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1502PA – Sesterce Papia – Lucius Papius Celsus

Avers : CELSUS

Tête de Mercure à droite, coiffée du pétase ailé, ayant le caducée sur l’épaule.

Revers : Anépigraphe

Lyre.

Bibliothèque nationale de France 0.66g

1

10+

ATELIER : Rome

Datation 45 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Papia

Références : RRC 472/4b – B.5 (Papia) – Syd.968

Ce sesterce est une monnaie fascinante qui illustre parfaitement la transition entre la République et l’Empire. Frappé en 45 av. J.-C. par L. Papius Celsus, il porte une charge symbolique à la fois religieuse, familiale et politique.

1. Le Symbolisme Iconographique

Le choix des motifs sur ce sesterce d’argent (le plus petit module du système monétaire de l’époque) n’est pas fortuit :

  • Mercure (Avers) : Dieu du commerce, des voyageurs et de l’éloquence. Sa présence sur le sesterce rappelle son rôle de protecteur des échanges. Dans le contexte de 45 av. J.-C., Mercure symbolise également la prospérité retrouvée et la circulation des biens après les déchirements des guerres civiles.

  • La Lyre (Revers) : Instrument mythologiquement inventé par Mercure à partir d’une carapace de tortue. Elle représente l’harmonie, la culture et la paix. C’est un symbole de « concorde » : après le chaos des batailles, la lyre suggère un retour à l’ordre et à la célébration des arts et des lois.

2. Contexte Historique : L’Ombre de Jules César

L’année 45 av. J.-C. est cruciale. C’est l’année de la bataille de Munda, marquant la victoire définitive de Jules César sur les fils de Pompée.

  • Une monnaie de célébration : Le monétaire L. Papius Celsus appartient au collège des III VIR (Triumvirs monétaires). Son émission s’inscrit dans le climat du quintuple triomphe de César.

  • Origines familiales (Lanuvium) : Bien que ce sesterce soit plus « généraliste », d’autres monnaies de ce même Papius Celsus (comme le denier RRC 472/1) font directement référence à la fondation légendaire de Lanuvium, ville d’origine de la Gens Papia. La présence de Mercure et de la lyre sur le sesterce peut être vue comme un hommage à la bienveillance divine ayant guidé les ancêtres du monétaire depuis l’époque d’Énée.

3. Importance Numismatique

Ce sesterce représente l’une des dernières émissions de sesterces en argent.

  • Le passage au bronze : Peu de temps après, sous Auguste, le sesterce changera radicalement pour devenir la grande pièce de laiton (orichalque) que nous connaissons tous.

Le monétaire Lucius Papius Celsus est une figure qui, bien que peu documentée par les textes historiques classiques, a laissé une trace indélébile à travers sa production monétaire de l’année 45 av. J.-C.

Identité et Origines

  • Gens Papia : Il appartient à la gens Papia, une famille d’origine plébéienne issue de la cité antique de Lanuvium (une ville de la Ligue Latine célèbre pour son temple de Junon Sospita).

  • Filiation probable : Il est très certainement le fils de Lucius Papius, qui fut lui-même monétaire vers 79 av. J.-C. (auteur du denier dentelé RRC 384/1). Cette continuité familiale explique l’utilisation récurrente des symboles de Lanuvium sur leurs monnaies respectives.

  • Le surnom « Celsus » : Son cognomen, Celsus, signifie littéralement « élevé » ou « grand », ce qui, à l’origine, désignait probablement un ancêtre de grande taille.

Carrière et Titre

  • III VIR (Triumvir Monétaire) : Comme l’indique la légende de ses pièces (CELSVS III VIR), il occupait la fonction de triumvir monetalis (membre d’un collège de trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). C’était souvent une première étape prestigieuse dans le cursus honorum pour les jeunes aristocrates romains.

  • Datation (45 av. J.-C.) : Sa magistrature se déroule durant une période charnière, sous la dictature de Jules César, juste après la bataille de Munda.

Pourquoi est-il important ?

L. Papius Celsus illustre parfaitement la manière dont les monétaires romains utilisaient leur charge pour promouvoir leur identité régionale (ici Lanuvium) tout en s’adaptant au climat politique de leur temps (le culte de la victoire césarienne). Ses monnaies sont parmi les plus riches en détails mythologiques de la fin de la République.

Variante 1 : avec la légende L PAPI au revers

Références : RRC 472/4a – B.7 (Papia)

Bibliothèque nationale de France 0.83g
Bibliothèque nationale de France 0.83g

Variante 2 : avec la légende CELSVS au revers

Références : RRC 472/4c – B.6 (Papia)

Münzkabinett Berlin 0.93g
Münzkabinett Berlin 0.93g

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

L. Papius Celsus. Monétaire vers 709 (45 av. J.-C.)

Ce monétaire est aussi inconnu que le précédent dont il était peut-être le fils; mais les types de ses médailles sont très intéressants. La louve et l’aigle occupés à attiser le feu se rapportent à la fondation légendaire de Lanuvium, telle qu’elle est racontée par Denys d’Halicarnasse. Tandis qu’Enée, après sa fuite de Troie et son abordage sur les côtes d’Italie, était occupé à bâtir Lanuvium, on vit tout à coup le feu prendre à la forêt voisine. Une louve apportait dans sa gueule des morceaux de bois sec qu’elle jetait dans le brasier, tandis qu’un aigle agitait ses ailes pour activer la flamme. Mais survint maître renard qui plongeant sa queue dans la rivière voisine, s’approcha du foyer qu’il se mit à arroser de son mieux pour éteindre l’incendie et en arrêter les envahissements. On lutta longtemps et l’on fit de part et d’autre des efforts prodigieux; à la fin, le renard fut obligé de céder et il se retira tout confus de devant l’aigle et le loup, fiers de leur triomphe. Enée réfléchit sur ce prodige, et il prédit à ses compagnons que la nouvelle colonie qu’ils fondaient serait illustre, mais qu’elle aurait fort à lutter contre la jalousie de ses voisins qui s’opposeraient de toutes leurs forces à son développement; pourtant, elle finirait par triompher de toutes les rivalités. En souvenir de ce mémorable événement, les habitants de Lanuvium élevèrent, au forum de leur ville, des statues de bronze au loup et à l’aigle qui avaient ainsi fait présager leur destinée future :
Ab agro rava decurrens lupa Lanuvio
dit Horace. Telle est la légende que rappellent les médailles; c’est aussi à Lanuvium que se rapporte la tête de Junon Sospita, comme nous l’avons fait ressortir plus haut. Sur le quinaire, comme sur celui de M. Mettius, une jeune fille donne à manger au serpent consacré à la déesse : ce type est analogue à celui qui représente Hygie ou la déesse de la santé et de la guérison (Salus) nourrissant de même un serpent. Comme on ne connaît pas l’histoire de L. Papius Celsus, il est difficile d’expliquer les autres types de ses monnaies. Cavedoni pense toutefois, non sans raison, que le mot Triumphus et la tête laurée du Triomphe, ainsi que le buste de la Victoire avec les traits de Calpurnia, comme sur le denier de L. Munatius Plancus, désignent les quatre triomphes dont Jules César fut honoré en l’an 708 (46 av. J.-C.) à cause de ses victoires sur les Gaules, l’Egypte, Pharnace et Juba.

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