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1631CA – Aureus Cassius – Caius Cassius Longinus

Avers : LIBERTAS M·AQVINVS·LEG

Tête diadémée de Libertas à droite.

Revers : C·CASSI IMP

Trépied avec chaudron décoré par deux branches de laurier.

British Museum 7.7g

1

10+

ATELIER : Incertain

Datation 43 – 42 avant J.C.

Matière Or

Gentes : Cassia et Aquinia

Références : RRC 499/1 – B.13 (Cassia) – Syd.1303

1. Contexte Historique : La résistance en Orient (43-42 av. J.-C.)

Cet aureus est frappé par un atelier monétaire mobile alors que Cassius se trouve en Orient (Sardes ou Rhodes).

  • Le titre d’Imperator : Cassius vient d’être acclamé Imperator par ses troupes après ses succès militaires en Syrie et contre la cité de Rhodes.

  • Le besoin de légitimité : Contrairement à Brutus qui jouit d’une aura morale héritée de ses ancêtres, Cassius doit utiliser la monnaie pour affirmer son autorité et payer ses légions avant l’affrontement décisif de Philippes contre Octave et Marc Antoine.


2. Symbolisme de l’Avers : La Libertas souveraine

L’avers présente la tête de la Liberté (Libertas) tournée vers la droite, portant un diadème.

  • Légende : LIBERTAS M·AQVINVS·LEG (Marcus Aquinus Legatus).

  • Signification : La Libertas est le cœur idéologique des « Libérateurs ». Ici, elle est représentée de manière divine (diadémée), suggérant que la cause républicaine est sacrée. Marcus Aquinus, qui signe la pièce, est le légat (lieutenant) de Cassius chargé de superviser la frappe.

3. Symbolisme du Revers : Piété et Autorité

Le revers montre un trépied surmonté d’un chaudron (cortina), orné de deux branches de laurier.

  • Légende : C·CASSI IMP (Caius Cassius Imperator).

  • Le Trépied : Symbole d’Apollon, il fait référence à la charge de Quindecimvir sacris faciundis (l’un des 15 membres du collège religieux gardien des Livres Sibyllins) occupée par Cassius. Cela prouve que les « meurtriers » de César se considéraient comme des citoyens pieux agissant pour le salut de l’État.

  • Le Laurier : Symbole de victoire, il renforce le titre d’Imperator et la promesse d’un succès futur contre les héritiers de César.

Cet aureus mentionne deux noms essentiels sur ses deux faces : l’autorité émettrice (Cassius) et le magistrat responsable de la frappe (Aquinus).

Voici les informations historiques et biographiques sur ces deux personnages :

1. L’autorité émettrice : Caius Cassius Longinus

C’est le célèbre Cassius, l’un des principaux instigateurs du complot contre Jules César.

  • Rôle militaire : Au moment de la frappe (43-42 av. J.-C.), il est Proconsul et commande les provinces d’Orient. Il a été acclamé Imperator (titre figurant sur le revers : C·CASSI·IMP) après ses victoires en Syrie et la soumission de Rhodes.

  • Profil politique : Contrairement à Brutus, souvent perçu comme un idéaliste tourmenté, Cassius est décrit par les historiens antiques (comme Plutarque) comme un homme pragmatique, énergique et parfois sévère.

  • La religion comme légitimité : Sur cette pièce, il met en avant sa fonction de Quindecimvir sacris faciundis (membre du collège des quinze prêtres gardiens des Livres Sibyllins), symbolisée par le trépied. C’est une manière de dire : « Je ne suis pas un rebelle, je suis un magistrat romain légitime et pieux. »

2. Le monétaire (Légat) : Marcus Aquinus

Le nom à l’avers, M·AQVINVS·LEG, désigne le responsable direct de l’émission.

  • Son rang : Le titre LEG (Legatus) indique qu’il n’est pas un magistrat monétaire ordinaire de Rome (tresvir monetalis), mais un lieutenant de haut rang (légat) au service de Cassius.

  • Son parcours :

    • C’est un partisan convaincu de la cause républicaine (les Optimates).

    • Avant de rejoindre Cassius, il avait combattu aux côtés de Pompée. Il fut pardonné par César après la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C., mais il choisit de rejoindre les « Libérateurs » après l’assassinat.

    • Sa fin : Après la défaite de la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., Marcus Aquinus, fidèle à ses convictions, se serait suicidé pour ne pas tomber aux mains d’Antoine et d’Octave.


Pourquoi deux noms sur une monnaie ?

À cette époque de guerre civile, la structure monétaire classique de Rome est brisée.

  1. Cassius apporte la caution politique et militaire (son nom garantit la valeur de l’or et l’autorité de l’armée).

  2. Aquinus apporte la caution administrative (il supervise la fonte, le poids et la qualité du métal précieux dans l’atelier mobile).

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

C. Cassius Longinus. Imperator en 712 (42 av. J.-C.)

Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se déclara pour Pompée; après Pharsale, il se réconcilia avec César qui en fit un de ses lieutenants, et, en l’an. 710 (44 av. J.-C.), nommé prætor peregrinus, il devait partir l’année suivante pour la Syrie. Ce fut alors qu’il forma avec M. Brutus et d’autres conjurés le projet d’attenter à la vie du dictateur.
Après le meurtre de César, Cassius partit pour la Syrie où il eut à lutter contre les Parthes et contre les partisans de César. Après une victoire sur Caecilius Bassus et les Rhodiens en 712, il fut proclamé imperator à Sardes par ses troupes. On sait que l’armée de Brutus et de Cassius fut définitivement écrasée en Macédoine, dans les plaines de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), par les troupes des triumvirs Marc Antoine, Octave et Lépide ; Cassius désespéré se donna la mort.
Les monnaies sur lesquelles C. Cassius reçoit le titre d’imperator, ont été frappées en Orient par ses lieutenants M. Aquinus, P. Cornelius Lentulus Spinther, et M. Servilius . La tête de la Liberté rappelle que les Cassii s’étaient voués à la défense des revendications des plébéiens; le trépied qui fait peut-être allusion à la dignité de quindecimvir sacris faciundis, dont Cassius était investi rappelle , en même temps les monnaies de Delphes, de Cyzique et de beaucoup d autres villes grecques; l’acrostolium, symbole de l’empire sur la mer, se voit notamment sur les médailles d’Aradus, de Berytus, de l île de Corcyre; le crabe parait sur les monnaies de Cos, et il figure ici, comme l’a montré Borghesi , parce que la victoire de Cassius sur les Rhodiens fut livrée en vue de cette île. On voit encore sur la même pièce une fleur; c’est la rose de Rhodes qui rappelle la victoire de Cassius, de même que le diadème dénoué fait allusion au titre de roi que les Rhodiens, suivant le récit de Plutarque , voulaient lui offrir, et qu’il refusa en se glorifiant d’être le meurtrier des rois.

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