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1500PA – Denier Papia – Lucius Papius Celsus

1500PA – Denier Papia – Lucius Papius Celsus Avers : TRIVMPVS (Triumpus, le Triomphe) Tête laurée du Triomphe à droite avec un trophée sur l’épaule. Revers : CELSVS III VIR // L. PAPIVS (Lucius Papius Celsus Triumvir, Lucius Papius Celsus triumvir monétaire) Louve à droite, tenant une baguette dans sa gueule devant un brasier, surmonté d’un aigle qui attise les flammes avec ses ailes. British Museum 4.15g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Papia Références : RRC 472/2 – B.3 (Papia) – Syd.965 Ce denier de Lucius Papius Celsus est une monnaie riche en symbolisme, mêlant les origines familiales du magistrat à l’actualité politique brûlante de la Rome de 45 av. J.-C. 1. Le Revers : Une Légende de Fondation Le revers illustre un mythe rapporté par l’historien Denys d’Halicarnasse. Il ne s’agit pas de la louve romaine classique (Romulus et Remus), mais d’un prodige lié à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Papia. Le Mythe : Alors qu’Énée s’apprêtait à fonder une cité, une forêt voisine prit feu. Une louve fut vue apportant du bois pour alimenter le foyer, tandis qu’un aigle attisait les flammes de ses ailes. Un renard tenta d’éteindre le feu, mais fut chassé. Symbolisme : Énée interpréta cela comme le signe qu’une cité glorieuse (Lanuvium) naîtrait et triompherait de ses voisins jaloux. Identité Familiale : En choisissant ce type, Lucius Papius Celsus réaffirme son prestige généalogique en liant sa famille aux racines troyennes et à la piété religieuse de Lanuvium. 2. L’Avers : L’Honneur à Jules César Contrairement au denier 472/1 qui présente Junon Sospita, celui-ci affiche la personnification de Triumphus (le Triomphe). Contexte Politique : En 46 av. J.-C., Jules César célèbre un quadruple triomphe (Gaule, Égypte, Pont, Afrique). En 45 av. J.-C., l’année de frappe de ce denier, il revient victorieux de Munda (Espagne), marquant la fin de la résistance pompéienne. Adhésion au Régime : Le choix de Triumphus est un acte d’allégeance claire de la part du magistrat monétaire envers le Dictateur. Le trophée sur l’épaule de Triumphus souligne la domination militaire de César. Le monétaire Lucius Papius Celsus est une figure qui, bien que peu documentée par les textes historiques classiques, a laissé une trace indélébile à travers sa production monétaire de l’année 45 av. J.-C. Identité et Origines Gens Papia : Il appartient à la gens Papia, une famille d’origine plébéienne issue de la cité antique de Lanuvium (une ville de la Ligue Latine célèbre pour son temple de Junon Sospita). Filiation probable : Il est très certainement le fils de Lucius Papius, qui fut lui-même monétaire vers 79 av. J.-C. (auteur du denier dentelé RRC 384/1). Cette continuité familiale explique l’utilisation récurrente des symboles de Lanuvium sur leurs monnaies respectives. Le surnom « Celsus » : Son cognomen, Celsus, signifie littéralement « élevé » ou « grand », ce qui, à l’origine, désignait probablement un ancêtre de grande taille. Carrière et Titre III VIR (Triumvir Monétaire) : Comme l’indique la légende de ses pièces (CELSVS III VIR), il occupait la fonction de triumvir monetalis (membre d’un collège de trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). C’était souvent une première étape prestigieuse dans le cursus honorum pour les jeunes aristocrates romains. Datation (45 av. J.-C.) : Sa magistrature se déroule durant une période charnière, sous la dictature de Jules César, juste après la bataille de Munda. Pourquoi est-il important ? L. Papius Celsus illustre parfaitement la manière dont les monétaires romains utilisaient leur charge pour promouvoir leur identité régionale (ici Lanuvium) tout en s’adaptant au climat politique de leur temps (le culte de la victoire césarienne). Ses monnaies sont parmi les plus riches en détails mythologiques de la fin de la République. Variante avec Triomphe portant des rouflaquettes. British Museum 3.78f Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Papius Celsus. Monétaire vers 709 (45 av. J.-C.) Ce monétaire est aussi inconnu que le précédent dont il était peut-être le fils; mais les types de ses médailles sont très intéressants. La louve et l’aigle occupés à attiser le feu se rapportent à la fondation légendaire de Lanuvium, telle qu’elle est racontée par Denys d’Halicarnasse. Tandis qu’Enée, après sa fuite de Troie et son abordage sur les côtes d’Italie, était occupé à bâtir Lanuvium, on vit tout à coup le feu prendre à la forêt voisine. Une louve apportait dans sa gueule des morceaux de bois sec qu’elle jetait dans le brasier, tandis qu’un aigle agitait ses ailes pour activer la flamme. Mais survint maître renard qui plongeant sa queue dans la rivière voisine, s’approcha du foyer qu’il se mit à arroser de son mieux pour éteindre l’incendie et en arrêter les envahissements. On lutta longtemps et l’on fit de part et d’autre des efforts prodigieux; à la fin, le renard fut obligé de céder et il se retira tout confus de devant l’aigle et le loup, fiers de leur triomphe. Enée réfléchit sur ce prodige, et il prédit à ses compagnons que la nouvelle colonie qu’ils fondaient serait illustre, mais qu’elle aurait fort à lutter contre la jalousie de ses voisins qui s’opposeraient de toutes leurs forces à son développement; pourtant, elle finirait par triompher de toutes les rivalités. En souvenir de ce mémorable événement, les habitants de Lanuvium élevèrent, au forum de leur ville, des statues de bronze au loup et à l’aigle qui avaient ainsi fait présager leur destinée future :Ab agro rava decurrens lupa Lanuviodit Horace. Telle est la légende que rappellent les médailles; c’est aussi à Lanuvium que se rapporte la tête de Junon Sospita, comme nous l’avons fait ressortir plus haut. Sur le quinaire, comme sur celui de M. Mettius, une jeune fille donne à manger au serpent consacré à la déesse : ce type est analogue à celui qui représente Hygie ou la déesse de la santé et de la guérison (Salus) nourrissant de même un serpent. Comme on ne connaît pas l’histoire de L. Papius Celsus, il est difficile d’expliquer les autres types de ses monnaies. Cavedoni pense toutefois, non sans raison, que le mot Triumphus et la tête laurée