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1788AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius

Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)

Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.

Revers : LEG XXII (Legionis duovincesimæ decimæ, de la vingt-deuxième Légion)

Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”, (de la vingt-deuxième Légion).

British Museum 4g

1

10+

ATELIER : Patras

Datation 32 – 31 avant J.C.

Matière Argent

Gens Antonia

Références : RRC 544/38 – B.137 (Antonia)

Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.

Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :

Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.

La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.

Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.

Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

Legio XXII Deiotariana

La légion honorée sur cette monnaie est la Legio XXII (22e légion). Son histoire est fascinante car elle s’inscrit dans la transition entre la République et l’Empire.

Voici les informations clés concernant cette légion :

1. Origines et période avec Marc Antoine

La Legio XXII mentionnée sur cette pièce est l’une des unités que Marc Antoine a mobilisées pour sa campagne contre Octave (le futur Auguste).

  • Levée : Elle a probablement été levée en Orient pour ses campagnes contre les Parthes ou pour renforcer ses positions en Égypte et en Grèce.

  • Le Denier de Patras : Comme nous l’avons vu, cette pièce a été frappée dans un atelier mobile (souvent situé à Patras, en Grèce) vers 32-31 av. J.-C. Elle servait à s’assurer la loyauté des soldats avant la bataille décisive d’Actium.

  • Dissolution ou Fusion : Après la défaite de Marc Antoine à Actium, de nombreuses légions ont été licenciées ou fusionnées avec celles d’Octave.

2. La Legio XXII Deiotariana

L’une des hypothèses majeures des historiens est que cette légion est l’ancêtre de la célèbre Legio XXII Deiotariana.

  • Origine royale : Elle tire son nom du roi Deiotaros de Galatie (en actuelle Turquie), un allié de Rome. Ce roi avait formé une armée sur le modèle romain, qui a ensuite été intégrée aux forces romaines officielles.

  • Service en Égypte : Sous Auguste, la XXIIe légion est stationnée à Alexandrie, en Égypte. Elle a joué un rôle crucial dans la sécurité de cette province vitale qui fournissait le blé à Rome.

3. Son rôle historique majeur

  • Expédition en Arabie : Elle a participé à l’expédition (infructueuse) d’Aelius Gallus vers l’Arabia Felix (le Yémen actuel) en 25-24 av. J.-C.

  • Guerres Judaïques : Elle a été l’une des principales forces impliquées dans la répression de la révolte de Bar Kokhba en Judée (132-135 ap. J.-C.).

4. La disparition mystérieuse

La Legio XXII Deiotariana disparaît des registres romains après le règne d’Hadrien. Les historiens pensent qu’elle a pu être :

  • Soit anéantie lors de la révolte de Bar Kokhba en Judée.

  • Soit détruite par les Parthes lors d’une campagne ultérieure. À partir de Marc Aurèle, la 22e légion de l’empire devient la Legio XXII Primigenia, une unité différente basée sur le Rhin.

Lieux de découverte (24 exemplaires)

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