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1375AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Lepidus Paullus

Avers : PAVLLVS LEPIDVS – CONCORDIA (Paullus Lepidus Concordia, Paul Lépide Concorde)

Buste de Concordia (la Concorde) voilé, diadémé et drapé à droite.

Revers : TER // PAVLVS (Tertius//Paullus, troisième, Paul)

Paul Émile debout à droite devant un trophée; de l’autre côté, Persée, roi de Macédoine et ses deux fils attachés.

British Museum 3.76g

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10+

ATELIER : Rome

Datation 62 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Aemilia

Références : RRC 415/1 – B.10 (Aemilia) – Syd.926

Le monétaire derrière ce denier est Lucius Aemilius Lepidus Paullus.

Il est un personnage de la fin de la République romaine dont l’histoire est à la fois prestigieuse et complexe, notamment en raison de la confusion possible avec son père et son oncle.

Voici les informations clés sur ce monétaire et sa famille :

🏛️ Identité et Contexte

  • Nom Complet : Lucius Aemilius Lepidus Paullus.

  • Famille (Gens) : Aemilia, l’une des plus anciennes et des plus influentes familles patriciennes (les gentes maiores) de Rome.

  • Père : Lucius Aemilius Paullus (consul en 50 av. J.-C.).

  • Oncle : Marcus Aemilius Lepidus, le célèbre triumvir (membre du Second Triumvirat avec Octavien et Marc Antoine).

  • Date d’émission du denier : 62 av. J.-C., lorsqu’il était l’un des magistrats monétaires (tresviri monetales).

🪙 Le But de la Monnaie

Comme mentionné précédemment, cette monnaie est un hommage rendu à son illustre ancêtre, Lucius Aemilius Paullus Macedonicus, vainqueur du roi Persée de Macédoine à Pydna en 168 av. J.-C.

  • Avers (Concordia) : La tête de la déesse Concordia (Concorde) fait référence à la volonté d’harmonie, souvent interprétée comme une allusion aux tentatives d’apaisement des tensions civiles à Rome à cette époque.

  • Revers (Trophée et Captifs) : Le trophée et la représentation de l’ancêtre Paullus avec le roi Persée et ses fils enchaînés glorifient la victoire et le prestige de la gens Aemilia. La mention TER (Tertius) rappelle le troisième et plus grand triomphe de cet ancêtre.

📜 Carrière Politique Ultérieure

Le monétaire Lucius Aemilius Lepidus Paullus a poursuivi une carrière politique significative, même s’il a eu une relation difficile avec son frère le triumvir :

  • Proscription (43 av. J.-C.) : Il s’opposa au Second Triumvirat (qui incluait son propre oncle, Marcus Aemilius Lepidus) et fut inclus dans les proscriptions. Cependant, l’histoire raconte que son oncle le laissa s’échapper.

  • Ralliement à Octavien : Après son exil, il finit par se rallier à Octavien (futur empereur Auguste).

  • Consul Suffect (34 av. J.-C.) : Il parvient au consulat.

  • Censeur (22 av. J.-C.) : Il fut le dernier censeur non-impérial de la République, une position très prestigieuse, aux côtés de Lucius Munatius Plancus.

Sa vie illustre le parcours de l’aristocratie romaine de la fin de la République qui dut naviguer entre les guerres civiles et le début du Principat d’Auguste.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Paullus Aemélius Lepidus. Monétaire en 700 (54 av. J. C.)

Paullus Aemilius Lepidus était fils de Lucius et petit-fils de Marcus; on l a souvent confondu avec son père, mais Borghesi a précisé son histoire et démêlé les événements qui lui appartiennent. Après avoir rempli les fonctions de magistrat monétaire, il fut exilé avec son père en 711 (43 av. J.-C.), et plus tard, nous le trouvons en Crète, à la tète du parti républicain qui tint un instant la mer Ionienne ; il finit parfaire la paix avec les triumvirs, accompagna Octave dans sa campagne contre Sex. Pompée, en Sicile, l’an 36 av. J,-C.; fut consul en 720 (34 av. J.-C.) et censeur en 732 (22 av. J.-C.) avec L. Munatius Plancus.
La tête voilée de la Concorde qu’on voit sur les monnaies de Paullus Aemilius Lepidus, fait sans doute allusion à quelque trêve qui mettait fin aux guerres civiles de cette époque si troublée. Le revers de la première de ces médailles se rapporte au père du monétaire L. Aemilius Paullus, le vainqueur de Persée. On y voit le général romain à côté d’un trophée et de Persée enchainé avec ses deux fils. La légende Paullus ter rappelle les trois triomphes de L. Aemilius Paullus, à la suite de brillantes victoires qui eurent pour théâtre l’Espagne en 564 (190 av. J.-C.), la Ligurie, en 573 (181 av. J.-C.) et la Macédoine en 586 (168 av. J.-C.). Dans la conquête de ce dernier pays, L. Aemilius Paullus ayant fait prisonnier Persée, obtint les honneurs d’un triomphe extraordinaire dans lequel le roi captif et ses deux fils suivaient le char du triomphateur. Dans la légende Paullus ter, on a omis le mot imperator; on trouve dans le même sens sur les monnaies de Sylla, imperator iterum.
Sur la seconde monnaie, est associé au nom de Paullus Aemilius Lepidus, celui de L. Scribonius Libo, un des principaux chefs du parti Pompéien, dont nous parlerons à la gens Scribonia; il fut consul en même temps que Paullus Aemilius Lepidus, en 720 (34 av. J.-C.). On a figuré la margelle du fameux puits scribonien, présenté sous ses trois faces, c’est-à-dire avec le symbole du marteau, avec le symbole des tenailles, ou enfin avec le symbole du bonnet ou pileus de Vulcain, suivant les exemplaires.

Lieux de découverte (709 exemplaires)

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