1576JU – Aureus Octave et Marc Antoine

1576JU – Aureus Octave et Marc Antoine Avers : C.CAESAR·IMP·III·VIR·R·P Tête barbue d’Octave à droite. Revers : M·ANTONIVS IMP III·VIR·R·P·C Tête barbue de Marc Antoine à droite, derrière un lituus. British Museum 7.96g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43 avant J.C. Matière : Or Gentes : Julia et Antonia Références : RRC 492/1 – B.39 (Antonia) – Syd.1162 Cet aureus est une monnaie d’une importance capitale pour comprendre la transition entre la République mourante et l’avènement des chefs militaires. Frappée en 43 av. J.-C., probablement dans un atelier itinérant en Gaule cisalpine, elle met en scène Marc Antoine et le jeune Octave (futur Auguste). Voici l’analyse de son symbolisme et de son contexte : 1. Contexte Historique : L’Union contre les Tyrannicides L’année 43 av. J.-C. est un tournant sanglant. Après l’assassinat de César, ses héritiers se sont d’abord déchirés. Mais face à la menace de Brutus et Cassius en Orient, Marc Antoine et Octave scellent une alliance fragile : le Second Triumvirat (officialisé par la Lex Titia en novembre 43). Une monnaie de guerre : Cet aureus est frappé pour payer les légions qui vont marcher vers la Grèce pour la bataille de Philippes. L’or est le métal de la crise et de la haute solde militaire. Le pacte de pouvoir : En apparaissant ensemble sur une même pièce, les deux hommes affichent une unité de façade. Ils se reconnaissent mutuellement comme les seuls maîtres légitimes de Rome, excluant de fait le Sénat et les assassins de César. 2. Symbolisme de l’Avers : Marc Antoine et l’héritage religieux Le portrait barbu : Antoine porte la barbe du deuil (barbatuli). C’est un acte politique fort : il montre qu’il n’a pas rasé sa barbe depuis la mort de César et qu’il est le « vengeur » officiel du dictateur. Le Lituus : Derrière sa tête figure le bâton recourbé des augures. Antoine rappelle ainsi son appartenance à ce collège prestigieux, mêlant autorité militaire (titre d’Imperator) et légitimité religieuse. 3. Symbolisme du Revers : Octave, le « Fils de Dieu » La répétition du portrait : Le revers présente Octave, lui aussi barbu par deuil pour son père adoptif. Cette symétrie iconographique impose Octave, alors âgé de seulement 20 ans, comme l’égal d’Antoine. L’inscription (Légende) : Les titres portés (souvent III VIR R P C) affirment leur mission officielle : « Triumvirs pour la reconstruction de la République ». C’est un paradoxe absolu, car l’usage de leur propre portrait sur la monnaie est précisément ce qui définit un régime monarchique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :
1578JU – Aureus Octave et Marc Antoine

1578JU – Aureus Octave et Marc Antoine Avers : C.CAESAR·IMP III·VIR R P C PO(NT) (AV) Tête barbue d’Octave à droite. Revers : M·ANTONIVS IMP III VIR R P C (AV)G Tête barbue de Marc Antoine à droite. British Museum 8.04g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43 avant J.C. Matière : Or Gentes : Julia et Antonia Références : RRC 493/1b – B.41 (Antonia) – Syd.1167 Cet aureus n’est pas qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un document politique majeur qui cristallise la transition brutale entre la République romaine déclinante et l’aube de l’Empire. Voici une analyse approfondie de son symbolisme et du contexte historique qui a mené à sa frappe. 1. Le Contexte : La Naissance du Second Triumvirat Nous sommes à la fin de l’année 43 av. J.-C. Rome est en plein chaos depuis l’assassinat de Jules César en 44. Après s’être affrontés (notamment à la bataille de Modène), Octave et Marc Antoine comprennent qu’ils ont besoin l’un de l’autre pour éliminer les républicains (Brutus et Cassius) et venger César. Ils se rencontrent près de Bologne avec Lépide et concluent le Second Triumvirat. Contrairement au premier (César, Pompée, Crassus) qui était secret et informel, celui-ci est officiel, ratifié par la Lex Titia. La mention III VIR R P C (Triumviri Rei Publicae Constituendae) présente sur la pièce signifie « Triumvir pour la réorganisation de la République ». 2. Le Symbolisme du Portrait Croisé Le choix de placer un portrait sur chaque face est hautement stratégique : Légitimation Mutuelle : En apparaissant ensemble sur le même support monétaire, Octave et Antoine s’apportent une reconnaissance mutuelle. Pour le jeune Octave (19 ans), être associé au général chevronné Antoine est une consécration. Pour Antoine, être lié à l’héritier du nom « Caesar » renforce son assise populaire. Le Deuil et la Vengeance : Les deux hommes portent la barbe (barbatulus). À Rome, il est d’usage de se laisser pousser la barbe en signe de deuil. Ce détail rappelle aux citoyens et aux soldats que leur mission première est de venger leur « père » et mentor, Jules César. 3. La Hiérarchie par les Titres (Analyse de la Propagande) Bien que l’alliance semble égalitaire, les légendes révèlent une subtile compétition : Octave se présente comme : C CAESAR IMP (Gaius Caesar Imperator). Il utilise le nom de César comme un titre de noblesse. Il ajoute surtout PONT AVG (Pontife et Augure). Il détient deux charges religieuses majeures. Marc Antoine se présente comme : M ANTONIVS IMP. Il ne possède que le titre d’ AVG (Augure). Cette différence de titres religieux suggère qu’Octave, malgré son jeune âge, revendique une supériorité morale et sacrée sur Antoine. C’est le début de la « guerre des images » qui durera jusqu’à la bataille d’Actium. 4. Une Révolution Numismatique L’usage de portraits d’hommes vivants sur des monnaies romaines était considéré comme un acte de tyrannie peu de temps auparavant. Jules César avait été le premier à le faire de son vivant en 44 av. J.-C. En reprenant ce code, Octave et Antoine signifient clairement la fin de l’anonymat républicain : le pouvoir n’appartient plus aux institutions (le Sénat), mais à des individus providentiels qui contrôlent les armées. 5. Fonction Pratique : Payer la Fidélité Le contexte historique est aussi celui des proscriptions (listes de citoyens à abattre pour confisquer leurs biens). La frappe d’aurei (en or) est essentielle pour : Payer les légions qui s’apprêtent à partir en Grèce pour la campagne de Philippes. S’assurer de la loyauté des officiers. Démontrer la puissance financière du nouveau régime face aux républicains qui frappent également leur propre monnaie en exil. En résumé, cet aureus est l’acte de naissance officiel d’un partage du monde, un outil de propagande visant à unir deux rivaux sous la bannière de la vengeance de César, tout en laissant transparaître les premières fissures de leur future rupture. Variante 1 : légende de l’avers C.CAESAR·IMP III·VIR R P C PONT (AV)G Référence : RRC 493/1a Numismatica Ars Classica 8.1g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieu de découverte (1 exemplaire)
1586AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus

1586AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus Avers : M-ANTONIVS·III·VIR·R·P·C Tête de Marc Antoine à droite. Revers : L·MVSSIDIVS T·F·LONGVS·IIII VIR·A·P·F Mars debout à droite, portant un casque corinthien, tenant une épée de la main gauche et une lance de la droite; le pied gauche sur un bouclier. Bibliothèque nationale de France 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Antonia Références : RRC 494/8a – B.24 (Antonia) – Syd.1097 Cet Aureus n’est pas qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de propagande sophistiqué produit dans l’œil du cyclone des guerres civiles romaines. En 42 av. J.-C., la République est à l’agonie et la monnaie devient le principal vecteur de légitimité pour les chefs militaires. 1. Le Symbolisme : L’Alliance de la Force et de l’Honneur Chaque élément visuel de cette pièce est soigneusement choisi pour envoyer un message politique aux soldats et aux citoyens : Le Portrait de Marc Antoine : C’est l’affirmation d’une autorité suprême. En faisant figurer son visage sur l’or (métal destiné au paiement de la haute hiérarchie militaire), Antoine se place au-dessus des institutions traditionnelles. La mention III VIR R.P.C. formalise son pouvoir dictatorial partagé avec Octave et Lépide. Mars Victorieux : Le revers représentant Mars (le dieu de la guerre) est un choix stratégique. Contrairement à Vénus (souvent associée à la lignée de César et donc à Octave), Mars s’adresse directement à la vertu guerrière d’Antoine. Le pied sur le bouclier : Ce geste symbolise la domination et la paix imposée par les armes (Pax Romana par la victoire). L’épée et la lance : Elles rappellent que le Triumvirat est prêt à l’affrontement final contre les républicains (Brutus et Cassius). La mention A.P.F. (Auro Publico Feriundo) : Cette inscription sur le revers souligne que l’or utilisé appartient au Trésor Public. C’est une manière de dire : « Ce n’est pas la monnaie d’un tyran, mais celle de l’État pour restaurer l’ordre ». 2. Le Contexte Historique : L’Or de la Bataille de Philippes L’année 42 av. J.-C. est l’une des plus tendues de l’histoire romaine. Le financement de la guerre : Pour venger la mort de Jules César, Marc Antoine et Octave doivent lever et entretenir 28 légions. Le coût est colossal. La série RRC 494 a été frappée spécifiquement pour cette campagne. L’or (aureus) est indispensable car il est plus facile à transporter pour les armées en mouvement vers la Macédoine. La rivalité interne : Bien qu’alliés, Antoine et Octave se livrent une guerre d’image. En choisissant L. Mussidius Longus comme monétaire, Antoine s’assure une production de haute qualité artistique, surpassant parfois celle de ses rivaux. La fin de la République : Cette monnaie marque la fin du contrôle du Sénat sur les émissions monétaires. Ce sont désormais les « hommes forts » qui dictent l’iconographie, préfigurant le système impérial où le portrait du souverain deviendra la norme. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Lucius Mussidius Longus. Voici les informations essentielles sur ce magistrat et son rôle particulier dans le système monétaire romain : 1. Son titre : Un collège exceptionnel Contrairement à la règle habituelle de la République romaine où les monnaies étaient frappées par un collège de trois magistrats (Tresviri Monetales), Mussidius Longus fait partie en 42 av. J.-C. d’un collège de quatre magistrats (Quattuorviri). Sa légende sur l’aureus porte l’abréviation IIII·VIR·A·P·F, ce qui signifie Quattuorvir Auro Publico Feriundo (« L’un des quatre magistrats chargés de frapper l’or public »). Cette augmentation du nombre de magistrats témoigne de l’énorme besoin en numéraire (surtout en or) pour financer les guerres civiles du Second Triumvirat. 2. Un « partisan » du Triumvirat Lucius Mussidius Longus n’était pas un simple technicien ; il était un fidèle des Triumvirs (Octave, Marc Antoine et Lépide). En 42 av. J.-C., il frappe une série complète de monnaies honorant chacun des trois chefs : Le type RRC 494/7 (celui que nous avons évoqué) est dédié à Lépide. D’autres types de la même année portent les portraits de Marc Antoine et d’Octave. Cette coordination montre que Longus agissait sous les ordres directs du pouvoir central à Rome pour diffuser l’image de l’unité triumvirale. 3. La Gens Mussidia L’histoire de la gens Mussidia est relativement obscure avant cette période. On considère souvent que Lucius Mussidius Longus est le membre le plus célèbre de cette famille. Sa carrière se situe à la fin de la République, et son nom disparaît des annales après la consolidation du pouvoir impérial par Auguste. 4. Son style et ses autres types célèbres Outre l’aureus de Lépide, il est très connu en numismatique pour ses deniers d’argent représentant le sanctuaire de Venus Cloacina (RRC 494/42). Le choix de ce sanctuaire (situé sur le Forum Romain) montre son intérêt pour les monuments et la topographie de Rome, renforçant l’idée d’un magistrat très impliqué dans la vie politique de la cité alors que les chefs militaires étaient en campagne. Variante : légende du revers différemment disposée. Référence : RRC 494/8b British Museum 8.09g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la
1580AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Livineius Regulus

1580AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Livineius Regulus Avers : M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C (Marcus Antonius, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête de Marc Antoine à droite. Revers : L·REGVLVS IIII·VIR·A·P·F (Lucius Livineius Regulus) Anton assis sur un rocher portant une peau de lion tenant de la main droite une lance et un bouclier de la gauche. British Museum 8.09g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Livineia et Antonia Références : RRC 494/2b – B.21 (Antonia) – Syd.1103a 1. Symbolisme Iconographique : L’Hercule Romain Cette monnaie est une pièce maîtresse de la propagande de Marc Antoine, qui cherchait à construire son image publique autour de la figure du héros. L’Avers (Le Portrait) : Le portrait de Marc Antoine est ici sans apparat divin, mais la mention III·VIR·R·P·C (Triumvir pour la restauration de la République) affirme son autorité légale absolue aux côtés d’Octave et de Lépide. C’est l’un des premiers exemples de portraits vivants sur l’or romain, une pratique instaurée par César. Le Revers (La figure assise) : L’homme assis sur un rocher, vêtu d’une peau de lion (exuviae leonis), est une identification directe à Hercule. La généalogie mythique : La gens Antonia prétendait descendre d’Anton, un fils d’Hercule. En se faisant représenter sous ces traits, Marc Antoine ne se contente pas d’affirmer sa force militaire ; il revendique une origine divine. Les attributs guerriers : La lance et le bouclier rappellent qu’Hercule n’est pas seulement un demi-dieu, mais un protecteur invincible, une image que Marc Antoine souhaite projeter auprès de ses soldats avant les combats décisifs. 2. Contexte Historique : L’Identité de Marc Antoine Le contexte de 42 av. J.-C. est celui d’une quête de légitimité après l’assassinat de César. L’affirmation d’un chef de guerre : Alors qu’Octave (le futur Auguste) mise sur son lien filial avec César (Divi Filius), Marc Antoine mise sur son propre charisme et sa bravoure militaire. Le choix de la figure d’Hercule souligne son tempérament impétueux et sa force physique, des traits qu’il cultivait personnellement (il aimait porter la tunique ceinte haut pour exposer ses muscles, imitant le héros). Le rôle de L. Livineius Regulus : Ce magistrat (IIII·VIR·A·P·F pour Auro Publico Feriundo) était un fidèle de la cause triumvirale. Sa famille avait déjà servi César, et cette émission témoigne de la mainmise des partisans de Marc Antoine sur l’atelier monétaire de Rome à ce moment précis. La préparation de Philippes : Cette monnaie d’or servait avant tout à payer les prétoriens et les officiers supérieurs de Marc Antoine. Le message est clair : votre chef est un nouvel Hercule, héritier légitime de la puissance romaine. Le monétaire responsable de cette émission est Lucius Livineius Regulus, une figure clé de l’administration monétaire durant la transition tumultueuse entre la République et l’Empire. Voici les informations essentielles sur ce personnage et son rôle : 1. Identité et Famille Origine : La gens Livineia était une famille plébéienne. Les Reguli étaient une branche spécifique de cette famille (souvent liée par alliance ou adoption à la gens Atilia). Le Père : L. Livineius Regulus était le fils d’un autre Lucius Livineius Regulus, qui fut préteur et un ami proche de Cicéron. Ce père avait également servi comme lieutenant (legatus) de Jules César pendant la guerre en Afrique (46 av. J.-C.). Le Portrait paternel : Sur certains deniers de cette même série (RRC 494), le monétaire fait figurer le portrait de son père avec la légende REGVLVS PR pour honorer sa mémoire et souligner le prestige de sa lignée. 2. Fonctions et Titres Le monétaire porte deux titres distincts selon les émissions de l’année 42 av. J.-C. : IIII·VIR·A·P·F : Abréviation de Quattuorvir Auro Publico Feriundo (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or public). Il faisait partie d’un collège de quatre magistrats (au lieu des trois habituels, les triumviri monetales), une extension décidée par Jules César pour gérer l’augmentation de la masse monétaire. PRAEF·VR : Sur certaines pièces, il apparaît comme Praefectus Urbi (Préfet de la Ville). Selon les recherches de T.V. Buttrey (citées par LesDioscures.com), il est probable qu’il ait été nommé à ce poste prestigieux pour assurer le contrôle de Rome et de l’atelier monétaire pendant que les triumvirs étaient absents pour combattre Brutus et Cassius. 3. Son rôle au sein du Collège des Quatre En 42 av. J.-C., Regulus travaille aux côtés de trois autres monétaires : P. Clodius, L. Mussidius Longus et C. Vibius Varus. Toutefois, Regulus semble avoir une position particulière : Le « Primus » du collège : Il est souvent considéré comme le membre dirigeant du groupe. Contrairement à ses collègues, ses émissions d’aurei ne partagent pas les mêmes coins de revers, ce qui suggère qu’il a peut-être commencé la frappe de l’or de manière indépendante ou prioritaire. Un agent de légitimité : Sa mission était de produire des monnaies honorant les trois triumvirs (Antoine, Octave et Lépide) ainsi que le défunt Jules César. En associant son nom (L·REGVLVS) à ces portraits, il liait sa propre carrière et sa famille à la nouvelle autorité suprême de Rome. Pourquoi est-il important ? L. Livineius Regulus est l’un des derniers magistrats « républicains » à apposer son nom sur des monnaies d’or avant que les chefs militaires (comme Antoine ou Octave) ne s’approprient totalement le droit de battre monnaie en leur propre nom, sans l’intermédiaire des magistrats civils. Variante : Légende du revers différemment disposée Références : RRC 494/2a – Syd. 1103 British Museum 7.97g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le gentilicium Livineius n’a été porté que par des Reguli qui eux-mêmes n’étaient qu’une branche de la gens Atilia. On considère comme certain que les deux frères L. Regulus et M. Regulus, que Cicéron cite parmi ses meilleurs amis, étaient des Livineii. On connaît encore un Livineius Regulus qui fut sénateur sous Tibère. Deux membres de la famille Livineia ont frappé monnaie; ils portent l’un et l’autre le nom de L. Livineius Regulus. L. Livineius Regulus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce personnage
1747AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius

1747AN – Aureus Marc Antoine – Marcus Antonius Avers : ANTON AVG IMP III COS DES III III V. R. P. C (Antonius Augurus Imperator tertium Consul designatus tertium Triumvir Rei Publicæ Constituandæ, Marc-Antoine, augure, Imperator pour la troisième fois, consul désigné pour la troisième fois Triumvir pour la restauration de la République) Tête nue de Marc Antoine à droite. Revers : M·ANTONIVS·M·F·F (Marcus Antonius Marci filius, filius) Tête nue de Marc Antoine Junior à droite. British Museum 8.02g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Incertain Datation : 34 avant J.C. Matière : Or Gens : Antonia Références : RRC 541/2, Syd. 1207, B.91 (Antonia) Frappée en 34 av. J.-C., cette monnaie est l’une des plus révélatrices de la stratégie de communication de Marc Antoine face à l’ascension d’Octavien. Symbolisme et Analyse Politique L’intérêt majeur de cette émission réside dans l’utilisation du portrait de Marcus Antonius Minor (Antyllus), le fils aîné de Marc Antoine et de Fulvie. 1. L’Affirmation de la Lignée (La Pietas Familiale) En plaçant son fils sur l’aureus, Antoine adopte une pratique iconographique héritée des rois hellénistiques. Le revers porte la légende M·ANTONIVS·M·F·F, soit Marcus Antonius Marci Filii Filius (Marc Antoine, fils de Marc, petit-fils de Marc). Objectif : Souligner la continuité généalogique sur trois générations. Contrairement à Octavien, qui tire sa légitimité de son adoption par César, Antoine rappelle qu’il appartient à une lignée établie et fertile. 2. Le Contre-poids à Octavien En 34 av. J.-C., les tensions entre les triumvirs sont à leur comble. Antyllus vs Césarion : Bien qu’Antoine soit alors lié à Cléopâtre, il choisit de représenter son fils romain (issu de son mariage avec Fulvie). C’est une réponse stratégique aux accusations d’Octavien qui l’accuse d’être sous l’emprise de la reine d’Égypte. Héritier désigné : Antyllus est présenté comme l’héritier du pouvoir triumviral, ce qui défie directement les prétentions d’Octavien à être l’unique successeur de l’autorité césarienne. Contexte Historique : L’Année 34 av. J.-C. Cette monnaie est frappée dans un atelier mobile en Orient, peu après la campagne d’Antoine en Arménie. Les « Donations d’Alexandrie » L’année 34 marque le paroxysme du pouvoir d’Antoine en Orient. Lors des cérémonies d’Alexandrie, il distribue des royaumes à ses enfants. Bien qu’Antyllus ne reçoive pas de royaume (étant romain), il est élevé au rang de successeur politique. La Toge Virile : Peu après, Antoine lui fera revêtir la robe virile, signalant qu’il est prêt à entrer dans la vie publique. Rareté Numismatique : Antyllus n’apparaît que sur ce type d’aureus (et sa variante 541/1). Cette extrême rareté témoigne d’une frappe limitée, sans doute destinée à la haute hiérarchie militaire pour cimenter leur loyauté envers la famille antonienne. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Marc Antoine eut, de son premier mariage avec Fulvie, deux fils : l’un, M: Antonius M. f. M. n. était appelé par les Grecs Antyllus, corruption du mot latin Antonillus, ou « petit Antoine ». Il portait les mêmes noms que son père. Le second s’appelait Julus Antonius M. f. M. n.; il joua un certain rôle politique sous le règne d Auguste. C’est le premier des fils de Marc Antoine qui est représenté sur les deux médailles décrites plus haut. On a longtemps discuté la question de savoir ce que signifiaient les lettres M. F. F. qui figurent sur la première médaille, à la suite de son nom, et l’on a parfois voulu lire M. E. E. au lieu de M. F. F. ce qui n’offrirait aucun sens.La lecture Marci filius, filius, se présente pourtant tout naturellement à l’esprit, car on voulait par là distinguer le fils du père, puisque tous deux portaient le même nom et étaient fils d’un Marais. D’ailleurs, les mentions de ce genre se rencontrent parfois aussi en épigraphie, et nous pouvons en citer un certain nombre d’exemples . La lecture que nous avons adoptée ne saurait donc faire l’objet d’un doute.La deuxième médaille est datée du second consulat de Marc Antoine, qui est de l’an 720 (34 av. J.-C.); la même pièce fait mention de la troisème salutation impératoriale. Suivant le récit de Dion Cassius , Marc Antoine, fils d’Antyllus, reçut de son père la toga virilis après la bataille d’Actium, afin d’être à même de relever son parti. Mais ce fut en vain; le jeune Antyllus offrit la paix à Octave qui rejeta ses avances et le fit mettre à mort en 724 (30 av. J.-C.).
1691AN – Aureus Marc Antoine et Octave – Lucius Gellius Publicola

1691AN – Aureus Marc Antoine et Octave – Lucius Gellius Publicola Avers : M ANT. IMP. AVG. III. VIR. R. P. C. L. GELL Q. P (Marcus Antonius Imperator Augurus Triumvir Rei Publicae Constituandæ Lucius Gellius Quæstor Pro Prætore, Marc-Antoine, augure triumvir pour la restauration de la République, Lucius Gellius Publicola questeur propréteur) Tête nue de Marc Antoine à droite; derrière, un vase, (capis). Revers : CAESAR IMP. PONT. III. VIR. R. P. C (Cæsar Imperator Pontifex, Triumvir Rei Publicæ Constituandæ, Octave imperator triumvir pour la restauration de la République) Tête nue d’Octave à droite, derrière, un lituus. Bibliothèque nationale de France 8.06g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Ephèse Datation : 41 avant J.C. Matière : Or Gentes : Antonia, Julia et Gellia Références : RRC 517/7 – B.53 (Antonia) 1. Contexte Historique : L’Harmonie avant la Tempête (-41 av. J.-C.) L’année 41 av. J.-C. marque un tournant fragile. Après avoir écrasé les assassins de César à Philippes (-42), les membres du Second Triumvirat se partagent le monde romain. Le partage des rôles : Marc Antoine part en Orient pour réorganiser les provinces et préparer la guerre contre les Parthes. Octave rentre en Italie pour gérer la difficile distribution de terres aux vétérans. L’atelier d’Éphèse : Cet aureus est frappé par un atelier militaire itinérant accompagnant Marc Antoine en Asie Mineure (probablement à Éphèse). Un message de stabilité : Malgré les tensions naissantes entre les deux hommes (accentuées par la révolte de Lucius Antonius, le frère de Marc Antoine, en Italie), cette monnaie proclame officiellement la Concordia. Elle sert à payer les légions et à rassurer les élites sur la pérennité du pouvoir triumviral. 2. Analyse Symbolique : Le Miroir du Pouvoir L’originalité de cette monnaie réside dans son iconographie biface, où chaque leader valide la légitimité de l’autre. L’Avers : La Puissance Militaire et l’Honneur de Marc Antoine Le portrait d’Antoine est empreint d’une certaine maturité. Le Capis (Vase sacrificiel) : Placé derrière la tête d’Antoine, il symbolise ses fonctions religieuses de Pontife. Cela souligne que son autorité n’est pas uniquement basée sur la force brute des légions, mais sur la piété (pietas) et le respect des rites. La titulature : M ANT IMP AVG III VIR R P C L GELL Q P. Antoine s’y affiche comme Imperator et Augure. La mention du magistrat monétaire Lucius Gellius Publicola (un ancien partisan des républicains rallié) montre la capacité d’Antoine à intégrer les anciennes élites. Le Revers : L’Héritage et la Jeunesse d’Octave Le revers présente le jeune César, futur Auguste, dont les traits sont encore marqués par l’influence du style césarien. Le Lituus (Bâton augural) : Placé derrière Octave, il fait écho au capis de l’avers. Cette symétrie des instruments sacrés renforce l’idée d’un partage égal des auspices et de la protection divine sur le Triumvirat. La Légende : CAESAR IMP PONT III VIR R P C. L’utilisation du nom de Caesar est son arme politique la plus puissante, revendiquant l’héritage direct du dictateur assassiné. 1. Contexte Historique : L’Harmonie avant la Tempête (-41 av. J.-C.) L’année 41 av. J.-C. marque un tournant fragile. Après avoir écrasé les assassins de César à Philippes (-42), les membres du Second Triumvirat se partagent le monde romain. Le partage des rôles : Marc Antoine part en Orient pour réorganiser les provinces et préparer la guerre contre les Parthes. Octave rentre en Italie pour gérer la difficile distribution de terres aux vétérans. L’atelier d’Éphèse : Cet aureus est frappé par un atelier militaire itinérant accompagnant Marc Antoine en Asie Mineure (probablement à Éphèse). Un message de stabilité : Malgré les tensions naissantes entre les deux hommes (accentuées par la révolte de Lucius Antonius, le frère de Marc Antoine, en Italie), cette monnaie proclame officiellement la Concordia. Elle sert à payer les légions et à rassurer les élites sur la pérennité du pouvoir triumviral. 2. Analyse Symbolique : Le Miroir du Pouvoir L’originalité de cette monnaie réside dans son iconographie biface, où chaque leader valide la légitimité de l’autre. L’Avers : La Puissance Militaire et l’Honneur de Marc Antoine Le portrait d’Antoine est empreint d’une certaine maturité. Le Capis (Vase sacrificiel) : Placé derrière la tête d’Antoine, il symbolise ses fonctions religieuses de Pontife. Cela souligne que son autorité n’est pas uniquement basée sur la force brute des légions, mais sur la piété (pietas) et le respect des rites. La titulature : M ANT IMP AVG III VIR R P C L GELL Q P. Antoine s’y affiche comme Imperator et Augure. La mention du magistrat monétaire Lucius Gellius Publicola (un ancien partisan des républicains rallié) montre la capacité d’Antoine à intégrer les anciennes élites. Le Revers : L’Héritage et la Jeunesse d’Octave Le revers présente le jeune César, futur Auguste, dont les traits sont encore marqués par l’influence du style césarien. Le Lituus (Bâton augural) : Placé derrière Octave, il fait écho au capis de l’avers. Cette symétrie des instruments sacrés renforce l’idée d’un partage égal des auspices et de la protection divine sur le Triumvirat. La Légende : CAESAR IMP PONT III VIR R P C. L’utilisation du nom de Caesar est son arme politique la plus puissante, revendiquant l’héritage direct du dictateur assassiné. Qui était Lucius Gellius Publicola ? Lucius Gellius Publicola est une figure fascinante de la fin de la République, illustrant parfaitement les retournements d’alliances de cette période tourmentée. 1. Origines et ralliements successifs : Fils de consul : Il est le fils de Lucius Gellius Publicola (consul en 72 av. J.-C.). Le camp des Républicains : Au début de la guerre civile qui suit l’assassinat de Jules César, il se range du côté des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). La trahison : Selon les sources antiques (notamment Dion Cassius et Tite-Live), il aurait été accusé de comploter contre Brutus et Cassius. Bien que pardonné grâce à l’intervention de son demi-frère Messalla Corvinus, il finit par déserter pour rejoindre le camp de Marc Antoine avant la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. 2. Son rôle comme monétaire (41 av. J.-C.) : Titre : Sur
1577AN – Aureus Marc Antoine et Lepide – Marcus Antonius

1577AN – Aureus Marc Antoine et Lepide – Marcus Antonius Avers : M ANTONIVS IMP III VIR R P C (Marcus Antonius Imperator, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête barbue de Marc Antoine à droite, lituus derrière. Revers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C Tête de Lépide à droite, aspergillum et simpulum derrière. British Museum 8.16g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43 avant J.C. Matière : Or Gentes : Antonia et Aemilia Références : RRC 492/2 – B.33 (Aemilia) Cet Aureus RRC est un document politique exceptionnel qui cristallise la naissance du Second Triumvirat à la fin de l’année 43 av. J.-C. (accord de Bologne). Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et du contexte qui a entouré son émission. 1. Symbolisme : La Légitimité par le Sacré Contrairement aux monnaies de la République classique où les divinités dominaient l’avers, cet aureus place le portrait des chefs de guerre au centre, utilisant des attributs religieux pour justifier leur pouvoir exceptionnel. Le Lituus (Bâton augural) derrière Marc Antoine : Il symbolise son appartenance au collège des Augures. Pour Antoine, ce symbole n’est pas seulement religieux ; il indique sa capacité à interpréter la volonté des dieux, une compétence indispensable pour diriger les armées et prendre des décisions d’État. Le Simpulum (Louche) et l’Aspergillum (Goupillon) derrière Lépide : Ces instruments de sacrifice renvoient à sa fonction de Pontife. Lépide venait de succéder à Jules César comme Pontifex Maximus (Grand Pontife). En affichant ces symboles, il se pose en héritier spirituel du Dictateur et en garant de la Pax Deorum (la paix des dieux). La Barbe de Marc Antoine : Sur de nombreux exemplaires, Antoine est représenté barbu. C’est la barba et pascitur, une barbe de deuil qu’il a juré de porter jusqu’à ce que le meurtre de César soit vengé. C’est un outil de propagande visuelle puissant pour s’attirer la loyauté des vétérans césariens. 2. Contexte Historique : L’Union des Héritiers L’année 43 av. J.-C. est une année charnière. Après les affrontements de la guerre de Modène, les trois chefs césariens — Antoine, Lépide et le jeune Octave — comprennent qu’ils doivent s’unir pour écraser les assassins de César (Brutus et Cassius) et reprendre le contrôle de Rome. La Lex Titia : Ce n’est pas une simple alliance privée (comme le fut le « Premier Triumvirat »). La loi Titia donne aux trois hommes des pouvoirs dictatoriaux pour cinq ans sous le titre officiel de III VIR R.P.C. (Triumviri Rei Publicae Constituendae). Cette mention sur la pièce officialise leur mainmise sur l’État. Une égalité de façade : En frappant des monnaies associant leurs portraits (Antoine/Lépide sur le 492/2, Antoine/Octave sur le 492/1), les triumvirs projettent une image d’unité absolue et de concorde. En réalité, c’est un équilibre précaire où chacun tente d’affirmer sa primauté. Le financement de la guerre : Ces aurei étaient principalement destinés à payer les légions. Le choix de l’or (métal rare et prestigieux) servait à assurer la fidélité des officiers et des troupes avant la campagne décisive qui mènera à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (33 à 35) sur lesquelles Lépide, Marc Antoine et Octave prennent le titre de triumviri reipublicæ constituendæ, ont été frappées à l’occasion de la constitution même du triumvirat le 27 novembre 711.
1589AN – Aureus Marc Antoine – Caius Vibius Varus

1589AN – Aureus Marc Antoine – Caius Vibius Varus Avers : M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C Tête barbue de Marc Antoine à droite. Revers : C VEIBIVS VAARVS (Caius Vibius Varus) Mains jointes. British Museum 7.94g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Vibia et Antonia Références : RRC 494/11 – B.27 (Antonia) Cet aureus est un document historique d’exception qui témoigne de la transition brutale entre la République romaine et le Principat. Comme nous l’avons évoqué précédemment, cette monnaie est frappée par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte, en complément des informations disponibles sur LesDioscures.com : 1. Le Contexte Historique : L’Urgence de la Guerre Civile L’année 42 av. J.-C. est le moment de vérité pour le Second Triumvirat (Marc Antoine, Octave et Lépide). La Marche vers Philippes : Les triumvirs préparent la confrontation décisive contre les « Libérateurs » (Brutus et Cassius), les assassins de César, en Grèce. Le Financement des Légions : Pour s’assurer la loyauté des soldats, il faut de l’or. C’est dans ce but que le collège des quatre monétaires (quattuorviri), dont fait partie Mussidius Longus, est chargé d’une frappe massive à Rome. La Légitimation par l’Image : C’est la première fois dans l’histoire de l’atelier de Rome qu’un collège de monétaires frappe des portraits des dirigeants vivants de manière systématique. Cela marque la fin du tabou républicain sur l’image du chef. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Le Portrait de Marc Antoine Le choix de représenter Marc Antoine sur le type 494/11 (alors que d’autres types de la même série honorent Octave ou Lépide) est riche en symbolisme : Le Triumvirat Institutionnalisé : La légende M ANTONIVS III VIR R P C n’est pas qu’un titre ; c’est une proclamation juridique. Le triumvirat a été légalisé par la Lex Titia, et la monnaie sert à rappeler que Marc Antoine agit avec l’autorité de l’État pour « réorganiser la République » (Rei Publicae Constituendae). L’Héritier de César : À cette date, Antoine se présente comme le principal vengeur de Jules César et le leader militaire le plus expérimenté du camp césarien. 3. Le Symbolisme du Revers : La Corne d’Abondance et le Navire Le revers du RRC 494/11 est particulièrement intéressant car il combine souvent des éléments de prospérité et de puissance navale : La Cornucopia (Corne d’abondance) sur un Globe : Ce symbole, souvent accompagné d’un gouvernail et d’un caducée, signifie que la paix et la prospérité du monde (le globe) dépendent désormais du bon gouvernement des triumvirs. Le Navire (Proue) : Sur certaines variantes liées à Mussidius Longus, la présence d’une proue de navire rappelle que le contrôle des mers est vital. En 42 av. J.-C., les républicains (Brutus/Cassius) et Sextus Pompée menacent le ravitaillement de Rome. Le revers affirme donc que les triumvirs maîtrisent la mer pour garantir l’abondance. Le monétaire responsable de cette émission est Caius Vibius Varus (parfois orthographié C. Veibius Vaarus sur les monnaies pour souligner une archaïsme de prestige). Il appartient à la Gens Vibia, une famille plébéienne qui, bien que n’étant pas d’origine noble ancienne, a acquis une influence considérable à la fin de la République, notamment grâce à son soutien constant au parti de Jules César. 1. Son rôle au sein du Collège des Monétaires En 42 av. J.-C., Varus fait partie du collège des Quattuorviri monetales (un collège de quatre magistrats exceptionnellement élargi par rapport au triumvirat monétaire habituel). Ses collègues pour cette année cruciale sont : L. Mussidius Longus L. Livineius Regulus P. Clodius Turrinus Ensemble, ils ont supervisé l’une des productions monétaires les plus massives de Rome, destinée presque exclusivement à financer l’effort de guerre des triumvirs (Marc Antoine, Octave et Lépide) avant la confrontation finale à Philippes. 2. Identité et Carrière Historiquement, Caius Vibius Varus reste un personnage dont la vie est peu documentée en dehors de ses monnaies (un cas fréquent pour les monétaires de cette période). Cependant, certains éléments se dégagent : Origines : Il est probablement lié à la branche des Vibii Pansa. Son parent, Caius Vibius Pansa, fut consul en 43 av. J.-C. et mourut en combattant pour la République, ce qui confère à la famille un grand prestige militaire. Une « Signature » Variée : Varus ne s’est pas contenté de frapper pour Lépide. Il a également émis des monnaies avec les bustes de Marc Antoine, d’Octave, et des types purement mythologiques (comme la tête de Bacchus/Liber Pater avec une panthère au revers, un emblème traditionnel de sa famille). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius Varus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.) Ce magistrat composa un collège monétaire avec L. Livineius Regulus, L. Mussidius Longus et P. Clodius Turrinus. Ses trois collègues prennent le titre de quatuorvir auro publico feriundo; lui seul n’ajoute à son nom aucune qualification. Mommsen plaçait ce collège en 716; le trésor de Pieve-Quinta a démontré qu’il date des années 711 et 712 (43-42 av. J.-C.). Nous ne savons rien de la carrière de C. Vibius Varus qui n’est connu que par les médailles. Outre les monnaies que ses collègues et lui ont fait frapper aux noms de Lépide, de Marc Antoine et d’Octave, chacun d’eux a émis, sous l’autorité du sénat, des aurei et des deniers qui ne portent pas les noms des triumvirs et sont antérieurs à la constitution du triumvirat le 27 novembre 711. Aussi, les types qui figurent sur ces monnaies ont-ils entre eux une grande analogie. Ceux des pièces de C. Vibius Varus font allusion soit aux souvenirs de famille des Vibii, comme le denier n. 24, soit à la puissance romaine, à sa bonne fortune et à ses victoires, types monétaires usuels à la fin de la république.
1592AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus

1592AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Mussidius Longus Avers : M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C Tête de Marc Antoine à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Corne d’abondance. British Museum 8.13g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Mussidia et Antonia Références : RRC 494/14 – B.23 (Antonia) – Syd.1110 Cet aureus, frappé par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C., est une pièce de propagande majeure du Second Triumvirat. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de transition violente où l’image monétaire devient une arme politique. Voici l’analyse détaillée de ses deux facettes : 1. Le Contexte Historique : L’année de tous les dangers (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est marquée par la préparation de la bataille de Philippes. Rome est dirigée par le Second Triumvirat (Marc Antoine, Octave et Lépide), dont l’objectif est d’écraser les assassins de Jules César (Brutus et Cassius). Le financement de la guerre : Pour mobiliser et garantir la fidélité de près de 28 légions, les triumvirs ont un besoin colossal de liquidités. L’or (aureus) est frappé en priorité pour payer les officiers et les primes de combat. L’atelier de Rome : Lucius Mussidius Longus est l’un des quattuorviri (le collège des quatre magistrats monétaires) chargés de cette émission massive. Contrairement aux frappes de camp réalisées par les généraux en déplacement, ces pièces sont frappées officiellement à Rome, démontrant que les triumvirs contrôlent totalement les institutions de la capitale. L’officialisation du portrait : C’est à ce moment que l’usage de représenter un dirigeant vivant (initié par César en 44 av. J.-C.) se généralise, marquant la fin définitive de la tradition républicaine qui interdisait l’auto-célébration d’un individu sur la monnaie d’État. 2. Le Symbolisme : L’image de l’autorité et de l’espoir La pièce est conçue pour transmettre un message double : la force militaire et la promesse de jours meilleurs. L’Avers (Portrait de Marc Antoine) : Légitimité : La légende M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C affirme son titre officiel de « Triumvir pour la réorganisation de la République ». Ce n’est pas une dictature, mais une magistrature légale (établie par la Lex Titia). La Barbe (Pietas) : Marc Antoine est souvent représenté avec une barbe courte, dite de deuil. C’est un signe de piété envers Jules César : il ne se rasera pas tant qu’il n’aura pas vengé son mentor. C’est un message direct aux vétérans de César. Le Revers (La Corne d’abondance) : La Promesse de l’Abondance (Annona) : La corne d’abondance (cornucopia) symbolise la fin des privations. En période de guerre civile, le blocus des mers par Sextus Pompée affamait Rome. En affichant ce symbole, les triumvirs promettent que leur victoire ramènera la richesse et la nourriture. Le Globe et le Gouvernail (parfois associés) : Sur certains types de cette série, la corne repose sur un globe, signifiant que le destin du monde est désormais entre les mains des triumvirs. L’influence du monétaire : Lucius Mussidius Longus, bien que simple magistrat, signe ici une œuvre d’une grande finesse artistique. Son nom apparaît clairement, liant sa famille (la gens Mussidia) au destin des nouveaux maîtres de Rome. Lucius Mussidius Longus est un magistrat monétaire romain dont l’activité est documentée uniquement par ses émissions monétaires, principalement en 42 av. J.-C. Il appartient à la gens Mussidia, une famille plébéienne relativement mineure dont les membres n’ont que rarement atteint les plus hautes fonctions de l’État. Voici les points clés à retenir sur ce personnage : 1. Membre d’un Collège Exceptionnel Mussidius Longus faisait partie d’un collège de quatre magistrats (quattuorviri monetales) et non des trois habituels (triumviri), signe de l’augmentation des besoins monétaires durant les guerres civiles. Ses collègues étaient : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus Ce groupe a été nommé par le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) pour financer la campagne contre Brutus et Cassius. 2. Le Titre de « Quatuorvir A.P.F. » Sur certaines de ses monnaies, il porte le titre complet de IIII VIR A.P.F., ce qui signifie Quatuorvir Auro Publico Feriundo (Quatuorvir chargé de la frappe de l’or public). C’est un détail historique crucial : c’est sous ce collège que la frappe de l’or (l’aureus), auparavant sporadique et militaire, commence à être plus régulièrement supervisée par l’atelier de Rome. 3. Un Maître de la Propagande Mussidius Longus se distingue par la variété et la qualité de ses types monétaires. Son rôle était de diffuser l’image des chefs du Triumvirat tout en honorant la mémoire du défunt Jules César. Il a frappé des monnaies pour : Les Triumvirs : Notamment l’aureus de Lépide que nous avons évoqué, mais aussi pour Octave et Marc Antoine. Jules César : Des émissions posthumes honorant le dictateur divinisé. Des types personnels : Il est célèbre pour ses deniers représentant le sanctuaire de Vénus Cloacina (RRC 494/42), un petit temple sur le Forum Romain lié à la purification. 4. Origine et Famille On sait, grâce aux légendes de ses pièces (L. MVSSIDIVS T. F. LONGVS), qu’il était le fils d’un certain Titus Mussidius Longus. Son cognomen « Longus » suggère un ancêtre particulièrement grand. Bien que sa carrière politique après 42 av. J.-C. nous soit inconnue, il est possible qu’il soit l’ancêtre d’un sénateur de l’époque d’Auguste. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes
1583AN – Aureus Marc Antoine – Publius Clodius

1583AN – Aureus Marc Antoine – Publius Clodius Avers : M ANTONIVS IMP III VIR R P C (Marcus Antonius Imperator, Triumvir Reipublicae Constituendae) Tête nue de Marc Antoine à droite. Revers : P. CLODIVS M. F. IIII VIR A. P. F. (Publius Clodius Marci filins, quatuorvir auro publico feriundo) Corps d’homme ailé et radié debout à gauche, avec arc et carquois sur épaule, tenant un caducée de la main droite et une corne d’abondance de la gauche, le pied reposant sur un globe. British Museum 8.02g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gentes : Antonia et Claudia Références : RRC 494/5 – B.19 (Antonia) Cet aureus est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique et religieux complexe. Frappé en 42 av. J.-C. par le magistrat Publius Clodius, il s’inscrit dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire de Rome : la transition entre la République mourante et l’avènement de l’Empire. 1. Contexte Historique : L’An 42 av. J.-C. Cette année marque un tournant majeur : Le Second Triumvirat : L’alliance entre Marc Antoine, Octave et Lépide a été officialisée un an plus tôt (loi Titia). Leur mission officielle est de « restaurer la République » (Rei Publicae Constituendae), mais dans les faits, ils se partagent le monde romain. La Vengeance de César : C’est l’année de la bataille de Philippes, où les Triumvirs affrontent les assassins de Jules César (Brutus et Cassius). Besoin de Légitimité : Dans ce climat de guerre civile sanglante et de proscriptions, les Triumvirs utilisent la monnaie pour affirmer leur autorité et promettre un avenir meilleur à une population épuisée. 2. Symbolisme du Revers : L’Aion-Pantheos La figure représentée au revers est une allégorie syncrétique (mélange de divinités) souvent identifiée comme un Genius, un Aion (divinité du temps éternel) ou un Pantheos. Un condensé de pouvoirs divins Chaque attribut porté par ce personnage masculin ailé renvoie à une divinité spécifique, créant une image de protection universelle : La Couronne Radiée : Attribut du Soleil (Sol), symbolisant l’éclat, la lumière et le renouveau (le début d’un nouveau cycle). Les Ailes : Empruntées à Victoire (Victoria), assurant que le triomphe des Triumvirs est divinement ordonné. Le Caducée : Symbole de Mercure, représentant la paix, le commerce et la diplomatie. La Corne d’Abondance : Attribut de Felicitas (la Félicité) ou de l’Abondance, promettant la fin des famines et le retour de la prospérité. L’Arc et le Carquois : Attributs d’Apollon ou de Diane, évoquant la protection militaire mais aussi la purification. Le Pied sur le Globe : Symbolise la Domination Universelle (Cosmocrator). Le Triumvirat ne règne pas seulement sur Rome, mais sur le monde entier. 3. Le Message Politique L’objectif de cette iconographie est de présenter le régime de Marc Antoine et de ses alliés comme le catalyseur d’un Âge d’Or imminent. « Cette forte dimension syncrétique peut être comprise comme un message politique : la période à venir sera celle de la stabilité, de la fécondité d’un nouvel âge, une nouvelle ère d’espoir. » En réunissant tous les dieux en une seule figure protectrice, la monnaie suggère que l’unité des Triumvirs apporte une protection totale contre le chaos. C’est une forme précoce de culte de la personnalité qui préfigure l’iconographie impériale d’Auguste. Le monétaire responsable de l’émission de cet aureus est Publius Clodius, fils de Marcus (P. CLODIVS M. F.). Malgré la rareté exceptionnelle de ses monnaies d’or, l’identité précise de ce magistrat reste un sujet de débat passionnant parmi les historiens et numismates. Voici les points clés à retenir sur ce personnage et ses fonctions : 1. Son Titre Spécifique : Quattuorvir Contrairement à la majorité des monétaires romains qui étaient des triumviri (collège de trois), Publius Clodius appartient à un collège de quatre magistrats en 42 av. J.-C. : les Quattuorviri. La légende IIII·VIR·A·P·F : Ce titre abrège Quattuorvir Auro Publico Feriundo, soit « l’un des quatre hommes chargés de la frappe de l’or public ». Ses collègues : Il travaillait aux côtés de L. Mussidius Longus, C. Vibius Varus et L. Livineius Regulus. Ensemble, ils ont frappé une série de monnaies prestigieuses pour les trois membres du Triumvirat (Antoine, Octave et Lépide). 2. Hypothèses d’Identité Ce personnage est « historiquement peu connu » en dehors de ses monnaies, ce qui a mené à plusieurs théories : P. Clodius Turrinus : L’hypothèse la plus répandue (soutenue par Borghesi et Babelon) l’identifie à un célèbre rhéteur de l’époque mentionné par Sénèque le Père. Selon cette thèse, son père Marcus aurait été ruiné par les guerres civiles en Espagne avant que Publius ne retrouve la fortune grâce à son talent oratoire et son soutien à la cause césarienne. L’énigme de la filiation : Il ne doit pas être confondu avec le célèbre et turbulent Publius Clodius Pulcher (l’ennemi de Cicéron mort en 52 av. J.-C.), car notre monétaire précise bien être le fils de Marcus (M. F.), alors que Pulcher était le fils d’un Appius. Certains suggèrent toutefois qu’il pourrait être un parent éloigné ou un « homonyme » cherchant à profiter du prestige du nom. 3. Son Rôle Politique Publius Clodius n’était pas un simple technicien de la monnaie, mais un officier de haut rang chargé de financer l’effort de guerre des Triumvirs. Production diversifiée : En plus de l’or de Lépide, il a frappé des monnaies pour Marc Antoine, Octave et des séries posthumes pour Jules César. Syncrétisme et Religion : Ses types monétaires (Apollon, Diane, le Soleil, Fortuna) montrent un intérêt marqué pour les cultes solaires et lunaires, souvent associés à l’idée d’un « Nouvel Âge » ou d’une ère de paix après le chaos, une thématique centrale de la propagande triumvirale. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Clodius Turrinus. Monétaire en 711 (43 av. J.-C.) Publius Clodius, fils de Marcus Clodius, fut magistrat monétaire en 711 (43 av. J.-C.). On connaît un P. Clodius qui vivait à cette époque, mais il ne saurait être notre monétaire, car il était fils de P. Clodius Pulcher,le célèbre adversaire de Milon,etles médailles disent que le monétaire était fils d’un