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1764AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)

Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.

Revers : LEG II (de la deuxième Légion)

Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”.

Bibliothèque nationale de France 3.9g

1

10+

ATELIER : Patras

Datation 32 – 31 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Antonia

Références : RRC 544/14 – B.105 (Antonia) – CRR.1216

Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.

Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :

Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.

La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.

Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

La Legio II : De Sabina à Augusta

La Legio II, mise à l’honneur sur ce denier, possède l’une des histoires les plus riches et les plus documentées de l’armée romaine, s’étendant de la fin de la République jusqu’au IVe siècle.

1. Origines et Guerres Civiles (43 – 31 av. J.-C.)

La légion est probablement levée en 43 av. J.-C. par le consul Caius Vibius Pansa et le jeune Octave pour lutter contre Marc Antoine lors de la guerre de Modène.

  • Surnom « Sabina » : Elle tire son nom initial de sa zone de recrutement : le pays des Sabins.

  • L’alliance du Second Triumvirat : Après la réconciliation des chefs, elle combat sous les ordres des Triumvirs à la bataille de Philippes (42 av. J.-C.) contre les meurtriers de César.

  • Le ralliement à Marc Antoine : Lors de la partition de l’Empire, cette unité passe sous le commandement de Marc Antoine en Orient. Elle participe sans doute à ses campagnes contre les Parthes. C’est pour cette légion qu’est frappé le denier RRC 544/14 en 32-31 av. J.-C., destiné à assurer sa loyauté juste avant le choc final.

2. Le tournant d’Actium et la naissance de la « II Augusta »

Lors de la bataille d’Actium (31 av. J.-C.), la Legio II fait partie des forces d’Antoine. Après la défaite et le suicide de ce dernier, Octave (futur Auguste) ne dissout pas l’unité.

  • Intégration : Fidèle à sa politique de clémence et de pragmatisme, Octave intègre les vétérans d’Antoine dans sa propre armée.

  • Titre Honorifique : Reconstituée, elle reçoit le titre d’Augusta pour sa vaillance ou sa réorganisation sous le nouveau régime. Son emblème devient le Capricorne (signe zodiacal protecteur d’Auguste), parfois associé au Pégase ou au dieu Mars.

3. Déploiements majeurs sous l’Empire

Après la guerre civile, la Legio II Augusta devient l’un des piliers de la défense des frontières :

  • Espagne (25 – 13 av. J.-C.) : Elle participe aux guerres cantabres sous Auguste. Des vétérans sont installés à la colonie d’Acci (Guadix).

  • Germanie (9 – 43 ap. J.-C.) : Suite au désastre de Varus, elle est transférée sur le Rhin, stationnant à Mogontiacum (Mayence) puis à Argentoratum (Strasbourg).

  • Conquête de la Bretagne (43 ap. J.-C.) : C’est sous le commandement du futur empereur Vespasien qu’elle participe à l’invasion de la Grande-Bretagne. Elle y restera stationnée pendant des siècles, notamment à Isca Silurum (Caerleon, pays de Galles).

Lieux de découverte (169 exemplaires)