
1812CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus
INDICE DE RARETE : 6
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ATELIER : Rome
Datation : 46 avant J.C.
Matière : Argent
Gens : Considia
Références : RRC 465/4 – B.7 (Considia) – Syd.993
L’étude de ce denier révèle un moment charnière où la communication monétaire passe d’une tradition familiale à une allégeance politique quasi-absolue envers Jules César.
Ce denier fait partie d’une émission majeure liée au quadruple triomphe de César à Rome en 46 av. J.-C., après sa victoire décisive à Thapsus.
1. Le Symbolisme des Types
Le choix iconographique de C. Considius Paetus ne doit rien au hasard. Bien que monétaire, il utilise des symboles qui fusionnent la gloire de l’État avec celle du dictateur :
L’Avers : Vénus (Venus Genetrix)
Signification : Vénus est la déesse tutélaire de la Gens Julia. En la plaçant à l’avers, Paetus rappelle l’ascendance divine revendiquée par César (descendant d’Énée, fils de Vénus).
Attributs : Elle porte ici un diadème et une couronne de laurier, soulignant son rôle de Venus Victrix (Vénus Victorieuse), celle qui a guidé César vers la victoire lors de la guerre civile.
Le Revers : La Victoire en quadrige
Signification : Le quadrige est le symbole ultime du triomphe romain. La Victoire (Victoria) tenant une couronne et une palme célèbre non seulement une bataille précise, mais le rétablissement de la Pax Romana sous l’égide de César.
Mouvement : Le galop des chevaux vers la gauche (ou la droite selon les variantes de la série 465) exprime le dynamisme et l’irréversibilité des succès césariens.
2. Le Contexte Historique : 46 av. J.-C.
Cette année est l’une des plus denses de l’histoire romaine :
La Fin de l’Opposition Africaine : Après la bataille de Thapsus, les derniers chefs pompéiens (comme Caton d’Utique) sont vaincus.
Le Quadruple Triomphe : César célèbre ses victoires sur la Gaule, l’Égypte, le Pont et l’Afrique. Ce denier servait probablement à financer les largesses distribuées au peuple et à l’armée lors de ces festivités grandioses.
Le Ralliement de Paetus : Le monétaire lui-même est un personnage intéressant. Fils de C. Considius Longus (un partisan de Pompée), Paetus a fait sa soumission à César après Thapsus. Frapper ces monnaies à l’effigie de Vénus était pour lui un acte de loyauté manifeste envers son nouveau maître.
Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César.
1. Identité et Origines
C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus.
Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides.
Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier.
2. Sa fonction de Monétaire
Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César.
Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve.
Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là.
3. Liens avec Apollonie d’Illyrie
Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome.
C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville.
Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome.
Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon
C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.)
Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard sur des monnaies de l’empereur Domitien frappées à Apollonie, le lieu même où C. Considius Paetus a fabriqué ses médailles, et c’est par Apollo que doit être interprétée la lettre A qui figure derrière la tête du dieu sur le denier n° 2. Les collègues de C.Considius Paetus furent Man. Cordius Rufus et Q. Sicinius.
Lieux de découverte (154 exemplaires)