1463CA – Aureus Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio

1463CA – Aureus Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : METEL. PIVS / SCIP. IMP (Metellus Pius Scipio Imperator, Metellus pieux Scipion imperator) Tête barbue et laurée de Jupiter à droite; tête d’aigle tournée à gauche posée sur un sceptre horizontal. Revers : LEG. PRO. PR / CRASS.IVN (Crassus Iunianus Legatus pro Prætor, Crassus Junanius légat propréteur) Chaise curule, entourée d’un épi de blé à gauche et d’une tête de dragon tournée à gauche; au-dessus, une corne d’abondance servant de fléau à une balance . Bibliothèque nationale de France 8.07g INDICE DE RARETE : 10+ (l’aureus de la BnF est le seul que j’ai pu observer) 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Or Gentes : Caecilia et Licinia Référence : RRC 460/1 Cet aureus est une monnaie fascinante qui agit comme un manifeste politique et militaire en faveur de la cause pompéienne. Frappée en Afrique du Nord alors que la République romaine se déchire, chaque symbole a été choisi pour affirmer la légitimité de Scipion face à Jules César. 1. Le Contexte Historique : L’ultime résistance en Afrique Nous sommes en 47-46 av. J.-C., après la défaite de Pompée le Grand à Pharsale. Les derniers défenseurs de la République traditionnelle (les Optimates) se sont regroupés en Afrique (actuelle Tunisie/Libye) sous le commandement de Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio. L’enjeu : Scipion s’allie au roi Juba Ier de Numidie pour lever une armée massive. Le besoin de monnaie : Ce denier sert principalement à payer les légions. Il est frappé par un atelier monétaire mobile qui suit l’armée. La fin d’une ère : Peu après l’émission de cette monnaie, César remportera la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.), entraînant le suicide de Scipion et de Caton d’Utique. 2. Analyse de l’Iconographie Le choix des images sur cette pièce est une réponse directe à la propagande césarienne. Là où César met en avant sa lignée divine (Vénus), Scipion met en avant les institutions et la stabilité. À l’avers : Jupiter et l’Autorité Divine La tête de Jupiter : Le dieu souverain du Panthéon romain symbolise l’ordre établi et la protection de l’État. C’est un rappel que les Pompéiens se considèrent comme les « vrais » Romains. L’aigle et le sceptre : Attributs classiques du pouvoir suprême. Ils renforcent l’idée que le commandement de Scipion est béni par les dieux et conforme aux traditions ancestrales. Au revers : La République et l’Abondance Le revers est exceptionnellement riche en symboles compactés : La Chaise Curule (Sella Curulis) : C’est l’élément central. C’est le siège des hauts magistrats (consuls, prêteurs). Elle proclame que Scipion et son légat Crassus Junianus détiennent le pouvoir légal (imperium) par délégation du Sénat. La Balance et la Cornucopia : La balance évoque la Justice (Aequitas), tandis que la corne d’abondance promet la prospérité. Le message est clair : « Sous notre commandement, l’équité et l’abondance reviendront. » L’épi de blé : Une référence directe à la province d’Afrique, « grenier de Rome ». Il assure aux soldats et aux citoyens que les ressources ne manqueront pas. Le Carnyx (trompette gauloise) : Ce symbole est plus ambigu. Il représente souvent un trophée militaire, rappelant peut-être les succès passés de la famille ou la victoire espérée sur les troupes de César (qui revenait de Gaule). 3. Une monnaie de « Légitimité » Contrairement aux monnaies de César qui sont souvent centrées sur sa propre personne, cet aureus est une monnaie de l’institution. Scipion ne se présente pas comme un dictateur, mais comme un défenseur des symboles de la République (la chaise curule, la justice, le blé). Pour comprendre l’émission de cette monnaie, il faut distinguer les deux figures mentionnées dans la légende : l’autorité émettrice (Scipion) et l’exécutant monétaire (Crassus Junianus). 1. Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (L’émetteur) Il est l’une des figures les plus puissantes et conservatrices de la fin de la République. Origine prestigieuse : Né Publius Cornelius Scipio Nasica, il appartient à la branche la plus illustre des Scipions. Il fut adopté par testament par Metellus Pius (consul en 80 av. J.-C.), unissant ainsi deux des plus grandes familles romaines (Gens Cornelia et Gens Caecilia). Lien avec Pompée : Il est le beau-père de Pompée le Grand, qui a épousé sa fille Cornelia Metella. En 52 av. J.-C., il est le collègue de Pompée au consulat. L’Imperator : Le titre SCIPIO IMP sur la pièce fait référence à ses victoires en Syrie (contre les populations du mont Amanus) avant de rejoindre le camp pompéien en Afrique. Sa fin : Après sa défaite contre Jules César à la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., il tente de s’enfuir par mer. Rattrapé par la flotte césarienne, il se suicide. Ses derniers mots célèbres furent : « Imperator se bene habet » (« Le général se porte bien »). 2. P. Licinius Crassus Junianus (Le magistrat monétaire) Son nom apparaît au revers (P·CRASSVS·IVN / LEG·PRO·PR). Identité : Il est probablement le fils d’un Damasippus, adopté par un membre de la famille des Licinii Crassi. Ami proche de Cicéron, il est un partisan convaincu de la cause sénatoriale. Fonction : Il n’est pas un « triumvir monétaire » classique de l’atelier de Rome, mais un Legatus Pro Praetore (Légat propréteur). Cela signifie qu’il agit comme lieutenant de Scipion avec des pouvoirs civils et militaires étendus. Rôle monétaire : En tant que légat, il supervise la frappe de la monnaie nécessaire pour payer les troupes de Scipion en Afrique. C’est lui qui garantit la qualité et le poids du métal précieux au nom de l’autorité de Scipion. Pourquoi deux noms sur une seule pièce ? À cette époque de guerre civile, les monnaies ne sont plus seulement des outils économiques, mais des documents officiels. Scipion (l’Imperator) apporte la légitimité militaire et le prestige familial (l’avers avec Jupiter). Crassus Junianus (le Légat) apporte la légitimité administrative et légale (le revers avec la chaise curule). Note historique : Ce duo de noms sur le denier souligne la volonté des Pompéiens de montrer qu’ils maintenaient un gouvernement républicain structuré (avec des magistrats nommés), par opposition à ce qu’ils considéraient comme la tyrannie personnelle de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av
1467EP – Denier Scipion – Eppius

1467EP – Denier Scipion – Eppius Avers : Q. METELL / SCIPIO. IMP (Quintus Metellus Scipio imperator) Tête de l’Afrique à droite, coiffée de la dépouille d’éléphant avec un épi de blé placé devant le visage et un araire sous le buste. Revers : EPPIVS/ LEG. F. C (Eppius Legatus Fisci Castrensis, Eppius légat du trésor des camps) Hercule nu debout de face, la léonté sur le bras, appuyé sur sa massue reposant sur un rocher. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Eppia et Caecilia Références : RRC 461/1 – B.50 (Caecilia) – Syd.1051 Ce denier ne se contente pas d’être une unité monétaire ; c’est un véritable manifeste politique et religieux frappé par les derniers défenseurs de la République romaine en exil. 1. Symbolisme de l’Avers : L’Afrique nourricière Le droit de la pièce est dominé par la personnification de l’Afrique. La dépouille d’éléphant : Ce couvre-chef (exuvie) identifie immédiatement le continent. C’est un rappel de la souveraineté de Scipion sur cette terre où il s’est réfugié. Les attributs agricoles (Épi de blé et Araire) : Avant la conquête de l’Égypte, l’Afrique (autour de Carthage) était le principal grenier à blé de Rome. En plaçant ces symboles, Scipion affirme qu’il contrôle l’approvisionnement vital de la Ville, menaçant ainsi indirectement César d’une famine à Rome. La Légende : Q·METELL SCIPIO·IMP. Scipion revendique son titre d’Imperator, soulignant son autorité militaire légitime face à l’usurpation qu’il attribue à César. 2. Symbolisme du Revers : La Force Divine (Hercule-Melqart) Le revers présente un Hercule musclé, appuyé sur sa massue. Identité double : Si pour un Romain il s’agit d’Hercule, pour les populations locales (et pour l’allié de Scipion, le roi Juba Ier de Numidie), il s’agit de Melqart, la divinité tutélaire phénicienne. Ce choix iconographique vise à rallier les forces locales à la cause pompéienne. Référence artistique : La posture d’Hercule, appuyé sur sa massue recouverte de la peau du lion de Némée, évoque le style de la célèbre statue de l’Hercule Farnèse (une copie de Lysippe). Elle symbolise la persévérance et la force brute après l’effort, une métaphore de la résistance républicaine. Le magistrat Eppius : La mention EPPIVS LEG·F·C indique que Marcus Eppius était le légat chargé du trésor militaire (Fiscus Castrensis). 3. Contexte Historique : L’ultime résistance (47-46 av. J.-C.) La pièce est frappée dans un atelier militaire itinérant en Afrique du Nord, durant l’une des phases les plus sombres de la guerre civile. Le refuge des « Optimates » : Après la défaite de Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.), les chefs républicains (Scipion, Caton d’Utique) se regroupent en Afrique. Ils forment une coalition puissante avec le roi Juba Ier, disposant d’une armée imposante incluant des éléphants de guerre. Légitimité dynastique : Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio cumule les noms de deux des plus grandes familles de Rome (les Metelli et les Scipions). En tant que descendant (par adoption) du vainqueur de Carthage, sa présence en Afrique possède une charge symbolique immense : « un Scipion ne peut être vaincu en Afrique ». La fin d’un monde : Ce denier sert à payer les légions juste avant la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). La victoire écrasante de César marquera la fin de cette résistance. Scipion se donnera la mort peu après, pour ne pas survivre à la chute de la République. Note numismatique : Ce denier est particulièrement apprécié pour la finesse de ses détails, notamment le rendu de la trompe de l’éléphant sur l’avers. L’information monétaire sur ce denier se concentre principalement sur le magistrat responsable de l’émission : Marcus Eppius. 1. Le Magistrat : Marcus Eppius Marcus Eppius n’est pas un « magistrat monétaire » classique (tresvir monetalis) travaillant à Rome. C’est un légat (officier supérieur) du parti pompéien. Identité : Membre de la gens Eppia (famille plébéienne), il est l’un des lieutenants fidèles de Quintus Metellus Scipion. Carrière : Après la défaite en Afrique (Thapsus, 46 av. J.-C.), il fait partie des rares officiers graciés par Jules César. Cependant, il choisit de reprendre les armes en rejoignant Sextus Pompée (le fils de Pompée le Grand) en Espagne pour poursuivre la lutte. 2. Sa fonction monétaire : LEG·F·C La légende au revers de la pièce est capitale pour comprendre son rôle technique. L’abréviation signifie : LEG(atus) F(isci) C(astrensis) — Légat du Trésor Militaire (ou du Fisc du Camp). Le Fiscus Castrensis : Contrairement à l’argent public géré par le Sénat à Rome (Aerarium), le fiscus castrensis était le trésor personnel d’un général en campagne. Rôle : Eppius était le responsable comptable et logistique. Il gérait les stocks de métal précieux (souvent issus de réquisitions ou de dons d’alliés comme le roi Juba Ier) et supervisait la frappe des monnaies pour payer la solde des soldats. 3. L’Atelier Monétaire Ce denier est ce qu’on appelle une émission militaire itinérante. Localisation : On estime généralement que l’atelier était situé à Utique (en actuelle Tunisie), qui servait de quartier général aux partisans de la République, ou qu’il suivait directement les déplacements de l’armée de Scipion à travers la province d’Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Eppia. Le seul membre de cette famille qui soit historiquement connu et qui fit frapper monnaie, est M. Eppius qui prit une part active dans les troubles de la fin de la république et figura parmi les principaux chefs du parti pompéien. Il se distingua d’abord comme lieutenant de Q. Metellus Scipion dans la guerre que celui-ci soutint en Afrique contre Jules César ; après Pharsale, il se rangea sous les étendards de Cn. Pompée ; mais à la suite de la bataille de Thapsus en 708 (46 av. J.-C.), il obtint son pardon de César, et l’histoire le perd de vue. Toutes ses monnaies ont été frappées pendant qu’il était lieutenant de Q. Metellus Scipion, de Jules César et de Sextus Pompée, dont elles portent les noms en même temps que
1466CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio

1466CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : Q. METEL. PIVS/ SCIPIO IMP / GT. – A (Quintus Metellus Pius Scipio Imperator / Genius Tetelaris Africæ, Quintus Metellus pieux Scipion imperator/ Génie tutélaire de l’Afrique) Genius (Génie) de l’Afrique (Sekhet) debout de face avec le masque de lion, tenant l’ankh de la main droite. Revers : P. CRASSVS IVN/ LEG PRO PR (Publius Crassus Iunianus Legatus Pro Prætor, Publius Crassus Junianus légat propréteur) Victoria (la Victoire) debout à gauche, tenant un caducée de la main droite et un petit bouclier rond de la gauche. British Museum 3.84g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Caecilia et Licinia Références : RRC 460/4 – B.51 (Caecilia) – Syd.1050 Ce denier est une monnaie d’une grande importance historique, frappée dans un contexte d’urgence militaire et de lutte idéologique entre les partisans de la République (les Optimates) et Jules César. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du cadre historique de son émission. 1. Contexte Historique : L’agonie de la République (47-46 av. J.-C.) Après la défaite de Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.), les chefs républicains se regroupent en Afrique du Nord pour organiser la résistance. Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio, le beau-père de Pompée, prend le commandement suprême des forces pompéiennes. Le lieu d’émission : Ce denier est frappé par un atelier monétaire mobile qui suivait les armées de Scipion, ou à Utique, son quartier général. L’enjeu : Scipion doit payer ses 10 légions et s’assurer le soutien de son allié local, le roi Juba Ier de Numidie. Cette monnaie sert donc à la fois de solde militaire et d’outil de propagande. La fin : Peu de temps après l’émission de cette monnaie, Scipion est vaincu par César à la bataille de Thapsus (février 46 av. J.-C.). Refusant de se rendre, il se donnera la mort en mer, déclarant : « L’imperator se porte bien » (Imperator se bene habet). 2. Symbolisme de l’Avers : L’Autorité Traditionnelle Le droit de la pièce est dominé par la tête de Jupiter, le dieu souverain de Rome. Légitimité religieuse : En plaçant Jupiter sur sa monnaie, Scipion affirme que la cause des Optimates est la seule cause légitime protégée par les dieux, par opposition à César, souvent associé à Vénus. Filiation et Prestige : La légende Q·METEL·PIVS rappelle son adoption par Metellus Pius. Le titre de « Pius » souligne sa piété envers sa lignée et les institutions romaines. 3. Symbolisme du Revers : L’Afrique et la Prospérité Le revers est riche en icônes régionales, marquant l’ancrage de Scipion sur le sol africain. La Tête d’Afrique : Elle porte une dépouille d’éléphant (probablement en référence à la province elle-même ou à la divinité locale). C’est une affirmation de contrôle territorial : Scipion est le maître de l’Afrique. L’Épi de blé et le Lion : L’épi symbolise la richesse agricole de l’Afrique, « grenier de Rome ». Le lion, animal emblématique de la région, renforce l’aspect sauvage et puissant du territoire qu’il commande. L’Impérator : La légende SCIPIO·IMP confirme son statut de général victorieux acclamé par ses troupes. 4. Une Iconographie de « Souveraineté » Contrairement aux monnaies romaines classiques de l’époque qui célèbrent souvent des ancêtres lointains, ce denier est très ancré dans le présent. Scipion utilise des symboles qui parlent aux provinciaux et aux soldats : la puissance de Rome (Jupiter) alliée à la force et aux ressources de l’Afrique. Le monétaire (l’autorité émettrice) de ce denier est Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio Nasica, plus connu sous le nom de Metellus Scipion. C’est une figure tragique et centrale de la fin de la République romaine. Voici les points clés pour comprendre qui il était et pourquoi il a frappé cette monnaie : 1. Une double lignée prestigieuse Metellus Scipion est le produit de l’alliance des deux plus grandes familles de Rome : Par naissance : Il appartient à la gens Cornelia (les Scipions). Il est le fils de P. Cornelius Scipio Nasica. Par adoption : Il est adopté par testament par Metellus Pius (consul en 80 av. J.-C.), le chef des conservateurs. Légitimité : Cette double ascendance lui donne un prestige immense. Sur ses monnaies, il utilise le nom de son père adoptif (METEL PIVS) pour souligner sa piété et son appartenance au camp des Optimates (les défenseurs du Sénat). 2. Le gendre de Pompée le Grand Scipion a scellé son alliance politique avec Pompée en lui donnant sa fille, Cornelia Metella, en mariage en 52 av. J.-C. Cette même année, il partage le consulat avec Pompée. Cette union fait de lui le pilier central de la résistance sénatoriale face aux ambitions de Jules César. 3. Un chef de guerre en Afrique Après la défaite de Pompée à Pharsale, Scipion devient le commandant en chef des forces républicaines. Le titre d’Imperator : La légende SCIPIO IMP sur le revers de votre monnaie indique qu’il a été acclamé Imperator par ses troupes, probablement après ses succès partiels en Syrie ou lors de son arrivée en Afrique. Le rôle monétaire : Contrairement aux magistrats monétaires de Rome qui frappaient pour le fonctionnement de la cité, Scipion frappe en tant que chef de guerre. Ce denier est une monnaie de nécessité destinée à payer les légions pour la bataille décisive de Thapsus (46 av. J.-C.). 4. Son caractère et sa fin Les sources antiques (souvent partisanes, comme César) le décrivent comme un homme orgueilleux et parfois cruel dans sa gestion des provinces (notamment en Syrie). Cependant, sa mort est passée à la postérité comme un modèle de stoïcisme : Acculé par la flotte césarienne après la défaite, il se poignarde et répond à ses ennemis qui l’interrogent : « L’imperator se porte bien », avant de sombrer avec son navire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av J.-C.) Q. Caecilius Metellus Pius Scipio était fils de
1465CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Metellus Pius Scipio

1465CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Metellus Pius Scipio Avers : CRASS INV LEG PRO PR (Crassius Junianus Legatus Pro Praetore) Tête couronnée d’une divinité représentant Utique, épi de blé derrière, caducée devant, proue de bateau en dessous, objet incertain au dessus. Revers : METEL PIVS SCIP IMP (Metellus Pius Scipio, Imperator) Trophée entre lituus et cruche. British Museum 3.89g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Caecilia et Licinia Références : RRC 460/3 – B.52 (Caecilia) – Syd.1049 L’analyse de ce denier révèle un programme iconographique complexe, conçu comme une réponse idéologique et religieuse à la montée en puissance de Jules César. Frappée en Afrique du Nord (probablement à Utique) vers 47-46 av. J.-C., cette monnaie est un manifeste de la cause pompéienne. 1. Symbolisme de l’Avers : La Prospérité et la Cité L’avers présente une tête féminine avec une couronne tourellée, traditionnellement associée à une divinité protectrice d’une cité. Identification : Elle est souvent identifiée comme la personnification d’Utique, le quartier général des républicains en Afrique, ou comme la déesse de la ville. Le style est volontairement « provincial », rappelant le monnayage numide local pour souligner l’ancrage territorial de Scipion. Les attributs : Le caducée (paix et commerce), l’épi de blé (abondance) et le proue de navire (puissance maritime) forment un message clair : le camp de Scipion garantit la stabilité et le ravitaillement de Rome, contrairement à César, souvent perçu par ses opposants comme un facteur de chaos. 2. Symbolisme du Revers : Légitimité Militaire et Sacrée Le revers est dominé par un trophée d’armes, entouré d’objets rituels. Le Trophée : Il célèbre une victoire militaire (réelle ou revendiquée) et rappelle les exploits des ancêtres de Scipion. Le titre d’IMPERATOR (IMP) porté par Scipion renforce cette image de général victorieux. Le Lituus et le Jug (Praefericulum) : Ces objets (le bâton de l’augure et la cruche sacrificielle) symbolisent l’appartenance de Scipion aux collèges sacerdotaux. Ils proclament que Scipion agit sous la protection des dieux et dans le respect des traditions religieuses romaines, par opposition à César dont l’ambition était jugée sacrilège. 3. Contexte Historique : La résistance en Afrique Ce denier est frappé dans un moment de tension extrême : La Lignée des Scipions : Q. Caecilius Metellus Pius Scipio, adopté dans la puissante famille des Metelli, joue sur son nom. Une prophétie disait que seul un Scipion pouvait vaincre en Afrique. En frappant monnaie, il réaffirme cette destinée fatidique face à César. Le rôle de Crassus : Le magistrat mentionné à l’avers, P. Licinius Crassus Junianus, agit en tant que légat (Legatus Pro Praetore). Il appartient à la branche des Crassi restée fidèle à la cause républicaine. Financement de la guerre : Cette émission servait à payer les légions stationnées en Afrique et à recruter des mercenaires numides pour la bataille décisive de Thapsus (46 av. J.-C.), qui marquera la fin de cette résistance et le suicide de Scipion. Note numismatique : Ce type monétaire est un exemple parfait de « monnaie de camp », où l’iconographie n’est pas choisie par le Sénat à Rome, mais par les chefs militaires pour servir leurs besoins de propagande immédiats. Le « monétaire » (ou magistrat responsable de l’émission) mentionné sur ce denier est Publius Licinius Crassus Junianus. Son rôle et son identité sont essentiels pour comprendre la légitimité du camp pompéien durant la guerre civile contre César. Qui était P. Licinius Crassus Junianus ? Origine et Adoption : Il est né dans la gens Cornelia (vraisemblablement fils de P. Cornelius Scipio Nasica, préteur en 94 av. J.-C.) et a été adopté par un Licinius Crassus. Cela fait de lui le frère biologique de Metellus Scipio (le chef de l’armée en Afrique). Cette proximité familiale explique leur collaboration étroite sur le champ de bataille. Carrière politique (Cursus Honorum) : Tribun de la plèbe en 51 av. J.-C. : Il commence sa carrière à Rome et se lie d’amitié avec Cicéron. Légat Pro-Préteur (LEG PRO PR) : C’est le titre qui figure sur la monnaie. En 47-46 av. J.-C., il sert comme officier supérieur (légat avec les pouvoirs de préteur) sous les ordres de son frère en Afrique du Nord. Son rôle dans l’émission : Contrairement aux « trois hommes » (triumviri monetales) qui frappaient la monnaie à Rome en temps de paix, Crassus Junianus agit ici comme un chef militaire autorisé à émettre du numéraire pour payer les troupes. Pourquoi son nom figure-t-il sur la monnaie ? La présence de son nom aux côtés de celui de Metellus Scipio (indiqué comme Imperator) remplit plusieurs fonctions : Récupération de prestige : En utilisant le nom « Crassus », il invoque la mémoire de la puissante famille des Licinii Crassi. Même si le célèbre triumvir Crassus était mort en 53 av. J.-C., le nom restait synonyme de grande noblesse et de richesse. Légalité républicaine : En inscrivant son titre officiel (LEG PRO PR), il affirme que cette monnaie n’est pas celle d’un rebelle, mais celle d’un magistrat légitime de la République romaine luttant contre l’usurpateur César. Garantie de valeur : Selon LesDioscures.com, le monétaire est celui qui garantit le poids et l’aloi (la pureté) de l’argent. Son nom engage sa responsabilité personnelle face aux soldats qui reçoivent leur solde. Un destin tragique Comme la plupart des chefs pompéiens en Afrique, Crassus Junianus ne survit pas à la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C. Après la victoire de César, il tente de s’enfuir par mer vers l’Espagne avec Metellus Scipio, mais leur flotte est interceptée par celle de l’aventurier Publius Sittius. Crassus Junianus aurait péri lors de cet affrontement ou se serait suicidé pour éviter la capture. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av J.-C.) Q. Caecilius Metellus Pius Scipio était fils de P. Cornélius Scipio Nasica préteur en 660 (94 av. J.-C.). Il appartenait donc naissance par sa à la gens Cornelia; mais il fut adopté par
1464CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio

1464CA – Denier Scipion et Crassus – Q. Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : METEL. PIVS / SCIP. IMP (Metellus Pius Scipio Imperator, Metellus pieux Scipion imperator) Tête barbue et laurée de Jupiter à droite; tête d’aigle tournée à gauche posée sur un sceptre horizontal. Revers : LEG. PRO. PR / CRASS.IVN (Crassus Iunianus Legatus pro Prætor, Crassus Junanius légat propréteur) Chaise curule, entourée d’un épi de blé à gauche et d’une tête de dragon tournée à gauche; au-dessus, une corne d’abondance servant de fléau à une balance . British Museum 3.91g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Utique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Caecilia et Licinia Références : RRC 460/2 – B.49 (Caecilia) – Syd.1048 Ce denier est une monnaie fascinante qui agit comme un manifeste politique et militaire en faveur de la cause pompéienne. Frappée en Afrique du Nord alors que la République romaine se déchire, chaque symbole a été choisi pour affirmer la légitimité de Scipion face à Jules César. 1. Le Contexte Historique : L’ultime résistance en Afrique Nous sommes en 47-46 av. J.-C., après la défaite de Pompée le Grand à Pharsale. Les derniers défenseurs de la République traditionnelle (les Optimates) se sont regroupés en Afrique (actuelle Tunisie/Libye) sous le commandement de Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio. L’enjeu : Scipion s’allie au roi Juba Ier de Numidie pour lever une armée massive. Le besoin de monnaie : Ce denier sert principalement à payer les légions. Il est frappé par un atelier monétaire mobile qui suit l’armée. La fin d’une ère : Peu après l’émission de cette monnaie, César remportera la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.), entraînant le suicide de Scipion et de Caton d’Utique. 2. Analyse de l’Iconographie Le choix des images sur cette pièce est une réponse directe à la propagande césarienne. Là où César met en avant sa lignée divine (Vénus), Scipion met en avant les institutions et la stabilité. À l’avers : Jupiter et l’Autorité Divine La tête de Jupiter : Le dieu souverain du Panthéon romain symbolise l’ordre établi et la protection de l’État. C’est un rappel que les Pompéiens se considèrent comme les « vrais » Romains. L’aigle et le sceptre : Attributs classiques du pouvoir suprême. Ils renforcent l’idée que le commandement de Scipion est béni par les dieux et conforme aux traditions ancestrales. Au revers : La République et l’Abondance Le revers est exceptionnellement riche en symboles compactés : La Chaise Curule (Sella Curulis) : C’est l’élément central. C’est le siège des hauts magistrats (consuls, prêteurs). Elle proclame que Scipion et son légat Crassus Junianus détiennent le pouvoir légal (imperium) par délégation du Sénat. La Balance et la Cornucopia : La balance évoque la Justice (Aequitas), tandis que la corne d’abondance promet la prospérité. Le message est clair : « Sous notre commandement, l’équité et l’abondance reviendront. » L’épi de blé : Une référence directe à la province d’Afrique, « grenier de Rome ». Il assure aux soldats et aux citoyens que les ressources ne manqueront pas. Le Carnyx (trompette gauloise) : Ce symbole est plus ambigu. Il représente souvent un trophée militaire, rappelant peut-être les succès passés de la famille ou la victoire espérée sur les troupes de César (qui revenait de Gaule). 3. Une monnaie de « Légitimité » Contrairement aux monnaies de César qui sont souvent centrées sur sa propre personne, ce denier est une monnaie de l’institution. Scipion ne se présente pas comme un dictateur, mais comme un défenseur des symboles de la République (la chaise curule, la justice, le blé). Pour comprendre l’émission de cette monnaie, il faut distinguer les deux figures mentionnées dans la légende : l’autorité émettrice (Scipion) et l’exécutant monétaire (Crassus Junianus). 1. Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (L’émetteur) Il est l’une des figures les plus puissantes et conservatrices de la fin de la République. Origine prestigieuse : Né Publius Cornelius Scipio Nasica, il appartient à la branche la plus illustre des Scipions. Il fut adopté par testament par Metellus Pius (consul en 80 av. J.-C.), unissant ainsi deux des plus grandes familles romaines (Gens Cornelia et Gens Caecilia). Lien avec Pompée : Il est le beau-père de Pompée le Grand, qui a épousé sa fille Cornelia Metella. En 52 av. J.-C., il est le collègue de Pompée au consulat. L’Imperator : Le titre SCIPIO IMP sur la pièce fait référence à ses victoires en Syrie (contre les populations du mont Amanus) avant de rejoindre le camp pompéien en Afrique. Sa fin : Après sa défaite contre Jules César à la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., il tente de s’enfuir par mer. Rattrapé par la flotte césarienne, il se suicide. Ses derniers mots célèbres furent : « Imperator se bene habet » (« Le général se porte bien »). 2. P. Licinius Crassus Junianus (Le magistrat monétaire) Son nom apparaît au revers (P·CRASSVS·IVN / LEG·PRO·PR). Identité : Il est probablement le fils d’un Damasippus, adopté par un membre de la famille des Licinii Crassi. Ami proche de Cicéron, il est un partisan convaincu de la cause sénatoriale. Fonction : Il n’est pas un « triumvir monétaire » classique de l’atelier de Rome, mais un Legatus Pro Praetore (Légat propréteur). Cela signifie qu’il agit comme lieutenant de Scipion avec des pouvoirs civils et militaires étendus. Rôle monétaire : En tant que légat, il supervise la frappe de la monnaie nécessaire pour payer les troupes de Scipion en Afrique. C’est lui qui garantit la qualité et le poids du métal précieux au nom de l’autorité de Scipion. Pourquoi deux noms sur une seule pièce ? À cette époque de guerre civile, les monnaies ne sont plus seulement des outils économiques, mais des documents officiels. Scipion (l’Imperator) apporte la légitimité militaire et le prestige familial (l’avers avec Jupiter). Crassus Junianus (le Légat) apporte la légitimité administrative et légale (le revers avec la chaise curule). Note historique : Ce duo de noms sur le denier souligne la volonté des Pompéiens de montrer qu’ils maintenaient un gouvernement républicain structuré (avec des magistrats nommés), par opposition à ce qu’ils considéraient comme la tyrannie personnelle
1462CA – Denier Scipion – Quintus Cæcilius Metellus Pius Scipio

1462CA – Denier Scipion – Quintus Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : Q. METEL / PIVS (Quintus Metellus Pius, Quintus Metellus pieux) Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : SCIPIO // IMP (Scipion imperator) Éléphant passant à droite. British Museum 3.79g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Caecilia Références : RRC 459/1 – B.47 (Caecilia) – Syd.1046 L’émission de ce denier s’inscrit dans l’un des moments les plus dramatiques de l’histoire romaine : la phase finale de la guerre civile entre Jules César et les partisans du Sénat (les Pompéiens). Voici l’analyse détaillée du contexte et de la symbolique de cette pièce. 1. Le Contexte Historique : La Résistance Africaine (47-46 av. J.-C.) Après la défaite de Pompée à Pharsale et sa mort en Égypte, les chefs de la cause républicaine se regroupent en Afrique du Nord (actuelle Tunisie/Libye). Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio, beau-père de Pompée, prend le commandement suprême des forces sénatoriales. Légitimité Républicaine : Contrairement à César, qui est alors perçu comme un dictateur, Scipion et ses alliés (dont Caton d’Utique) se présentent comme les défenseurs légitimes de la République. Le Besoin de Numéraire : Cette pièce a été frappée par un atelier militaire itinérant pour payer les légions stationnées en Afrique avant l’affrontement final. 2. La Symbolique de l’Avers : Jupiter le Protecteur La tête de Jupiter, dieu souverain du panthéon romain, n’est pas choisie au hasard. Contre la Tyrannie : En invoquant Jupiter Optimus Maximus, Scipion affirme que les dieux sont du côté du Sénat. C’est une réponse directe à César, qui mettait en avant ses origines divines via Vénus. L’Ordre Établi : Jupiter représente la stabilité des institutions de Rome que Scipion prétend protéger contre l’ambition personnelle d’un seul homme. 3. La Symbolique du Revers : L’Éléphant et l’Héritage L’éléphant est l’élément le plus iconique de cette monnaie. Il porte une triple signification : L’Emblème Familial : L’éléphant est le symbole de la gens Caecilia. Il rappelle la victoire de L. Caecilius Metellus lors de la bataille de Panormus (250 av. J.-C.) durant la Première Guerre punique, où il captura les éléphants de guerre carthaginois. Le Duel de Propagande : César avait déjà frappé un denier célèbre avec un éléphant (RRC 443/1). En reprenant ce motif, Scipion dit en substance : « Le véritable héritier de la gloire de Rome et celui qui maîtrise le terrain africain, c’est moi, pas l’usurpateur. » La Réalité Militaire : Scipion disposait réellement d’un contingent d’éléphants de guerre fournis par le roi numide Juba Ier. L’image sur la pièce servait donc aussi à intimider les troupes césariennes en rappelant la puissance de feu (ou de piétinement) des Pompéiens. La Fin d’une Époque Ce symbolisme n’a pourtant pas suffi. En février 46 av. J.-C., lors de la bataille de Thapsus, les éléphants de Scipion ont paniqué sous les flèches des archers de César, se retournant contre leurs propres lignes. Cette défaite a marqué la fin de la résistance organisée en Afrique. Le monétaire de ce denier, Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (souvent appelé Métellus Scipion), est l’une des figures les plus aristocratiques et paradoxales de la fin de la République romaine. Voici les points clés pour comprendre qui il était et pourquoi son nom apparaît sur cette monnaie : 1. Une généalogie prestigieuse (Double héritage) Il est né Publius Cornelius Scipio Nasica, issu de la prestigieuse branche des Scipions. Cependant, il a été adopté par testament par Quintus Caecilius Metellus Pius (un grand général partisan de Sylla). Ce croisement fait de lui l’héritier des deux familles les plus puissantes de Rome : les Cornelii Scipiones et les Caecilii Metelli. Sur ce denier, il signe Q. METEL PIVS pour honorer son père adoptif, tout en ajoutant SCIPIO pour rappeler sa lignée d’origine. 2. Le gendre et allié de Pompée Métellus Scipion devient une figure centrale de la politique romaine grâce à ses alliances : Mariage politique : En 52 av. J.-C., sa fille Cornelia Metella (veuve du fils de Crassus) épouse Pompée le Grand. Consulat : Pompée le choisit alors comme collègue pour le consulat cette même année afin de stabiliser Rome après les émeutes liées à la mort de Clodius. 3. Le chef des « Optimates » contre César Il fut l’un des ennemis les plus acharnés de Jules César. C’est lui qui, en janvier 49 av. J.-C., a proposé au Sénat l’ultimatum exigeant que César licencie son armée, déclenchant ainsi la guerre civile. Commandant militaire : Il commande le centre de l’armée de Pompée à la bataille de Pharsale (48 av. J.-C.). Imperator en Afrique : Après la défaite, il s’enfuit en Afrique. En raison d’une vieille superstition disant qu’un Scipion était invincible en Afrique, les républicains lui confièrent le commandement suprême contre César. 4. Une personnalité controversée Malgré son nom illustre, les historiens (y compris César et même certains de ses alliés comme Cicéron) le décrivent souvent comme un chef médiocre, arrogant et parfois cruel. On raconte qu’il a pillé les temples en Asie et qu’il a géré la province d’Afrique avec une grande dureté pour financer ses troupes. Sa fin : Après sa défaite à Thapsus en 46 av. J.-C., il tente de fuir par mer vers l’Espagne. Intercepté par la flotte césarienne, il se poignarde. Ses derniers mots célèbres, adressés aux soldats qui lui demandaient où se trouvait le général, furent : « Imperator se bene habet » (« Le général va bien »). Pourquoi est-il « Monétaire » ? À cette époque, le titre d’Imperator (présent sur la pièce : SCIPIO IMP) lui donnait le droit de frapper monnaie pour payer ses soldats (la solde). Ce n’est donc pas un « magistrat monétaire » classique de Rome, mais un chef de guerre utilisant son droit de frappe pour soutenir l’effort de guerre républicain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av J.-C.) Q. Caecilius Metellus Pius Scipio était fils de P. Cornélius Scipio Nasica préteur en 660