1295 Cette monnaie est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué conçu pour légitimer un acte radical : le régicide. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de sa création. 1. Le Symbolisme : La République face à l’individu Cette monnaie joue sur un parallélisme frappant entre le passé et le présent pour justifier l’assassinat de Jules César. L’ancêtre L. Junius Brutus (Avers) : En faisant figurer le portrait de Lucius Junius Brutus, le fondateur légendaire de la République qui chassa le dernier roi de Rome (Tarquin le Superbe) en 509 av. J.-C., Brutus rappelle que la lutte contre la tyrannie est inscrite dans son ADN. La mention PRIM COS (Premier Consul) insiste sur l’origine des institutions républicaines. Le portrait de Marcus Junius Brutus (Revers) : C’est un paradoxe historique. Bien que Brutus se batte contre le pouvoir personnel de César, il utilise ici le même privilège que César avait instauré : placer son propre portrait sur une monnaie de son vivant. Cela montre qu’en période de guerre civile, l’image du chef de guerre (Imperator) devient indispensable pour s’assurer la fidélité des troupes. La Couronne Civique (Corona Civica) : Présente sur les deux faces, cette couronne de feuilles de chêne était normalement décernée à un soldat ayant sauvé la vie d’un concitoyen. En entourant les deux Brutus de cette couronne, le message est que l’assassinat de César n’était pas un meurtre, mais un acte de salut public ayant sauvé l’ensemble des citoyens romains de la servitude. 2. Le Contexte Historique : L’agonie de la République La pièce est frappée dans un moment de tension extrême, entre l’été 43 et l’automne 42 av. J.-C. L’exil en Orient : Après le meurtre de César aux Ides de Mars, Brutus et Cassius ont dû fuir l’Italie face à la colère populaire et à la montée en puissance d’Octave et Marc Antoine. Ils se réfugient en Orient (Grèce, Asie Mineure) pour lever une armée massive. Le financement de la guerre : Comme je le précise souvent le site, les monnaies d’or républicaines sont extrêmement rares car l’or n’était frappé qu’en cas de nécessité absolue. Brutus a besoin de payer ses légions pour s’assurer qu’elles ne désertent pas vers le camp des triumvirs (Antoine, Octave et Lépide). Cette pièce sert donc de solde militaire. La mention de Pedanius Costa : La légende COSTA LEG désigne le légat de Brutus. Cela souligne l’organisation administrative et militaire des « Libérateurs » qui tentent de maintenir une apparence de légalité républicaine face à ce qu’ils considèrent comme l’usurpation du Second Triumvirat. 3. Conclusion sur le message politique Le choix iconographique de Brutus sur cette monnaie est une tentative de transformer un acte de trahison (selon ses ennemis) en un acte de piété envers la patrie et ses ancêtres. Peu de temps après l’émission de cette monnaie, Brutus sera défait à la bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.) et se donnera la mort, marquant la fin effective de la République romaine. Le magistrat monétaire associé à cette monnaie est Pedanius Costa, un personnage qui, bien que discret dans les textes historiques, occupe une place stratégique dans l’entourage de Brutus durant la guerre civile. Voici les informations clés sur ce monétaire et son rôle : 1. Identité et Statut : Le Légat de Brutus Pedanius Costa n’est pas un simple magistrat monétaire urbain (triumvir monetalis), mais un légat (legatus). Signification du titre : Le titre COSTA LEG sur la monnaie indique qu’il était un officier de rang supérieur, un lieutenant agissant sous l’autorité directe de Brutus (le commandant en chef). Autorité monétaire : En tant que légat, il avait reçu le pouvoir de superviser la frappe de monnaie pour l’armée. Dans le contexte de l’époque, cela signifie qu’il gérait l’atelier itinérant qui suivait les troupes de Brutus et Cassius à travers l’Asie Mineure et la Macédoine. 2. Origine familiale : La gens Pedania La famille de Costa, la gens Pedania, est peu documentée dans l’histoire romaine. Une famille ancienne mais modeste : Bien que la famille soit d’origine ancienne, elle n’était pas particulièrement illustre à Rome. Le seul autre membre notable cité par les historiens (notamment Tite-Live) est un centurion, Titus Pedanius, qui s’était illustré par son courage durant la seconde guerre Punique (212 av. J.-C.). Un partisan dévoué : Le choix de Pedanius Costa par Brutus pour cette tâche cruciale (le financement de la guerre) montre qu’il était un partisan de confiance de la cause républicaine. 3. Son rôle dans les émissions monétaires Pedanius Costa est responsable de deux types principaux dans le système de Michael Crawford : L’aureus (RRC 506/1) : La pièce en or très rare dont nous parlons, montrant les portraits des deux Brutus. Le denier (RRC 506/2) : Une émission en argent plus courante. L’avers représente la tête laurée d’Apollon (symbole de la liberté et de la protection divine) et le revers montre un trophée militaire, symbolisant les victoires de Brutus sur les tribus de Thrace avant la bataille finale de Philippes. 4. Le contexte de sa disparition On perd la trace de Pedanius Costa après la défaite des républicains à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Étant donné qu’il faisait partie de l’état-major rapproché de Brutus, il est probable qu’il ait péri lors des combats ou qu’il se soit suicidé, comme beaucoup d’autres officiers républicains refusant de se soumettre à Octave et Antoine. Note numismatique : La présence de son nom aux côtés de celui de Brutus sur un aureus souligne l’importance des « officiers payeurs » dans les armées privées de la fin de la République. Sans Costa pour

1653JU – Denier Brutus – Pedanius Costa

1653JU – Denier Brutus – Pedanius Costa Avers : COSTA LEG (Costa Legatus, Costa Légat) Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : BRVTVS / IMP (Brutus/ Imperator) Trophée militaire composé d’une cuirasse, de deux lances et d’un bouclier en forme de huit. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Asie Mineure ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pedania et Junia Références : RRC 506/2 – B.42 (Junia) – Syd.1296 Ce denier ne se contente pas d’être un instrument financier pour payer les troupes de Brutus ; il est un puissant outil de communication politique et militaire. Chaque élément iconographique est soigneusement choisi pour légitimer la cause des « Républicains » face aux héritiers de César. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Apollon et la Liberté La tête laurée d’Apollon est au cœur du message idéologique de Brutus. La Protection Divine : Apollon était perçu comme le dieu de la lumière, de la prophétie et de l’ordre. En le plaçant sur ses monnaies, Brutus invoque une autorité morale supérieure pour justifier le tyrannicide. Le Lien avec la Liberté : Dans le contexte des guerres civiles, Apollon est souvent associé à la figure de la Libertas. Pour Brutus, le combat contre Octave et Marc Antoine n’est pas une quête de pouvoir personnel, mais une mission sacrée pour restaurer la République. Pedanius Costa : La mention COSTA LEG (Pedanius Costa, Legatus) rappelle que la monnaie est émise sous l’autorité d’un lieutenant de confiance, soulignant l’organisation structurée de l’armée de Brutus. 2. Le Symbolisme du Revers : Le Trophée et l’Imperator Le revers est purement militaire et triomphal. Le Trophée (Tropaeum) : Il est composé d’une cuirasse, de lances et d’un bouclier spécifique (parfois décrit en « forme de huit »). Ce trophée symbolise une victoire déjà acquise sur le champ de bataille. Il servait à galvaniser les troupes en leur rappelant que leur chef était un vainqueur. Le Titre d’Imperator : L’inscription BRVTVS IMP est cruciale. Le titre d’Imperator n’était pas un titre politique à cette époque, mais un salut militaire donné par les soldats à leur général après une grande victoire. Cela prouve que Brutus jouissait d’une immense popularité auprès de ses légions peu avant l’affrontement final à Philippes. 3. Contexte Historique : L’Argent de la Guerre Frappé entre 43 et 42 av. J.-C., ce denier provient d’un atelier militaire mobile. Financement : Brutus et Cassius devaient lever des fonds massifs pour entretenir plus de 17 légions. Ils ont largement pillé les cités d’Asie Mineure (comme Rhodes ou Xanthos) pour transformer les trésors locaux en ces deniers d’argent. Propaganda : Contrairement aux monnaies de César qui affichaient son propre portrait (un acte jugé tyrannique par ses opposants), Brutus choisit ici des divinités ou des symboles abstraits, voulant ainsi se présenter comme le simple serviteur de l’État. Le magistrat monétaire associé à cette monnaie est Pedanius Costa, un personnage qui, bien que discret dans les textes historiques, occupe une place stratégique dans l’entourage de Brutus durant la guerre civile. Voici les informations clés sur ce monétaire et son rôle : 1. Identité et Statut : Le Légat de Brutus Pedanius Costa n’est pas un simple magistrat monétaire urbain (triumvir monetalis), mais un légat (legatus). Signification du titre : Le titre COSTA LEG sur la monnaie indique qu’il était un officier de rang supérieur, un lieutenant agissant sous l’autorité directe de Brutus (le commandant en chef). Autorité monétaire : En tant que légat, il avait reçu le pouvoir de superviser la frappe de monnaie pour l’armée. Dans le contexte de l’époque, cela signifie qu’il gérait l’atelier itinérant qui suivait les troupes de Brutus et Cassius à travers l’Asie Mineure et la Macédoine. 2. Origine familiale : La gens Pedania La famille de Costa, la gens Pedania, est peu documentée dans l’histoire romaine. Une famille ancienne mais modeste : Bien que la famille soit d’origine ancienne, elle n’était pas particulièrement illustre à Rome. Le seul autre membre notable cité par les historiens (notamment Tite-Live) est un centurion, Titus Pedanius, qui s’était illustré par son courage durant la seconde guerre Punique (212 av. J.-C.). Un partisan dévoué : Le choix de Pedanius Costa par Brutus pour cette tâche cruciale (le financement de la guerre) montre qu’il était un partisan de confiance de la cause républicaine. 3. Son rôle dans les émissions monétaires Pedanius Costa est responsable de deux types principaux dans le système de Michael Crawford : L’aureus (RRC 506/1) : La pièce en or très rare dont nous parlons, montrant les portraits des deux Brutus. Le denier (RRC 506/2) : Une émission en argent plus courante. L’avers représente la tête laurée d’Apollon (symbole de la liberté et de la protection divine) et le revers montre un trophée militaire, symbolisant les victoires de Brutus sur les tribus de Thrace avant la bataille finale de Philippes. 4. Le contexte de sa disparition On perd la trace de Pedanius Costa après la défaite des républicains à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Étant donné qu’il faisait partie de l’état-major rapproché de Brutus, il est probable qu’il ait péri lors des combats ou qu’il se soit suicidé, comme beaucoup d’autres officiers républicains refusant de se soumettre à Octave et Antoine. Note numismatique : La présence de son nom aux côtés de celui de Brutus sur un aureus souligne l’importance des « officiers payeurs » dans les armées privées de la fin de la République. Sans Costa pour transformer le butin de guerre en pièces sonnantes et trébuchantes, Brutus n’aurait jamais pu maintenir ses 17 légions. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Bien que la famille Pedania ne soit pas très illustre, elle remonte cependant à une origine fort ancienne. Tite Live cite un centurion du nom de T. Pedanius qui s’illustra par son courage, durant la seconde guerre Punique, en 542 (212 av. J.-C.), mais ce personnage est le seul que l’on connaisse pendant la période républicaine, avec Pedanius Costa qui fut lieutenant de Q. Caepio Brutus, en Asie, lors de la guerre civile. C’est en qualité de