
1787AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius
Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)
Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.
Revers : LEG XXI (de la vingt-et-unième Légion)
Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards.
INDICE DE RARETE : 7
1
10+
ATELIER : Patras
Datation : 32 – 31 avant J.C.
Matière : Argent
Gens : Antonia
Référence : RRC 544/37 -B.136 (Antonia)
Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.
Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :
Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.
La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.
Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.
Legio XXI
La Legio XXI, honorée sur ce denier, a une histoire fascinante qui s’étend de la fin de la République romaine jusqu’au cœur de l’Empire.
C’est une légion connue pour son caractère impétueux, ce qui lui a valu son surnom célèbre sous l’Empire.
1. La Legio XXI de Marc Antoine
Au moment où votre monnaie est frappée (32-31 av. J.-C.), la Legio XXI est l’une des unités d’élite de Marc Antoine.
Origine : Elle a probablement été levée par Antoine lui-même pour ses campagnes en Orient ou pour sa lutte contre Octave.
Rôle : Elle était présente à la bataille d’Actium (31 av. J.-C.). Après la défaite d’Antoine, comme beaucoup d’autres unités « perdantes », elle n’a pas été dissoute mais intégrée dans l’armée du vainqueur, Octave (futur Auguste), pour servir aux frontières.
2. La Legio XXI Rapax (Période Impériale)
Sous l’Empire, elle reçoit son cognomen (surnom) : Rapax (la « Rapace » ou la « Prédatrice »). Son emblème est le Capricorne, symbole souvent utilisé par les légions fondées ou réorganisées par Auguste.
Sur le Rhin : Elle fut l’une des légions envoyées en Germanie après le désastre de Varus (9 apr. J.-C.) pour stabiliser la frontière. Elle a tenu des camps importants comme Castra Vetera (Xanten) et plus tard Vindonissa (en Suisse actuelle).
Une réputation de « rebelle » : La XXI Rapax était connue pour son indiscipline. Elle a participé à la grande mutinerie des légions du Rhin à la mort d’Auguste en 14 apr. J.-C., et plus tard, lors de « l’Année des quatre empereurs » (69 apr. J.-C.), elle a soutenu Vitellius et a marché sur Rome.
Sa fin tragique : En 89 apr. J.-C., elle soutient la révolte de Saturninus contre l’empereur Domitien. Après l’échec de la rébellion, elle est transférée en Pannonie (Europe centrale). C’est là qu’elle trouve sa fin en 92 apr. J.-C., totalement anéantie par les Sarmates et les Quades lors des guerres daciques.
Lieux de découverte (45 exemplaires)