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1784AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)

Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.

Revers : LEG XVIIII (de la dix-neuvième Légion)

Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”.

British Museum 3.73g

1

10+

ATELIER : Patras

Datation 32 – 31 avant J.C.

Matière Argent

Gens : Antonia – B.132 (Antonia)

Référence : RRC 544/34

Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.

Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :

Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.

La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.

Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

LEGIO XVIIII

La légion honorée sur cette monnaie est la Legio XVIIII (19e légion). Son histoire est l’une des plus marquantes de l’armée romaine, passant du service des triumvirs à une fin tragique dans les forêts de Germanie.

1. Origines et période avec Marc Antoine

La Legio XIX a été levée vers 41-40 av. J.-C., probablement par Octave à l’origine, avant de passer sous le contrôle de Marc Antoine.

  • Service en Orient : Elle a participé aux grandes manœuvres de Marc Antoine en Orient et a fait partie de l’imposante armée rassemblée en Grèce (à Patras) en 32-31 av. J.-C. pour affronter les forces d’Octave.

  • Cette monnaie a été frappée spécifiquement pour payer les soldats de cette légion. Comme les autres monnaies de cette série, son titre en argent est légèrement inférieur, ce qui lui a permis de circuler très longtemps (parfois jusqu’au IIIe siècle) car elle était moins ciblée par la refonte.

2. Sous le règne d’Auguste

Après la défaite d’Antoine à Actium (31 av. J.-C.), la légion n’est pas licenciée. Auguste l’intègre dans l’armée impériale.

  • Affectation : Elle est envoyée en Gaule, puis en Germanie, pour participer aux campagnes d’expansion de l’Empire vers l’Elbe.

  • Base : Elle a été stationnée dans des camps majeurs comme celui d’Haltern (Aliso) en Allemagne actuelle.

3. Le désastre de Teutoburg (9 ap. J.-C.)

C’est l’événement qui a scellé le destin de la XIXe légion. Sous le commandement du général Publius Quinctilius Varus, elle est l’une des trois légions (avec la XVIIe et la XVIIIe) à être prise dans l’embuscade tendue par Arminius.

  • Anéantissement : La légion est totalement détruite lors de cette bataille de trois jours.

  • Perte de l’Aigle : L’aigle légionnaire (l’emblème sacré représenté sur le revers de votre denier) est capturé par les Germains. Il ne sera récupéré que des années plus tard, en 15 ap. J.-C., par les troupes de Germanicus lors de ses campagnes de représailles.

4. Un numéro maudit

À la suite de cette défaite humiliante et traumatisante pour Rome, Auguste et ses successeurs ont décidé de ne jamais recréer les légions XVII, XVIII et XIX.

  • Dans l’histoire de l’Empire Romain, ces numéros sont restés vacants par superstition et par respect pour les morts, faisant de ce denier RRC 544/35 l’un des rares témoins matériels de l’existence de cette unité « disparue ».

Lieux de découverte (3 exemplaires)

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