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1538JU – Denier César – Marcus Mettius

1538JU – Denier César – Marcus Mettius Avers : CAESAR IMPER (Caesar Imperator) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : M. METTIVS  (Marcus Mettius) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et une lance transversale de la main gauche, appuyée sur un bouclier placé sur un globe; Lettre de contrôle dans le champ à gauche. British Museum 4.13g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mettia et Julia Références : RRC 480/17 – B.33 (Julia) – Syd.1055 Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé à un moment charnière de l’histoire romaine, en 44 av. J.-C., l’année de l’assassinat de Jules César. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de sa création. 1. Le Symbolisme de l’Avers : L’Image du Pouvoir Le Portrait de César : C’est l’un des aspects les plus révolutionnaires. Avant César, les Romains ne représentaient que des ancêtres décédés ou des divinités sur les monnaies. En plaçant son propre portrait de son vivant, César rompt avec la tradition républicaine et adopte un comportement de monarque oriental, ce qui a profondément choqué les conservateurs du Sénat. La Couronne de Lauriers : Bien plus qu’une simple décoration, elle symbolise le triomphe militaire perpétuel et la faveur divine. La Légende CAESAR IMPER : Le titre d’Imperator souligne son commandement suprême sur les armées. Il ne s’agit pas encore du titre d’Empereur au sens moderne, mais de la reconnaissance de ses victoires éclatantes. 2. Le Symbolisme du Revers : La Légitimité Divine Le revers met en scène Vénus Victrix (Vénus Victorieuse), un choix loin d’être anodin : L’Origine Divine : La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre directement d’Énée, fils de la déesse Vénus. En affichant Vénus, César rappelle au peuple que son pouvoir n’est pas seulement politique, mais sacré. Les Attributs de la Victoire : La Victoire (Victoria) : Tenue par Vénus, elle montre que le succès militaire est un don des dieux à César. Le Bouclier et le Globe : Le bouclier sur le globe symbolise la domination romaine sur le monde connu (l’oekoumène) grâce à la force des armes. 3. Contexte Historique : L’Ombre des Ides de Mars La série RRC 480, dont fait partie ce denier de M. Mettius, est frappée dans les premières semaines de l’an 44 av. J.-C. L’Accélération vers la Tyrannie : Ce denier circule au moment où César est nommé « Dictateur à vie ». Cette concentration de pouvoir, illustrée par la monnaie, est l’un des facteurs déclencheurs du complot mené par Brutus et Cassius. La « Frappe de Crise » : Le style parfois hâtif de ces monnaies témoigne de l’urgence de la période. Il fallait payer les légions stationnées à Rome et celles préparant la campagne contre les Parthes. Après le 15 Mars : Si certains exemplaires ont été frappés juste après l’assassinat, ils ont servi à stabiliser l’économie tout en rappelant la figure désormais divinisée du dictateur défunt, servant ainsi les intérêts de ses héritiers politiques comme Marc Antoine. Pourquoi ce denier est-il unique ? Contrairement à d’autres types de la même période, la signature du monnayeur M. METTIVS et la présence de lettres de contrôle (A à E) permettent de retracer précisément l’organisation de l’atelier monétaire de Rome à l’aube de l’Empire. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Variante 1 : Lettre de contrôle A au revers British Museum 3.6g Variante 2 : Lettre de contrôle B au revers British Museum 4.13g Variante 3 : Lettre de contrôle C au revers British Museum 3.75g Variante 4 : Lettre de contrôle D au revers Münzkabinett Berlin 4.01g Münzkabinett Berlin 4.01g Variante 5 : Lettre de contrôle E au revers American Numismatic Society 3.75g American Numismatic Society 3.75g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest

1536JU – Denier César – Caius Cossutius Maridianus

1536JU – Denier César – Caius Cossutius Maridianus Avers : CAESAR / DICT.IN. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée et voilée de César tournée à droite. Revers : C·MARIDIANVS (Caius Maridianus) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et le coude reposant sur le bouclier qui repose à son tour sur le globe. Münzkabinett Berlin 3.54g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cossutia et Julia Références : RRC 480/15 – B.41 (Julia) – Syd.1068 Ce denier n’est pas une simple monnaie ; c’est un manifeste politique et religieux frappé au cœur de la crise qui a mis fin à la République romaine. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette émission de Cossutius Maridianus (44 av. J.-C.). 1. Le Portrait : Une rupture révolutionnaire Le portrait de César à l’avers constitue le bouleversement le plus radical : L’individu vivant : Pour la première fois à Rome, un homme vivant impose son effigie sur la monnaie, un privilège jusque-là réservé aux dieux ou aux ancêtres défunts. C’est un signe clair de dérive monarchique aux yeux des sénateurs. Le Voile (Capite Velato) : César est représenté la tête voilée, symbolisant sa fonction de Pontifex Maximus (Grand Pontife). Il ne se présente pas seulement comme un chef militaire, mais comme le garant sacré de la religion romaine. Le Titre : La légende DICT PERPETVO (Dictateur à vie) est le titre qu’il reçoit en février 44 av. J.-C. C’est l’élément déclencheur du complot : en devenant dictateur « perpétuel », il supprime l’alternance républicaine. 2. Le Revers : Vénus Victrix et l’Héritage Le revers montre Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) : Légitimité dynastique : César prétendait descendre d’Énée, fils de Vénus. En affichant cette déesse, il rappelle que son pouvoir est une « volonté divine » et un héritage familial (la Gens Julia). Le Globe et la Victoire : Vénus tient une petite Victoire (Victoriola) et s’appuie sur un bouclier posé sur un globe. Le globe symbolise la domination de Rome sur le monde connu (Orbis Terrarum), désormais sous l’autorité d’un seul homme. 3. Contexte Historique : Les Ides de Mars Cette monnaie est frappée par le collège des « Quattuorviri » (les quatre magistrats monétaires de l’année 44). Datation précise : La combinaison du titre DICT PERPETVO et du nom du magistrat Maridianus permet de dater la frappe entre février et le 15 mars 44 av. J.-C. * Propagande avant la mort : Elle circulait sans doute dans les mains des citoyens et des soldats au moment précis où Brutus et Cassius affutaient leurs poignards. Elle servait à payer les troupes pour la campagne imminente contre les Parthes, que César ne mènera jamais. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Caius Cossutius Maridianus. Son rôle et son identité s’inscrivent dans une réforme majeure de l’administration romaine opérée par Jules César juste avant sa mort. 1. Un membre des « Quattuorviri » Traditionnellement, l’atelier monétaire de Rome était géré par un collège de trois hommes : les Triumviri Monetales. Cependant, en 44 av. J.-C., César porte ce nombre à quatre (les Quattuorviri Monetales). Pourquoi quatre ? Cette augmentation visait à répondre aux besoins financiers colossaux de César, qui préparait une campagne militaire massive contre les Parthes. Le collège de 44 : Maridianus siégeait aux côtés de trois autres magistrats célèbres : L. Aemilius Buca, M. Mettius et P. Sepullius Macer. 2. Identité et Origines La Gens Cossutia : Maridianus appartient à la Gens Cossutia, une famille de rang équestre qui n’avait pas encore atteint les sommets du pouvoir sénatorial (une « famille mineure » par rapport aux grandes lignées). C’est un trait caractéristique des alliés de César : il s’entourait d’hommes nouveaux (homines novi) ou de familles de second rang pour s’assurer de leur loyauté absolue. Magistrat méconnu : En dehors de ses monnaies, nous ne possédons que très peu de traces historiques de lui. Sa carrière est typique de la fin de la République : utiliser la magistrature monétaire comme tremplin vers d’autres fonctions (préteur, consul), bien que le chaos qui suivit l’assassinat de César ait pu briser cette trajectoire. 3. La signature monétaire : A.A.A.F.F. Sur certaines variantes de ses monnaies (comme le RRC 480/19), on trouve une inscription technique rare et fascinante : A.A.A.F.F. Elle signifie : Auro Argento Aere Flando Feriundo. « Pour fondre et frapper l’or, l’argent et le bronze. » Cette formule est la désignation officielle et complète de la fonction de magistrat monétaire. Le fait qu’elle apparaisse en toutes lettres sous la dictature de César souligne la volonté du dictateur de réorganiser et de codifier strictement l’administration de l’État. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Caius Cossutius Maridianus est un magistrat qui n’est connu que par les monnaies ; il fit partie du premier collège monétaire composé de quatre membres, qui fut institué par Jules César au commencement de l’an 710, comme l’a démontré M. A. von Sallet. Lieux de découverte (2 exemplaires)

1535JU – Denier César _ Publius Sepullius Macer

1535JU – Denier César _ Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée et voilée de César tournée à droite. Revers : P SEPVLLIVS MACER (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et un sceptre de la gauche, au bas du sceptre une étoile. Bibliothèque nationale de France 4.04g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/14 – Syd.1074a Ce denier est bien plus qu’une simple unité monétaire ; il s’agit d’un véritable manifeste politique et religieux émis durant l’une des périodes les plus tendues de l’histoire de Rome. Cette pièce a été frappée sous le magistrat Publius Sepullius Macer entre février et début mars 44 av. J.-C., juste avant l’assassinat de César. Voici l’analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Le Dictateur Sacré Le Portrait (Capite Velato) : César est représenté la tête voilée. Ce voile n’est pas un signe de deuil, mais celui du Pontifex Maximus (Grand Pontife). Il souligne sa piété (pietas) et sa fonction de chef de la religion romaine. En se montrant ainsi, César rappelle qu’il est le médiateur entre les dieux et les hommes. La Légende DICT PERPETVO : C’est l’élément le plus provocateur. En acceptant le titre de Dictateur à vie en février 44 av. J.-C., César rompt avec la tradition républicaine où la dictature était une magistrature d’exception temporaire. Cette inscription sur la monnaie a été perçue par le Sénat comme une preuve irréfutable de ses ambitions royales. Le Lituus : On retrouve souvent derrière sa tête le bâton augural, symbolisant son droit de consulter les présages, renforçant encore son autorité spirituelle. 2. Le Symbolisme du Revers : La Dynastie Divine Venus Victrix (Vénus Victorieuse) : La déesse Vénus est au centre du revers. La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre directement d’Énée, fils de Vénus. La Victoire et le Sceptre : Elle tient une petite Victoire ailée et un sceptre. Ce choix iconographique signifie que la puissance de César ne repose pas seulement sur la force militaire, mais sur une volonté divine. Vénus n’est pas ici la déesse de l’amour, mais celle qui apporte le triomphe aux armées. 3. Contexte Historique : Le Prélude aux Ides de Mars Ce denier s’inscrit dans une stratégie de communication de masse : Innovation Radicale : C’est la première fois qu’un Romain vivant place son propre portrait sur une monnaie à Rome. Auparavant, seuls les dieux ou les ancêtres illustres (décédés) y figuraient. Cet acte a été jugé sacrilège et tyrannique par les républicains. Financement Militaire : Ces pièces ont été frappées en quantités massives pour financer la solde des légions que César s’apprêtait à mener contre les Parthes. L’élément Déclencheur : Pour des sénateurs comme Brutus et Cassius, voir le visage de César circuler de main en main avec le titre de « Dictateur à vie » a été l’argument ultime pour justifier le complot. Ils y voyaient la fin de la Liberté (Libertas) et l’avènement d’une monarchie déguisée. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César

1534JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1534JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée et voilée de César tournée à droite. Revers : P SEPVLLIVS MACER (légende MACER écrite du haut vers le bas) (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et un sceptre de la gauche, au bas du sceptre un bouclier. CNG 3.85g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/12 – B.50 (Julia) – Syd.1073 Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans les derniers jours de la République romaine. Son symbolisme reflète l’aboutissement de l’ascension de Jules César et la rupture définitive avec les traditions républicaines.   1. Le Portrait : Une Rupture Taboue Pour la première fois dans l’histoire de Rome, un homme vivant fait figurer son portrait sur une monnaie. L’influence hellénistique : Ce geste était perçu comme une dérive monarchique insupportable pour l’élite sénatoriale. Seuls les rois d’Orient (les successeurs d’Alexandre) osaient cet acte d’auto-glorification. Le réalisme : Contrairement aux portraits idéalisés, César est ici représenté avec un réalisme frappant (cou décharné, rides de vieillesse), ce qui souligne son autorité d’homme d’État expérimenté. 2. Le Voile (Capite Velato) et le Pontifex Maximus Sur le type 480/12, la tête de César est voilée. Signification religieuse : Le voile indique que César agit en tant que Pontifex Maximus (Grand Pontife), le chef suprême de la religion romaine. Légitimation : En se montrant ainsi, il ne se présente pas seulement comme un chef militaire, mais comme le médiateur sacré entre les dieux et le peuple romain. Cela suggère une piété irréprochable au moment même où il s’approprie tous les pouvoirs civils. 3. La Légende : DICT PERPETVO C’est sans doute le symbole le plus explosif de la pièce. Le titre : Le titre de Dictator Perpetuo (Dictateur à vie) est accordé à César en février 44 av. J.-C. Le message politique : Ce titre annule le principe républicain de la dictature temporaire (normalement limitée à 6 mois). C’est l’aveu que la République est morte et que César ne rendra jamais ses pouvoirs. Pour ses assassins, cette légende était la preuve ultime de sa tyrannie. 4. Le Revers : Vénus Victrix Le revers montre Vénus Victrix (Vénus la Victorieuse) tenant une petite Victoire ailée. Ascendance Divine : César revendique une descendance directe de Vénus à travers son ancêtre Iule (le fils d’Énée). En affichant Vénus sur ses pièces, il affirme que son pouvoir n’est pas seulement politique, mais qu’il est « dans son sang ». Lien avec la Victoire : La présence du sceptre et de la Victoire rappelle ses triomphes militaires (Gaule, Pharsale, Thapsus, Munda). Comme le souligne LesDioscures.com, ce revers remplace progressivement les types liés aux familles des magistrats monétaires, signe que la propagande de l’individu (César) a totalement éclipsé les traditions des magistrats de la cité. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Variante : Légende MACER écrite du haut vers le bas. Références : RRC 480/13 – B.50 (Julia) – Syd.1074 British Museum 3.85g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César ou à Marc Antoine.

1531JU – Denier César – Lucius Æmilius Buca

1531JU – Denier César – Lucius Æmilius Buca Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : L. BVCA (Lucius Buca) Vénus debout, tenant la Victoire de la main droite et un sceptre de la gauche. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Aemilia et Julia Références : RRC 480/8 – B.35 (Julia) – Syd.1061 Ce denier est bien plus qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de propagande politique radical qui a cristallisé les tensions menant aux Ides de Mars. Voici une analyse approfondie du symbolisme et du contexte qui entourent cette monnaie exceptionnelle. 1. La rupture iconographique : Le portrait du vivant Avant Jules César, la tradition républicaine interdisait de représenter un homme vivant sur les pièces de monnaie, un honneur réservé aux dieux ou aux ancêtres illustres. L’audace de César : En plaçant son propre visage sur le denarius, il se positionne au-dessus des lois de la République. C’est un acte de monarchie déguisée qui a profondément choqué l’aristocratie sénatoriale. Le réalisme du portrait : Contrairement aux portraits idéalisés de la période impériale plus tardive, le type 480/8 montre un César vieilli, avec un cou marqué par les rides. C’est le visage d’un homme qui a porté le poids des guerres civiles. 2. Le titre fatal : Dictator Perpetuo La légende CAESAR DICT PERPETVO est l’élément le plus provocateur de cette pièce. Signification : « Dictateur à vie ». Conséquence historique : Ce titre, gravé dans le métal et distribué dans tout l’Empire, signifiait la fin de l’alternance politique. Pour Brutus et Cassius, cette pièce était la preuve irréfutable que César ne rendrait jamais ses pouvoirs extraordinaires, rendant l’assassinat inévitable pour « sauver » la Liberté. 3. Le revers : Vénus Victrix et la légitimité divine Le choix de Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) au revers n’est pas une simple dévotion religieuse. L’ascendance mythique : La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre directement d’Iule, fils d’Énée, lui-même fils de la déesse Vénus. Le message politique : En associant son portrait (avers) à Vénus (revers), César affirme que son pouvoir n’est pas seulement militaire, mais qu’il est d’origine divine. Comme le souligne LesDioscures.com, ce lien iconographique servait à légitimer son autorité suprême auprès du peuple et de l’armée. 4. Le rôle du monnayeur L. Aemilius Buca Lucius Aemilius Buca était l’un des quattuorviri monetales (les magistrats responsables de la frappe). Sa famille était autrefois liée à Sylla, mais en frappant ces monnaies pour César, il démontre l’allégeance totale de l’administration monétaire au nouveau maître de Rome. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (9 exemplaires)

1530JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca

1530JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca Avers : CAESAR DICT / PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : L. BVCA (Lucius Buca) Vénus assise à droite, tenant la Victoire de la main droite et un sceptre de la gauche. British Museum 4.48g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Aemilia et Julia Références : RRC 480/7b – B.36 (Julia) – Syd.1062 Ce denier, frappé par Lucius Aemilius Buca, est l’un des documents numismatiques les plus chargés d’histoire de la fin de la République romaine. Son symbolisme reflète l’apogée du pouvoir de Jules César, mais aussi les tensions qui mèneront aux Ides de Mars. 1. Le Portrait et la Légende : L’Affirmation du Pouvoir Absolu Dictateur à vie (DICT PERPETVO) : C’est l’élément le plus frappant. Contrairement aux dictatures temporaires prévues par la loi romaine pour faire face à une crise, le titre de Dictator Perpetuo (reçu en février 44 av. J.-C.) indique que César ne compte jamais rendre le pouvoir. Pour les sénateurs défenseurs de la République, c’est la preuve irréfutable de ses ambitions monarchiques. Le Portrait de son vivant : Jules César fut le premier Romain à voir son propre portrait figurer sur une pièce de monnaie de son vivant, un privilège jusqu’alors réservé aux dieux ou aux rois hellénistiques. Cela brisait un tabou républicain majeur. La Couronne de Laurier : Elle symbolise non seulement ses triomphes militaires passés, mais elle était aussi devenue un attribut permanent que César portait pour masquer sa calvitie et souligner son statut quasi divin. 2. Le Revers : Vénus et la Légitimité Divine Vénus Victrix (ou Genetrix) : Comme le souligne LesDioscures.com, le revers présente Vénus assise, tenant une Victoire. Vénus est la divinité tutélaire de la Gens Julia (la famille de César), qui affirmait descendre d’Énée, fils de la déesse. La Victoire (Victoriola) : En tenant la Victoire dans sa main, Vénus (et par extension César) affirme que le succès militaire de Rome est un don divin transmis par sa lignée. C’est une communication politique puissante : le pouvoir de César est légitime car il est voulu par les dieux. 3. Le Contexte Historique : Le Chant du Cygne Ce denier a été frappé dans les toutes dernières semaines de la vie de César (février-mars 44 av. J.-C.). L’organisation monétaire : Buca était l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats monétaires, au lieu de trois habituellement), une extension du collège décidée par César pour financer ses grands projets et ses futures campagnes (notamment contre les Parthes). Le catalyseur du complot : La circulation de ces pièces dans Rome a servi de rappel quotidien et tangible de l’emprise totale de César sur l’État. Voir le visage de César associé au titre de « Dictateur à vie » dans leurs propres bourses a sans doute radicalisé les membres de la conspiration menée par Brutus et Cassius. En somme, ce denier n’est pas qu’une simple monnaie ; c’est un outil de propagande ultime qui, en affichant une ambition sans limite, a paradoxalement précipité la chute du dictateur. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Variante : légende de l’avers : CAESAR DICT / PERPETVO Référence : RRC 480/7a Bibliothèque nationale de France 3.79g Bibliothèque nationale de France 3.79g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César;

1528JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1528JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR. IMP (Cesar Imperator) Tête laurée de César tournée à droite, derrière une étoile. Revers : P SEPVLLIVS MACER (Publius Sepullius Macer) Vénus se tient debout à gauche et tenant une Victoire et un sceptre reposant sur une étoile. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/5b – B.46 (Julia) – Syd.1071 Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans l’urgence des derniers mois de la vie de Jules César. Sa symbolique marque la transition brutale entre la République traditionnelle et l’autocratie impériale. Voici l’analyse de son symbolisme et de son contexte historique : 1. Le Symbolisme : Entre Divinité et Pouvoir Absolu Ce type monétaire utilise des codes visuels très forts pour légitimer l’autorité de César : Le Portrait (Avers) : C’est l’élément le plus révolutionnaire. Jusqu’en 44 av. J.-C., Rome interdisait de représenter un homme vivant sur les pièces (privilège réservé aux dieux ou aux ancêtres défunts). En affichant son visage, César se place au-dessus des lois républicaines, adoptant une coutume propre aux rois hellénistiques. L’Étoile (Avers et parfois Revers) : Située derrière la tête de César, l’étoile à huit rayons est un symbole de divinité. Elle souligne la nature surhumaine que César revendique. Note : Bien qu’une comète célèbre (le Sidus Iulium) soit apparue après sa mort en juillet 44, l’utilisation de l’étoile de son vivant sur ce denier montre qu’il préparait déjà son « apothéose » (divinisation). Vénus Victrix (Revers) : César affirmait que la Gens Julia descendait directement d’Iule (Ascagne), fils d’Énée et petit-fils de la déesse Vénus. En représentant Vénus Victrix (Vénus la Victorieuse) tenant une petite Victoire ailée, il rappelle que ses succès militaires ne sont pas seulement le fruit de son génie, mais d’une protection divine héréditaire. 2. Le Contexte Historique : « La monnaie qui tua César » Ce denier est frappé en janvier ou février 44 av. J.-C. par le magistrat monétaire P. Sepullius Macer. Le titre CAESAR IMP : Le titre d’Imperator sur cette pièce précède de peu celui de Dictator Perpetuo (Dictateur à vie). Cette montée en puissance rapide a cristallisé les peurs du Sénat. La rupture avec le Sénat : En frappant de telles quantités de monnaie à son effigie, César court-circuitait le contrôle sénatorial sur les finances et la propagande. Pour les conspirateurs comme Brutus et Cassius, ces pièces étaient la preuve matérielle que César aspirait à la royauté (Rex), un titre exécré à Rome. Un outil de solde militaire : Ces deniers étaient produits massivement pour payer les légions que César s’apprêtait à emmener pour sa grande campagne contre les Parthes. Le portrait servait à s’assurer de la loyauté personnelle des soldats envers leur chef, plutôt qu’envers l’État. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Variante : sans étoile à l’extrémité inférieure du sceptre de Vénus au revers. Référence : RRC 480/5a British Museum 3.56g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer

1527JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca

1527JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca Avers : CAESAR. IM P M (Caesar Imperator, Pontifex Maximus) Tête laurée de César tournée à droite, un croissant entre le P et le M. Revers : L. AEMILIVS BVCA (Lucius Aemilius Buca) Vénus se tient debout à gauche et tient une Victoire et un sceptre. Bibliothèque nationale de France 4.06g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia et Julia Références : RRC 480/4 – B.34 (Julia) – Syd.1060 Ce denier, frappé par Lucius Aemilius Buca au début de l’an 44 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie : c’est un manifeste politique et religieux. 1. Le Portrait du Vivant : Un Tabou Brisé L’élément le plus révolutionnaire de cette pièce est l’effigie de Jules César lui-même. Contexte : Traditionnellement, les Romains ne représentaient que des ancêtres illustres ou des divinités. En plaçant son propre portrait sur le denier, César adopte les codes des rois hellénistiques. Message : C’est l’affirmation d’un pouvoir personnel et absolu. Cet acte a été perçu par ses opposants comme un signe de tyrannie, précipitant le complot des Ides de Mars. 2. Le Symbolisme du Croissant (Avers) Derrière la tête laurée de César, un croissant de lune sépare les lettres de sa titulature religieuse (P M pour Pontifex Maximus). Réforme du Calendrier : Le croissant rappelle son rôle de Grand Pontife, garant du temps. En 46 av. J.-C., César avait instauré le calendrier julien pour synchroniser l’année civile avec le cycle solaire, s’éloignant de l’ancien calendrier lunaire. Âge d’Or : Selon certaines analyses de LesDioscures.com, le croissant, tout comme l’étoile sur d’autres émissions, pourrait annoncer la naissance d’un nouvel « Âge d’Or » sous l’égide de César. 3. Vénus Victrix et l’Origine Divine (Revers) Le revers montre Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) tenant une petite Victoire (Victoriola). Légitimité de la Gens Julia : César affirmait descendre directement de Vénus par Énée. En choisissant cette divinité, il rappelle que ses victoires militaires (Pharsale, Munda) ne sont pas seulement le fruit de son génie, mais d’une volonté divine. Sceptre et Pouvoir : Vénus s’appuie sur un sceptre, symbole de souveraineté. Cela renforce l’idée que le pouvoir de César est héréditaire et sacré, une notion insupportable pour les défenseurs de la République. 4. Contexte de Production Ce denier a été frappé massivement entre janvier et février 44 av. J.-C. (juste avant que César ne prenne le titre de Dictator Perpetuo). Financement militaire : Ces pièces servaient principalement à payer les légions stationnées à Rome et celles préparant la grande expédition contre les Parthes. L. Aemilius Buca : Ce magistrat monétaire était un proche du pouvoir. Son nom au revers authentifie la monnaie, mais il s’efface totalement derrière la figure omniprésente de César. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (13 exemplaires)

1526JU – Denier César – Marcus Mettius

1526JU – Denier César – Marcus Mettius Avers : CAESAR.IMP (Caesar Imperator) Tête laurée de César tournée à droite, un simpulum et un lituus derrière. Revers : M. METTIVS (Marcus Mettius) Vénus se tient debout à gauche et tient une Victoire et une lance renversée; elle tient un bouclier. Lettre de contrôle dans le champ. British Museum 4.06g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Mettia et Julia Références : RRC 480/3 – B.32 (Julia) – Syd.1056 Ce denier est bien plus qu’une simple monnaie : c’est un outil de propagande politique sans précédent, frappé au moment le plus critique de la fin de la République romaine. 1. Le Portrait : Une Rupture Révolutionnaire Avant l’année 44 av. J.-C., la tradition romaine interdisait de faire figurer le portrait d’un homme vivant sur une pièce. On n’y voyait que des divinités ou des ancêtres illustres disparus. L’Audace de César : En plaçant son propre visage sur le denier, César brise un tabou séculaire. C’est un acte d’affirmation monarchique qui suggère qu’il n’est plus seulement un magistrat, mais le maître absolu de Rome. Réalisme et Vieillesse : Le portrait est souvent réaliste (verisme), montrant un cou émacié et des rides. Cela symbolise la gravitas (le sérieux) et la dignitas acquises par des années de service à l’État. Le Lituus et le Simpulum : Ces symboles religieux derrière sa tête rappellent son titre de Pontifex Maximus. Il n’est pas seulement un chef militaire, il est le garant du lien entre les dieux et la cité. 2. Le Revers : La Légitimité Divine La figure de Venus Victrix (Vénus Victorieuse) au revers n’est pas choisie au hasard. Ascendance Mythique : La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre directement d’Iule (Ascagne), fils d’Énée, lui-même fils de la déesse Vénus. Vénus contre Mars : Alors que ses rivaux comme Pompée invoquaient souvent la force brute, César préférait souligner sa « Félicité » (sa chance divine) incarnée par Vénus. Le Globe et la Victoire : Vénus tient une statuette de Victoire et s’appuie sur un globe. Le message est clair : la domination de César (sous la protection de Vénus) s’étend sur le monde entier (orbis terrarum). 3. Le Contexte de Janvier-Février 44 av. J.-C. Cette pièce est frappée par le magistrat monétaire M. Mettius durant les toutes dernières semaines de la vie de César. La Transition vers la Dictature Perpétuelle : Sur le type 480/3, la légende porte encore CAESAR IMP. Quelques semaines plus tard, elle deviendra CAESAR DICT PERPETVO. La monnaie documente en temps réel la montée en puissance de César vers un pouvoir sans limite temporelle. Le Salaire des Légions : Ces pièces ont été frappées en quantités massives pour payer les soldats que César rassemblait pour sa grande expédition prévue contre les Parthes. Le Déclencheur du Complot : Cette omniprésence du visage de César dans la poche de chaque citoyen et soldat a été perçue par les sénateurs conservateurs (comme Brutus et Cassius) comme la preuve ultime qu’il souhaitait devenir Roi (Rex). C’est l’un des facteurs directs qui a précipité son assassinat aux Ides de Mars. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Variante 1 : Lettre de contrôle G au revers British Museum 3.75g Variante 2 : Lettre de contrôle H au revers British Museum 4.06g Variante 3 : Lettre de contrôle I au revers British Museum 3.52g Variante 4 : Lettre de contrôle K au revers British Museum 3.74g Variante 5 : Lettre de contrôle L au revers British Museum 3.84g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome.

1524AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Buca

1524AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Buca Avers : L.BVCA (Lucius Buca) Tête diadémée de Vénus à droite. Revers : Anépigraphe « Le songe de Sylla ». Sylla couché à gauche recevant la visite de Séléné qui descend d’une montagne; derrière, la Victoire, les ailes déployées. Bibliothèque nationale de France 3.61g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 480/1 – B.12 (Aemilia) – Syd.1064 Ce denier est une pièce fascinante qui se situe à la charnière de deux époques : l’héritage de la République aristocratique et l’ascension fulgurante de Jules César. 1. Le Symbolisme : Le Songe de Sylla Le revers de la monnaie illustre une légende célèbre rapportée par Plutarque (Vie de Sylla, 9). La Scène : On y voit le dictateur Sylla endormi contre un rocher. Devant lui apparaît la déesse Séléné (la Lune), descendant d’une montagne. Derrière, la déesse Victoire est présente avec ses ailes déployées. La Signification : Selon le récit, en 88 av. J.-C., à la veille d’affronter les partisans de Marius près de Rome, Sylla fit un rêve : Séléné lui remettait le foudre de Jupiter pour foudroyer ses ennemis. Ce motif célèbre la protection divine dont jouissait Sylla, surnommé Felix (l’Heureux). Le message politique : En 44 av. J.-C., le monétaire Lucius Aemilius Buca (fils d’un proche de Sylla) utilise ce motif pour affirmer la légitimité de sa propre lignée, tout en créant un parallèle avec César, l’actuel détenteur du pouvoir suprême. 2. Contexte Historique : L’année fatidique (44 av. J.-C.) L’émission RRC 480 est l’une des plus cruciales de l’histoire romaine car elle est frappée durant les trois premiers mois de l’an 44, juste avant l’assassinat de César. La transition numismatique : Le RRC 480/1 est considéré comme le tout premier numéro de cette série. À ce stade (janvier ou début février), le portrait de César n’apparaît pas encore sur les deniers de Buca. On utilise toujours l’image de Vénus à l’avers, ancêtre mythique de la gens Julia. Le rôle de Lucius Aemilius Buca : Il fait partie du collège des quattuorviri (quatre magistrats monétaires), une extension exceptionnelle décidée par César (habituellement ils n’étaient que trois). Buca est le seul de ce collège à avoir frappé des monnaies avec une iconographie personnelle (le rêve de Sylla) avant de passer aux émissions célébrant directement César. La propagande césarienne : Bien que le revers évoque Sylla, l’avers avec Vénus rappelle subtilement que César est le nouvel homme providentiel. Quelques semaines plus tard, Buca frappera les célèbres monnaies mentionnant César comme DICT PERPETVO (Dictateur à vie), ce qui précipitera le complot des Ides de Mars. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (71 exemplaires)