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1413PO – Denier Pompeia – Quintus Pompeius Rufus

Avers : Q. POMPEI. Q. F. RVFVS // COS (Quintus Pompeius Quinti Filius Rufus Consul, Quintus Pompeius fils de Quintus Rufus, consul)

Chaise curule placée sur une estrade, entre une flèche et une branche de laurier.

Revers : SVLLA. COS // Q.POMPEI RVF (Sulla Consul/ Quintus Pompeius Rufus, Sylla consul, Quintus Pompeius Rufus)

Chaise curule placée sur une estrade, entre un lituus et une couronne.

British Museum 3.81g

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10+

ATELIER : Rome

Datation 54 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Pompeia

Références : RRC 434/2 – B.5 (Pompeia) – Syd.909

Le monétaire de cette émission (54 av. J.-C.) est Quintus Pompeius Rufus. Bien que son nom soit similaire à d’autres membres de la gens Pompeia, son identité est bien établie grâce à son ascendance prestigieuse qu’il affiche sur ses monnaies.

Voici les informations clés sur ce personnage :

1. Une généalogie prestigieuse

Quintus Pompeius Rufus est au cœur d’une alliance entre deux des familles les plus puissantes de l’époque. Il est le petit-fils de deux hommes qui furent collègues au consulat en 88 av. J.-C. :

  • Côté paternel : Son grand-père était Quintus Pompeius Rufus, consul en 88 av. J.-C., qui fut un allié fidèle de Sylla.

  • Côté maternel : Son grand-père était le célèbre dictateur Lucius Cornelius Sulla (Sylla). Sa mère s’appelait Cornelia Postuma.

2. Sa carrière et sa chute

Sa carrière politique fut courte et marquée par la violence des dernières années de la République :

  • Triumvir Monetalis (54 av. J.-C.) : C’est l’année où il frappe le denier RRC 434/1. À cette époque, le poste de monétaire est souvent un premier pas vers des magistratures plus élevées.

  • Tribun de la plèbe (52 av. J.-C.) : Il est élu tribun dans une période de chaos total à Rome, marquée par l’assassinat de Clodius Pulcher par Milon. Rufus se range du côté des partisans de Clodius et attise la colère de la foule contre Milon (le protégé de Cicéron).

  • Exil : À la fin de son mandat de tribun, il est poursuivi en justice pour les violences survenues pendant son tribunat. Malgré le soutien de Pompée le Grand, il est condamné et doit s’exiler à Baies (en Campanie). Il finit sa vie dans une relative pauvreté, bien loin de la gloire de ses ancêtres.

3. Son message politique

En frappant cette monnaie, Rufus ne se contentait pas de célébrer ses ancêtres ; il envoyait un message politique fort :

  • Il rappelait l’année 88 av. J.-C. comme un âge d’or de l’ordre sénatorial.

  • En plaçant le portrait de Sylla, il se positionnait clairement dans le camp des Optimates (les conservateurs), par opposition aux Populares (le camp de César).

Le message véhiculé par ce denier est une affirmation de légitimité aristocratique et de puissance familiale. À une époque (54 av. J.-C.) où la République romaine est en pleine instabilité, le magistrat monétaire Quintus Pompeius Rufus utilise ce support pour envoyer un signal fort à ses contemporains.

Voici les principaux axes du message de cette monnaie :

1. L’exaltation de la « Concordia » et du Consulat

En représentant les deux chaises curules (sièges des hauts magistrats), le monétaire rappelle que ses deux grands-pères ont exercé le consulat ensemble en 88 av. J.-C..

  • Le message : Ma famille est au cœur de l’État. Elle incarne l’autorité légale (la potestas) transmise par le sang.

2. La célébration du sang de Sylla

Le revers est explicitement dédié à Sylla, le célèbre dictateur. En inscrivant SVLLA COS (Sylla Consul), le monétaire :

  • Revendique son héritage politique « optimate » (conservateur).

  • Rappelle le prestige religieux de sa lignée via le lituus (bâton d’augure), suggérant que sa famille bénéficie de la faveur des dieux.

3. Un outil de propagande électorale

En 54 av. J.-C., Quintus Pompeius Rufus cherche à progresser dans sa propre carrière (cursus honorum).

  • Le message : « Je suis le petit-fils de deux consuls romains illustres. Je suis digne des mêmes honneurs. » C’est une forme de CV métallique distribué à travers Rome.

4. La stabilité face au chaos

Alors que Jules César et Pompée le Grand dominent la scène, cette monnaie revient aux sources des institutions traditionnelles. Elle glorifie une époque où les institutions (le Sénat, le Consulat) primaient encore sur les ambitions individuelles excessives, tout en s’appuyant sur le nom de Sylla pour impressionner.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Q. Pompeius Rufus. Monétaire vers 696 (58 av. J.-C.)

Nous avons cité plus haut Q. Pompeius Rufus marié à Cornélie, fille de Sylla ; le monétaire dont il s’agit ici est son fils, et par conséquent le petit-fils de Sylla. Il fut tribun du peuple en 702 (52 av. J.-C.) et monétaire vers 696 (58 av. J.-C.). Pendant son tribunat, il se fit remarquer comme partisan de Pompée son parent, et il soutint Clodius contre Milon. Aussi, accusé plus tard par ses ennemis d’avoir enfreint la loi De vi, il fut condamné et mourut en exil à Bauli en Campanie. Les monnaies de Q. Pompeius Rufus sont faciles à interpréter. Le consul Rufus mentionné sur ces deniers, est l’aïeul paternel du magistrat, celui qui fut consul avec Sylla en 666 (88 av. J.-C.); on voit en même temps le portrait de Sylla, l ‘aïeul maternel du monétaire. La chaise curule, la flèche et la branche de laurier, la couronne de laurier et le lituus sont des symboles qui se rapportent aux diverses fonctions dont furent investis les deux grand-pères du monétaire, les consuls Rufus et Sylla. On peut y voir une allusion au sacerdoce sacris faciundis et au souverain pontificat.

Lieux de découverte (115 exemplaires)

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