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1549ME – Sesterce Mettia – Marcus Mettius

Avers : Anépigraphe

Tête diadémée de Vénus à droite.

Revers : M METTI (Marcus Mettius)

Jeune fille debout à droite, donnant à manger à un serpent.

Bibliothèque nationale de France 0.64g

INDICE DE RARETE : 10+ (L’exemplaire de la BnF est le seul que j’ai pu observer.)

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10+

ATELIER : Rome

Datation 44 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Mettia

Références : RRC 480/28 – B. (Mettia)

Le sesterce de Marcus Mettius ne se contente pas d’être une pièce rare ; il est le reflet d’une année de basculement absolu pour Rome. Frappé début 44 av. J.-C., il s’inscrit dans la propagande césarienne juste avant l’assassinat de Jules César.


1. Le Symbolisme de l’Avers : La légitimité divine

L’absence de légende (anépigraphe) et le visage de Vénus rappellent la source de pouvoir de la Gens Julia.

  • La filiation divine : César affirmait descendre de Vénus par Énée. En mettant la déesse sur cette monnaie, Marcus Mettius rappelle que le pouvoir de son protecteur n’est pas seulement politique, mais sacré.

  • Vénus Victrix : À cette époque, Vénus est invoquée comme « victorieuse », celle qui a donné la victoire à César lors des guerres civiles contre Pompée.

2. Le Symbolisme du Revers : Les racines et la fertilité

La scène de la jeune fille nourrissant le serpent (rite de Junon Sospita) comporte plusieurs niveaux de lecture :

  • Origine géographique : C’est un hommage direct à Lanuvium, d’où la famille Mettia est originaire. Ce type de revers permettait aux « nouveaux hommes » de la République de se donner une respectabilité ancestrale.

  • Présage de prospérité : Le rite du serpent était un test de fertilité pour la cité. Si le serpent acceptait l’offrande, la récolte serait abondante. Dans le contexte de 44 av. J.-C., c’est une manière de dire que sous le régime de César, Rome jouit de la faveur des dieux et de la prospérité.


3. Contexte Historique : L’apogée du pouvoir de César

Ce sesterce est frappé alors que César vient d’être nommé Dictateur à vie (Dictator Perpetuo).

  • Le Collège des Quatre (Quattuorviri) : Exceptionnellement, César augmente le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre. Marcus Mettius fait partie de ces élus. Cette réforme visait à augmenter la masse monétaire pour payer les légions et les grands travaux, mais aussi pour diffuser plus largement l’image du nouveau régime.

  • Le lien Marcus Mettius / César : Mettius n’est pas n’importe quel magistrat. Il fut un officier de confiance (legatus) de César durant la Guerre des Gaules. Son nom est resté célèbre pour avoir été capturé par Arioviste lors d’une ambassade périlleuse avant d’être secouru. Frapper cette monnaie est pour lui une marque de gratitude envers celui qui lui a sauvé la vie et propulsé sa carrière.

4. La valeur politique du sesterce d’argent

À cette époque, le sesterce d’argent est une unité de compte prestigieuse mais physiquement minuscule. Son usage était souvent lié aux distributions de numéraire au peuple ou aux soldats lors de triomphes. Sa rareté aujourd’hui s’explique par le fait que ces petites pièces étaient facilement perdues ou refondues lors de la réforme monétaire d’Auguste, qui a transformé le sesterce en une grande pièce de bronze (orichalque).

Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César.

1. Un compagnon d’armes fidèle

Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse.

  • L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité.

  • La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même.

2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44

En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire.

  • Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus.

  • Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César.

3. Origines et Identité : La Gens Mettia

Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine.

  • Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse.

  • Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium.


En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome. Mettius Geminus commandait la cavalerie de Tusculum dans la guerre entre Rome et les cités latines confédérées en 414 (340 av. J.-C.). P. Mettius, partisan de Saturninus et de Glaucia, tua C. Memmius, un des candidats au consulat en 654 (100 av. J.-C.). Enfin, M. Mettius, lieutenant de Jules César, est celui qui fit frapper les monnaies qui suivent, en 710 (44 av. J.-C.). Envoyé par César, pendant la guerre des Gaules, comme ambassadeur, auprès d’Arioviste, le chef de la confédération germanique, il fut retenu prisonnier par le barbare; mais César, après sa victoire, le fit mettre en liberté . La tête de Junon Sospita, qui paraît sur le quinaire de M. Mettius, comme sur les monnaies de L. Papius Celsus, de L. Procilius, de L. Roscius Fabatus, de L. Thorius Balbus, rappelle que les Mettii se disaient originaires de Lanuvium, où cette déesse avait un sanctuaire célèbre. Le revers du denier n. 3 et du sesterce est, de même, à rapprocher du revers des deniers de L. Roscius Fabatus et de L. Procilius, où l’on voit la déesse de Lanuvium avec un serpent. Sur le quinaire de L. Papius Celsus, on a, ainsi que sur celui de M. Mettius, une jeune fille qui donne à manger au serpent consacré à la déesse. Chaque année on soumettait une jeune fille à cette épreuve ; vierge, elle était épargnée par le monstre, sinon, elle ne manquait pas d’être dévorée.

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