1712JU – Aureus Octave – Quintus Voconius Vitulus

1712JU – Aureus Octave – Quintus Voconius Vitulus Avers : DIVI·IVLI (Divi Iulii, Au divin Jules) Tête barbue d’Octave à droite. Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS (Quintus Voconius Vitulus) Veau à gauche. British Museum 8.05g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Or Gentes : Voconia et Julia Références : RRC 526/1 – B.3 (Voconia) – Syd. 1130 Frappé vers 40 av. J.-C. par le magistrat monétaire Quintus Voconius Vitulus, cet aureus est bien plus qu’une simple unité monétaire ; c’est un manifeste politique de la transition entre la République et le Principat. 1. Le Portrait d’Octave : La Piété Filiale comme Arme L’avers présente un portrait d’Octave tourné vers la droite. Deux éléments symboliques y sont cruciaux : La Légende DIVI IVLI·F : En se proclamant Divi Iulii Filius (Fils du divin Jules), Octave utilise la monnaie pour asseoir sa légitimité dynastique. Après la divinisation de César en 42 av. J.-C., ce titre devient son principal argument de pouvoir face à Marc Antoine. La Barbe de Deuil (Barbatus) : Le léger relief de barbe visible sur les exemplaires bien conservés rappelle qu’Octave, par piété filiale, avait juré de ne pas se raser tant que les assassins de son père n’auraient pas été châtiés. C’est une image de détermination et de respect des traditions ancestrales (mos maiorum). 2. Le Revers : Entre Tradition Familiale et Présage Le revers illustre un veau (ou taurillon) marchant, un choix qui opère sur plusieurs niveaux de lecture : Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition des magistrats monétaires républicains, Vitulus utilise un jeu de mots visuel sur son propre cognomen. Vitulus signifiant « veau » en latin, l’animal sert de signature familiale. La Continuité Républicaine : Bien que la monnaie serve l’image d’Octave, le maintien du nom du magistrat et de son symbole personnel sur le revers montre que les structures de la République (le collège des monétaires) sont encore formellement en place, même si leur autonomie s’efface. 3. Contexte Historique : L’Année de tous les Dangers L’année 40 av. J.-C. est un pivot chronologique majeur que l’on peut diviser en trois axes sur LesDioscures.com : L’Après-Philippes : Les partisans des meurtriers de César ont été défaits, mais le partage du monde entre les triumvirs reste fragile. La Guerre de Pérouse : Octave sort tout juste d’un conflit civil éprouvant contre Lucius Antonius et Fulvie (frère et femme de Marc Antoine). Cette monnaie sert à réaffirmer son autorité à Rome même. Le Traité de Brundisium : La frappe de cet aureus coïncide avec la réconciliation temporaire entre Octave et Antoine. L’émission d’or, métal précieux destiné principalement à la solde des vétérans, souligne la nécessité pour Octave de s’assurer la loyauté des légions. Le Magistrat : Quintus Voconius Vitulus Bien que son nom figure sur l’une des monnaies les plus prestigieuses de la fin de la République, l’homme derrière la frappe reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. 1. Identité et Rang Quintus Voconius Vitulus appartient à la gens Voconia, une famille plébéienne qui n’atteint les hautes sphères de l’État qu’assez tardivement. Titre : Sur les monnaies (notamment le denier RRC 526/4), il est qualifié de Q. DESIGN. S. C. (Quaestor Designatus Senatus Consulto). Cela signifie qu’il était questeur désigné au moment de la frappe et qu’il agissait par décret du Sénat. Fonction : Il fait partie du collège des magistrats monétaires de l’année 40 av. J.-C. Son collègue connu pour cette même année est Tiberius Sempronius Gracchus (RRC 525). 2. Origines : La Gens Voconia La famille est principalement connue pour deux autres membres illustres : Q. Voconius Saxa : Tribun de la plèbe en 169 av. J.-C., célèbre pour la Lex Voconia (approuvée par Caton l’Ancien), qui limitait le droit des femmes à hériter de grandes fortunes. Q. Voconius Naso : Préteur et juge lors du célèbre procès de Cluentius plaidé par Cicéron en 66 av. J.-C. 3. Allégeance Politique Voconius Vitulus est un partisan déclaré d’Octave. À une époque où le pouvoir est disputé entre les triumvirs, le choix de faire figurer le portrait d’Octave (avec la barbe de deuil) et celui du divin Jules César sur ses émissions montre une loyauté sans faille au camp césarien. Il est l’un de ces « nouveaux hommes » ou partisans de rang intermédiaire à qui Octave confie la gestion de l’atelier monétaire de Rome pour saturer l’espace public de sa propre image et de celle de son père adoptif. 4. Le Symbolisme du « Veau » (Vitulus) Le choix du revers de l’aureus (le veau) est une signature héraldique personnelle : C’est un type parlant : en latin, vitulus signifie « veau ». Cette pratique, typiquement républicaine, permettait au magistrat de marquer la monnaie de son identité familiale tout en servant l’autorité supérieure (ici Octave). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus; son collègue qui a aussi frappé monnaie était Ti. Sempronius Gracchus. Les médailles de Voconius ont, au revers, un veau, emblème du surnom du monétaire; elles portent au droit, les unes, l’effigie de Jules César, et les autres celle d’Octave; elles ont été frappées peu d’années après la mort de Jules César, sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, selon l’opinion de Borghesi.La barbe que porte Octave, en signe de deuil à cause de la mort de Jules César, fait placer ces médailles au temps de la guerre contre Sex. Pompée en 716-718. Elles ne sauraient, en effet, être postérieures, car Dion Cassius nous apprend que c’est après la guerre
1714JU – Aureus Octave – Quintus Voconius Vitulus

1714JU – Aureus Octave – Quintus Voconius Vitulus Avers : DIVI·F (Divi Filius, Au divin Jules) Tête barbue d’Octave à droite. Devant le buste, un lituus. Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS. Q. / DESIGN/ S|C (Quintus Voconius Vitulus Quæstor Designatus / Senatus consulto, Quintus Voconius Vitulus questeur désigné avec l’accord du Sénat) Veau à gauche. British Museum 8.04g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Or Gentes : Voconia et Julia Références : RRC 526/3 – B.4 (Voconia) – Syd. 1131 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Piété et la Vengeance L’avers est entièrement dédié à la construction du mythe d’Octave comme héritier légitime de Jules César. Le Portrait Barbu (Barba et Capillus) : Contrairement à l’usage romain de l’époque qui privilégiait le rasage de près, Octave est représenté avec une barbe. C’est la barbe de deuil. Il a fait le serment de ne pas se raser tant que les assassins de son père adoptif ne seraient pas châtiés. En 40 av. J.-C., bien que les chefs césariicides aient péri à Philippes (42 av. J.-C.), la menace de Sextus Pompée persiste, justifiant la continuité de ce deuil public et politique. Le Lituus : Ce bâton augural placé derrière la tête souligne son appartenance au collège des augures. Il ne s’agit pas seulement d’un titre religieux, mais d’une preuve de sa felicitas (la chance accordée par les dieux). La Légende DIVI F : Abréviation de Divi Filius (Fils du Divin). Depuis la déification de César en 42 av. J.-C., Octave utilise ce titre pour se placer au-dessus de ses rivaux (Marc Antoine et Lépide). 2. Le Symbolisme du Revers : Entre Tradition et Humour Le revers mêle les prérogatives du monnayeur aux réalités administratives de l’époque. Le Veau (Vitulus) : Il s’agit d’un « type parlant » (ou armes parlantes). Le monnayeur Quintus Voconius utilise l’image d’un veau (vitulus en latin) pour illustrer son propre nom. C’est une pratique courante chez les monnayeurs républicains pour marquer leur identité familiale. Q·VOCONIVS VITVLVS / DESIG : L’inscription mentionne sa qualité de Quaestor Designatus (Questeur désigné). Cela montre que le contrôle de la frappe monétaire à Rome reste officiellement entre les mains des magistrats, même si l’iconographie est dictée par le chef de faction (Octave). S C (Senatus Consulto) : La mention « Par décret du Sénat » est ici presque ironique. Bien que le Sénat ait perdu son pouvoir réel face au triumvirat, Octave tient à maintenir une apparence de légalité républicaine pour s’attirer la faveur des élites romaines. 3. Le Contexte Historique : L’Année 40 av. J.-C. Le contexte de frappe est celui d’une Rome en pleine mutation, oscillant entre guerre civile et espoir de paix. Le Traité de Brindes : À l’automne 40 av. J.-C., Octave et Marc Antoine évitent de justesse un nouveau conflit ouvert. Ils signent le pacte de Brindes, qui redécoupe le monde romain : l’Occident pour Octave, l’Orient pour Antoine. Cet aureus célèbre la souveraineté d’Octave sur l’Italie et Rome. La Guerre de Pérouse : La monnaie est frappée peu après la reddition de Lucius Antonius (frère de Marc Antoine) à Pérouse. Octave sort renforcé de cette crise intérieure, s’imposant comme le seul maître de la péninsule. Rareté de l’Or : L’émission d’aurei (monnaies d’or) sous la République est toujours liée à des besoins militaires urgents ou à de grandes gratifications. Cette pièce servait probablement à payer les vétérans des légions après la victoire de Pérouse pour s’assurer leur loyauté face à la menace navale de Sextus Pompée. Le Magistrat : Quintus Voconius Vitulus Bien que son nom figure sur l’une des monnaies les plus prestigieuses de la fin de la République, l’homme derrière la frappe reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. 1. Identité et Rang Quintus Voconius Vitulus appartient à la gens Voconia, une famille plébéienne qui n’atteint les hautes sphères de l’État qu’assez tardivement. Titre : Sur les monnaies (notamment le denier RRC 526/4), il est qualifié de Q. DESIGN. S. C. (Quaestor Designatus Senatus Consulto). Cela signifie qu’il était questeur désigné au moment de la frappe et qu’il agissait par décret du Sénat. Fonction : Il fait partie du collège des magistrats monétaires de l’année 40 av. J.-C. Son collègue connu pour cette même année est Tiberius Sempronius Gracchus (RRC 525). 2. Origines : La Gens Voconia La famille est principalement connue pour deux autres membres illustres : Q. Voconius Saxa : Tribun de la plèbe en 169 av. J.-C., célèbre pour la Lex Voconia (approuvée par Caton l’Ancien), qui limitait le droit des femmes à hériter de grandes fortunes. Q. Voconius Naso : Préteur et juge lors du célèbre procès de Cluentius plaidé par Cicéron en 66 av. J.-C. 3. Allégeance Politique Voconius Vitulus est un partisan déclaré d’Octave. À une époque où le pouvoir est disputé entre les triumvirs, le choix de faire figurer le portrait d’Octave (avec la barbe de deuil) et celui du divin Jules César sur ses émissions montre une loyauté sans faille au camp césarien. Il est l’un de ces « nouveaux hommes » ou partisans de rang intermédiaire à qui Octave confie la gestion de l’atelier monétaire de Rome pour saturer l’espace public de sa propre image et de celle de son père adoptif. 4. Le Symbolisme du « Veau » (Vitulus) Le choix du revers de l’aureus (le veau) est une signature héraldique personnelle : C’est un type parlant : en latin, vitulus signifie « veau ». Cette pratique, typiquement républicaine, permettait au magistrat de marquer la monnaie de son identité familiale tout en servant l’autorité supérieure (ici Octave). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus;
1715JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus

1715JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jules César à droite. Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS. Q. / DESIGN/ S|C (Quintus Voconius Vitulus Quæstor Designatus / Senatus consulto, Quintus Voconius Vitulus questeur désigné avec l’accord du Sénat) Veau à gauche. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Argent Gens : Voconia et Julia Références : RRC 526/4 – B.1 (Voconia) – CRR.1133 Ce denier, frappé en 40 av. J.-C., est une émission charnière du second triumvirat. Bien qu’émis sous l’autorité du questeur désigné Quintus Voconius Vitulus, il s’agit d’une pièce de propagande majeure au service d’Octave, futur Auguste. 1. Contexte Historique : La Consolidation d’Octave En 40 av. J.-C., Rome sort à peine de la guerre de Pérouse. Octave est resté seul en Italie tandis que Marc Antoine est en Orient. Cette période est marquée par : La Divinisation de César : Jules César a été officiellement déclaré Divus (Divin) en 42 av. J.-C. Octave utilise systématiquement cette filiation pour asseoir sa légitimité face à ses rivaux. Le Rôle du Questeur : Quintus Voconius Vitulus est qualifié de DESIGN S C (Designatus Senatus Consulto), soulignant que cette émission est officiellement autorisée par le Sénat, renforçant l’image d’Octave comme restaurateur de l’ordre républicain. 2. Analyse de l’Avers : Le Portrait Divinisé L’avers présente une tête laurée de Jules César. Symbolisme : Ce portrait posthume ne cherche pas le réalisme brut, mais la sacralisation. Le titre DIVI IVLI (souvent présent sur d’autres types de la série) confirme le statut de dieu du défunt dictateur. Objectif Politique : En frappant le portrait de son père adoptif, Octave rappelle qu’il est le Divi Filius (fils d’un dieu), un argument imparable pour s’assurer la loyauté des légions césariennes. 3. Analyse du Revers : Le « Veau » de Vitulus Le revers montre un veau (ou génisse) marchant à gauche. Le Jeu de Mots (Type Parlant) : Comme il est courant chez les monétaires romains, le motif est une allusion directe au cognomen du magistrat : Vitulus signifie « veau » en latin. L’Appendice Sexué : Comme le souligne votre base de données sur LesDioscures.com, l’animal est clairement identifié comme un mâle, ce qui confirme l’interprétation du « veau » plutôt que d’une génisse sacrificielle. Symbolisme Sacré : Bien que personnel au monétaire, l’animal peut aussi évoquer la piété et les sacrifices liés au culte de Divus Julius. Le Magistrat : Quintus Voconius Vitulus Bien que son nom figure sur l’une des monnaies les plus prestigieuses de la fin de la République, l’homme derrière la frappe reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. 1. Identité et Rang Quintus Voconius Vitulus appartient à la gens Voconia, une famille plébéienne qui n’atteint les hautes sphères de l’État qu’assez tardivement. Titre : Sur les monnaies (notamment le denier RRC 526/4), il est qualifié de Q. DESIGN. S. C. (Quaestor Designatus Senatus Consulto). Cela signifie qu’il était questeur désigné au moment de la frappe et qu’il agissait par décret du Sénat. Fonction : Il fait partie du collège des magistrats monétaires de l’année 40 av. J.-C. Son collègue connu pour cette même année est Tiberius Sempronius Gracchus (RRC 525). 2. Origines : La Gens Voconia La famille est principalement connue pour deux autres membres illustres : Q. Voconius Saxa : Tribun de la plèbe en 169 av. J.-C., célèbre pour la Lex Voconia (approuvée par Caton l’Ancien), qui limitait le droit des femmes à hériter de grandes fortunes. Q. Voconius Naso : Préteur et juge lors du célèbre procès de Cluentius plaidé par Cicéron en 66 av. J.-C. 3. Allégeance Politique Voconius Vitulus est un partisan déclaré d’Octave. À une époque où le pouvoir est disputé entre les triumvirs, le choix de faire figurer le portrait d’Octave (avec la barbe de deuil) et celui du divin Jules César sur ses émissions montre une loyauté sans faille au camp césarien. Il est l’un de ces « nouveaux hommes » ou partisans de rang intermédiaire à qui Octave confie la gestion de l’atelier monétaire de Rome pour saturer l’espace public de sa propre image et de celle de son père adoptif. 4. Le Symbolisme du « Veau » (Vitulus) Le choix du revers de l’aureus (le veau) est une signature héraldique personnelle : C’est un type parlant : en latin, vitulus signifie « veau ». Cette pratique, typiquement républicaine, permettait au magistrat de marquer la monnaie de son identité familiale tout en servant l’autorité supérieure (ici Octave). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus; son collègue qui a aussi frappé monnaie était Ti. Sempronius Gracchus. Les médailles de Voconius ont, au revers, un veau, emblème du surnom du monétaire; elles portent au droit, les unes, l’effigie de Jules César, et les autres celle d’Octave; elles ont été frappées peu d’années après la mort de Jules César, sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, selon l’opinion de Borghesi.La barbe que porte Octave, en signe de deuil à cause de la mort de Jules César, fait placer ces médailles au temps de la guerre contre Sex. Pompée en 716-718. Elles ne sauraient, en effet, être postérieures, car Dion Cassius nous apprend que c’est après la guerre contre Sextus Pompée qu’Octave se rasa pour la première fois depuis la mort de César. Les médailles de Q. Voconius Vitulus ne sauraient, d’autre part, être antérieures à l’an 713 (41 av. J.-C.), car Jules César ne reçut le titre de divus que le V des kalendes de décembre 712 (42 av. J.-C.). Ce titre paraissant sur toutes les médailles, il faut donc renoncer à les classer en 711 (43 av. J.-C.) comme on l’a
1713JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus

1713JU – Denier César – Quintus Voconius Vitulus Avers : DIVI·IVLI (Divi Iulii, Au divin Jules) Tête laurée de Jules César à droite. Derrière le buste, un lituus. Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS (Quintus Voconius Vitulus) Veau à gauche. British Museum 3.58g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 40 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Voconia et Julia Références : RRC 526/2 – B.2 (Voconia) – Syd. 1132 Frappé en 40 av. J.-C. par le monétaire Q. Voconius Vitulus, ce denier est un témoignage iconographique majeur de la transition entre la République et l’Empire. Il s’inscrit dans une stratégie de légitimation menée par le jeune Octave (futur Auguste). 1. L’Avers : La Divinisation de César L’avers présente le buste lauré de Jules César, marqué par la légende DIVI IVLI. Le Lituus : Situé derrière la nuque de César, cet instrument liturgique (le bâton recourbé des augures) rappelle que César appartenait au collège des Augures. C’est un rappel de sa pietas et de sa connexion privilégiée avec les dieux. Le Titre de Divus : En 42 av. J.-C., le Sénat a officiellement reconnu César comme une divinité (Divus Iulius). Cette monnaie, frappée deux ans plus tard, est l’un des premiers supports de diffusion de ce nouveau statut. Pour Octave, il ne s’agit pas seulement d’honorer son père adoptif, mais d’affirmer sa propre identité de Divi Filius (fils d’un dieu). 2. Le Revers : Jeux de Mots et Identité de Famille Le revers illustre un veau (ou un taurillon) marchant à gauche, entouré du nom du monétaire Q. VOCONIVS VITVLVS. Type Parlant (Canting Type) : Le choix du veau est un jeu de mots visuel sur le cognomen du monétaire, Vitulus, qui signifie littéralement « veau » en latin. C’était une pratique courante chez les magistrats monétaires romains pour marquer l’identité de leur gens. Le Statut de Vitulus : Q. Voconius Vitulus est désigné comme Quaestor Designatus. Le fait qu’il consacre l’avers à César plutôt qu’à une divinité républicaine traditionnelle montre l’alignement total de la magistrature romaine sur les intérêts du parti césarien à cette époque. 3. Contexte de Production (40 av. J.-C.) L’année 40 av. J.-C. est une période de tensions extrêmes : Le Siège de Pérouse : Octave vient de remporter la guerre de Pérouse contre Fulvie et Lucius Antonius (femme et frère de Marc Antoine). Propagande et Paix de Brindes : La frappe de ce denier coïncide avec les négociations qui mèneront au traité de Brindes, redistribuant le monde romain entre les triumvirs. En affichant le portrait de César, Octave rappelle à l’armée et au peuple que c’est lui le seul héritier légitime de l’héritage césarien, face à Marc Antoine. Le Magistrat : Quintus Voconius Vitulus Bien que son nom figure sur l’une des monnaies les plus prestigieuses de la fin de la République, l’homme derrière la frappe reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. 1. Identité et Rang Quintus Voconius Vitulus appartient à la gens Voconia, une famille plébéienne qui n’atteint les hautes sphères de l’État qu’assez tardivement. Titre : Sur les monnaies (notamment le denier RRC 526/4), il est qualifié de Q. DESIGN. S. C. (Quaestor Designatus Senatus Consulto). Cela signifie qu’il était questeur désigné au moment de la frappe et qu’il agissait par décret du Sénat. Fonction : Il fait partie du collège des magistrats monétaires de l’année 40 av. J.-C. Son collègue connu pour cette même année est Tiberius Sempronius Gracchus (RRC 525). 2. Origines : La Gens Voconia La famille est principalement connue pour deux autres membres illustres : Q. Voconius Saxa : Tribun de la plèbe en 169 av. J.-C., célèbre pour la Lex Voconia (approuvée par Caton l’Ancien), qui limitait le droit des femmes à hériter de grandes fortunes. Q. Voconius Naso : Préteur et juge lors du célèbre procès de Cluentius plaidé par Cicéron en 66 av. J.-C. 3. Allégeance Politique Voconius Vitulus est un partisan déclaré d’Octave. À une époque où le pouvoir est disputé entre les triumvirs, le choix de faire figurer le portrait d’Octave (avec la barbe de deuil) et celui du divin Jules César sur ses émissions montre une loyauté sans faille au camp césarien. Il est l’un de ces « nouveaux hommes » ou partisans de rang intermédiaire à qui Octave confie la gestion de l’atelier monétaire de Rome pour saturer l’espace public de sa propre image et de celle de son père adoptif. 4. Le Symbolisme du « Veau » (Vitulus) Le choix du revers de l’aureus (le veau) est une signature héraldique personnelle : C’est un type parlant : en latin, vitulus signifie « veau ». Cette pratique, typiquement républicaine, permettait au magistrat de marquer la monnaie de son identité familiale tout en servant l’autorité supérieure (ici Octave). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus; son collègue qui a aussi frappé monnaie était Ti. Sempronius Gracchus. Les médailles de Voconius ont, au revers, un veau, emblème du surnom du monétaire; elles portent au droit, les unes, l’effigie de Jules César, et les autres celle d’Octave; elles ont été frappées peu d’années après la mort de Jules César, sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, selon l’opinion de Borghesi.La barbe que porte Octave, en signe de deuil à cause de la mort de Jules César, fait placer ces médailles au temps de la guerre contre Sex. Pompée en 716-718. Elles ne sauraient, en effet, être postérieures, car Dion Cassius nous apprend que c’est après la guerre contre Sextus Pompée qu’Octave se rasa pour la première fois depuis la mort de César. Les médailles de Q. Voconius Vitulus ne sauraient, d’autre part, être antérieures à l’an