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1760AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)

Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.

Revers : LEG XVII CLASSICAE (Legionis septimis decimis Classicæ, de la dix-septième Légion Classique)

Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”.

Bibliothèque nationale de France 3.83g

1

10+

ATELIER : Patras

Datation 32 – 31 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Antonia

Référence : RRC 544/10 – B.128 (Antonia) – CRR.1238

Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.

Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :

Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.

La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.

Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

LEGIO XVII Classica

La Legio XVII Classica honorée sur ce denier est une unité dont l’histoire est fascinante, car elle se distingue de la célèbre 17e légion qui sera plus tard anéantie dans la forêt de Teutobourg.

Voici les informations clés sur cette légion spécifique de Marc Antoine :

1. Identité et Origine

  • Le titre « Classica » : Ce surnom (cognomen) est crucial. En latin, classis désigne la flotte. Le titre Classica signifie que cette légion était soit composée de marins (militarisés pour l’occasion), soit une unité d’infanterie spécialisée dans les opérations navales et les débarquements.

  • Unité de Marine : Contrairement aux légions standards, elle faisait partie intégrante du dispositif amphibie de Marc Antoine. Sa présence sur ces monnaies montre qu’Antoine considérait ses forces navales comme égales en prestige à ses légions de terre.

2. Le Contexte de la Bataille d’Actium (32-31 av. J.-C.)

  • La Guerre Civile : Cette légion a été mobilisée pour l’affrontement final contre Octave (le futur Auguste).

  • Localisation : On pense qu’elle a été stationnée à Patras (Grèce), où Marc Antoine avait établi son quartier général et son atelier monétaire mobile avant la bataille navale d’Actium.

  • Fin de la Légion : Après la défaite d’Antoine et Cléopâtre en 31 av. J.-C., la légion a probablement été dissoute par Octave. Une partie des vétérans a pu être intégrée dans les nouvelles légions d’Auguste, mais l’unité en tant que « XVII Classica » a cessé d’exister.

3. Distinction Historique Importante

Il ne faut pas confondre la XVII Classica d’Antoine avec la Legio XVII créée plus tard par Auguste :

  • La XVII Classica (Antoine) : Disparaît après 31 av. J.-C.

  • La XVII (Auguste) : C’est celle-ci qui sera massacrée en l’an 9 apr. J.-C. lors du désastre de Varus en Germanie. À la suite de cette défaite traumatisante, le numéro 17 n’a plus jamais été réattribué à une légion romaine par superstition.

Lieux de découverte (13 exemplaires)

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