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1433HO – Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna

1433HO – Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna Avers : Anépigraphe Tête féminine “à la chevelure libre” à droite (Gallia ou Pallor) ; derrière, un carnyx. Revers : L. HOSTILIVS / SASERNA (Lucius Hostilius Saserna) Diane d’Ephèse debout de face, tenant de la main droite un cerf et de la gauche, une javeline verticale. British Museum 4.15g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gens : Hostilia Références : RRC 448/3 – B.4 (Hostilia) – Syd.953 Symbolisme et Contexte Historique : L’Ambiguïté de l’Avers Le denier de L. Hostilius Saserna (48 av. J.-C.) est une pièce complexe où se superposent la propagande militaire de Jules César et les traditions ancestrales de la gens Hostilia. 1. L’Avers : Entre Gallia et Pallor Le portrait féminin aux traits émaciés et aux cheveux hirsutes offre deux niveaux de lecture : L’allégorie de la Gaule (Gallia) : La présence du carnyx (trompette gauloise) derrière la tête identifie clairement le personnage comme une captive. Ses cheveux en désordre symbolisent l’état sauvage et la détresse de la nation celte après la reddition d’Alésia. C’est l’image d’un peuple « mis à nu » et soumis. La personnification de la Pâleur (Pallor) : Pour le monnayeur, ce portrait est aussi une référence à Pallor. Selon la légende, son ancêtre le roi Tullus Hostilius aurait voué des temples à Pallor (la Pâleur) et Pavor (l’Épouvante) lors d’une bataille critique. Le lien visuel : Les traits tirés et le regard fixe du personnage évoquent l’aspect spectral de la peur qui vide le visage de son sang. La double intention : En fusionnant Pallor et la Gaule, Saserna suggère que la Gaule a été frappée d’une terreur divine face aux légions de César. 2. Le Revers : La chute de Marseille (Massalia) Le revers montre la statue cultuelle de Diane d’Éphèse, reconnaissable à son cerf et sa lance. Une victoire d’actualité : En 48 av. J.-C., César vient de soumettre Marseille, qui avait pris le parti de Pompée. Diane étant la divinité tutélaire de la cité phocéenne, sa présence sur le denier célèbre la fin du siège. Contrôle de la Méditerranée : En capturant le culte de Marseille, Rome affirme sa domination totale sur la Gaule transalpine et les routes commerciales maritimes. 3. Contexte Historique : Un outil de guerre civile Cette monnaie est frappée alors que César marche vers la bataille de Pharsale. Elle remplit trois objectifs : Légitimation : Elle rappelle aux Romains que César est le conquérant des Gaules, justifiant ainsi son autorité par ses exploits passés. Solde des troupes : Elle sert à payer les vétérans des guerres de Gaule, en leur offrant une monnaie qui glorifie leurs propres victoires. Honneur familial : L. Hostilius Saserna utilise le prestige de son ancêtre (les voeux de Tullus Hostilius à Pallor) pour se placer au premier rang des soutiens de César. Le monétaire Lucius Hostilius Saserna est une figure fascinante de la fin de la République romaine, principalement connue grâce à sa production monétaire de 48 av. J.-C., qui constitue l’un des témoignages visuels les plus marquants de la conquête de la Gaule. Voici les informations clés sur ce personnage et son contexte : 1. Un fidèle de Jules César Lucius Hostilius Saserna appartenait à une branche de la gens Hostilia qui était fermement alliée à Jules César. Sa nomination au poste de triumvir monetalis (magistrat monétaire) en 48 av. J.-C. intervient à un moment critique : César est en pleine guerre civile contre Pompée. Engagement militaire : Il n’était pas seulement un administrateur ; il a activement servi César. Il est mentionné comme ayant participé au siège de Marseille en 49 av. J.-C. Liens familiaux : Il avait deux frères, Caius et Publius Hostilius Saserna, qui ont tous deux servi comme lieutenants (legati) de César lors de la campagne d’Afrique en 46 av. J.-C. 2. Son rôle de communicant (Propagande) À travers ses monnaies, Saserna agit comme un véritable agent de propagande pour César. Alors que César est perçu par certains comme un tyran déclenchant une guerre civile, les monnaies de Saserna rappellent aux Romains les exploits de César en Gaule. Le choix de représenter des symboles gaulois (boucliers, carnyx) et des figures comme la Victoire ou la clémence visait à légitimer le pouvoir de César en le présentant comme le conquérant héroïque et le pacificateur de la République. 3. Après César Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., les sources historiques (notamment Cicéron) indiquent que Lucius Saserna est resté proche des héritiers du parti césarien, devenant un ami de Marc Antoine et du jeune Octave (futur Auguste). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Hostilius Saserna. Monétaire vers 708 (46av. J.-C.) On trouve mentionnés dans les auteurs plusieurs personnages du nom de Saserna ; mais c’est la numismatique seule qui nous apprend que ce cognomen était commun dans la gens Hostilia. Du temps de Caton et de Varron, vivaient deux écrivains du nom de Saserna, le père et le fils, qui ont écrit sur l’agriculture. Deux autres personnages de ce nom, un Saserna dont on ne connaît pas le prénom, et P. Saserna étaient lieutenants de Jules César pendant la guerre d’Afrique en 708 (46 av. J.-C.). Les monnaies portent le nom de L. Hostilius Saserna, et il est probable qu’il s’agit du frère de P. Saserna dont les historiens taisent le prénom. Cicéron nous apprend qu’il devint ami d’Antoine et d’Octave après la mort de César, auquel il était demeuré toujours très attaché. Les monnaies de L. Hostilius Saserna ont été frappées entre les années 705 et 708 (49-46 av. J.-C.), car Saserna n’a pu remplir les fonctions de triumvir monetalis qu’avant la guerre d’Afrique à laquelle il prit part comme lieutenant de César. Les types des deniers de L. Saserna sont fort intéressants. Sur le denier n° 2, nous voyons au droit, comme l’a démontré Eckhel, la tête de Pavor ou la Peur, sous les traits d’un vieil-lard barbu, les cheveux hérissés; peut-être a-t-on donné à Pavor les traits du chef gaulois Vercingétorix qui venait d’être vaincu par

1407LI – Denier Licinia – Publius Licinius Crassus

1407LI – Denier Licinia – Publius Licinius Crassus Avers : S.C (Senatus Consulto, avec l’accord du Sénat) Buste diadémé, lauré et drapé de Vénus à droite avec boucle d’oreille et collier. Revers : P. CRASSVS – M. – F (Publius Crassus Marci Filius, Publius Crassus fils de Marcus) La Gaule debout de face devant son cheval qu’elle tient par la bride de la main droite et une longue javeline de la main gauche; bouclier et cuirasse à ses pieds. British Museum 3.82g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 55 avant J.C. Matière : Argent Gens : Licinia Références : RRC 430/1 – B.18 (Licinia) – Syd.929 Le monétaire de cette émission est Publius Licinius Crassus, une figure tragique et brillante de la fin de la République romaine. Il est le fils cadet du célèbre triumvir Marcus Licinius Crassus (l’homme le plus riche de Rome) et de Tertulla. Voici les informations clés sur sa vie et sa carrière : 1. Un lieutenant de Jules César en Gaule Avant de frapper cette monnaie en 55 av. J.-C., Publius a servi avec distinction comme officier (légat) sous les ordres de Jules César lors de la Guerre des Gaules (de 58 à 56 av. J.-C.). Il s’est illustré par la soumission des tribus armoricaines et surtout par sa victoire éclatante en Aquitaine, où il a conquis presque toute la région avec des forces pourtant inférieures en nombre. C’est cette expérience militaire qui explique l’iconographie de son denier : la figure féminine au revers (la Gaule) et le cheval font directement référence à ses succès de cavalerie sur le sol gaulois. 2. Le contexte de l’émission (55 av. J.-C.) Publius revient à Rome en 55 av. J.-C. avec des troupes gauloises pour soutenir l’élection de son père et de Pompée au consulat. C’est durant cette période qu’il exerce la fonction de monétaire. L’inscription S.C. (Senatus Consulto) sur la pièce suggère qu’il a reçu une autorisation spéciale du Sénat pour frapper monnaie, peut-être pour financer les préparatifs de la future campagne contre les Parthes. 3. La fin tragique à Carrhes (53 av. J.-C.) Fidèle à son père, Publius l’accompagne lors de l’expédition contre l’Empire parthe. Lors de la désastreuse bataille de Carrhes en 53 av. J.-C., il commande la cavalerie. Encerclé par les archers d’élite parthes, il refuse de fuir et demande à son écuyer de le tuer pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi. Sa mort fut un choc pour Rome et pour César, qui l’estimait énormément. Plutarque raconte que les Parthes ont exhibé sa tête au bout d’une pique pour démoraliser son père, Marcus Crassus, juste avant que celui-ci ne périsse à son tour. 4. Vie privée et postérité Publius était un homme très cultivé, proche de Cicéron, qui louait ses talents d’orateur et son éducation. Il avait épousé la jeune et noble Cornelia Metella, qui devint plus tard la veuve tragique de Pompée le Grand après l’assassinat de ce dernier. Le message véhiculé par le denier est une œuvre de propagande politique et familiale extrêmement précise. À travers cette monnaie, Publius Licinius Crassus ne se contente pas de frapper de l’argent ; il affirme son statut et celui de sa lignée au sein de l’élite romaine. 1. La légitimation par la conquête (La Gloire Militaire) Le revers est un message direct de victoire. Contrairement à d’autres monétaires qui célèbrent les exploits de leurs ancêtres, Publius célèbre ici ses propres succès. L’allégorie de la Gaule : En représentant une figure féminine (la Gaule ou l’Aquitaine) soumise, tenant un cheval par la bride, il rappelle au peuple romain qu’il est le conquérant des peuples de l’Ouest. Le trophée au sol : La cuirasse et le bouclier aux pieds de la figure symbolisent la fin des hostilités et la soumission totale des tribus gauloises sous son commandement. 2. L’affirmation de la protection divine (Vénus) Le choix de Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) à l’avers n’est pas anodin : Lien avec César : En choisissant Vénus, la divinité tutélaire de la Gens Iulia, Publius affiche publiquement sa loyauté et son lien étroit avec Jules César, dont il était le protégé. L’approbation sénatoriale : La mention S.C (Senatus Consulto) renforce le message de légitimité : sa victoire et son émission monétaire sont officiellement reconnues par l’État. 3. La puissance de la Gens Licinia (Le Prestige Familial) Le message est aussi dynastique. Publius est le fils de Marcus Crassus, l’homme le plus riche de Rome. En signant P. CRASSUS M. F. (Publius Crassus, fils de Marcus), il lie ses exploits militaires personnels à la puissance financière et politique de son père. C’est un message de continuité : la nouvelle génération des Crassus possède à la fois la richesse (le père) et le génie militaire (le fils). En résumé Le message de cette monnaie est un puissant outil de communication politique : il dit aux Romains que Publius Crassus est un chef militaire victorieux, soutenu par les dieux (Vénus), fidèle à César, et le digne héritier d’une des familles les plus puissantes de la République. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Licinius Crassus Dives. Questeur vers 696(58 av. J.-C.). Ce personnage est le deuxième des fils de M. Licinius Crassus. le triumvir tué à Sinnaca dans la guerre contre les Parthes en 701 (53 av. J.-C.). P. Crassus Dives fut questeur vers696 (58 av. J.-C.), époque où il frappa monnaie par délégation sénatoriale, ex senatus consulto ; il fut ensuite envoyé par César en Gaule, comme légat; il combattit contre Arioviste, les Vénètes et les Aquitains. Plus tard, il rentra à Rome, ramenant avec lui mille cavaliers gaulois enrôlés pour aller en Orient faire la guerre aux Parthes. A la fin de l’année 700 (54 av. J.-C.), il suivit son père dans son expédition, et il périt aveclui d ans le désastre de Sinnaca, près de Carrhæ, dans la haute Mésopotamie. La tête de Vénus qui figure sur son denier, est une flatterie à l’égard de Jules César qui se prétendait descendu