
1768AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius
Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)
Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.
Revers : LEG V (de la cinquième Légion)
Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”.
INDICE DE RARETE : 6
1
10+
ATELIER : Patras
Datation : 32 – 31 avant J.C.
Matière : Argent
Gens : Antonia
Références : RRC 544/18 – B.110 (Antonia) – CRR.1221
Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.
Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :
Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.
La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.
Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.
LEGIO V Alaudae
La légion honorée sur ce denier est la Legio V Alaudae (la 5ème Légion « des Alouettes »). Il s’agit de l’une des unités les plus célèbres et les plus atypiques de l’histoire romaine.
1. Origines : La légion gauloise de César
La Legio V a été levée par Jules César en 52 av. J.-C. en Gaule Transalpine.
Recrutement inédit : C’était la première légion composée de soldats non-citoyens (des Gaulois). César les a équipés et entraînés à la romaine, puis leur a accordé la citoyenneté pour leur bravoure.
Le surnom « Alaudae » : Ce nom gaulois fait référence à la crête de plumes que les soldats portaient sur leurs casques, rappelant la huppe de l’alouette (alauda).
2. L’emblème unique : L’Éléphant
Contrairement à la majorité des légions dont l’emblème était le taureau, la Legio V avait pour symbole l’éléphant.
Ce privilège fut accordé après la bataille de Thapsus (46 av. J.-C.), où les soldats de la 5ème légion ont résisté héroïquement à une charge d’éléphants de guerre de l’armée de Scipion et du roi Juba. À la hache, ils ont tranché les jarrets des pachydermes pour briser la charge.
3. Sous Marc Antoine
Après la mort de César, la légion reste fidèle à ses héritiers et passe sous le commandement de Marc Antoine.
Guerres civiles : Elle combat à ses côtés lors de la bataille de Philippes (42 av. J.-C.) contre les assassins de César, puis durant ses campagnes en Orient contre les Parthes.
Le denier : Frappé en 32-31 av. J.-C., ce denier servait à payer les soldats de la Legio V juste avant la bataille d’Actium. Ces monnaies présentent souvent un titre d’argent plus faible que la normale, car Antoine devait financer une armée colossale dans l’urgence.
4. Destin après Marc Antoine
Après la défaite d’Antoine, la légion est intégrée à l’armée impériale d’Auguste.
Affectation : Elle est envoyée sur la frontière du Rhin (Germanie) pour stabiliser la région.
Fin de la légion : Elle a été impliquée dans les troubles de l’« Année des quatre empereurs » (69 apr. J.-C.). Elle a finalement disparu des registres vers 86 apr. J.-C., probablement anéantie lors des guerres contre les Daces en Europe de l’Est.
Lieux de découverte (90 exemplaires)