Julia
Gens patricienne · D'Albe la Longue à l'Empire — Vénus, Énée, Iulus, César & Auguste · Iconographie numismatique · République romaine · IIe–Ier s. av. J.-C.
La gens Julia (en latin classique Iulia) était l'une des plus anciennes familles patriciennes de la Rome antique. Ses membres atteignirent les plus hautes dignités de l'État dès les premiers temps de la République. Le premier de la famille à obtenir le consulat fut Gaius Julius Iulus en 489 av. J.-C. La gens est surtout connue pour Gaius Julius Caesar, le dictateur, et pour son petit-neveu et fils adoptif Octave (le futur empereur Auguste), à travers lequel le nom Julius fut transmis à la dynastie julio-claudienne du Ier siècle ap. J.-C.
Les Julii étaient originaires d'Albe la Longue, mentionnée comme l'une des principales maisons de la cité. Ils furent transportés à Rome lors de la destruction d'Albe par le roi Tullus Hostilius. Des Julii existaient aussi à une époque ancienne à Bovillae, comme en témoigne une inscription très ancienne sur un autel du théâtre de cette ville, relatant des sacrifices selon la lex Albana (rites albains). L'empereur Tibère dédia un sacrarium à la gens Julia à Bovillae, dans lequel il plaça la statue d'Auguste.
La gens revendiquait une ascendance divine : Iulus, ancêtre mythique de la famille, était identifié avec Ascagne, fils d'Énée et fondateur d'Albe la Longue. Énée était lui-même fils de Vénus et d'Anchise. Cette filiation — Vénus → Énée → Iulus → gens Julia — est au cœur du programme iconographique des monnaies de la gens, en particulier les deniers de César représentant Énée portant son père Anchise et le Palladium. Sept magistrats monétaires sont attestés entre 141 et 43 av. J.-C.
« Les Julii étaient originaires d'Albe, l'une des principales maisons de la cité. Ils revendiquaient la descendance d'Iulus, fils d'Énée, lui-même fils de Vénus et d'Anchise. »
— D'après Denys d'Halicarnasse, III, 29 · Tacite, Annales, XI, 24 · Tite-Live, I, 3
Le monnayage de la gens Julia est l'un des plus significatifs de toute l'histoire romaine. Il couvre un arc de près d'un siècle (141–43 av. J.-C.) et culmine avec les émissions de Jules César et d'Octave, qui transforment radicalement les conventions monétaires républicaines : premier portrait d'un vivant sur une monnaie romaine (César, 44 av. J.-C.), propagande dynastique explicite, et monnaies d'or (aurei) en masse.
Les cinq magistrats monétaires pré-césariens montrent déjà l'évolution : des types canoniques Roma / Dioscures de L. Julius (141 av. J.-C.) aux types plus expressifs de L. Julius Bursio (85 av. J.-C.), avec le buste composite d'Apollon-Mercure-Neptun et la victoire en quadrige. Le denier de L. Julius L. f. (103 av. J.-C.) montre déjà Cérès au droit — signe de personnalisation croissante. Le monnayage de César introduit Vénus Genitrix, Énée portant Anchise, le portrait du dictateur lauré, l'éléphant piétinant un serpent (symbole de la victoire sur les Gaulois), et le fameux denier aux Ides de Mars (posthume). Octave poursuit avec le portrait du divin Jules et le temple du Divus Iulius.
Ce magistrat fit émettre un denier (902JU). La légende apposée à cette monnaie est « L. I(VL)I ». Le denier porte les types canoniques de la période : Roma casquée au droit et Dioscures à cheval au revers, sans référence iconographique spécifique à la gens Julia. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail.
Ce magistrat fit émettre un denier (1007JU). La légende apposée à cette monnaie est « SEX. I(VL)I ». Type Roma / Vénus en bige au revers — première apparition de Vénus, ancêtre divine de la gens, sur le monnayage des Julii. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail.
Ce magistrat fit émettre un denier (1152JU). La légende apposée à cette monnaie est « L. IVLI. L. F » (Lucius Julius, fils de Lucius). Au droit, tête de Cérès (ou Mars casqué), au revers Victoire en bige. Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail.
Ce magistrat fit émettre un denier (1157JU). La légende apposée à cette monnaie est « L. IVLI ». Cliquez sur la monnaie pour afficher le détail.
Ce magistrat fit émettre deux deniers (1265JU), (1266JU) et un quinaire (1267JU). La légende apposée à ces monnaies est « L. IVLI. BVRSIO ».
Les deniers portent au droit un buste composite remarquable : Apollon-Mercure-Neptune (visage d'Apollon avec le caducée de Mercure et le trident de Neptune) — type unique et complexe. Au revers, Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite. Le quinaire montre au droit le buste de Vénus et au revers la Victoire couronnant un trophée. Le cognomen Bursio est obscur — peut-être lié à bursa (bourse). Cliquez sur les monnaies pour afficher le détail.
Jules César — dictateur perpétuel, conquérant des Gaules, maître de Rome — fit émettre de nombreuses monnaies qui révolutionnèrent le monnayage romain. Son denier le plus célèbre porte au revers Énée portant son père Anchise et le Palladium — allusion directe à l'ascendance troyenne et vénusienne de la gens Julia. D'autres deniers montrent l'éléphant piétinant un serpent (symbole de la victoire sur les Gaulois), Vénus Genitrix (l'ancêtre divine), et — innovation sans précédent — le portrait de César vivant, lauré, sur le denier de 44 av. J.-C.
L'ensemble des monnaies de César fait l'objet d'un article dédié sur LesDioscures : → Les monnaies de Jules César
Octave (C. Julius Caesar Octavianus), fils adoptif de César et futur empereur Auguste, commença à frapper monnaie dès 43 av. J.-C., après son adoption testamentaire et son entrée dans la vie politique. Ses premières émissions portent la légende C·CAESAR et se distinguent par la référence systématique au Divus Iulius (Jules César divinisé) — comète, temple, et portrait du père adoptif. Le monnayage d'Octave/Auguste constitue le pont entre la République et l'Empire.
Les émissions d'Octave sont couvertes dans la section dédiée du site : → Octave Auguste sur LesDioscures
Magistrats pré-césariens
L. Julius Bursio — 85 av. J.-C.
César & Octave
- [2] Denys d'Halicarnasse, III, 29 — les Julii parmi les principales maisons d'Albe la Longue, transportées à Rome.
- [3] Tacite, Annales, XI, 24 — inscription ancienne à Bovillae, sacrifices selon la lex Albana.
- [5] Servius, commentaire à l'Énéide, I, 267 — Iulus identifié à Ascagne, fils d'Énée.
- [6] Tite-Live, I, 3 — Ascagne/Iulus, fondation d'Albe la Longue.
- [1] Smith, W., Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. II, pp. 642–643 — notice « Julia Gens ». Origine albaine, filiation Vénus → Énée → Iulus.
- [4] Niebuhr, vol. I, note 1240, vol. II, note 421 — Bovillae et les rites albains des Julii.
- Crawford, M.H., Roman Republican Coinage, Cambridge University Press, 1974 — RRC 224/1 (L. Julius), RRC 258/1 (Sex. Julius Caesar), RRC 323/1 (L. Julius L.f.), RRC 352 (L. Julius Bursio).
- Babelon, E., Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine — notices Julia.
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