
Jupiter Axurus : Le Visage Mystérieux du Maître de l’Anxur
Bien que la figure de Jupiter soit indissociable du foudre et de la souveraineté céleste sur le Capitole, l’histoire romaine regorge de déclinaisons locales et archaïques qui révèlent une complexité insoupçonnée. Parmi elles, Jupiter Axurus (ou Anxurus) occupe une place de choix, ancrée dans les paysages escarpés du Latium.
L’Origine et le Sanctuaire de Terracine
Le culte de Jupiter Axurus est indissociable de la ville de Terracine, anciennement nommée Anxur par les Volsques. Perché sur le Mont Sant’Angelo, le sanctuaire dédié à cette divinité dominait la Via Appia et la mer Tyrrhénienne.
Ce temple, dont les imposantes arcades de la base sont encore visibles aujourd’hui, n’était pas seulement un centre religieux, mais un véritable phare politique et stratégique. Le nom « Axurus » dérive directement du toponyme de la cité, marquant l’appropriation par Rome d’un lieu de pouvoir préexistant.
Un Jupiter Imberbe et Jeune
Ce qui distingue Jupiter Axurus des autres formes du dieu est son iconographie. Contrairement au Jupiter Optimus Maximus barbu et mûr, Jupiter Axurus était souvent représenté sous les traits d’un jeune homme imberbe.
Une nature chthonienne ? Certains chercheurs voient dans cette jeunesse une proximité avec les divinités de la terre ou du monde souterrain.
Lien avec Vejovis : Cette apparence juvénile le rapproche de Vejovis, une autre figure obscure du panthéon romain, parfois interprétée comme un « Jupiter infernal » ou un dieu de la vengeance.
Époux de Feronia : À Terracine, Jupiter Axurus partageait le paysage sacré avec Feronia, une déesse italique associée à la fertilité, aux bois et à la libération des esclaves, renforçant l’aspect sauvage et primordial de son culte.
Symbolisme : Entre Ciel et Terre
Si Jupiter est le dieu de la lumière céleste, l’épithète Axurus semble lui conférer une autorité sur les confins. Situé à la frontière entre les marais Pontins et la mer, son temple symbolisait la protection du voyageur et la maîtrise des éléments indomptés.