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1446JU – Denier César – Caius Julius Cæsar

1446JU – Denier César – Caius Julius Cæsar Avers : LII (52) Tête de Vénus ou de (Clementia) la Clémence laurée et diadémée à droite avec boucle d’oreille et collier. Revers : CAE – SAR Trophée gaulois composé d’un grand bouclier rond, d’un casque, d’une cuirasse, d’un carnyx entre une couronne et un bouclier. Devant un captif barbu (Vercingétorix) assis les mains attachées dans le dos. British Museum 3.37g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 452/4 – B.27 (Julia) – Syd.1010 Ce denier est une pièce majeure de la propagande césarienne, frappée vers 48-47 av. J.-C. dans un contexte de guerre civile totale. Elle ne sert pas seulement de monnaie d’échange pour payer les légions, mais d’outil de communication politique pour affirmer la légitimité de César face au Sénat et à Pompée. 1. Le Contexte Historique : La Guerre Civile En 48 av. J.-C., Rome est déchirée. César vient de remporter la bataille de Pharsale contre Pompée. Bien que maître de l’Italie, il doit encore pacifier les provinces et financer ses troupes. Atelier itinérant : Cette monnaie a été frappée par un atelier militaire qui suivait César dans ses déplacements (probablement en Grèce ou en Espagne). Objectif : Rappeler aux soldats et aux citoyens que César est le véritable garant de la gloire de Rome. En pleine lutte contre d’autres Romains, il choisit de ne pas représenter la guerre civile, mais de magnifier sa plus grande réussite : la conquête de la Gaule. 2. Symbolisme de l’Avers : L’autorité et l’âge L’avers présente une tête féminine laurée et diadémée. Son identité fait l’objet de deux interprétations majeures : Clementia (la Clémence) : César a bâti sa réputation sur sa Clementia, sa propension à pardonner à ses ennemis romains vaincus. La représenter ici est un message direct aux partisans de Pompée : rejoignez-moi et vous serez épargnés. Pietas (la Piété) : Une autre lecture y voit la Piété envers la patrie et les dieux, renforçant l’image d’un homme agissant pour le bien de Rome. Le nombre LII (52) : C’est l’élément le plus fascinant. Il indique l’âge de César au moment de la frappe. C’est un acte d’affirmation personnelle sans précédent : César n’est pas un jeune aventurier, mais un homme mûr, d’expérience, dont la vie entière a servi la République. 3. Symbolisme du Revers : Le triomphe gaulois Le revers est une mise en scène de la victoire totale de Rome sur les peuples celtes : Le Trophée : Composé d’une cuirasse, d’un casque et d’un bouclier ovale, il est flanqué d’un carnyx (trompette de guerre gauloise). C’est le symbole classique du butin pris à l’ennemi. Le Captif : Un homme barbu, les mains liées derrière le dos, est assis au pied du trophée. Son attitude de soumission complète souligne la puissance irrésistible de César. Certains numismates y voient une évocation de Vercingétorix, capturé après Alésia en 52 av. J.-C. (une date qui résonne avec le chiffre LII de l’avers). La légende CAE–SAR : Placée de part et d’autre du trophée, elle lie indissociablement le nom du général à l’acte de conquête. Variante : La tête de Vercingétorix est tournée vers le haut. Références : RRC 452/5 –  Syd.1011 Moins de dix exemplaires observés de ce denier. Bibliothèque nationale de France 3.87g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (4 exemplaires)

1432HO – Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna

1432HO – Denier Hostilia – Lucius Hostilius Saserna Avers : Anépigraphe Tête barbue de guerrier gaulois à droite (Vercingétorix); derrière, un bouclier gaulois. Revers : L. HOSTILIVS / SASERN (Lucius Hostilius Saserna) Guerrier combattant dans un bige galopant à droite, conduit par un aurige, tenant les rênes de la main droite et un fouet de la main gauche; le guerrier, nu est tourné à gauche, brandissant une javeline de la main droite et tenant un bouclier de la main gauche. British Museum 4.18g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gens : Hostilia Références : RRC 448/2a – B.2 (Hostilia) – Syd.952 Ce denier n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué au service de Jules César. Frappé en 48 av. J.-C. par L. Hostilius Saserna, il intervient dans un moment charnière de la guerre civile.   1. Symbolisme de l’Avers : Le « Vercingétorix » L’avers frappe par son réalisme brutal, contrastant avec l’idéalisme habituel des divinités romaines. L’individu face à l’allégorie : Bien que certains y voient une personnification de la Gaule (Gallia) ou de la Peur (Pavor), l’individualisation des traits (pommettes saillantes, cheveux hirsutes, barbe en pointe) suggère fortement un portrait réel. À cette date, Vercingétorix est captif à Rome, attendant le triomphe de César. Le Pathos Hellenistique : Le style s’inspire de l’art grec (notamment le groupe des « Galates » de Pergame), visant à susciter chez le spectateur romain à la fois la crainte et l’admiration pour l’ennemi vaincu, ce qui magnifie d’autant plus la gloire du vainqueur. Le Bouclier Gaulois : Placé derrière la tête, il identifie immédiatement l’origine ethnique du personnage. 2. Symbolisme du Revers : La Bige et le Guerrier Le revers met en scène un guerrier gaulois combattant depuis un char (biga). La Tactique Militaire : Les Gaulois utilisaient des chars de guerre (comme l’indiquent les textes de César dans La Guerre des Gaules). Le guerrier est représenté debout, souvent nu (symbole de la bravoure barbare) et se retournant pour lancer un javelot ou tenir un bouclier. L’Exotisme et la Maîtrise : Pour un citoyen romain, cette image représentait la « sauvagerie » domptée. Le fait que le char soit conduit par un aurige romain (ou du moins sous contrôle) souligne la soumission technologique et militaire des peuples celtes. 3. Contexte Historique : Pourquoi 48 av. J.-C. ? Le timing de cette émission est crucial : Légitimation de César : En 48 av. J.-C., César affronte Pompée. Pour s’assurer le soutien de l’opinion publique et de ses troupes, il doit rappeler sa plus grande réussite : la conquête de la Gaule. Le rôle de Saserna : Lucius Hostilius Saserna était un proche lieutenant de César. En utilisant son rôle de magistrat monétaire pour graver ces images, il transforme la monnaie circulante en un « tract » politique rappelant que César a étendu les frontières de la République, là où ses adversaires ne font que mener une guerre civile. L’attente du Triomphe : La pièce prépare psychologiquement la population au quadruple triomphe de César qui aura lieu en 46 av. J.-C., durant lequel Vercingétorix sera exhibé avant d’être exécuté. Le monétaire Lucius Hostilius Saserna est une figure fascinante de la fin de la République romaine, principalement connue grâce à sa production monétaire de 48 av. J.-C., qui constitue l’un des témoignages visuels les plus marquants de la conquête de la Gaule. Voici les informations clés sur ce personnage et son contexte : 1. Un fidèle de Jules César Lucius Hostilius Saserna appartenait à une branche de la gens Hostilia qui était fermement alliée à Jules César. Sa nomination au poste de triumvir monetalis (magistrat monétaire) en 48 av. J.-C. intervient à un moment critique : César est en pleine guerre civile contre Pompée. Engagement militaire : Il n’était pas seulement un administrateur ; il a activement servi César. Il est mentionné comme ayant participé au siège de Marseille en 49 av. J.-C. Liens familiaux : Il avait deux frères, Caius et Publius Hostilius Saserna, qui ont tous deux servi comme lieutenants (legati) de César lors de la campagne d’Afrique en 46 av. J.-C. 2. Son rôle de communicant (Propagande) À travers ses monnaies, Saserna agit comme un véritable agent de propagande pour César. Alors que César est perçu par certains comme un tyran déclenchant une guerre civile, les monnaies de Saserna rappellent aux Romains les exploits de César en Gaule. Le choix de représenter des symboles gaulois (boucliers, carnyx) et des figures comme la Victoire ou la clémence visait à légitimer le pouvoir de César en le présentant comme le conquérant héroïque et le pacificateur de la République. 3. Après César Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., les sources historiques (notamment Cicéron) indiquent que Lucius Saserna est resté proche des héritiers du parti césarien, devenant un ami de Marc Antoine et du jeune Octave (futur Auguste). Variante : La légende au revers est L. HOSTILIVS / SASERNA Référence : RRC 448/2b Variante plus rare, moins de dix exemplaires observés. Bibliothèque nationale de France 3.89g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Hostilius Saserna. Monétaire vers 708 (46av. J.-C.) On trouve mentionnés dans les auteurs plusieurs personnages du nom de Saserna ; mais c’est la numismatique seule qui nous apprend que ce cognomen était commun dans la gens Hostilia. Du temps de Caton et de Varron, vivaient deux écrivains du nom de Saserna, le père et le fils, qui ont écrit sur l’agriculture. Deux autres personnages de ce nom, un Saserna dont on ne connaît pas le prénom, et P. Saserna étaient lieutenants de Jules César pendant la guerre d’Afrique en 708 (46 av. J.-C.). Les monnaies portent le nom de L. Hostilius Saserna, et il est probable qu’il s’agit du frère de P. Saserna dont les historiens taisent le prénom. Cicéron nous apprend qu’il devint ami d’Antoine et d’Octave après la mort de César, auquel il était demeuré toujours très attaché. Les monnaies de L. Hostilius Saserna ont été frappées entre les années 705 et 708 (49-46 av. J.-C.), car Saserna n’a pu remplir les fonctions de triumvir