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1483CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus

Avers : Anépigraphe

Tête laurée d’Apollon à droite, comprise dans une couronne de laurier.

Revers : C. CONSIDIUS // PAETVS (Caii Considii Pæti, de Caius Considius Paetus)

Chaise curule.

British Museum 4.21g

1

10+

ATELIER : Rome

Datation 46 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Considia

Références : RRC 465/1a – B.3 (Considia) – Syd.990

Ce denier, frappé en 46 av. J.-C. par C. Considius Paetus, est une pièce maîtresse pour comprendre la transition entre la République et le pouvoir personnel de Jules César. Son symbolisme, bien que complexe, reflète les bouleversements politiques de l’époque.

1. Le Contexte Historique : L’après-Thapsus

L’année 46 av. J.-C. est un tournant. Jules César vient de remporter la bataille de Thapsus en Afrique contre les partisans de Pompée (les Optimates). À son retour à Rome, le Sénat lui octroie des honneurs sans précédent.

  • Le monétaire : C. Considius Paetus était le fils de C. Considius Longus, un partisan de Pompée. Après la défaite de son camp en Afrique, le jeune Paetus a été pardonné par César. La frappe de ce denier pourrait donc être interprétée comme un acte de soumission et de gratitude envers le nouveau maître de Rome.

  • La période : Cette monnaie circule alors que César célèbre son quadruple triomphe et commence à réorganiser l’État en tant que dictateur.

2. Le Symbolisme du Revers : La Chaise Curule (Sella Curulis)

La chaise curule est l’élément central du revers. C’est le symbole par excellence de l’imperium (le pouvoir de commandement) détenu par les hauts magistrats (consuls, préteurs, édiles curules).

  • L’hommage à César : Selon les analyses historiques, ce revers commémore le privilège spécial accordé à César : celui de siéger sur une chaise curule placée entre les deux consuls au Sénat, soulignant sa prééminence absolue.

  • La Couronne : La couronne (parfois interprétée comme un laurier ou un objet de culte) posée sur le siège suggère une autorité presque sacrée, préfigurant le culte de la personnalité qui mènera à sa nomination comme « dictateur à vie ».

  • La tradition familiale : Pour le monétaire, c’est aussi un moyen de rappeler que sa famille (Gens Considia) a exercé des magistratures curules par le passé, alliant ainsi prestige ancestral et allégeance politique actuelle.

3. Le Symbolisme de l’Avers : Apollon

L’avers présente la tête laurée d’Apollon. Plusieurs interprétations existent pour ce choix :

  • Apollonie d’Illyrie : Certaines sources suggèrent que la famille Considia avait des liens avec cette cité, où Apollon était particulièrement honoré.

  • L’ordre et la prophétie : Apollon incarne l’ordre, l’harmonie et la victoire civilisatrice. Dans le contexte des guerres civiles, son effigie peut symboliser le retour à la paix et à la stabilité sous l’égide de César.

Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César.

1. Identité et Origines

C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus.

  • Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides.

  • Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier.

2. Sa fonction de Monétaire

Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César.

  • Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve.

  • Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là.

3. Liens avec Apollonie d’Illyrie

Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome.

  • C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville.

  • Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome.

Variante sans couronne de laurier à l’avers mais présence d’un grènetis. 

Références : RRC 465/1b – B.3 (Considia) – Syd.990a

British Museum 4.16g

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.)

Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard sur des monnaies de l’empereur Domitien frappées à Apollonie, le lieu même où C. Considius Paetus a fabriqué ses médailles, et c’est par Apollo que doit être interprétée la lettre A qui figure derrière la tête du dieu sur le denier n° 2. Les collègues de C.Considius Paetus furent Man. Cordius Rufus et Q. Sicinius.

Lieux de découverte (87 exemplaires)

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