
1789AN – Denier Marc Antoine – Marcus Antonius
Avers : ANT. AVG. III VIR. R. P. C (Antonius Augurus Triumvir Rei Publicæ Constituandæ, Antoine augure triumvir pour la restauration de la République)
Trirème voguant à droite avec l’acrostolium.
Revers : LEG XXIII (De la vingt-troisième Légion)
Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”.
INDICE DE RARETE : 7
1
10+
ATELIER : Patras
Datation : 32 – 31 avant J.C.
Matière : Argent
Gens : Antonia
Référence : RRC 544/39 – B. 138 (Antonia)
Marc Antoine, après avoir rompu avec Octave, joignit ses forces à celles de Cléopâtre et rencontra celles d’Octave à Actium (31 avant J.-C.). La flotte d’Octave, commandée par Agrippa, gagna la bataille navale tandis que la flotte égyptienne s’enfuyait, bientôt suivie par Antoine qui se retira en Égypte avant de se suicider l’année suivante avant l’arrivée d’Octave à Alexandrie.
Le navire de guerre de l’avers (source : marine-antique.net) :
Il est quasiment identique sur toute la série. Il est figuré complet vers la droite. Il s’agit peut-être du navire amiral d’Antoine, un 5.
De la coque sortent X rames figurées par un simple trait. A leur sommet un petit disque forme une série en surépaisseur de la préceinte haute. Celle-ci se prolonge vers la proue jusqu’à un proembolon et vers la poupe jusqu’à l’aplustre. On ne peut affirmer que chaque disque représente un sabord de nage car l’emplacement de certains à la proue et à la poupe seraient étranges.
Les rames masquent la préceinte basse qui sert de support à l’éperon. Elle se situe peu au dessus de la quille. L’éperon de ce navire est un éperon trident à 3 lames.
La proue verticale est une arme de combat doté de l’éperon trident et du proembolon. Elle est surmontée d’un faux-stolos à volute qui sert de protection au pont et à l’abri de proue qui est surmonté d’un étendard.
La poupe s’élance vers l’arrière par une courbure légère. Elle se termine par un aplustre à 5 branches fixées sous un disque. Un abri sur le pont à la poupe fait la symétrie avec celui de la proue. Le gouvernail dispose de 4 globules sur son axe vertical.
Sur le pont, entre les deux abris, on distingue X globules qui représentent la tête de passagers ou des marins.
LEG XXIII
La Legio XXIII (23ème légion) est l’une des unités les plus mystérieuses de l’armée de Marc Antoine, car elle marque la limite numérique de sa série monétaire. Contrairement à des légions célèbres comme la V Alaudae ou la X Equestris, peu de textes historiques détaillent ses faits d’armes.
1. Une existence liée à la guerre civile
La Legio XXIII a été levée ou reconstituée par Marc Antoine pour faire face à l’affrontement final contre Octave (le futur Auguste). Elle faisait partie de l’immense dispositif militaire de 32-31 av. J.-C., stationné principalement en Grèce, autour du golfe d’Ambracie, avant la bataille d’Actium.
2. La limite de la série monétaire
Ce denier (LEG XXIII) est historiquement significatif car il représente généralement le numéro le plus élevé de la série légionnaire classique de Marc Antoine. Bien qu’il existe des mentions rares ou discutées de légions allant jusqu’à la XXIV ou XXX, la XXIII est la dernière unité régulièrement frappée et documentée dans cette émission massive.
3. Son sort après Actium
Après la défaite de Marc Antoine et Cléopâtre en 31 av. J.-C., le sort de la 23ème légion fut celui de la majorité des troupes vaincues :
Dissolution ou Intégration : Auguste, pragmatique, n’a pas conservé le numéro XXIII dans son nouvel ordre de bataille impérial (qui s’arrêtait à XXII). Les soldats ont probablement été licenciés ou intégrés dans d’autres légions d’Auguste pour combler les pertes.
Un numéro « maudit » : Le numéro XXIII ne sera plus jamais utilisé pour une légion romaine durant tout le Haut-Empire, ce qui suggère que l’unité a totalement disparu en tant qu’entité distincte après la chute d’Antoine.
4. Localisation et recrutement
Bien que les archives précises manquent, on estime que ces légions de « haut numéro » (XVIII à XXIII) étaient composées en grande partie de recrues issues d’Orient ou de vétérans réenrôlés. Elles étaient stationnées à Patras ou dans les environs durant l’hiver 32 av. J.-C. pour protéger les côtes grecques.
Lieux de découverte (29 exemplaires)