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1813CO – Denier Coelia – Caius Cœlius Caldus

Avers : C. COEL. CALDVS / COS (Caius Cœlius Caldus/ Consul, Caius Coélius Caldus, consul) Tête nue à droite de Caius Cœlius Caldus; derrière soit un étendard surmonté d’une hure de sanglier. Revers : L·CALDVS / VII VIR·EP IMP·A·X  CALDVS·IIIVIR (Lucius Caldus Septemviri Epulones// Caius Caldus Imperator Augur Decemvir/ Caldus triumvir, Lucius Caldus chargé du culte de Jupiter (Epulo) des sept// Caius Caldus imperator augure chargé du collège des dix/ Caldus magistrat monétaire) Autel accosté à gauche, trophée avec bouclier macédonien ; à droite, trophée au carnyx et écu ovale décoré de foudre ; à l’extrême gauche, inscription ; à l’extrême droite, inscription .; au centre représentation de Lucius Caldus placé sur l’autel à gauche, préparant un festin lié au culte de Jupiter. BM 3.70gr Indice de rareté Atelier  Rome Datation : 51 avant J.C. Matière : Argent Gens : Coelia Références : RRC 437/3a – B.8 (Coelia) – Syd.896 Descriptif :  Le portrait au droit représente le grand-père homonyme de notre monétaire qui fut tribun de la plèbe en 107 avant J.-C. et consul en 94 avant J.-C. L’étendard placé derrière la tête, fait référence à l’Espagne. Le revers qui nous montre un autel ornementé concerne les aux autres membres de la famille. Sur l’autel, nous trouvons la mention des “Septemviri Epulones” (sept prêtres épulons de Jupiter), pour le père de Caldus. Ce collège sacerdotal chargé de l’organisation des fêtes religieuses fut créé en 196 avant J.-C. avec trois membres, porté à sept par Sylla, enfin à dix par César. Outre les différents banquets, ils avaient en charge l’organisation de “l’epulum Iovis”, banquet en l’honneur de Jupiter. Le monétaire dont le nom figure à l’exergue sous l’autel fait aussi référence à son oncle qui fut salué Imperator, appartenait au collège sacerdotal des “decemvir” et était aussi augure. L’autel festif est orné d’une victoriolia tenant une palme et une couronne qui rappelle les victoires de la famille ainsi que d’un trophée orné, d’un bouclier, d’un casque, d’une cuirasse d’armes et d’une trompette (carnyx) qui rappellent peut-être les victoires en Espagne du grand-père du monétaire. Galerie : Deniers classés par ordre décroissant de poids. [ngg src= »galleries » ids= »726″ display= »basic_thumbnail » number_of_columns= »2″ show_slideshow_link= »1″] Variante  : Légende et trophées inversés au revers. Références : RRC 437/3b – B.10 (Coelia). Syd.896 BnF 4.05gr Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Coelius Caldus. Monétaire vers 700 (54 av. J. C.) C. Coelius Caldus qui a fait frapper l’intéressante série qui va suivre, était fils de L. Coelius Caldus et petit-fils de C. Coelius Caldus, le monétaire dont nous avons parlé plus haut. Le nouveau magistrat n’a pas laissé dans l’histoire des traces bien considérables. Nous savons pourtant qu’en l’an 704 (50 av. J.-C.) il fut nommé questeur en Cilicie pendant que Cicéron allait administrer cette province comme proconsul ; on a de Cicéron des lettres qui lui sont adressées. Nous voyons sur tous les deniers que Caldus fit frapper pendant qu’il remplit la charge d’officier monétaire, la tête de son grand-père, le tribun du peuple, la plus grande illustration de la famille. Elle est indiquée d’abord par le mot COS (consul) qui l’accompagne, ce personnage étant le seul des Coelii qui eût été honoré du consulat. Elle est aussi reconnaissable à cause des lettres L D qui figurent sur une tablette derrière la tète, et qu’on interprète par Libère, Damno, allusion aux votes secrets mis en usage par la lex tabellaria dans les procès pour attentat contre l’Etat (perduellio). C’est encore à lui que fait allusion l’enseigne militaire sur laquelle on lit HISpania et celle qui est surmontée d’un sanglier, emblème de la ville de Clunia, ou d’un javelot espagnol : il s’agit du souvenir des exploits militaires de l’ancêtre du monétaire, C. Coelius Caldus qui, vers l’an 652 (102 av. J.-C.), fit la conquête de l’Espagne ultérieure et accomplit les exploits racontés par Julius Obsequens. Sur les deux derniers deniers (nos 11 et 12), on voit derrière la tête du personnage consulaire le lituus militaire et la lance hispanique qui rappellent les mêmes faits d’armes ; de même, les deux boucliers, l’un de forme ovale et l’autre rond et plus petit, sont des armes celtibériennes ou espagnoles.  Sur les pièces nos 4 et 5, figure une tête jeune radiée, et dans le champ, un bouclier ovale sur lequel on lit quelquefois la lettre S. Borghesi interprète cette lettre par le mot Sol; il voit dans la tête radiée, la tête du Soleil, et suppose qu ‘il est ici fait allusion à victoire remportée une en Orient ; mais rien, dans la vie de l’ancêtre du monétaire, le consul de 660, ne prouve qu’il ait rempli un rôle militaire en Orient. Vaillant pensait que la tête du Soleil fait, sur ces médailles, allusion au surnom Caldus, à cause de la chaleur que répand cet astre, et Eckhel qui rapporte cette interprétation ingénieuse, la corrobore par le passage suivant de Varron : Comitiis cum SOLE CALDO ego et Q. Ascius senator tribuiis suffragium tulissemus, etc.Au revers des pièces n. 7 et suiv., nous voyons un personnage qui prépare un lectisternium au-dessous duquel on lit Lucius Caldus septemvir epulo. Ce Lucius est le père du monétaire ; nous n’avons aucun autre renseignement à son sujet, et les monnaies de son fils seules nous apprennent qu’il fut septemvir épulon. Les épulons, au nombre de trois à l’origine, triumviri epulones, furent portés à sept par Sylla, et formèrent le collège des septemviri epulonés ; ils furent dix sous Jules César, et enfin réduits au nombre primitif de trois par Auguste ; c’étaient des prêtres qui avaient primitivement pour office de préparer le festin de Jupiter, epulum Jovis in Capitolio, et en général d’aider les pontifes en disposant les choses nécessaires aux rites sacrés.  Le lectisternium était une cérémonie qui consistait à placer une divinité sur un lit, lectus, le bras gauche appuyé sur un coussin, pulvinus; on lui offrait alors, pendant un ou plusieurs jours, des festins propitiatoires pour apaiser son courroux et mettre fin à quelque calamité publique. Le premier lectisternium

1452LI – Sesterce Licinia – Aulus Licinius Nerva

1452LI – Sesterce Licinia – Aulus Licinius Nerva Avers : NERVA Tête laurée d’Apollon à droite. Revers : A. LICINI (Aulus Licinius) Cavalier à droite, tenant une palme dans la main droite. NUMISMATICA ARS CLASSICA 0.96g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 47 avant J.C. Matière : Argent Gens : Licinia Références : RRC 454/5 – B.27 (Licinia) – Syd.958 L’étude de ce sesterce (et de la série 454 d’Aulus Licinius Nerva) révèle un mélange fascinant de propagande familiale et d’allégeance politique dans le tumulte de la fin de la République romaine. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette monnaie : 1. Le Symbolisme Iconographique Le choix des motifs sur une monnaie républicaine n’est jamais le fruit du hasard ; il sert à glorifier l’histoire de la gens (famille) du magistrat monétaire. L’Avers (Apollon) : Sur le sesterce, la tête laurée d’Apollon remplace la figure de Fides (la Bonne Foi) que l’on trouve sur le denier de la même série. Apollon est une divinité protectrice majeure, souvent associée à la prophétie, à la victoire et à la l’ordre. Pour les Licinii, il souligne une connexion avec le prestige religieux et culturel. Le Revers (Le Cavalier à la palme) : Le cavalier galopant est un symbole de virtus (vertu guerrière). La palme qu’il tient dans sa main droite est le signe explicite de la victoire. Note comparative : Sur le denier (RRC 454/1), le cavalier est plus agressif, traînant un captif par les cheveux. Sur le sesterce, le message est plus symbolique et « pacifié » par la victoire acquise (la palme). Cela suggère une célébration des exploits militaires passés de la famille Licinia, possiblement ceux d’un ancêtre préteur en Macédoine ou en Sicile. 2. Le Contexte Historique (47 av. J.-C.) L’année 47 avant J.-C. est une période de transition critique pour Rome : La Dictature de César : Jules César vient de remporter la bataille de Pharsale (48 av. J.-C.) contre Pompée. Il est alors le maître incontesté de Rome, bien que la guerre civile continue en Afrique et en Espagne. Le monétaire Aulus Licinius Nerva opère donc sous l’autorité de César. La Réorganisation du Collège Monétaire : À cette période, César augmente le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quattuorviri au lieu de triumviri), afin de financer ses vastes dépenses militaires et ses projets de reconstruction. Rareté du Sesterce d’Argent : Le sesterce en argent (d’une valeur de 1/4 de denier) était de moins en moins frappé à cette époque. Sa présence dans la série 454 indique un besoin de petite monnaie de qualité pour les transactions urbaines à Rome, mais sa rareté actuelle en fait une pièce de prestige pour les numismates. 3. La Gens Licinia et le Message Politique En inscrivant son nom (A. LICINI) et son cognomen (NERVA) aux côtés d’Apollon et d’un cavalier victorieux, le monétaire cherche à : Légitimer sa position : En rappelant que sa famille a toujours servi Rome avec succès (le cavalier). Afficher sa loyauté : À cette époque, utiliser des symboles de victoire et de paix (la palme) était une manière subtile de soutenir le programme de « clémence » et de restauration de l’ordre de Jules César. Remarque : Seuls deux exemplaires de ce sesterce observés. Le monétaire responsable de l’émission de ce denier est Aulus Licinius Nerva. Bien que sa biographie précise soit moins documentée que celle des grandes figures comme César ou Pompée, nous pouvons dresser son portrait à travers ses fonctions et son appartenance familiale. 1. Son Rôle : Triumvir Monetalis En 47 av. J.-C., Aulus Licinius Nerva occupe la fonction de triumvir monétaire (tresviri monetales). Ce poste était généralement la première étape du cursus honorum (la carrière des honneurs) pour les jeunes aristocrates romains. Il était responsable, avec deux collègues, de la surveillance de la frappe des monnaies à l’atelier de Rome. C’est à ce titre que son nom A·LICINIVS et son titre III·VIR apparaissent sur le revers de la pièce. 2. Son Allégeance Politique Aulus Licinius Nerva appartient au camp de Jules César. Soutien Césarien : Sa nomination en 47 av. J.-C. intervient alors que César est dictateur. Le choix de Fides (la Fidélité) sur ses pièces est un signe fort de son adhésion à la cause césarienne dans un climat de guerre civile. Carrière ultérieure : Il est identifié par les historiens comme le questeur de Decimus Junius Brutus (l’un des lieutenants de César, qui participera plus tard au complot contre lui). Cela confirme qu’il faisait partie du cercle restreint des officiers et magistrats entourant l’état-major césarien. 3. Son Origine Familiale : La Gens Licinia Il appartient à la gens Licinia, l’une des familles plébéiennes les plus illustres et les plus puissantes de Rome. Une lignée de prestige : Les Licinii ont produit des figures majeures comme le triumvir Crassus ou le général Lucullus. L’héritage des Nervae : Sa branche familiale, les Licinii Nervae, s’est distinguée par ses succès militaires. Comme mentionné précédemment, il utilise sa monnaie pour célébrer son ancêtre, le préteur de 142 av. J.-C., rappelant ainsi que sa famille a toujours été un pilier de la force militaire romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon A. Licinius Nerva. Triumvir monétaire de 705 à 709 (49-45 av. J.-C.) On connaît plusieurs personnages ayant porté le nom de Aulus Licinius Nerva; le premier fut tribun du peuple en 576 (178 av. J.-C.), puis préteur en Espagne, en 588 (166 av. J.-C.) ; un autre, probablement fils du précédent, fut préteur en 611 (143 av. J.-C.) et l’année suivante gouverneur de la Macédoine. Le monétaire dont nous nous entretenons ici, descendait sans doute de ces personnages, mais il n’est pas connu historiquement, à moins que ce ne soit un certain Licinius Nerva, mentionné sans son prénom, et qui fut questeur de Decimus Brutus pendant la guerre de Modène. La même obscurité règne sur l’interprétation des types monétaires de ce magistrat. Nous ne connaissons pas les motifs qui l’ont poussé à représenter sur ses deniers la tête de la déesse de la Bonne Foi, à qui Numa fit, le premier, bâtir un

1812CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus

1812CO – Denier Considia – Caius Considius Pætus Avers : PAETI (Paetus) Tête diadémée et laurée de Vénus à gauche. Revers : C. CONSIDI (Caii Considii) Victoria (la Victoire) dans un quadrige galopant à droite, tenant une couronne de la main droite, une palme et les rênes de la main gauche. British Museum 4.13g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Considia Références : RRC 465/4 – B.7 (Considia) – Syd.993 L’étude de ce denier révèle un moment charnière où la communication monétaire passe d’une tradition familiale à une allégeance politique quasi-absolue envers Jules César. Ce denier fait partie d’une émission majeure liée au quadruple triomphe de César à Rome en 46 av. J.-C., après sa victoire décisive à Thapsus. 1. Le Symbolisme des Types Le choix iconographique de C. Considius Paetus ne doit rien au hasard. Bien que monétaire, il utilise des symboles qui fusionnent la gloire de l’État avec celle du dictateur : L’Avers : Vénus (Venus Genetrix) Signification : Vénus est la déesse tutélaire de la Gens Julia. En la plaçant à l’avers, Paetus rappelle l’ascendance divine revendiquée par César (descendant d’Énée, fils de Vénus). Attributs : Elle porte ici un diadème et une couronne de laurier, soulignant son rôle de Venus Victrix (Vénus Victorieuse), celle qui a guidé César vers la victoire lors de la guerre civile. Le Revers : La Victoire en quadrige Signification : Le quadrige est le symbole ultime du triomphe romain. La Victoire (Victoria) tenant une couronne et une palme célèbre non seulement une bataille précise, mais le rétablissement de la Pax Romana sous l’égide de César. Mouvement : Le galop des chevaux vers la gauche (ou la droite selon les variantes de la série 465) exprime le dynamisme et l’irréversibilité des succès césariens. 2. Le Contexte Historique : 46 av. J.-C. Cette année est l’une des plus denses de l’histoire romaine : La Fin de l’Opposition Africaine : Après la bataille de Thapsus, les derniers chefs pompéiens (comme Caton d’Utique) sont vaincus. Le Quadruple Triomphe : César célèbre ses victoires sur la Gaule, l’Égypte, le Pont et l’Afrique. Ce denier servait probablement à financer les largesses distribuées au peuple et à l’armée lors de ces festivités grandioses. Le Ralliement de Paetus : Le monétaire lui-même est un personnage intéressant. Fils de C. Considius Longus (un partisan de Pompée), Paetus a fait sa soumission à César après Thapsus. Frapper ces monnaies à l’effigie de Vénus était pour lui un acte de loyauté manifeste envers son nouveau maître. Le monétaire C. Considius Paetus (Caius Considius Paetus) est une figure fascinante de la fin de la République, dont l’histoire personnelle illustre parfaitement la politique de clémence de Jules César. 1. Identité et Origines C. Considius Paetus est identifié par les historiens (notamment Borghesi) comme le fils de Caius Considius Longus. Son père (Considius Longus) : C’était un fervent partisan de Pompée et propréteur en Afrique. Il a farouchement résisté à César, refusant même de lire ses messages de paix. Après la défaite de Thapsus en 46 av. J.-C., Longus a tenté de s’enfuir avec ses trésors mais a été assassiné par ses propres gardes numides. Le pardon de César : Le jeune Paetus se trouvait avec son père en Afrique lors de cette campagne. Contrairement à son père, il a été épargné par César après la victoire de ce dernier. 2. Sa fonction de Monétaire Paetus est nommé Triumvir Monetalis (membre du collège des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies) en 46 av. J.-C., l’année même de la mort de son père et de sa soumission à César. Un acte d’allégeance : La frappe du denier RRC 465/1 est souvent perçue comme un geste de réconciliation. En célébrant les nouveaux honneurs de César (la chaise curule), Paetus montre publiquement sa loyauté envers celui qui lui a laissé la vie sauve. Ses collègues : Il a exercé cette fonction aux côtés de Titus Carisius et Manlius Cordius Rufus, qui ont également frappé des monnaies riches en symbolisme césarien cette année-là. 3. Liens avec Apollonie d’Illyrie Une hypothèse intéressante, soutenue par l’analyse des styles monétaires, suggère que Paetus aurait pu commencer à frapper monnaie à Apollonie d’Illyrie avant de le faire à Rome. C’est ce qui expliquerait la présence fréquente de la tête d’Apollon sur ses pièces (Avers du 465/1), Apollon étant la divinité tutélaire de cette ville. Cela placerait Paetus au cœur des zones de conflit de la guerre civile avant qu’il ne rejoigne le camp des vaincus en Afrique, puis celui des ralliés à Rome. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Considius Paetus. Monétaire en 705 (49 av. J.-C.) Borghesi a reconnu dans ce monétaire le personnage désigné ainsi par Hirtius : C. Considius filiusi, qui était le fils de C. Considius Longus, propréteur en Afrique et partisan de Pompée. Le monétaire se déclara aussi, comme son père, l’adversaire de César, mais après la bataille de Thapsus en 707 (47 av. J.-C.), il fit sa soumission et obtint son pardon avec le gouvernement d’Hadrumète. Ses monnaies ont été frappées en 705 (49 av. J.-C.) à Apollonie d’Illyrie. Cicéron nous parle des pièces d’argent qu’on fit frapper dans cette ville à cette époque de détresse; C. Considius fuyait avec les partisans de Pompée. Le buste de Pallas et le quadrige de la Victoire, ainsi que la Victoire portant un trophée, expriment évidemment les voeux et les espérances des Pompéiens; la tête de Vénus Erycine fait allusion aux souvenirs de la famille Considia que nous avons signalés plus haut; la chaise curule nous indique que C. Considius Paetus était probablement édile curule à l’époque où il fit frapper monnaie. Quant à la tête laurée à l’aspect féminin qui figure sur les deniers n° 2, 3 et 4, dans laquelle Eckhel a voulu reconnaître Vénus, et d’autres la Liberté, elle est la même divinité que celle qui est figurée sur les deniers de Q. Pomponius Musa et de P. Clodius Turrinus. Borghesi a prouvé que c’était la tête d’Apollon, telle qu’on la voit plus tard sur des monnaies de l’empereur Domitien frappées à Apollonie, le lieu même où C. Considius Paetus

1811PO – Denier Sextus Pompée

1811PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX··MAGNVS IMP B Tête de  Cn. Pompeius Magnus à droite. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. British Museum 3.76g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Salpesa Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/1a – B.18 (Pompeia) – Syd.1042 var Ce denier est une pièce maîtresse de la numismatique de la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte s’inscrivent dans une période de guerre civile intense et de propagande dynastique. 1. Contexte Historique : La résistance des Pompéiens Frappée vers 45-44 av. J.-C., cette pièce émane de Sextus Pompée, le fils cadet de Pompée le Grand. L’après-Munda : Après la défaite cuisante des partisans de Pompée face à Jules César lors de la bataille de Munda (Espagne) en 45 av. J.-C., Sextus Pompée est l’un des rares survivants de la faction républicaine. La survie en Hispanie : Il se réfugie dans le sud de l’Espagne (Bétique), où il lève une armée et une flotte. Cette monnaie est frappée dans un atelier mobile (ou à Salpensa) pour payer ses troupes et affirmer sa légitimité face à l’hégémonie de César. Le titre de « Pius » : C’est à cette époque que Sextus adopte le surnom de Pius (le Pieux), qui figure dans la légende de la pièce. 2. Symbolisme de l’Avers : Le culte du père L’avers montre le portrait de Pompée le Grand. Ce choix est hautement politique : Légitimité dynastique : À cette époque, il était encore rare de représenter une personne vivante sur les monnaies (César venait juste de commencer). En plaçant le visage de son père défunt, Sextus ne se présente pas comme un tyran, mais comme l’héritier d’un grand homme de la République. L’appel aux vétérans : Le portrait sert de point de ralliement pour les anciens soldats de Pompée le Grand, les invitant à rejoindre la cause du fils pour restaurer l’honneur de la famille. 3. Symbolisme du Revers : La Pietas Le revers représente la Pietas (la Piété) tenant un sceptre et une palme. La Piété Filiale : Chez les Romains, la pietas n’est pas seulement religieuse ; c’est avant tout le devoir et la dévotion envers la famille, la patrie et les dieux. Ici, elle symbolise le combat de Sextus : il ne fait pas la guerre pour son propre pouvoir, mais par devoir envers son père assassiné. La Palme et le Sceptre : La palme suggère la victoire, tandis que le sceptre évoque l’autorité et le commandement légitime (imperium). Sextus affirme que sa cause est juste et protégée par les dieux. En résumé Ce denier est un outil de communication de crise. Il transforme une lutte pour la survie en une croisade morale. Sextus y utilise l’image de son père pour transformer son nom de famille en un titre politique, une stratégie qui sera plus tard perfectionnée par Octave (futur Auguste) avec l’image de César. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie :

1810PO – Denier Sextus Pompée

1810PO – Denier Sextus Pompée Avers : SEX. MAGNVS PIVS IMP SAL (Sextus Magnus Pius Imperator) Tête de  Cn. Pompeius Magnus à droite. Revers : PIETAS Piétas (La Piété) debout à gauche; branche dans la main droite et dans la gauche un sceptre. Münzkabinett Berlin 3.92g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Pompeia Références : RRC 477/3a – Syd. 1042a ATELIER : Salpesa Ce denier est une monnaie charnière de la fin de la République romaine. Son symbolisme et son contexte historique témoignent de l’utilisation de la monnaie comme un puissant outil de communication politique et de légitimation dynastique par Sextus Pompée. 1. Contexte Historique : La résistance en Espagne (45-44 av. J.-C.) La frappe de ce denier intervient dans un moment critique pour la faction pompéienne : L’après-Munda : Après la défaite écrasante contre Jules César à la bataille de Munda (mars 45 av. J.-C.), Sextus Pompée est le dernier fils survivant de Pompée le Grand. Il se réfugie dans la province de Bétique (Espagne), où il organise une résistance acharnée. Le financement de la guérilla : Cette monnaie est émise par un atelier itinérant pour payer ses troupes. Elle sert à la fois de moyen de paiement et de manifeste politique pour rallier les partisans de l’ancienne République et les anciens soldats de son père. Le titre d’Imperator : Sextus utilise la légende SEX MAGN PIVS IMP, affirmant son titre d’ Imperator (général victorieux) acclamé par ses troupes, défiant ainsi l’autorité de César à Rome. 2. Symbolisme de l’Avers : Le portrait du Père L’avers présente le buste de Pompée le Grand. Ce choix est hautement symbolique : Piété Filiale : Le surnom Pius (le Pieux) adopté par Sextus souligne sa dévotion envers la mémoire de son père. Il ne se bat pas pour son ambition personnelle, mais pour venger l’honneur de sa famille. Légitimation par le sang : En plaçant le portrait d’un défunt (son père) sur une pièce, Sextus inaugure une pratique qui deviendra centrale sous l’Empire : la légitimité par l’ascendance. C’est un rappel constant aux Romains de la gloire de Pompée le Grand face à ce qu’il présente comme la tyrannie césarienne. 3. Symbolisme du Revers : La Pietas Le revers représente la Piété (Pietas), souvent debout, tenant un sceptre et une branche de palmier (symbole de victoire) : Une vertu politique : Pour les Romains, la Pietas n’est pas seulement une dévotion religieuse. C’est le respect des devoirs envers les dieux, la patrie et la famille. Justification de la Guerre Civile : Par cette allégorie, Sextus justifie la poursuite de la guerre. Il présente son combat comme une nécessité morale et un devoir sacré. Si la cause est « pieuse », alors elle est juste. Pour ce denier, le « monétaire » (l’autorité émettrice) est Sextus Pompée (Sextus Pompeius Magnus Pius). Contrairement aux monnaies romaines classiques frappées par les triumviri monetales à Rome, celle-ci est une émission impératoriale. Cela signifie qu’elle a été frappée sous l’autorité directe d’un général en campagne, en dehors du contrôle du Sénat. Voici les informations clés sur Sextus Pompée en tant qu’autorité monétaire : 1. Identité et Titulature Sextus Pompée est le fils cadet de Pompée le Grand. Sur ce denier, il utilise une titulature très précise pour affirmer son identité : MAGNVS : Le nom de son père, qu’il reprend comme un titre de noblesse. PIVS : Un surnom qu’il adopte officiellement en Espagne. Il souligne sa pietas (sa dévotion filiale) : il est celui qui n’abandonne pas la mémoire et la cause de son père. IMP (Imperator) : Ce titre indique qu’il a été acclamé général en chef par ses troupes. 2. Le rôle militaire du monnayage Pour Sextus, émettre cette monnaie répond à deux besoins urgents : Le financement : Après la défaite de son frère Cnaeus à Munda en 45 av. J.-C., Sextus doit entretenir les débris de l’armée pompéienne et recruter des mercenaires en Hispanie. Le denier sert avant tout à payer la solde des soldats. La propagande : En l’absence de réseaux de communication, la monnaie est le seul média de masse. En faisant circuler son nom et le portrait de son père, il rappelle à tout le monde romain que la lignée de Pompée est toujours vivante et prête à combattre César. 3. Lieu de frappe Le monétaire n’agit pas à Rome mais en Espagne (Hispanie). La mention SAL que l’on retrouve sur certaines variantes (comme le RRC 477/1b) fait référence à l’atelier de Salpensa (ou Salpesa), une cité située près de l’actuelle Séville, qui servait de base arrière à ses opérations de guérilla contre les généraux de César. 4. Une transition vers le pouvoir personnel Sextus Pompée est l’un des premiers, avec Jules César, à briser la tradition républicaine qui voulait que les monnaies soient anonymes ou liées à des ancêtres lointains. En se désignant lui-même par son nom et son titre de Pius, il préfigure le monnayage des futurs empereurs où la figure du chef et sa famille deviennent le cœur de l’imagerie monétaire. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces pièces ont été frappées en 710 (44 av. J.-C.) en Espagne, lorsque, après la bataille de Munda, Sextus Pompée renouvela la guerre en Bétique où il se maintint jusqu’à l’automne de 710. Les mots IMP. SAL. ne sauraient être interprétés autrement que par imperator salutatus, titre que prit Sextus Pompée après la défaite de Pollion au printemps de 710. La Piété fait allusion au surnom Pius, de Sextus Pompéee.

Un denier inédit pour Auguste?

Il arrive encore de temps en temps de croiser, dans les forums ou dans des groupes Facebook (1), de belles curiosités et ce denier en fait partie … Sa particularité ne saute pas forcément aux yeux et bon nombre de numismates n’ont pas relevé immédiatement sa spécificité et très certainement que son état n’aide pas en cela. Avant tout, il va de soi qu’avec un poids de 2.90 gramme, ce denier est fourré. Il présente un droit et un revers qui ne sont présents en commun sur aucune référence existante. Au droit, Auguste est représenté tête nue et la légende est absente. Le revers, présente le bouclier rond inscrit CL V (normalement mais ici invisible), avec S P Q R dans les coins entre l’aquila à gauche et enseigne à droite. Ces deux faces permettent donc de déterminer son atelier car elles sont très ressemblantes avec celles existantes de la Colonie Patricienne. RIC 58 L’avers, représentant Auguste tête nue à droite et anépigraphe, est identique à deux très rares deniers présentant ces mêmes particularités pour la Colonia Patricia (2322AU et 2323AU). La référence que je vous présente à gauche, appartient au British Museum et est le seul denier connu pour cette référence. Le revers est identique à un autre denier de cet atelier avec l’aquila à gauche tourné à droite et l’enseigne à droite. RIC 86B Ma conclusion, qui n’engage que moi, est qu’il s’agit bien d’une nouvelle référence et non d’une imitation hybride. Le style de ce denier est très proche des références existantes pour cet atelier et n’a rien à voir avec les imitations « barbare » que j’ai pu observer, donc il est pratiquement certain, bien que fourré, que ce denier provienne bien de cet atelier officiel. N’hésitez pas à laisser un commentaire! Descriptif : Avers : Anépigraphe Tête nue d’Auguste à droite. Revers : SIGNIS RECEPTIS (Pour les enseignes reprises) Bouclier rond inscrit CL V, avec S P Q R dans les coins entre l’aquila à gauche et enseigne à droite. 2.91gr Remerciements : (1) A J-M (qui se reconnaitra) de m’avoir permis d’acquérir cette monnaie. (2) A tous les lecteurs du site LesDioscures.com et de ma page Fb du même nom. (3) A tous ceux qui m’ont écrit des mails et qui s’inquiétaient de ne plus voir de nouveaux articles. Le temps me manque, mais la passion est toujours présente! 🙂

Plautia

La gens Plautia, parfois écrite Plotia, était une famille plébéienne de la Rome antique. Les membres de cette gens apparaissent pour la première fois dans l’histoire au milieu du quatrième siècle avant JC, lorsque Gaius Plautius Proculus obtint le consulat peu de temps après que la magistrature fut ouverte à l’ordre plébéien par la lex Licinia Sextia. On entend peu parler des Plautii de la période des guerres samnites jusqu’à la fin du deuxième siècle avant JC, mais depuis lors jusqu’à l’époque impériale, ils occupèrent régulièrement le consulat et d’autres postes importants. [1] Au premier siècle de notre ère, l’empereur Claudius, dont la première épouse était membre de cette famille, accorda le statut de patricien à une branche des Plautii. Les Plautii de la dernière république ont réclamé la descente de Leucon, le fils de Neptune et de Themisto, la fille d’Hypseus, roi des Lapiths. [2] Les pièces de monnaie frappées par Publius Plautius Hypsaeus représentent Neptune et Leucon.  Leuconoé au droit du denier de Publius Plautius Hypsæus Le nomen Plautius est dérivé du nom de famille latin commun Plautus, aux pieds plats. [3] Chase classe le nom parmi ces gentilicies qui étaient soit originaires de Rome, soit qui s’y sont produites et dont on ne peut montrer qu’elles proviennent de nulle part ailleurs. [4] Cependant, d’autres savants ont suggéré qu’ils venaient peut-être de Privernum, une ville du sud du Latium. [5] Plusieurs des premiers Plautii apparaissant dans les fasti consulares menèrent la guerre contre les Privernates. Magistrat monétaire 1- Lucius Plautius Hypsaeus _ 194-190 B.C. Ce magistrat fit émettre un denier (546PL), un as (547PL), un semis (548PL), un triens (549PL), un quadrans (550PL) et un sextans (551PL). La légende apposée à ces monnaies est « (LPLH)« . Denier As Semis Triens Quadrans Sextans Précédent Suivant 2- Publius Plautius Hypsæus _ 60 B.C. Ce magistrat fit émettre deux deniers (1387PL) et (1388PL). La légende apposée à ces monnaies est « C. YPSAE« . Précédent Suivant 3- Aulus Plautius _ 55 B.C. Ce magistrat fit émettre un denier (1408PL). La légende apposée à cette monnaie est « A PLAVTIVS« . 4- Lucius Plautius Plancus _ 47 B.C. Ce magistrat fit émettre un denier (1447PL). La légende apposée à cette monnaie est « L. PLAVTIVS« . 5- C. Plotius Rufus _ 15 B.C. Ce magistrat fit émettre un sesterce (2130AU), un dupondius (2131AU) et un as (2132AU). La légende apposée à ces monnaies est « C PLOTIVS RVFVS« . Sesterce Dupondius As Précédent Suivant Sources (1) Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. III, p. 405 (« Plautia Gens »). (2) Hyginus, Fabulae, 157 (3) Chase, pp. 109, 110. (4) Chase, pp. 129–132. (5) Terrenato, « Private Vis, Public Virtus », pp. 44 ff.

Les dupondii gallo-romains

Cliquez sur les références d’une monnaie pour plus de détails. Références Datation Type de monnaie Image 2555AU, RPC 518 40 avant J.C. Dupondius (Narbonne) 2557AU, RPC 517 36 avant J.C. Dupondius (Vienne) 2556AU, RPC 515 36 avant J.C. Dupondius (Lyon) 2554AU, RPC 533 36 avant J.C. Dupondius (Orange) 2558AU, RIC 154 à 161 29 avant J.C. à 14 après J.C. Dupondius (Nimes)

2558AU – Dupondius Octave et Agrippa – Nîmes (Nemausus)

2558AU – Dupondius Octave et Agrippa – Nîmes (Nemausus) Avers : IMP// DIVI F/ P-P. Têtes adossées d’Agrippa coiffe de la couronne rostrale à gauche et d’Octave laurée à droite. Revers : COL – NEM. Crocodile enchaîné à un palmier qui est surmonté d’une couronne ; sous le crocodile, deux palmettes. BnF 12.37g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Nïmes (Nemausus) Datation : 29 avant J.C. à 14 après J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Julia Références : RIC 154 à 161 La gravure de l’avers du dupondius au crocodile nous montre deux bustes nus adossés. Au XVIIIème siècle L. Ménard est l’un des premiers à les identifier correctement (Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nîmes). Le premier regardant à gauche représente Agrippa. Celui-ci porte une couronne navale (rostrale) qui lui fut accordée après la bataille de Nauloque le 3 septembre 36 av. J.-C., où il détruisit la flotte de Sextus Pompée. Cette couronne qui était faite d’or, comprenait un support maintenant, sous une forme stylisée, les proues et les rostres des navires. Faite de métal précieux, elle était donc rigide; cependant elle est le plus souvent reproduite avec des flots de rubans derrière la nuque. Ce détail ne semble pas prouver que les proues et les rostres étaient fixés sur une bande de tissu, il doit plutôt être vu comme un ajout décoratif. Sur les quatre classes du dupondius, Agrippa est représenté avec la même couronne. Le deuxième buste regardant à droite représente Octave. Dans les deux premières phases du monnayage, celui-ci est nu-tête. Dans la troisième phase, Auguste est couronné de chêne (couronne civique) et, dans la dernière, il porte une couronne de lauriers. A noter que sur la dernière émission figurent les lettres ‘P(ater) P(atriae)’ : titre accordé à Auguste en 2 av. J.-C. La légende comprend sur toute la durée du monnayage au crocodile les lettres IMP DIVI.F, titre accordé à Octave en 27 av. J.-C. En Gaule les bustes adossés ne sont pas nouveaux et apparaissent bien avant le dupondius au crocodile sur des monnaies de Vienne, Lyon et Orange. Au dernier siècle de la République et au moment de la naissance du nouveau régime impérial, la typologie monétaire met à l’écart les symboles traditionnels de l’Etat romain. Les images sacrées qui constituaient l’Empire Romain, disparaissent donc au profit de type gentilices, puis personnels. Les monétaires romains, pour faire circuler les idées qu’ils souhaitaient, se servaient de valeurs universelles bien ancrées dans la culture des peuples. Auguste allait même jusqu’à se représenter de manière quasi divinisée sur certaines monnaies. Le dupondius au crocodile n’échappe pas à la règle, et si les bustes adossés d’Auguste et d’Agrippa représentent les deux vainqueurs de la bataille d’Actium, contre Marc Antoine et Cléopâtre en 31 av J.-C., ils représentent aussi, et principalement, un rajeunissement du thème de l’as républicain : Janus Bifrons. L’image du revers est composée d’un crocodile à droite, colleté, attaché par une chaîne à une palme inclinée. La palme est surmontée à sa gauche par une couronne avec ses lemnisques. Deux palmettes sont placées sous le crocodile. Quelques différences de gravure sont discernables entre les différentes phases du monnayage : pour les deux premières séries, la grande palme est inclinée à droite, et les rubans de la couronne flottent de part et d’autre. On remarque des excroissances sur la gueule des crocodiles de la classe I et II, souvent commentées comme une rangée de dents placée à l’extérieur de la mâchoire supérieure. Sur les exemplaires de la classe II la gueule du crocodile est parfois terminée par un genre de corne. La troisième série montre une palme toujours inclinée à droite, mais les rubans de la couronne flottent seulement à droite. Sur la dernière phase, la grande palme est inclinée à gauche. Enfin, pour l’ensemble du monnayage, on retrouve la légende COL NEM (colonie nîmoise). Depuis la publication de Léon Ménard (cf bibliographie) le dessin général est reconnu comme étant celui de la commémoration de la bataille d’Actium en 31 av. J.-C. et de la conquête de l’Egypte en 30 av. J.-C. Le crocodile et la chaîne sont le symbole de l’Egypte vaincu. Les palmettes se trouvant sous le crocodile doivent quant à elles être vues avec la grande palme et la couronne comme le symbole de la victoire d’Actium. Enfin il est fréquent, voir systématique pour la dernière phase du monnayage, que les rubans de la couronne soient remplacés par des serpents. Si leur représentation reste souvent discrète, elle est parfois très nette avec l’ajout d’un œil, en forme de cercle, de globule ou de point. Les serpents se retrouvent aussi bien sur des bronzes romains que gaulois. Si, ils font généralement références à la déesse Salus, ils est probable qu’ils soient ici une évocation du suicide de Cléopâtre. (Sources: https://as-de-nimes.pagesperso-orange.fr)