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1519PO – Denier Sextus Pompée

1519PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX··MAGNVS IMP SAL Tête de  Cn. Pompeius Magnus à droite. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. British Museum 3.74g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Salpesa Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/1b – B.17 (Pompeia) – Syd.1042 Ce denier est une pièce maîtresse de la numismatique de la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de guerre civile intense et de propagande dynastique. 1. Contexte Historique : La résistance des Pompéiens Frappée vers 45-44 av. J.-C., cette pièce émane de Sextus Pompée, le fils cadet de Pompée le Grand. L’après-Munda : Après la défaite cuisante des partisans de Pompée face à Jules César lors de la bataille de Munda (Espagne) en 45 av. J.-C., Sextus Pompée est l’un des rares survivants de la faction républicaine. La survie en Hispanie : Il se réfugie dans le sud de l’Espagne (Bétique), où il lève une armée et une flotte. Cette monnaie est frappée dans un atelier mobile (ou à Salpensa) pour payer ses troupes et affirmer sa légitimité face à l’hégémonie de César. Le titre de « Pius » : C’est à cette époque que Sextus adopte le surnom de Pius (le Pieux), qui figure dans la légende de la pièce. 2. Symbolisme de l’Avers : Le culte du père L’avers montre le portrait de Pompée le Grand. Ce choix est hautement politique : Légitimité dynastique : À cette époque, il était encore rare de représenter une personne vivante sur les monnaies (César venait juste de commencer). En plaçant le visage de son père défunt, Sextus ne se présente pas comme un tyran, mais comme l’héritier d’un grand homme de la République. L’appel aux vétérans : Le portrait sert de point de ralliement pour les anciens soldats de Pompée le Grand, les invitant à rejoindre la cause du fils pour restaurer l’honneur de la famille. 3. Symbolisme du Revers : La Pietas Le revers représente la Pietas (la Piété) tenant un sceptre et une palme. La Piété Filiale : Chez les Romains, la pietas n’est pas seulement religieuse ; c’est avant tout le devoir et la dévotion envers la famille, la patrie et les dieux. Ici, elle symbolise le combat de Sextus : il ne fait pas la guerre pour son propre pouvoir, mais par devoir envers son père assassiné. La Palme et le Sceptre : La palme suggère la victoire, tandis que le sceptre évoque l’autorité et le commandement légitime (imperium). Sextus affirme que sa cause est juste et protégée par les dieux. En résumé Ce denier est un outil de communication de crise. Il transforme une lutte pour la survie en une croisade morale. Sextus y utilise l’image de son père pour transformer son nom de famille en un titre politique, une stratégie qui sera plus tard perfectionnée par Octave (futur Auguste) avec l’image de César. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieu de découverte (1 exemplaire)

1440PO – Denier Postumia – Decimus Postumius Albinus

1440PO – Denier Postumia – Decimus Postumius Albinus Avers : PIETAS Tête de la Piété à droite avec boucles d’oreille et collier. Revers : ALBINVS BRVTI F (Albinus Bruti Filius, Albinus fils de Brutus) Deux mains jointes tenant un caducée ailé. British Museum 4.04g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Junia et Postumia Références : RRC 450/2 – B.10 (Postumia) – Syd.942 L’analyse du symbolisme et du contexte historique de ce denier est fascinante car elle illustre parfaitement l’utilisation de la monnaie comme outil de communication politique durant les guerres civiles romaines. 1. Le Symbolisme : Un message de Paix et d’Unité Le choix des motifs sur cette pièce est délibérément porteur d’espoir et de réconciliation : La tête de Pietas (Avers) : La Pietas ne représente pas seulement la piété religieuse, mais surtout le sens du devoir envers la patrie, la famille et les dieux. En 48 av. J.-C., mettre en avant la Pietas est une manière de dire que l’action du monétaire est guidée par le respect des institutions romaines et de la cohésion sociale, par opposition au chaos de la guerre civile. Les mains jointes (Revers) : Les dextrarum iunctio symbolisent la Concorde (Concordia) et l’accord mutuel. C’est l’image même de l’alliance retrouvée. Le caducée ailé (Revers) : Attribut du dieu Mercure, le caducée est le symbole de la négociation, de la paix et de la prospérité commerciale. Tenu par les mains jointes, il renforce l’idée que l’union des citoyens ramènera la paix et l’abondance. 2. Le Contexte Historique : L’ombre de Jules César Le contexte de frappe (48 av. J.-C.) est celui d’un basculement historique majeur : Le Triomphe de César : Cette année-là, César bat Pompée à la bataille de Pharsale. Le camp césarien, auquel appartient alors Decimus Junius Brutus Albinus, cherche à stabiliser l’opinion publique. Cette monnaie sert de propagande pour montrer que la victoire de César n’est pas celle d’un tyran, mais celle d’un chef cherchant à restaurer l’harmonie (Concordia) dans la République. L’ambiguïté du monétaire : Decimus Brutus est un personnage complexe. Grand général de César (vainqueur des Vénètes et à Marseille), il est très proche du dictateur. Pourtant, c’est ce même homme qui, quatre ans plus tard, participera activement à l’assassinat de César. Le nom gravé sur la pièce (ALBINVS BRVTI F) souligne sa double lignée : il est né Brutus mais a été adopté par un Albinus, liant ainsi deux des plus prestigieuses familles républicaines. Un outil de légitimation : En frappant cette monnaie à Rome, Albinus réaffirme la légitimité du gouvernement césarien installé dans la capitale face aux forces pompéiennes exilées en Orient. En résumé Ce denier est un manifeste politique qui tente de masquer la violence de la guerre civile sous les traits de la Dévotion et de la Paix. C’est une promesse de retour à la normale faite au peuple romain au nom de la faction césarienne. Le monétaire responsable de l’émission de ce denier est Decimus Iunius Brutus Albinus. C’est un personnage complexe, dont la vie est marquée par une ascension fulgurante sous l’ombre de Jules César et une fin tragique liée à la trahison de ce dernier. Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire : 1. Identité et Origines Nom complet : Decimus Iunius Brutus Albinus. Famille : Il appartient à la branche des Junii Bruti, mais il a été adopté par un certain Aulus Postumius Albinus (d’où le nom d’Albinus qu’il porte sur ses monnaies). Cette double lignée lui confère un prestige immense au sein de l’aristocratie romaine. Sur les monnaies : Il signe généralement ALBINVS BRVTI F (Albinus, fils de Brutus). 2. Carrière sous Jules César Decimus Brutus fut l’un des lieutenants les plus fidèles et les plus capables de César pendant près de dix ans : Guerre des Gaules : Il se distingue lors de la guerre contre les Vénètes (en Bretagne) en 56 av. J.-C., où il commande la flotte romaine. Sa victoire navale est décisive pour la soumission de l’Armorique. Guerre Civile : En 49 av. J.-C., il dirige le siège naval de Marseille (Massalia). C’est en grande partie grâce à ses succès que César parvient à sécuriser la Méditerranée occidentale. Récompenses : En reconnaissance de ses services, César le nomme gouverneur de la Gaule Transalpine et le désigne même dans son testament comme héritier au second degré. 3. Son rôle de Monétaire (48 av. J.-C.) Lorsqu’il frappe le denier RRC 450/1, il est en plein apogée de sa carrière militaire. Le choix de l’iconographie (Mars, les carnyces et les boucliers gaulois) est une célébration directe de ses propres exploits en Gaule sous le commandement de César. C’est une forme de communication politique : il rappelle au peuple romain qu’il est l’un des artisans de la grandeur de Rome. 4. La Trahison et les Ides de Mars Malgré la confiance absolue que César lui portait, Decimus Brutus rejoint la conspiration menée par Cassius et son cousin Marcus Brutus. C’est lui qui, le matin du 15 mars 44 av. J.-C., se rend à la demeure de César pour le convaincre de ne pas tenir compte des mauvais présages et de se rendre au Sénat. Après l’assassinat, il s’enfuit en Gaule Cisalpine. Il sera finalement traqué et exécuté en 43 av. J.-C. sur ordre de Marc Antoine. Pourquoi ce monétaire est-il important pour les collectionneurs ? Posséder une monnaie de Decimus Brutus Albinus, c’est détenir un objet frappé par l’un des assassins de César au moment même où il célébrait sa loyauté et ses victoires pour lui. Cette ironie historique donne une valeur documentaire exceptionnelle à ses émissions. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon D. Postumius Albinus Bruti f. En 710-711 (44-43 av. J.-C.) Ce personnage, l’un des meurtriers de César, s’appelait D. Junius Brutus; il était de la famille Junia, mais il fut adopté par A. Postumius Albinus, consul en 655 (99 av. J.-C.) et il joignit à son nom celui de son père adoptif. Il commença par servir en Gaule sous les ordres de César,

1304CA – Denier Caecilia – Quintus Cæcilius Metellus Pius

1304CA – Denier Caecilia – Quintus Cæcilius Metellus Pius Avers : Anépigraphe Tête de Pietas (la Piété) diadémée à droite; devant le visage une cigogne. Revers : IMPER (Imperator) Capis et lituus à gauche; le tout dans une couronne d’olivier. British Museum 3.9g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Nord de l’Italie Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Caecilia Références : RRC 374/2 – B.44 (Cæcilia) – Syd.751 👤 Qui était Quintus Caecilius Metellus Pius ? Famille: Membre de la puissante gens plébéienne des Caecilii Metelli, l’une des familles les plus influentes et aristocratiques de Rome. Son père était Quintus Caecilius Metellus Numidicus. Surnom (« Pius »): Il obtint le surnom de Pius (le « Pie/Dévoué ») pour le dévouement qu’il montra en luttant avec succès pour obtenir le rappel de son père, Metellus Numidicus, qui avait été exilé par Caius Marius vers 100 av. J.-C. (Ce pietas est symbolisé par la cigogne sur l’avers de la monnaie). Carrière Militaire et Politique: Partisan de Sylla: Il fut un allié clé de Sylla (Lucius Cornelius Sulla) pendant les guerres civiles contre les partisans de Marius. Il servit comme légat et général pour Sylla. Grand Pontife (Pontifex Maximus): Il occupa le poste religieux le plus prestigieux de 81 à 63 av. J.-C. Consul: Il fut Consul en 80 av. J.-C., aux côtés de Sylla lui-même (qui occupait le consulat en parallèle de sa dictature). Contexte de la Monnaie (81 av. J.-C.): La frappe de ce denier intervient juste avant son consulat. Elle est émise alors qu’il est en campagne pour le compte de Sylla dans le Nord de l’Italie. Le revers est un message politique et religieux fort de Metellus Pius : Le Capis (ou Urceus / Jarre) : C’est un petit vase utilisé pour verser des liquides lors des sacrifices, un emblème des Pontifes (prêtres). Le Lituus (Crosse d’Augure) : C’est le bâton courbé qu’utilisaient les Augures pour tracer les limites du ciel (le templum) lors de la prise des auspices (signes divins). Le Grand Pontife (Pontifex Maximus) : Metellus Pius est devenu Grand Pontife en 81/82 av. J.-C., la plus haute fonction religieuse de Rome. En plaçant ces symboles sur sa monnaie, il réaffirme son prestige non seulement comme chef militaire (Imperator), mais aussi comme chef religieux suprême, un double statut crucial à cette époque. La Couronne de Laurier : Elle entoure les symboles et souligne la victoire et le triomphe (Imperator), liant les honneurs religieux aux honneurs militaires. Ce denier est donc une affirmation de l’autorité suprême de Metellus Pius, conjuguant son pouvoir religieux (Pontife) et son autorité militaire (Imperator) au service de Sylla, juste avant qu’il ne devienne consul. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Coecilius Metellus Pius, imperator. Vers 675 (79 av. J.-C.) Nous avons retracé plus haut la biographie de ce personnage, en décrivant les pièces qu’il fit frapper comme magistrat monétaire vers 655 (99 av. J.-C.). Celles qui suivent et sur lesquelles il prend le titre d’imperator, ont été émises en Espagne pendant que Q. Metellus Pius était occupé à diriger, dans ce pays, la guerre contre Sertorius révolté, c’est-à-dire dans les années comprises entre 675 (79 av. J.-C. et 683 (71 av. J.-C.). Plutarque nous dit que c’est en 675 (79 av. J.-C.) qu’il fut acclamé imperator par son armée. La tête de la Piété dont l’emblème était la cigogne, fait allusion au cognomen Pius, comme l’éléphant est, nous le savons déjà, l’emblème des Metelli. Le lituus et le proefericiilum rappellent probablement que son oncle L. Metellus Dalmaticus fut pontifex maximus, dignité à laquelle il fut élevé lui-même en 689 (65 av. J.-C.). C’est sans doute, de ces monnaies que parle Salluste quand il dit : quoe pecunia ad Hispaniense bellum Melello facta erat . Lieux de découverte (109 exemplaires)

1303CA – Denier Caecilia – Quintus Cæcilius Metellus Pius

1303CA – Denier Caecilia – Quintus Cæcilius Metellus Pius Avers : Anépigraphe Tête de Pietas (la Piété) diadémée à droite; devant le visage une cigogne. Revers : Q. C. M. P. I (Quintus Cæcilius Metellus Pius Imperator, Quintus Caecilius Métellus Pieux Imperator) Éléphant d’Afrique passant à gauche. Bibliothèque nationale de France 4.02g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Nord de l’Italie Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Caecilia Références : RRC 374/1 – B.43 (Cæcilia) – Syd.750 👤 Qui était Quintus Caecilius Metellus Pius ? Famille: Membre de la puissante gens plébéienne des Caecilii Metelli, l’une des familles les plus influentes et aristocratiques de Rome. Son père était Quintus Caecilius Metellus Numidicus. Surnom (« Pius »): Il obtint le surnom de Pius (le « Pie/Dévoué ») pour le dévouement qu’il montra en luttant avec succès pour obtenir le rappel de son père, Metellus Numidicus, qui avait été exilé par Caius Marius vers 100 av. J.-C. (Ce pietas est symbolisé par la cigogne sur l’avers de la monnaie). Carrière Militaire et Politique: Partisan de Sylla: Il fut un allié clé de Sylla (Lucius Cornelius Sulla) pendant les guerres civiles contre les partisans de Marius. Il servit comme légat et général pour Sylla. Grand Pontife (Pontifex Maximus): Il occupa le poste religieux le plus prestigieux de 81 à 63 av. J.-C. Consul: Il fut Consul en 80 av. J.-C., aux côtés de Sylla lui-même (qui occupait le consulat en parallèle de sa dictature). Contexte de la Monnaie (81 av. J.-C.): La frappe de ce denier intervient juste avant son consulat. Elle est émise alors qu’il est en campagne pour le compte de Sylla dans le Nord de l’Italie. L’inscription au revers, Q•C•M•P•I, signifie Quintus Caecilius Metellus Pius Imperator, attestant de son titre d’Imperator (général victorieux) reçu pour ses succès militaires. La monnaie servait donc à payer ses troupes et à affirmer son statut. La Guerre de Sertorius: Après son consulat, il dirigea la guerre contre Sertorius (un partisan de Marius) en Hispanie (Espagne) pendant de longues années (de 79 à 71 av. J.-C.), finissant par partager son triomphe avec Pompée le Grand. En résumé, Metellus Pius était un chef militaire expérimenté et un homme politique de premier plan, dont ce denier est un véritable manifeste politique et familial frappé à un moment crucial de la guerre civile romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Coecilius Metellus Pius, imperator. Vers 675 (79 av. J.-C.) Nous avons retracé plus haut la biographie de ce personnage, en décrivant les pièces qu’il fit frapper comme magistrat monétaire vers 655 (99 av. J.-C.). Celles qui suivent et sur lesquelles il prend le titre d’imperator, ont été émises en Espagne pendant que Q. Metellus Pius était occupé à diriger, dans ce pays, la guerre contre Sertorius révolté, c’est-à-dire dans les années comprises entre 675 (79 av. J.-C. et 683 (71 av. J.-C.). Plutarque nous dit que c’est en 675 (79 av. J.-C.) qu’il fut acclamé imperator par son armée. La tête de la Piété dont l’emblème était la cigogne, fait allusion au cognomen Pius, comme l’éléphant est, nous le savons déjà, l’emblème des Metelli. Le lituus et le proefericiilum rappellent probablement que son oncle L. Metellus Dalmaticus fut pontifex maximus, dignité à laquelle il fut élevé lui-même en 689 (65 av. J.-C.). C’est sans doute, de ces monnaies que parle Salluste quand il dit : quoe pecunia ad Hispaniense bellum Melello facta erat . Lieux de découverte (217 exemplaires)

1125HE – Denier Herennia – Marcus Herennius

1125HE – Denier Herennia – Marcus Herennius Avers : PIE(TA)S (Pietas, la Piété) Tête diadémée de Pietas (la Piété) à droite, avec ou sans marque de contrôle sous le cou. Revers : M. (HE)RENNI (Marcus Herennius) Amphinomus, un des frères catanéens courant à droite, portant son père sur ses épaules; quelquefois dans le champ une marque de contrôle. British Museum 4g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 108-107 avant J.C. Matière : Argent Gens : Herennia Références : RRC 308/1 – B.1 (Herennia) 👤 Le Monétaire : M. Herennius Nom Complet: Marcus Herennius. Fonction: Triumvir Monétaire (tresviri monetales) à Rome. Date d’émission: Circa 108-107 av. J.-C. Postérité: Il est très probable que ce monétaire soit le même Marcus Herennius qui deviendra Consul de la République romaine en 93 av. J.-C. 🏛️ La Gens Herennia et la Piété Familiale La famille (gens) Herennia était d’origine plébéienne et vraisemblablement italique (Samnite, ou d’Étrurie/Campanie), et est devenue de rang consulaire. Le choix iconographique de cette pièce est directement lié à l’image que la famille souhaitait promouvoir : Avers (Droit) : Tête de PIETAS (la Piété, le Devoir). Revers : Un des Frères Catanaéens (Amphinomus ou Anapias) portant son père sur ses épaules. Cette scène illustre un acte de Piété Filiale (Pietas), la vertu romaine fondamentale de dévotion envers les dieux, la patrie et la famille. L’histoire raconte que lors d’une éruption de l’Etna en Sicile, les deux frères ont sauvé leurs parents âgés en les portant sur leurs épaules, et la coulée de lave se serait miraculeusement séparée pour les laisser passer, récompensant ainsi leur piété. En utilisant ce mythe, M. Herennius célébrait non seulement une vertu cardinale, mais il établissait également un lien fort (symbolique ou géographique) avec l’Italie du Sud, peut-être Catane en Sicile, d’où la légende était originaire. Nous avons trois variantes à ce denier en fonction de la présence ou non d’une lettre contrôle soit présente à l’avers ou soit au revers. Cette lettre est debout ou couchée à gauche ou à droite. Elle est accompagnée ou non d’un globule en périphérie. Variante 1 avec une lettre de contrôle accompagnée ou non d’un globule sous le cou de Pietas au droit Références : RRC 308/1a – Syd.567 British Museum 4g J’ai relevé 113 combinaisons différentes pour cette variante sur les 275 possibles. Pour obtenir l’image de ce denier, cliquez sur le X correspondant. Variante 2 avec une lettre latine de contrôle accompagnée ou non d’un globule au revers Références : RRC 308/1b – Syd.567a British Museum 3.99g J’ai relevé 164 combinaisons différentes pour cette variante sur les 275 possibles. Pour obtenir l’image de ce denier, cliquez sur le X correspondant. Variante 3 sans lettre contrôle Référence : RRC 308/1a var 3.44g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille était, nous apprend Tite-Live originaire du Samnium ; elle s’établit en Campanie, où nous voyons un Herennius sénateur de Nola et un M. Herennius décurion de Pompei en 691 (63av. J.-C.). Une branche de cette tribu paraît même s’être expatriée pour se livrer au commerce, car on cite Herennius Siculus, qui, établi à Leptis, faisait le commerce entre l’Afrique et la Sicile et transrépublicain et suivit M. Brutus en Asie. On découvrit alors un comportait principalement le fameux silphium de la Cyrénaïque. Ce n’est que dans le dernier siècle de la république qu’on rencontre des Herennii à Rome. Ils portent les surnoms de Balbus, Bassus, Cerrinius, Pontius et Siculus. L’impératrice Etruscilla, femme de Trajan Dèce, et son fils Herennius Etruscus étaient issus de cette race. Mommsen qui a spécialement étudié l’histoire de cette tribu mentionne, sous la république, les personnages suivants : 1° C. Herennius qui paraît avoir été triumvir colonice deductoe en 536 (218 av. J.-C.); 2° Herennius Siculus qui fut emprisonné en 633 (121 av. J.-C.) comme ami de C. Gracchus, et qui, en témoignage de son amitié, se donna volontairement la mort; c’est sans doute le même personnage que celui dont nous avons parlé plus haut : il était aruspice; 3° C. Herennius, patron de la famille Maria, et qui, en cette qualité, refusa de porter témoignage contre C. Mariusen 639 (115 av. J.-C.) ; 40 M. Herennius Nepos, consul en 661, probablement l’aïeul de Herennius M. f. Picens, consul suffectus en 720 (34 av. J.-C.).Sur les médailles, on trouve le nom d’un M. Herennius qui doit être le fils du consul de l’an 661 (93 av. J.-C.). Pline mentionne le consulat de ce personnage comme remarquable par la quantité considérable de silphium qui fut alors apportée à Rome. Ce fils fut lui-même père de Herennius Picens, car ce dernier était fils d’un Marcus. Cavedoni regardait les pièces ci-dessous décrites comme frappées par M. Herennius Nepos vers l’an 646 (108 av. J.-C.). Nous les plaçons vers l’an 655 (99 av. J.-C.).Le type du denier de M. Herennius fait allusion au dévouement des deux frères Amphinomus et Anapias de Catane, qui, lors d’une éruption de l’Etna, emportèrent leurs vieux parents sur leurs épaules, à l’exemple d’Enée qui sauva son père Anchise. Ce fait de piété filiale est raconté notamment par Valère Maxime et par Pausanias. Les deux frères sont représentés, soit isolément, soit ensemble, sur les monnaies de Catane, leur ville natale, où les ancêtres de la gens Herennia étaient établis pour faire le commerce avec l’Afrique. Borghesi pense même que Herennius Siculus, l’aruspice et l’ami de C. Gracchus était originaire de Catane c’était probablement le père ou le grand-père de notre monétaire. Le même type se trouve sur les monnaies de Sextus Pompée qui ont été frappées à Catane. La tête de la Piété, au droit, est une allusion à la piété filiale d’Amphinomus et d’Anapias appelés les Pieux, et le lieu de leur sépulture portait le nom de campus piorum. Mommsen pense, en outre, que ce type de la Piété fait allusion à la fidélité de Herennius Siculus à l’égard de C. Gracchus, fidélité qu’il scella de son sang. Lieux de découverte (536 exemplaires)