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2221AU – Aureus Auguste

2221AU – Aureus Auguste Avers : AVGVSTVS DIVI F (Auguste, fils du divin Jules César) Tête nue d’Auguste à gauche. Revers : IMP X. ACT (Imperator Decimum Actium(Empereur pour la dixème fois, Actium)) Apollon Citharoedus d’Actium, debout à gauche, tenant le plectre et la lyre. Numismatica Ars Classica 7.79g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 15-13 avant J.C. Matière : Or Gens : Julia Références : RIC 170var. Cette monnaie fait partie de la grande série de pièces frappées en reconnaissance et en célébration de la grande victoire remportée à la bataille d’Actium sur les forces navales combinées d’Antoine et de Cléopâtre. L’ampleur et l’importance de cette victoire militaire écrasante ne peuvent être sous-estimées et se reflètent dans les grands travaux commémoratifs entrepris par Auguste, puis Octavien. Apollon Actius est ici honoré en raison du fait que sur le promontoire voisin surplombant la mer se trouvait un ancien temple arkadien dédié à Apollon, dont nous devrions sans aucun doute avoir sollicité le patronage divin avant la bataille, et cela a apparemment été accordé et manifesté par la destruction totale de la flotte antonienne-ptolémaïque. L’ancien temple d’Apollon fut agrandi et rénové ; Konstantinos Zachos (Le tropaeum de la bataille navale d’Actium à Nikopolis : rapport intérimaire, Journal of Roman Archaeology Volume 16, 2003) suggère que cette action visait à souligner « la piété et la gratitude d’Auguste envers son dieu protecteur, et peut-être à tenter de convaincre la population locale qui n’était pas particulièrement amie de l’héritier de César ». De plus, « dans les arsenaux situés à proximité du sanctuaire, il consacra les principes du butin de la bataille navale sous la forme de 10 navires de guerre entiers, une dekania qui représentait un de chaque catégorie de navires ayant participé à la bataille, depuis les plus petits « uns » jusqu’aux « dizaines » (monokrotoi à dekereis). Strabon (7.7.6) rapporte que quelques années après la dédicace, les navires et les arsenaux furent détruits dans un incendie ». À l’endroit même où la tente d’Octave avait été dressée avant la bataille et où les chefs des forces vaincues d’Antoine venaient déclarer leur capitulation, il construisit un tropaeum (monument trophée), dont la dédicace par un commandant victorieux était une ancienne coutume romaine, « avec 36 rostres de bronze sur sa façade dans un sanctuaire en plein air dédié à ses dieux protecteurs Mars, Neptune et Apollon. L’ensemble des structures qui composaient ce sanctuaire en plein air était à la fois un symbole de la victoire et du pouvoir d’Octave et aussi un monument de propagande politique et religieuse. Sa domination était due à la volonté des dieux qui l’avaient aidé dans la victoire et dans la création du nouvel ordre des choses, apportant la paix sur terre et sur mer » (Zachos, 2003). Non satisfaite seulement de ces symboles permanents de son succès, une « Ville de la Victoire » entière (Nikopolis) fut fondée et construite, peuplée par la fusion forcée de plusieurs communautés locales existantes, dont Ambrakia, Anaktorion, Leukas et d’autres. Ce nouveau centre urbain reçut les statuts de « civitas libera » et devint rapidement le principal pôle politique, économique et social du nord-ouest de la Grèce. Pour célébrer davantage cette victoire, les jeux Actiens furent institués en l’honneur d’Apollon Actius, et devaient être célébrés tous les quatre ans dans une enceinte sacrée au nord de la ville.

2220AU – Aureus Auguste

2220AU – Aureus Auguste Avers : AVGVSTVS DIVI F (Auguste, fils du divin Jules César) Tête nue d’Auguste à droite. Revers : IMP X. ACT (Imperator Decimum Actium(Empereur pour la dixème fois, Actium)) Apollon Citharoedus d’Actium, debout à gauche, tenant le plectre et la lyre. British Museum 7.83g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Lugdunum Datation : 15-13 avant J.C. Matière : Or Gens : Julia Références : RIC 170, BMC 459, BN 1394, Cohen 143. Cette monnaie fait partie de la grande série de pièces frappées en reconnaissance et en célébration de la grande victoire remportée à la bataille d’Actium sur les forces navales combinées d’Antoine et de Cléopâtre. L’ampleur et l’importance de cette victoire militaire écrasante ne peuvent être sous-estimées et se reflètent dans les grands travaux commémoratifs entrepris par Auguste, puis Octavien. Apollon Actius est ici honoré en raison du fait que sur le promontoire voisin surplombant la mer se trouvait un ancien temple arkadien dédié à Apollon, dont nous devrions sans aucun doute avoir sollicité le patronage divin avant la bataille, et cela a apparemment été accordé et manifesté par la destruction totale de la flotte antonienne-ptolémaïque. L’ancien temple d’Apollon fut agrandi et rénové ; Konstantinos Zachos (Le tropaeum de la bataille navale d’Actium à Nikopolis : rapport intérimaire, Journal of Roman Archaeology Volume 16, 2003) suggère que cette action visait à souligner « la piété et la gratitude d’Auguste envers son dieu protecteur, et peut-être à tenter de convaincre la population locale qui n’était pas particulièrement amie de l’héritier de César ». De plus, « dans les arsenaux situés à proximité du sanctuaire, il consacra les principes du butin de la bataille navale sous la forme de 10 navires de guerre entiers, une dekania qui représentait un de chaque catégorie de navires ayant participé à la bataille, depuis les plus petits « uns » jusqu’aux « dizaines » (monokrotoi à dekereis). Strabon (7.7.6) rapporte que quelques années après la dédicace, les navires et les arsenaux furent détruits dans un incendie ». À l’endroit même où la tente d’Octave avait été dressée avant la bataille et où les chefs des forces vaincues d’Antoine venaient déclarer leur capitulation, il construisit un tropaeum (monument trophée), dont la dédicace par un commandant victorieux était une ancienne coutume romaine, « avec 36 rostres de bronze sur sa façade dans un sanctuaire en plein air dédié à ses dieux protecteurs Mars, Neptune et Apollon. L’ensemble des structures qui composaient ce sanctuaire en plein air était à la fois un symbole de la victoire et du pouvoir d’Octave et aussi un monument de propagande politique et religieuse. Sa domination était due à la volonté des dieux qui l’avaient aidé dans la victoire et dans la création du nouvel ordre des choses, apportant la paix sur terre et sur mer » (Zachos, 2003). Non satisfaite seulement de ces symboles permanents de son succès, une « Ville de la Victoire » entière (Nikopolis) fut fondée et construite, peuplée par la fusion forcée de plusieurs communautés locales existantes, dont Ambrakia, Anaktorion, Leukas et d’autres. Ce nouveau centre urbain reçut les statuts de « civitas libera » et devint rapidement le principal pôle politique, économique et social du nord-ouest de la Grèce. Pour célébrer davantage cette victoire, les jeux Actiens furent institués en l’honneur d’Apollon Actius, et devaient être célébrés tous les quatre ans dans une enceinte sacrée au nord de la ville.

2112AU – Denier Auguste – C. Antistius Vetus

2112AU – Denier Auguste – C. Antistius Vetus Avers : IMP CAESAR AVGVS TR POT XII (Imperator Caesar Augustus, tribuniciâ potestate octavâ) Tête nue d’Auguste à droite. Revers : C ANTISTI VETVS IIIVIR APOLLINI ACTIO  Estrade ornée d’ancres et de proues de navires, sur laquelle se tient debout un pontife en costume féminin, tourné à gauche et sacrifiant sur un autel allumé ; il tient une lyre de la main gauche. British Museum 3.93g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 16 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Antestia Références : RIC 366, BMC 95, BN 363-364, Antestia 21. Le revers représente un sacrifice fait à Apollon, en mémoire de la victoire d’Actium, dans le temple consacré par Auguste à cette divinité. Variante avec comme légende au revers C ANTIST VETVS IIIVIR APOLLINI ACTIO Référence : RIC 365. Bibliothèque nationale de France 3.38g

366AN – Quinconce Anonyme

366AN – Quincussis Anonyme Avers : L Tête laurée d’Apollon à droite, derrière L. Revers : ROMA Les Dioscures galopant à droite, au-dessous marque de valeur composée de cinq globules Bibliothèque nationale de France 28.5g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-208 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 97/3 Le quincunx ou quinconce (en français) est une monnaie de bronze romaine de la République, valant cinq onces (cinq douzièmes d’un as). Il est identifiable par cinq globules sur la monnaie. Le monnayage de Luceria, incluant cette monnaie, est significatif car il témoigne de la décentralisation de la production monétaire durant les périodes de crise de la République romaine, notamment pendant la Seconde Guerre Punique. Ces émissions locales étaient essentielles pour financer les opérations militaires et les besoins économiques régionaux. Le quincunx, avec sa valeur de cinq onces, représente une subdivision particulière du système monétaire de l’époque.

1240TI – Quadrans Tituria – Lucius Titurius Sabinus

1240TI – Quadrans Tituria – Lucius Titurius Sabinus Avers : Anépigraphe Tête laurée d’Apollon à droite, derrière marque de valeur composée de trois globules. Revers : L·TVR SAB inversé Proue de navire à droite. British Museum 4.26g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 89 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Tituria Références : RRC 344/7  👤 Identité du Monétaire Nom Complet: Lucius Titurius L. f. Sabinus Fonction: Triumvir Monetalis (un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome) Date d’émission: 89 av. J.-C.   🏛️ Contexte Historique L’émission de cette monnaie a lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure où Rome accorde la citoyenneté romaine aux alliés italiens après une guerre sanglante. La frappe de monnaies en cette période est souvent associée à un besoin accru de financement militaire.   👨‍👦 Postérité (Possibles Liens Familiaux) Bien que l’on n’ait pas beaucoup d’informations directes sur la carrière de ce Lucius Titurius L. f. Sabinus après son mandat monétaire, il est généralement considéré comme étant lié à des figures plus tardives : Il pourrait être le père de Quintus Titurius Sabinus, qui fut l’un des lieutenants (légats) de Jules César pendant la Guerre des Gaules et qui fut tristement célèbre pour son rôle dans le désastre d’Aduatuca en 54 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon On connaît un certain Titurius qui eut, comme lieutenant de Q. Metellus Pius, un commandement dans la guerre contre Sertorius en Espagne, vers 675 (79 av. J.-C.); son fils Q. Titurius Sabinus fut lieutenant de César dans la guerre des Gaules, de 697 à 700 (57 à 54 av. J.-C.). Cavedoni, qui regarde les médailles ci-dessous décrites comme frappées vers 666 (88av. J.-C.), les donne au premier de ces deux personnages, dont le nom exact est L. Titurius L. f. Sabinus, comme l’indique la légende de l’as. Sur le denier, figure le monogramme TA (Tatius), pareil au monogramme inexpliqué sur des pièces anonymes et celles de Postumius (Postumia, 9). Ici l’interprétation de TA par Tatius n’est pas douteuse. C’est une allusion qui trouve sa raison d’être dans le nom Sabinus du monétaire. On voit, sur les médailles, le roi des Sabins, Titus Tatius, et l’enlèvement des Sabines représente sous diverses formes. Nous n’insisterons que sur le revers qui montre Tarpeia à moitié ensevelie sous les boucliers. Au-dessus de cette scène, on aperçoit le croissant lunaire et une étoile. Properce fait effectivement intervenir la Lune dans l’histoire de Tarpeia : Saepe illa immeritae causata est omnina lunae. Et sibi tinguendas dixit in amne comas. Sur les deniers de P. Petronius Turpilianus, figurent aussi tantôt un croissant et une étoile, tantôt le supplice de Tarpeia. Il paraît que l’édicule de la Lune sur la partie du forum romain appelée Graecostasis se rattache à la même tradition. Borghesi, dans une lettre à Mommsen, a proposé de restituer à L. Titurius un as qui est généralement classé à la famille Turillia et qui porte TVRI L. Le savant italien pense qu’une partie de la légende a été effacée et qu’il faut lire en réalité : [L. TI]TVRI. L[.F]. Nous avons vérifié sur plusieurs exemplaires la conjecture de Borghesi; elle est parfaitement exacte. Mais les autres pièces en bronze qui portent seulement la légende TVR appartiennent à la famille Turillia. On pourrait peut-être donner à la Tituria gens le victoriat qui a pour légende P. SABINVS; on le trouvera décrit à la famille Vettia. L. Titurius Sabinus paraît avoir formé un collège monétaire avec Q. Titius et C. Vibius Pansa.

1600CL – Aureus Claudia – Publius Clodius

1600CL – Aureus Claudia – Publius Clodius Avers : Anepigraphe Tête laurée d’Apollon à droite; derrière la tête, une petite lyre . Revers : P CLODIVS / M F (Publius Clodius Marci Filius, Publius Claudius fils de Marc) Diana Lucifera drapée, avec son arc et son carquois, debout de face, tournée à droite, tenant dans chaque main un grand flambeau allumé. SITNAM 8.14g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Claudia Références : RRC 494/22 – B.14 (Claudia) –  Syd.1116 1. Description Typologique Avers : Tête laurée d’Apollon à droite, avec une chevelure bouclée. Derrière la tête, un attribut spécifique : une lyre. Revers : Diane Lucifera debout de face, la tête tournée vers la droite. Elle porte un arc et un carquois sur l’épaule et tient dans chaque main une longue torche allumée. Légende : P · CLODIVS / M · F (Publius Clodius Marci filius). 2. Symbolisme et Idéologie Le choix d’Apollon et de Diane par P. Clodius en 42 av. J.-C. dépasse la simple piété religieuse : L’association Apollon-Diane (Sol et Luna) : Dans la pensée romaine de la fin de la République, Apollon est de plus en plus assimilé au Soleil (Sol) et Diane à la Lune (Luna). Ce couple symbolise l’ordre cosmique et l’éternité. La protection du Triumvirat : Apollon était la divinité tutélaire d’Octave (futur Auguste). En frappant cette monnaie à Rome pendant que les Triumvirs préparaient la bataille de Philippes, Clodius affirme le soutien divin dont bénéficie la cause césarienne. Le thème de la Lumière (Lucifera) : Diane « Lucifera » (porteuse de lumière) et les torches allumées symbolisent l’espoir de sortir des ténèbres des guerres civiles. C’est une promesse de paix et de renouveau. Référence à César : La divinisation de Jules César (Divus Iulius) en 42 av. J.-C. imprègne tout le monnayage de cette année. Le caractère céleste et lumineux de ces divinités fait écho au Sidus Iulium (l’astre de César). 3. Contexte Historique : L’urgence de 42 av. J.-C. Cette pièce est frappée à un moment critique : Financer la guerre : Les Triumvirs ont besoin d’or pour payer les légions qui vont affronter Brutus et Cassius. L’aureus, par sa valeur élevée, est le support privilégié pour ces transactions militaires. Le rôle de P. Clodius : Il appartient au collège des quattuorviri (quatre magistrats monétaires), une extension du collège habituel de trois, signe de l’augmentation massive de la production monétaire nécessaire pour soutenir l’effort de guerre. Note d’expertise : Ce type est extrêmement rare (indice de rareté maximal). Il existe un denier d’argent correspondant (RRC 494/23) avec une iconographie identique, ce qui permettait de diffuser le même message de propagande à toutes les échelles de l’économie romaine. Le monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Clodius, fils de Marcus (P. Clodius M.f.). Malgré l’importance de son monnayage, l’homme derrière le nom reste une figure relativement mystérieuse de l’histoire romaine. Voici ce que nous savons de lui : 1. Identité et Origines Nom complet : Publius Clodius M.f. Turrinus (parfois identifié avec le cognomen Turrinus). La Gens Clodia : Il appartient à la gens Clodia, une variante orthographique « populaire » de la célèbre et ancienne famille patricienne des Claudii. Cette modification de nom était souvent un choix politique pour paraître plus proche du peuple (populares). Distinction généalogique : Il est crucial de ne pas le confondre avec le célèbre et sulfureux Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron tué en 52 av. J.-C.). Notre monétaire précise bien M.f. (Marci filius, fils de Marcus), alors que le célèbre tribun était le fils d’un Appius. 2. Son rôle en 42 av. J.-C. Publius Clodius faisait partie des Quattuorviri Monetales (un collège de quatre magistrats chargés de la monnaie) de l’année 42 av. J.-C. Ses collègues étaient : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a travaillé sous l’autorité directe du Second Triumvirat. Leur mission principale était de financer la campagne militaire contre les assassins de César (Brutus et Cassius). 3. Un monétaire polyvalent Bien que le denier au portrait de César (RRC 494/16) soit le plus célèbre, P. Clodius a supervisé une production diversifiée cette année-là : Il a frappé des monnaies pour les trois triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide), utilisant souvent le même revers au type de Mars, symbolisant la solidarité du triumvirat dans la guerre à venir. Il a également émis des types plus « classiques » mettant en scène des divinités comme Apollon et Diane Lucifère (comme sur le denier RRC 494/23), ce qui, selon LesDioscures.com, pourrait être lié aux cultes sabins d’origine de sa famille ou à la déification de César. 4. Style artistique On lui attribue le mérite d’être revenu à un style de portrait réaliste pour César. Alors que d’autres monétaires de l’époque tendaient vers une idéalisation du dictateur défunt, les coins de P. Clodius conservent les traits caractéristiques et humains de César, renforçant ainsi l’impact émotionnel et politique de la monnaie auprès des soldats. En résumé : Publius Clodius M.f. est un magistrat dont la carrière politique est peu documentée en dehors de ses monnaies, mais son travail témoigne d’une grande maîtrise de la propagande visuelle au service des héritiers de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un Marcus. Il faut aussi éviter de confondre le monétaire avec le Clodius que César envoya en Macédoine en 706 (48 av. J.-C.) rejoindre Metellus Scipion; ce dernier doit être le même qu’Appien appelle Clodius Bithynicus qui combattit au siège de Pérouse, fut fait prisonnier et mis à mort sur l’ordre d’Octave en 714 (40 av. J.-C.) ; mais il portait le prénom de Lucius, tandis que le magistrat monétaire s’appelle Publius. Borghesi croit donc qu’il s’agit de P. Clodius Turrinus, rhéteur célèbre, dont parle Sénèque’

1451LI – Sesterce Licinia – Aulus Licinius Nerva

1451LI – Sesterce Licinia – Aulus Licinius Nerva Avers : NERVA Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : A. LICINI (Aulus Licinius) Victoire marchant à droite, tenant palme et une couronne. Bibliothèque nationale de France 0.95g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 47 avant J.C. Matière : Argent Gens : Licinia Références : RRC 454/4 – B.26 (Licinia) – Syd.957 Symbolisme : L’harmonie et la victoire Cette monnaie est un condensé de la propagande césarienne de l’époque, utilisant des archétypes divins pour légitimer le pouvoir en place. Apollon (Avers) : Apollon est le dieu de la lumière, de la prophétie, mais aussi de l’ordre et de l’harmonie. En 47 av. J.-C., après le chaos des premières années de guerre civile, l’image d’Apollon suggère un retour à l’équilibre. C’est aussi une divinité protectrice très appréciée par les cercles intellectuels et politiques proches de César. La Victoire (Revers) : La Victoire tenant la palme et la couronne est un message direct. Elle ne symbolise pas une bataille précise, mais la capacité de la faction de César (représentée ici par le magistrat Nerva) à triompher de ses ennemis et à apporter la paix par la force des armes. Contexte Historique : L’année 47 av. J.-C. Le contexte de cette frappe est celui d’une République en pleine mutation, où l’argent sert d’outil de ralliement. Le retour de la monnaie de division : Le sesterce en argent avait été délaissé pendant des décennies. Sa réapparition sous César (série 454) répond à un besoin pragmatique : les soldats et les citoyens ont besoin de menue monnaie pour la vie quotidienne, car l’inflation et les besoins militaires ont raréfié le numéraire. La fidélité de la Gens Licinia : Aulus Licinius Nerva, le magistrat, appartient à une famille qui soutient César. En frappant cette monnaie à Rome pendant que César est en campagne (notamment en Égypte et en Orient), il affirme la continuité de l’État et la stabilité du gouvernement césarien à Rome. Prélude au changement : Cette pièce précède de peu les célèbres émissions de 44 av. J.-C. Elle montre une phase de transition où l’on utilise encore des dieux (Apollon) avant d’oser placer le portrait d’un homme vivant sur les monnaies, un tabou que César brisera trois ans plus tard. Le monétaire responsable de l’émission de ce denier est Aulus Licinius Nerva. Bien que sa biographie précise soit moins documentée que celle des grandes figures comme César ou Pompée, nous pouvons dresser son portrait à travers ses fonctions et son appartenance familiale. 1. Son Rôle : Triumvir Monetalis En 47 av. J.-C., Aulus Licinius Nerva occupe la fonction de triumvir monétaire (tresviri monetales). Ce poste était généralement la première étape du cursus honorum (la carrière des honneurs) pour les jeunes aristocrates romains. Il était responsable, avec deux collègues, de la surveillance de la frappe des monnaies à l’atelier de Rome. C’est à ce titre que son nom A·LICINIVS et son titre III·VIR apparaissent sur le revers de la pièce. 2. Son Allégeance Politique Aulus Licinius Nerva appartient au camp de Jules César. Soutien Césarien : Sa nomination en 47 av. J.-C. intervient alors que César est dictateur. Le choix de Fides (la Fidélité) sur ses pièces est un signe fort de son adhésion à la cause césarienne dans un climat de guerre civile. Carrière ultérieure : Il est identifié par les historiens comme le questeur de Decimus Junius Brutus (l’un des lieutenants de César, qui participera plus tard au complot contre lui). Cela confirme qu’il faisait partie du cercle restreint des officiers et magistrats entourant l’état-major césarien. 3. Son Origine Familiale : La Gens Licinia Il appartient à la gens Licinia, l’une des familles plébéiennes les plus illustres et les plus puissantes de Rome. Une lignée de prestige : Les Licinii ont produit des figures majeures comme le triumvir Crassus ou le général Lucullus. L’héritage des Nervae : Sa branche familiale, les Licinii Nervae, s’est distinguée par ses succès militaires. Comme mentionné précédemment, il utilise sa monnaie pour célébrer son ancêtre, le préteur de 142 av. J.-C., rappelant ainsi que sa famille a toujours été un pilier de la force militaire romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon A. Licinius Nerva. Triumvir monétaire de 705 à 709 (49-45 av. J.-C.) On connaît plusieurs personnages ayant porté le nom de Aulus Licinius Nerva; le premier fut tribun du peuple en 576 (178 av. J.-C.), puis préteur en Espagne, en 588 (166 av. J.-C.) ; un autre, probablement fils du précédent, fut préteur en 611 (143 av. J.-C.) et l’année suivante gouverneur de la Macédoine. Le monétaire dont nous nous entretenons ici, descendait sans doute de ces personnages, mais il n’est pas connu historiquement, à moins que ce ne soit un certain Licinius Nerva, mentionné sans son prénom, et qui fut questeur de Decimus Brutus pendant la guerre de Modène. La même obscurité règne sur l’interprétation des types monétaires de ce magistrat. Nous ne connaissons pas les motifs qui l’ont poussé à représenter sur ses deniers la tête de la déesse de la Bonne Foi, à qui Numa fit, le premier, bâtir un temple. Peut-être un des ancêtres de A. Nerva fut-il prêtre de cette divinité qu’on appelle fides publica du temps des empereurs et qu’on représente sur les monnaies impériales, tenant une patère et une corne d’abondance.On a proposé de reconnaître dans le type du revers des deniers, le préteur A. Licinius Nerva qui, pendant sa préture en Macédoine, en 612 (142 av. J.-C.), battit Andriscus qui avait entrepris de restaurer le trône de Persée. Les médailles représenteraient Nerva lui-même à cheval et traînant par les cheveux le malheureux roi de Macédoine. On voit au revers du sesterce un cavalier en course, comme sur les monnaies des Calpumii Pisones. C’est une allusion aux ludi Apoliinares institués par P. Licinius Varus, préteur en 546 (208 av. J.-C.)

1216TI – Semis Titia – Quintus Titius

1216TI – Semis Titia – Quintus Titius Avers : Anépigraphe Tête laurée d’Apollon à droite, derrière marque de valeur S. Revers : Q. TITI. (Quintus Titius) Minerve tenant un sceptre, debout dans un quadrige au galop à droite. Bibliothèque nationale de France 5.63g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Titia Références : RRC 341/5 – B.5 (Titia) – Syd.695 👤 Le Monétaire Q. Titius Fonction : Monétaire (un des magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Date d’activité : Vers 90 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission de monnaie a eu lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure et de réformes importantes pour la citoyenneté romaine. Identité Personnelle : On ne sait pas avec certitude qui était ce Quintus Titius. Certains chercheurs suggèrent qu’il pourrait être identifié à un certain Q. Titius mentionné par Plutarque comme s’occupant de commerce, qui serait venu voir Sylla en 86 av. J.-C., mais cette identification reste hypothétique.   🏛️ La Gens Titia et les Monnaies La famille (ou gens) Titia était d’origine plébéienne et n’a accédé à une visibilité politique significative que très tardivement dans l’histoire de la République. Aucun de ses membres n’a atteint le consulat avant la fin de la République.   🖼️ Le Choix Thématique Ce Semis est intéressant car il utilise des types iconographiques empruntés ou partagés avec le monétaire C. Vibius C.f. Pansa, qui a frappé simultanément avec Q. Titius. Apollon et Minerve en quadrige sont des types qui, à l’époque, étaient devenus populaires sur le monnayage de bronze divisionnaire. L’utilisation d’Apollon et de Minerve reflète une thématique plus large des jeux publics (Ludi Apollinares et fêtes en l’honneur de Minerve) ou peut symboliser la Victoire et la Sagesse au milieu de la Guerre Sociale. C’est une émission qui montre la diversité des types utilisés par Q. Titius, allant du très personnel (Mutinus Titinus sur le denier) au très traditionnel (Janus sur l’As) et au thématique (Apollon/Minerve sur le Semis). Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Titia, d’origine plébéienne, était néanmoins sénatoriale dès le VIle siècle de Rome. On trouve Sex. Titius, tribun du peuple en 665 (89 av. J.-C.); il se montra le vengeur de Saturninus et de Glaucia tués l’année précédente. A la même époque, vivait un de ses parents, C. Titius, orateur distingué. Nous citerons encore M. Titius un des chefs de la flotte romaine, qui fut fait prisonnier en l’an 714 (40 av. J.-C.) par Sex. Pompée, sur les côtes de la Gaule Narbonnaise. On le trouve en Orient, dans la guerre des Parthes, sous les ordres de Marc Antoine, en 718 (36 av. J.-C.); il se rallia plus tard à Octave et fut consul suffectus, en 723.Les médailles donnent le seul nom de Q. Titius, monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) avec C. Vibius Pansa. Mais on ne sait quel est ce personnage, à moins qu’on ne l’identifie avec Q. Titius qui s’occupait de négoce, et vint, selon Plutarque, trouver Sylla en 668 (86 av. J.-C.) après la bataille de Chéronée.Sur le denier n. 1, on voit la tête du dieu Mutinus ou Mutunus Tilinus, surnom de Priape; c’est un type parlant, faisant allusion au nom de famille Titius. Dans la même intention, le chef gaulois Tatinos a reproduit aussi cette tête avec une barbe cunéiforme et des ailerons, sur ses monnaies. Festus rapporte que le dieu Mutinus Titinus avait, à Rome, un temple où les matrones romaines venaient sacrifier, revêtues de robes prétextes : les jeunes mariées étaient tenues d’offrir symboliquement à Mutinus Titinus le tribut de leur virginité. Le Pégase, au revers du même denier, se rapporte aussi à cette même divinité : c’est le type des monnaies de Lampsaque, ville où le culte de Priape était particulièrement en honneur. Sur le denier n. 2, figure la tête de Bacchus, ordinaire aussi sur des monnaies grecques de Lampsaque. L’analogie de ces types s’explique « non par une intention d’imitation servile de la part de l’artiste romain, mais par une communauté de culte entre les deux villes Rome et Lampsaque, communauté qui devait produire des figures semblables pour les mêmes divinités’ » Le Cabinet des Médailles possède un buste de marbre, à double tête comme Janus, dont une des têtes est celle de Bacchus imberbe et couronné de lierre, et l’autre, celle du dieu priapique Mutinus Titinus, ailée, avec la barbe cunéiforme. L’association de ces deux têtes montre le rapport qui existait entre le culte de Bacchus et celui de Mutinus Titinus, le Priape romain.

1211CA – Quadrans Calpurnia – Lucius Calpurnius Piso Frugi

1211CA – Quadrans Calpurnia – Lucius Calpurnius Piso Frugi Avers : Anépigraphe Tète laurée d’Apollon à droite ; derrière marque de valeur composée de trois globules. Revers : L PISO Ancre et gouvernail en sautoir. British Museum 2.42g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Calpurnia Références : RRC 340/6c – B.20 (Calpurnia) 👤 Le Monétaire : L. Calpurnius Piso Frugi Il est identifié comme Lucius Calpurnius Piso (fils de Lucius, petit-fils de Lucius) Frugi (L. Calpurnius L.f. L.n. Frugi), dont le nom est abrégé en L. PISO FRVGI sur le revers de la monnaie. Date et Contexte : Il fut magistrat monétaire (Triumvir Monétaire) vers 90 av. J.-C., pendant l’époque critique de la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.). Cette guerre nécessita un financement massif, ce qui explique l’énorme volume de l’émission RRC 340/1, l’une des plus importantes de l’histoire républicaine. Carrière Postérieure : Les magistrats monétaires poursuivaient généralement des carrières politiques au sein du cursus honorum. Cependant, l’identité précise et les autres magistratures occupées par ce Lucius Calpurnius Piso Frugi particulier ne sont pas bien documentées après son monnayage. Il est possible qu’il soit mort au combat durant la Guerre Sociale.   🌳 L’Héritage Familial (Gens Calpurnia) Le choix des types monétaires (Apollon et le Cavalier) est un hommage direct à l’histoire de sa famille : Ludi Apollinares : Le type monétaire (Apollon et le cavalier de course) fait référence à l’institution des Jeux Apolliniens (Ludi Apollinares). Ces jeux furent institués par un ancêtre de la famille, le préteur Lucius Calpurnius Piso, en 212 av. J.-C. Surnom Frugi : Le surnom Frugi (qui signifie littéralement « frugal », « honnête », ou « homme de bien ») fut d’abord donné à un autre ancêtre, Lucius Calpurnius Piso Frugi (consul en 133 av. J.-C.). Cet ancêtre était célèbre pour son intégrité et était un historien et annaliste romain. Le monétaire de 90 av. J.-C. porte le même nom en hommage à cet illustre ancêtre. La Loi Calpurnia : La Gens Calpurnia est également associée à d’importantes lois, notamment la Lex Calpurnia de repetundis de 149 av. J.-C., qui a créé le premier tribunal permanent pour juger les cas de concussion des gouverneurs provinciaux.   ➡️ Le Fils : Caius Calpurnius Piso Frugi (RRC 408/1) Il est intéressant de noter que le fils de ce monétaire, Caius Calpurnius Piso Frugi, frappa également des deniers à Rome une génération plus tard, vers 67 av. J.-C. (référence RRC 408/1). Son fils reprit exactement les mêmes types monétaires (Apollon / Cavalier), soulignant la fierté familiale pour cet héritage. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Calpurnius Piso Frugi. Triumvir monétaire vers 665 (89 av. J.-C.) Ce monétaire était fils d’un personnage du. même nom qui servit avec distinction en Sicile en 621 (133 av. J.-C.) et mourut en Espagne où il remplissait les fonctions de propréteur vers 642 (112 av. J.-C.). Le magistrat monétaire, mentionné à plusieurs reprises par Cicéron, était, comme ses ancêtres, un homme de la plus grande honorabilité. Il se porta comme accusateur de P. Gabinius en 667 (87 av. J.-C.) et il fut avec Verrès en Sicile comme propréteur, en 680 (74 av. J.-C.). Il exerça les fonctions d’officier monétaire vers l’an 665 (89 av. J.-C.), comme Borghesi l’a induit des pièces qui portent E. L. P. (Ex lege Papiria). La loi Plaulia Papiria qui contenait, entre autres, des dispositions relatives aux monnaies, fut promulguée, en effet, en 665 . La grande quantité des monnaies de L. Piso Frugi peut être attribuée aux frais occasionnés par la guerre Sociale. On a dû convertir en numéraire les lingots de la réserve métallique de l’ærarium. C’est à cette circonstance que nous devons de savoir que cette réserve, en 665, montait à 17.410 livres d’or, 22.070 livres d’argent en lingot,et 6.135.400 sesterces (= 18.230 livres) en argent monnayé On monnaya ces lingots, et L. Piso Frugi fut chargé avec D. Junius Silanus de diriger cette émission extraordinaire. Les marques monétaires si nombreuses, que l’on trouve sur les pièces, n’avaient pas d’autre but, que de distinguer les coins, pour les ouvriers de l’atelier, et de permettre la vérification et le contrôle de cette abondance inusitée. Le chiffre ((|)) (10,000) relevé par Cavedoni montre la quantité énorme de deniers qui ont dû être frappés. La tête d’Apollon qui figure au droit de toutes les pièces ainsi que le cavalier au galop qui tient dans la main une palme, un fouet ou une torche, font allusion aux jeux célébrés en l’honneur d’Apollon, et dont l’institution avait eu lieu en vertu d’un oracle du devin Marcius Nous avons déjà dit que ce fut un membre de la gens Calpurnia, le préteur C. Calpurnius Piso, qui, en 543 (211 av. J.-C.), régularisa les ludi Apollinares et en rendit la célébration périodique. Il y avait des courses de chars, et des courses de desultores, cavaliers qui conduisaient deux chevaux, et qui pendant la course sautaient de l’un sur l’autre. C’est à ces jeux que se rapporte le type des pièces de L. Piso ainsi que de C. Piso, son fils, que nous décrirons plus loin.

1207CA – Sesterce Calpurnia – Lucius Calpurnius Piso Frugi

1207CA – Sesterce Calpurnia – Lucius Calpurnius Piso Frugi Avers : PISO Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : E.L.P FRVGI   (Ex Lege Papiria. Frugi) Cheval au galop à droite. British Museum 0.95g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Calpurnia Références : RRC 340/3a – B.15 (Calpurnia) – Syd.676 👤 Le Monétaire : L. Calpurnius Piso Frugi Il est identifié comme Lucius Calpurnius Piso (fils de Lucius, petit-fils de Lucius) Frugi (L. Calpurnius L.f. L.n. Frugi), dont le nom est abrégé en L. PISO FRVGI sur le revers de la monnaie. Date et Contexte : Il fut magistrat monétaire (Triumvir Monétaire) vers 90 av. J.-C., pendant l’époque critique de la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.). Cette guerre nécessita un financement massif, ce qui explique l’énorme volume de l’émission RRC 340/1, l’une des plus importantes de l’histoire républicaine. Carrière Postérieure : Les magistrats monétaires poursuivaient généralement des carrières politiques au sein du cursus honorum. Cependant, l’identité précise et les autres magistratures occupées par ce Lucius Calpurnius Piso Frugi particulier ne sont pas bien documentées après son monnayage. Il est possible qu’il soit mort au combat durant la Guerre Sociale.   🌳 L’Héritage Familial (Gens Calpurnia) Le choix des types monétaires (Apollon et le Cavalier) est un hommage direct à l’histoire de sa famille : Ludi Apollinares : Le type monétaire (Apollon et le cavalier de course) fait référence à l’institution des Jeux Apolliniens (Ludi Apollinares). Ces jeux furent institués par un ancêtre de la famille, le préteur Lucius Calpurnius Piso, en 212 av. J.-C. Surnom Frugi : Le surnom Frugi (qui signifie littéralement « frugal », « honnête », ou « homme de bien ») fut d’abord donné à un autre ancêtre, Lucius Calpurnius Piso Frugi (consul en 133 av. J.-C.). Cet ancêtre était célèbre pour son intégrité et était un historien et annaliste romain. Le monétaire de 90 av. J.-C. porte le même nom en hommage à cet illustre ancêtre. La Loi Calpurnia : La Gens Calpurnia est également associée à d’importantes lois, notamment la Lex Calpurnia de repetundis de 149 av. J.-C., qui a créé le premier tribunal permanent pour juger les cas de concussion des gouverneurs provinciaux.   ➡️ Le Fils : Caius Calpurnius Piso Frugi (RRC 408/1) Il est intéressant de noter que le fils de ce monétaire, Caius Calpurnius Piso Frugi, frappa également des deniers à Rome une génération plus tard, vers 67 av. J.-C. (référence RRC 408/1). Son fils reprit exactement les mêmes types monétaires (Apollon / Cavalier), soulignant la fierté familiale pour cet héritage. Variante : Sans légende à l’avers Références : RRC 340/3b – B.15 (Calpurnia) – Syd.676a British Museum 0.97g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Calpurnius Piso Frugi. Triumvir monétaire vers 665 (89 av. J.-C.) Ce monétaire était fils d’un personnage du. même nom qui servit avec distinction en Sicile en 621 (133 av. J.-C.) et mourut en Espagne où il remplissait les fonctions de propréteur vers 642 (112 av. J.-C.). Le magistrat monétaire, mentionné à plusieurs reprises par Cicéron, était, comme ses ancêtres, un homme de la plus grande honorabilité. Il se porta comme accusateur de P. Gabinius en 667 (87 av. J.-C.) et il fut avec Verrès en Sicile comme propréteur, en 680 (74 av. J.-C.). Il exerça les fonctions d’officier monétaire vers l’an 665 (89 av. J.-C.), comme Borghesi l’a induit des pièces qui portent E. L. P. (Ex lege Papiria). La loi Plaulia Papiria qui contenait, entre autres, des dispositions relatives aux monnaies, fut promulguée, en effet, en 665 . La grande quantité des monnaies de L. Piso Frugi peut être attribuée aux frais occasionnés par la guerre Sociale. On a dû convertir en numéraire les lingots de la réserve métallique de l’ærarium. C’est à cette circonstance que nous devons de savoir que cette réserve, en 665, montait à 17.410 livres d’or, 22.070 livres d’argent en lingot,et 6.135.400 sesterces (= 18.230 livres) en argent monnayé On monnaya ces lingots, et L. Piso Frugi fut chargé avec D. Junius Silanus de diriger cette émission extraordinaire. Les marques monétaires si nombreuses, que l’on trouve sur les pièces, n’avaient pas d’autre but, que de distinguer les coins, pour les ouvriers de l’atelier, et de permettre la vérification et le contrôle de cette abondance inusitée. Le chiffre ((|)) (10,000) relevé par Cavedoni montre la quantité énorme de deniers qui ont dû être frappés. La tête d’Apollon qui figure au droit de toutes les pièces ainsi que le cavalier au galop qui tient dans la main une palme, un fouet ou une torche, font allusion aux jeux célébrés en l’honneur d’Apollon, et dont l’institution avait eu lieu en vertu d’un oracle du devin Marcius Nous avons déjà dit que ce fut un membre de la gens Calpurnia, le préteur C. Calpurnius Piso, qui, en 543 (211 av. J.-C.), régularisa les ludi Apollinares et en rendit la célébration périodique. Il y avait des courses de chars, et des courses de desultores, cavaliers qui conduisaient deux chevaux, et qui pendant la course sautaient de l’un sur l’autre. C’est à ces jeux que se rapporte le type des pièces de L. Piso ainsi que de C. Piso, son fils, que nous décrirons plus loin.