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1492JU – Denier César – Caius Julius Cæsar

1492JU – Denier César – Caius Julius Cæsar Avers : Anépigraphe Tête diadémée de Vénus à droite, portant boucle d’oreilles et collier; derrière le long du cou, petit buste de Cupidon. Revers : CAESAR Trophée gaulois formé d’un casque, d’une cuirasse, de boucliers, de lances et de deux carnyx; au pied du trophée, deux gaulois assis, celui de gauche pleurant, celui de droite, les mains attachées dans le dos. British Museum 4.09g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Espagne Datation : 46 – 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 468/1 – B.11 (Julia) – Syd.1014 Ce denier est bien plus qu’une simple monnaie ; c’est un outil de communication politique massif utilisé par Jules César au moment le plus critique de sa carrière. Frappé vers 46-45 av. J.-C., il intervient juste après sa victoire à Thapsus et pendant sa campagne en Espagne contre les fils de Pompée. 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Légitimité Divine Vénus et l’ascendance : La tête de Vénus rappelle que la Gens Julia prétend descendre d’Iule (Ascagne), fils d’Énée, lui-même fils de la déesse Vénus. En affichant cette divinité, César affirme que son pouvoir n’est pas seulement politique, mais sacré et héréditaire. Le diadème et Cupidon : La présence de Cupidon renforce l’aspect maternel et protecteur de la déesse (Venus Genetrix). C’est un message de faveur divine : les dieux sont du côté de César. 2. Le Symbolisme du Revers : Le Triomphe sur la Gaule Le revers est une mise en scène brutale et victorieuse de la Guerre des Gaules (achevée quelques années plus tôt) : Le Trophée (Tropaeum) : L’empilement d’armes (casque, cuirasse, boucliers et carnyx) symbolise la capture du matériel ennemi. Les carnyx (trompettes gauloises à tête de dragon) sont des marqueurs visuels clairs de la victoire sur les peuples celtes. Les Captifs : À la base du trophée, on voit deux personnages. La femme éplorée à gauche personnifie la Gaule soumise. L’homme barbu à droite, les mains liées derrière le dos, représente le guerrier vaincu. Certains historiens y voient une référence symbolique à Vercingétorix, dont l’exécution a eu lieu précisément en 46 av. J.-C. lors du quadruple triomphe de César. 3. Le Contexte Historique : Une Monnaie de Guerre Financement des Légions : Cette pièce a été frappée par un atelier monétaire itinérant suivant l’armée de César en Espagne. Elle servait principalement à payer les soldats avant la bataille décisive de Munda. Propagande de Guerre Civile : Bien que l’ennemi de l’époque soit les partisans de Pompée (des Romains), César choisit de représenter ses victoires contre les Gaulois. C’est une stratégie subtile : il se présente comme le défenseur et l’agrandisseur de Rome face aux barbares, évitant ainsi de glorifier le massacre de ses propres concitoyens tout en affirmant sa supériorité militaire. Le Message Politique : « César est le descendant des dieux et le conquérant des terres nouvelles. » Ce message justifie son titre de Dictateur à vie. Curiosité : imitation barbare dentelée British Museum 3.1g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (367 exemplaires)

375AN – Dextans Anonyme

375AN – Dextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Cérès à droite. Revers : L / ROMA Victoire dans un quadrige à droite; au-dessous marque de valeur S accompagnée de quatre globules, lettre L au-dessus. American Numismatic Society 36.21g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-208 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 97/9 Le dextans était une unité de bronze représentant les 10/12èmes d’un as, mais ce n’est pas une dénomination très courante dans le monnayage romain. La lettre « L » que l’on trouve sur ces monnaies romaines de cette série est la marque de l’atelier monétaire de Luceria. Cette lettre est une abréviation de la ville de Luceria (aujourd’hui Lucera, en Italie du Sud), où ces pièces ont été frappées durant la deuxième guerre punique. L’utilisation de ces marques d’atelier était courante pour les monnaies émises en dehors de Rome pour financer l’effort de guerre. Le « L » identifiait donc le lieu de production de la pièce.

392AN – Dextans Anonyme

392AN – Dextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Cérès à droite. Revers : L / ROMA Victoire dans un quadrige à droite; au-dessous marque de valeur S composée de quatre globules. British Museum 12.01g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-208 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 97/23 Le dextans était une unité de bronze représentant les 10/12èmes d’un as, mais ce n’est pas une dénomination très courante dans le monnayage romain. La lettre « L » que l’on trouve sur ces monnaies romaines de cette série est la marque de l’atelier monétaire de Luceria. Cette lettre est une abréviation de la ville de Luceria (aujourd’hui Lucera, en Italie du Sud), où ces pièces ont été frappées durant la deuxième guerre punique. L’utilisation de ces marques d’atelier était courante pour les monnaies émises en dehors de Rome pour financer l’effort de guerre. Le « L » identifiait donc le lieu de production de la pièce.

1217TI – Triens Titia – Quintus Titius

1217TI – Triens Titia – Quintus Titius Avers : Anépigraphe Masque barbu de Pan, avec des oreilles de chèvre et couronné de lierre, à droite ; derrière marque de valeur composée de quatre globules. Revers : Q. TITI (Quintus Titius) Cérès marchant à droite, tenant dans chaque main une torche allumée, et précédée d’un porc; le tout dans une couronne de laurier. British Museum 4.09g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Titia Références : RRC 341/6 – B.6 (Titia) 👤 Le Monétaire Q. Titius Fonction : Monétaire (un des magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Date d’activité : Vers 90 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission de monnaie a eu lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure et de réformes importantes pour la citoyenneté romaine. Identité Personnelle : On ne sait pas avec certitude qui était ce Quintus Titius. Certains chercheurs suggèrent qu’il pourrait être identifié à un certain Q. Titius mentionné par Plutarque comme s’occupant de commerce, qui serait venu voir Sylla en 86 av. J.-C., mais cette identification reste hypothétique.   🏛️ La Gens Titia et les Monnaies La famille (ou gens) Titia était d’origine plébéienne et n’a accédé à une visibilité politique significative que très tardivement dans l’histoire de la République. Aucun de ses membres n’a atteint le consulat avant la fin de la République.   💡 Signification du Revers Ce revers est particulièrement intéressant car : Cérès (Déesse de l’Agriculture) : Cérès est souvent associée à Liber (ou Bacchus) et Libera (ou Proserpine/Perséphone). Elle était la déesse qui présidait aux céréales, aux récoltes et à la vie. Lien avec Liber : On trouve Liber/Bacchus sur un autre type de denier de Q. Titius (RRC 341/2). L’association de Cérès sur le bronze avec Liber sur l’argent suggère une cohérence thématique dans l’émission liée aux divinités du vin et de la terre. Torches : Cérès tient deux torches, souvent en référence à son périple à travers le monde pour retrouver sa fille Proserpine, enlevée par Pluton. Contrairement à l’As, le Semis (Apollon/Minerve) et le Triens (Minerve/Cérès) de Q. Titius délaissent la proue de navire traditionnelle pour introduire des types parlants ou des divinités thématiques, ce qui rend cette émission de bronze plus riche en iconographie que la plupart des monnayages divisionnaires de l’époque. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Titia, d’origine plébéienne, était néanmoins sénatoriale dès le VIle siècle de Rome. On trouve Sex. Titius, tribun du peuple en 665 (89 av. J.-C.); il se montra le vengeur de Saturninus et de Glaucia tués l’année précédente. A la même époque, vivait un de ses parents, C. Titius, orateur distingué. Nous citerons encore M. Titius un des chefs de la flotte romaine, qui fut fait prisonnier en l’an 714 (40 av. J.-C.) par Sex. Pompée, sur les côtes de la Gaule Narbonnaise. On le trouve en Orient, dans la guerre des Parthes, sous les ordres de Marc Antoine, en 718 (36 av. J.-C.); il se rallia plus tard à Octave et fut consul suffectus, en 723.Les médailles donnent le seul nom de Q. Titius, monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) avec C. Vibius Pansa. Mais on ne sait quel est ce personnage, à moins qu’on ne l’identifie avec Q. Titius qui s’occupait de négoce, et vint, selon Plutarque, trouver Sylla en 668 (86 av. J.-C.) après la bataille de Chéronée.Sur le denier n. 1, on voit la tête du dieu Mutinus ou Mutunus Tilinus, surnom de Priape; c’est un type parlant, faisant allusion au nom de famille Titius. Dans la même intention, le chef gaulois Tatinos a reproduit aussi cette tête avec une barbe cunéiforme et des ailerons, sur ses monnaies. Festus rapporte que le dieu Mutinus Titinus avait, à Rome, un temple où les matrones romaines venaient sacrifier, revêtues de robes prétextes : les jeunes mariées étaient tenues d’offrir symboliquement à Mutinus Titinus le tribut de leur virginité. Le Pégase, au revers du même denier, se rapporte aussi à cette même divinité : c’est le type des monnaies de Lampsaque, ville où le culte de Priape était particulièrement en honneur. Sur le denier n. 2, figure la tête de Bacchus, ordinaire aussi sur des monnaies grecques de Lampsaque. L’analogie de ces types s’explique « non par une intention d’imitation servile de la part de l’artiste romain, mais par une communauté de culte entre les deux villes Rome et Lampsaque, communauté qui devait produire des figures semblables pour les mêmes divinités’ » Le Cabinet des Médailles possède un buste de marbre, à double tête comme Janus, dont une des têtes est celle de Bacchus imberbe et couronné de lierre, et l’autre, celle du dieu priapique Mutinus Titinus, ailée, avec la barbe cunéiforme. L’association de ces deux têtes montre le rapport qui existait entre le culte de Bacchus et celui de Mutinus Titinus, le Priape romain.

409AN – Dextans Anonyme

409AN – Dextans Anonyme Avers : Γ Tête de Cérès à droite, derrière la lettre Γ. Revers : ROMA Victoire dans un quadrige à droite; au-dessous marque de valeur S accompagnée de quatre globules. British Museum 16.46g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 209-208 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 99/2a – Syd. 308 Variante 1 : Lettre Γ à droite au revers Référence : RRC 99/2b Bibliothèque nationale de France 11.28g Variante 2 : Lettre Γ à droite au-dessous à l’exergue Référence : RRC 99/2c Bibliothèque nationale de France 14.27g Bibliothèque nationale de France 14.27g Il est difficile de déterminer avec certitude la signification de la lettre « Γ » (gamma) sur cette monnaie. Cependant, les recherches en numismatique romaine offrent plusieurs pistes de réflexion : Marque d’atelier ou de série : Les lettres et symboles sur les monnaies romaines, notamment celles de la période républicaine, servaient souvent de « marques de contrôle ». Ces marques aidaient à identifier l’atelier monétaire, l’officine de frappe (une équipe de production au sein de l’atelier) ou le magistrat monétaire responsable de l’émission. Cette monnaie est associée à l’atelier de Luceria, et il est possible que le gamma soit une marque spécifique de cet atelier ou d’une de ses officines. Symbole politique ou religieux : Les motifs et symboles sur les monnaies républicaines avaient souvent une signification politique ou religieuse forte, liée aux familles des magistrats monétaires. Le gamma pourrait être lié à l’histoire d’une famille ou à une victoire spécifique.

383AN – Dextans Anonyme

383AN – Dextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Cérès à droite. Revers : L / ROMA Victoire dans un quadrige à droite; au-dessous marque de valeur S accompagnée de 4 globules, au-dessus lettre L. Bibliothèque nationale de France 25.15g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-208 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 97/16 – Syd. 305 Le dextans était une unité de bronze représentant les 10/12èmes d’un as, mais ce n’est pas une dénomination très courante dans le monnayage romain. La lettre « L » que l’on trouve sur ces monnaies romaines de cette série est la marque de l’atelier monétaire de Luceria. Cette lettre est une abréviation de la ville de Luceria (aujourd’hui Lucera, en Italie du Sud), où ces pièces ont été frappées durant la deuxième guerre punique. L’utilisation de ces marques d’atelier était courante pour les monnaies émises en dehors de Rome pour financer l’effort de guerre. Le « L » identifiait donc le lieu de production de la pièce.

1657JU – Aureus Brutus _ L. Plaetorius Cestianus

1657JU – Aureus Brutus _ L. Plaetorius Cestianus Avers : L·PLAET.CEST (Lucius Plaetorius Cestianus) Buste féminin drapé et voilé à droite surmonté d’une couronne (possiblement Artémis). Revers : BRVT·IMP (Brutus Imperator) Hache et coupe. British Museum 7.59g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Nord de la Grèce ou Asie mineure Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Plaetoria et Junia Références : RRC 508/1 – B.51 (Junia) Cette monnaie ne se limite pas à sa valeur matérielle ; il est un outil de communication politique crucial durant l’une des périodes les plus instables de l’histoire romaine : la guerre civile des Libérateurs (43-42 av. J.-C.). Ce monnayage est une preuve directe de la tentative de Brutus de légitimer son action après l’assassinat de Jules César. 1. Contexte Historique : La légitimation d’un « Tyrannicide » Après le meurtre de César aux Ides de Mars en 44 av. J.-C., Brutus et Cassius fuient vers l’Orient pour lever une armée. L’aureus 508/1 est frappé par un atelier monétaire mobile qui suivait les troupes de Brutus, probablement en Macédoine ou en Asie Mineure. Le titre d’Imperator : La légende BRVT IMP est fondamentale. Brutus a été acclamé Imperator par ses soldats après ses succès militaires en Thrace. En affichant ce titre sur l’or, il affirme qu’il n’est pas un simple exilé ou un meurtrier, mais un chef de guerre légitime, reconnu par ses hommes et investi de l’autorité suprême. Le financement de la guerre : L’or (aureus) servait principalement à payer les légions. Dans un contexte de guerre civile, la fidélité des soldats dépendait de la capacité du général à frapper monnaie à son propre nom. 2. Symbolisme de l’Avers : La piété et la protection divine L’avers présente un buste féminin voilé portant un polos (couronne haute). Identification : On y voit souvent Artémis (ou Diane), divinité protectrice particulièrement honorée en Orient où se trouvait Brutus, ou parfois une personnification de la Liberté ou de la Fortune. Message : L’utilisation d’une divinité voilée et digne souligne la Pietas (la piété, le respect du devoir) de Brutus. Il cherche à montrer que sa cause est juste et soutenue par les dieux, s’opposant à l’image de « tyran » que ses ennemis (Antoine et Octave) tentaient de lui coller. 3. Symbolisme du Revers : L’autorité religieuse Le revers montre une hache sacrificielle (securis) et un vase rituel (culullus). Le Pontificat : Ces objets sont les insignes du Pontificat. Brutus avait été coopté au sein du collège des Pontifes. Tradition républicaine : Contrairement à César qui s’affichait comme Pontifex Maximus (Grand Pontife) pour souligner son pouvoir absolu, Brutus utilise ces symboles pour rappeler son attachement aux institutions religieuses traditionnelles de la République. C’est un rappel de la hiérarchie romaine classique où le pouvoir est partagé et codifié par le rite. Synthèse du message politique L’ensemble de la pièce crie la « Restauration de la République ». Alors que l’avers invoque la protection divine et la dignité, le revers appuie sur la légitimité religieuse et militaire. C’est un contraste frappant avec le célèbre denier « EID MAR » (plus radical avec ses poignards). L’aureus 508/1 est plus subtil : il présente Brutus comme un magistrat et un général romain exemplaire, luttant pour maintenir l’ordre ancien face à ce qu’il considérait comme l’usurpation césarienne. Après la défaite de Brutus à Philippes en 42 av. J.-C., la quasi-totalité de ces monnaies ont été fondues par les vainqueurs, ce qui explique leur rareté exceptionnelle aujourd’hui. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Plaetorius Cestianus. Monétaire entre 710 et 712 (44-42 av. J.-C.) Ce personnage qui fut lieutenant de Q. Caepio Brutus durant la guerre civile qui suivit la mort de César, est inconnu dans l’histoire ses médailles dont les types se rapportent à Brutus, ont été frappées en Orient, avant la bataille de Philippes. Le buste de femme sur le n. II, paraît être celui de la Fortune que Brutus avait particulièrement besoin d’invoquer, tout autant, au moins, que la Liberté. Les ides de Mars inscrites sur le n. 13 avec le bonnet de la Liberté et deux poignards rappellent cyniquement le meurtre de Jules César.

1622MU – Aureus Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1622MU – Aureus Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : Anépigraphe  Tête de Cérès à droite. Revers : L · MVSSIDI · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Légende comprise dans une couronne de laurier. British Museum 8.04g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Mussidia Références : RRC 494/44a – B.2 (Mussidia) Cet aureus ne se contente pas d’être une pièce de prestige ; il est le témoin d’une transition violente entre la République agonisante et l’Empire naissant. Frappé par Lucius Mussidius Longus, il utilise une imagerie traditionnelle pour légitimer un pouvoir nouveau. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du climat dans lequel il a été produit. 1. Le Symbolisme : Entre Tradition et Ralliement Le choix des motifs sur cette pièce n’est pas anodin, car il s’adresse directement aux besoins de la population et de l’armée. Cérès (Avers) : Déesse de l’agriculture et de la croissance. Dans le contexte des guerres civiles, son effigie est un message de stabilité alimentaire. La guerre perturbait les routes du blé (notamment à cause du blocus de Sextus Pompée) ; invoquer Cérès, c’est promettre le retour de l’abondance et la fin de la famine. La Couronne de fleurs (Revers) : Elle symbolise la Victoire et la Célébration. Contrairement à la couronne de laurier (purement militaire), la couronne de fleurs (ou guirlande) évoque la fête religieuse et la paix retrouvée après le sacrifice. C’est un symbole de renouveau. L’Or (Métal) : L’usage même de l’or est un symbole de pouvoir. Sous la République, les aurei étaient rares. En 42 av. J.-C., frapper en or signifie : « Nous avons les moyens de gagner ». 2. Le Contexte Historique : L’Ombre de Philippes L’année 42 av. J.-C. est l’une des plus critiques de l’histoire romaine. Le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide ont formé une alliance officielle pour venger Jules César. Ils ont besoin de fonds massifs pour lever et maintenir des légions. Les Proscriptions : Pour financer la frappe de monnaies comme l’aureus 494/44, les triumvirs ont organisé des proscriptions (exécutions et confiscations de biens) visant les sénateurs riches et les opposants. L’or de cette pièce provient souvent directement de ces saisies. La préparation du choc : Cette monnaie circule juste avant la bataille de Philippes (octobre 42 av. J.-C.), où les triumvirs affrontent les « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Elle sert à payer les soldats dont la loyauté est la seule garantie de survie pour Octave et Antoine. 3. L’importance de Lucius Mussidius Longus Mussidius Longus était l’un des Quatuorviri Monetales (les quatre magistrats responsables de la monnaie). Il est célèbre pour sa capacité à naviguer dans les eaux troubles de l’époque. Alors que d’autres monnaies de sa série portent les portraits d’Antoine ou d’Octave, ce type avec Cérès reste plus « neutre » et traditionnel, sans doute pour plaire à la fois aux soldats et au peuple romain attaché aux anciennes valeurs républicaines. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Variante avec comme légende au revers L · MVSSIDI · LONGI Référence : RRC 494/44b Bibliothèque nationale de France 8.12g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà

1310MA – Denier Serratus Maria – Caius Marius Capito

1310MA – Denier Serratus Maria – Caius Marius Capito Avers : CAPIT (Capito) Buste de Cérès drapé à droite, coiffée d’une couronne d’épis. Sous le menton, marque de contrôle. A la suite de la légende, chiffre de contrôle. Revers : C. MARI. C. F./ S. C (Caius Marius Caii Filius/ Senatus Consulto, Caius Marius, fils de Caius / avec l’accord du Sénat) Agriculteur conduisant une paire de bœufs sous le joug à gauche, tirant l’araire; au-dessus, marque de contrôle. British Museum 3.95g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Maria Références : RRC 378/1c – B.9 (Maria) – Syd.744b C. Marius C.f. Capito, le monétaire qui a émis ce denier en 81 av. J.-C., est un personnage important bien que l’on ait peu d’informations précises sur sa vie en dehors de ses monnaies. Voici les détails clés sur ce magistrat monétaire :   👤 Identification et Contexte Nom Complet : Caius Marius Caius Filius Capito (Gaius Marius, fils de Gaius, Capito). Gens : Il appartenait à la gens Maria (famille Maria), une famille plébéienne (roturière) célèbre. Ne pas Confondre : Il est important de noter qu’il n’était pas le célèbre général et septuple consul Caius Marius (rival de Sylla), ni le fils adoptif de celui-ci. Il appartient à une autre branche de la famille Maria, celle des Capito. Fonction : Il était l’un des tresviri monetales (triumvirs monétaires), les trois magistrats responsables de la frappe des monnaies à Rome. Période : Son activité a eu lieu en 81 av. J.-C., une période de l’histoire romaine marquée par la dictature de Sylla après les guerres civiles.   🪙 Le Message de la Monnaie Ses pièces, y compris ce denier, véhiculent des messages thématiques forts : Cérès (Obvers) : La présence de la déesse de l’agriculture, Cérès, avec sa couronne d’épis de blé, est une référence directe à l’approvisionnement en blé (annona), un sujet crucial et politiquement chargé à Rome. Labourage (Revers) : Le motif du laboureur conduisant ses bœufs pour tracer un sillon avec une charrue (araire) est une référence classique à l’agriculture romaine et à ses valeurs traditionnelles. Fondation : Ce motif peut également faire allusion au rite de fondation d’une ville (le sulcus primigenius, le sillon primordial) ou d’une colonie, ce qui pourrait être lié aux tentatives de Sylla de régler le sort des vétérans et des terres à cette époque. S C (Senatus Consulto) : La mention facultative S C (Par décret du Sénat) sur certaines variantes de ce denier rappelle que l’émission monétaire était effectuée sous l’autorité du Sénat, même en période de fortes tensions politiques. En résumé, C. Marius C.f. Capito est principalement connu pour ce denier, qui est un témoignage numismatique clé de l’année 81 av. J.-C. et des thèmes socio-politiques de l’époque, notamment l’importance de l’agriculture et de l’autorité sénatoriale. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Marius C. f. Capito. Monétaire vers 670 (84 av. J.-C.) Le rival de Sylla, C. Marius, eut un fils adoptif, du même nom que lui, et qui, dans les auteurs, ne porte aucun cognomen. Il est né en l’an 645 (109 av. J.-C.) et il a fort bien pu frapper les monnaies décrites plus bas, qui portent le nom de C. Marius Capilo, fils d’un C. Marius. Il aurait, dans ce cas, rempli les fonctions de monétaire du vivant et sous l’autorité de son père. On sait que, le grand Marius mort, son fils lutta pour la cause plébéienne, et que toute l’Italie se déclara pour lui, tandis que Sylla était occupé à faire la guerre à Mithridate, roi de Pont. En l’an 672 (82 av. J.-C.) il fut du consul, âgé seulement de vingt-sept ans. Mais Sylla, à son retour, lui livra une bataille à Sacriportus, le défit complètement et enfin vint l’assiéger dans Préneste. Le jeune Marius réussit à s ‘échapper, mais c’en fut fait de son parti, et lui-même périt dans la même année.Sur ses monnaies on voit la tête de Cérès et un colon qui conduit des boeufs au labour : c’est le type consacré pour perpétuer le souvenir de la fondation d’une colonie. Il s’agit, sans doute, de la colonie d’Eporedia, fondée par Marius dans la Gaule Cisalpine, au pied des Alpes. Les chiffres qu’on voit sur les trois deniers, offrent cette particularité qu’ils forment trois séries se faisant suite. Ainsi, sur le denier n. 7, on trouve tous les chiffres de 1 à XXIV, sur le n. 8, les chiffres de XXV à XXXII; sur le n. 9, les chiffres de XXXIII à CL.

1658JU – Denier Brutus _ L. Plaetorius Cestianus

1658JU – Denier Brutus _ L. Plaetorius Cestianus Avers : L·PLAET.CEST (Lucius Plaetorius Cestianus) Buste féminin drapé et voilé à droite surmonté d’une couronne (possiblement Artémis). Revers : BRVT·IMP (Brutus Imperator) Hache et coupe. Bibliothèque nationale de France 3.8g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Nord de la Grèce ou Asie mineure Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Plaetoria et Junia Références : RRC 508/2 – B.51 (Junia) – Syd.1300 Cette monnaie ne se limite pas à sa valeur matérielle ; il est un outil de communication politique crucial durant l’une des périodes les plus instables de l’histoire romaine : la guerre civile des Libérateurs (43-42 av. J.-C.). Ce monnayage est une preuve directe de la tentative de Brutus de légitimer son action après l’assassinat de Jules César. 1. Contexte Historique : La légitimation d’un « Tyrannicide » Après le meurtre de César aux Ides de Mars en 44 av. J.-C., Brutus et Cassius fuient vers l’Orient pour lever une armée. L’aureus 508/1 est frappé par un atelier monétaire mobile qui suivait les troupes de Brutus, probablement en Macédoine ou en Asie Mineure. Le titre d’Imperator : La légende BRVT IMP est fondamentale. Brutus a été acclamé Imperator par ses soldats après ses succès militaires en Thrace. En affichant ce titre sur l’or, il affirme qu’il n’est pas un simple exilé ou un meurtrier, mais un chef de guerre légitime, reconnu par ses hommes et investi de l’autorité suprême. Le financement de la guerre : L’or (aureus) servait principalement à payer les légions. Dans un contexte de guerre civile, la fidélité des soldats dépendait de la capacité du général à frapper monnaie à son propre nom. 2. Symbolisme de l’Avers : La piété et la protection divine L’avers présente un buste féminin voilé portant un polos (couronne haute). Identification : On y voit souvent Artémis (ou Diane), divinité protectrice particulièrement honorée en Orient où se trouvait Brutus, ou parfois une personnification de la Liberté ou de la Fortune. Message : L’utilisation d’une divinité voilée et digne souligne la Pietas (la piété, le respect du devoir) de Brutus. Il cherche à montrer que sa cause est juste et soutenue par les dieux, s’opposant à l’image de « tyran » que ses ennemis (Antoine et Octave) tentaient de lui coller. 3. Symbolisme du Revers : L’autorité religieuse Le revers montre une hache sacrificielle (securis) et un vase rituel (culullus). Le Pontificat : Ces objets sont les insignes du Pontificat. Brutus avait été coopté au sein du collège des Pontifes. Tradition républicaine : Contrairement à César qui s’affichait comme Pontifex Maximus (Grand Pontife) pour souligner son pouvoir absolu, Brutus utilise ces symboles pour rappeler son attachement aux institutions religieuses traditionnelles de la République. C’est un rappel de la hiérarchie romaine classique où le pouvoir est partagé et codifié par le rite. Synthèse du message politique L’ensemble de la pièce crie la « Restauration de la République ». Alors que l’avers invoque la protection divine et la dignité, le revers appuie sur la légitimité religieuse et militaire. C’est un contraste frappant avec le célèbre denier « EID MAR » (plus radical avec ses poignards). Cette monnaie est plus subtile : il présente Brutus comme un magistrat et un général romain exemplaire, luttant pour maintenir l’ordre ancien face à ce qu’il considérait comme l’usurpation césarienne. Après la défaite de Brutus à Philippes en 42 av. J.-C., la quasi-totalité de ces monnaies ont été fondues par les vainqueurs, ce qui explique leur rareté exceptionnelle aujourd’hui. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Plaetorius Cestianus. Monétaire entre 710 et 712 (44-42 av. J.-C.) Ce personnage qui fut lieutenant de Q. Caepio Brutus durant la guerre civile qui suivit la mort de César, est inconnu dans l’histoire ses médailles dont les types se rapportent à Brutus, ont été frappées en Orient, avant la bataille de Philippes. Le buste de femme sur le n. II, paraît être celui de la Fortune que Brutus avait particulièrement besoin d’invoquer, tout autant, au moins, que la Liberté. Les ides de Mars inscrites sur le n. 13 avec le bonnet de la Liberté et deux poignards rappellent cyniquement le meurtre de Jules César. Lieux de découverte (6 exemplaires)