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Octave Auguste

Octave puis Auguste · Caius Octavius Thurinus · Premier Princeps · LesDioscures Octave puis Auguste Caius Octavius Thurinus · 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. · Premier Princeps · Fondateur du Principat · Iconographie numismatique Naissance 23 sept. 63 av. J.-C. · Rome Mort 19 août 14 ap. J.-C. · Nola Titre Princeps · Auguste (27 av. J.-C.) Règne 27 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. (41 ans) Monnaie Aureus CAESAR / AVGVSTVS Auguste — né Caius Octavius Thurinus le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome — est l’une des figures les plus déterminantes de l’histoire universelle. Neveu de Jules César, adopté par lui à titre posthume, il prit le nom de Caius Julius Caesar Octavianus à dix-neuf ans et entreprit de venger son père adoptif. En trente ans de manœuvres politiques et militaires d’une maîtrise sans égale, il mit fin à un siècle de guerres civiles, réforma l’État romain de fond en comble et fonda le Principat — ce régime hybride qu’il présenta comme une République restaurée mais qui était en réalité le premier Empire romain. Ce qui rend Auguste exceptionnel parmi les conquérants et les hommes d’État, c’est sa capacité à transformer la victoire militaire en légitimité durable. Là où César avait semblé trop roi, Auguste sut jouer le rôle du premier citoyen (Princeps) tout en concentrant tous les pouvoirs réels. Son règne de quarante et un ans — le plus long de l’histoire impériale romaine — vit naître la Pax Romana, l’essor de Virgile, d’Horace et d’Ovide, la construction de l’Ara Pacis et du Forum d’Auguste. Quand il mourut à Nola le 19 août 14 ap. J.-C., il dit à son entourage qu’il avait trouvé Rome de brique et l’avait laissée de marbre. « Il a bien joué la comédie de la vie. Applaudissez ! » — Auguste sur son lit de mort, à ses amis — Suétone, Vie d’Auguste, 99 — les derniers mots d’un homme qui avait fait de sa vie une mise en scène politique ✦ Représentations remarquables R1 Buste Bevilacqua d’Auguste — Glyptothèque de Munich Époque augustéenne · Marbre · Couronne civique (corona civica) · Glyptothèque de Munich (inv. 317) Buste Bevilacqua d’Auguste · Couronne civique · Époque augustéenne · Glyptothèque de Munich (inv. 317) · CC BY-SA Ce buste exceptionnel — dit « Bevilacqua » du nom de la collection vénitienne qui le posséda avant son entrée à la Glyptothèque de Munich — représente Auguste portant la couronne civique (corona civica), une couronne de chêne symbolisant la grâce accordée à un citoyen romain qui avait sauvé la vie d’un concitoyen. Auguste reçut cet honneur du Sénat pour avoir, selon la propagande officielle, « sauvé la vie des citoyens romains » en mettant fin aux guerres civiles. La confrontation de ce portrait avec les types monétaires est révélatrice. Les aureus d’Auguste montrent un profil juvénile, idéalisé, clairement inspiré des portraits d’Alexandre le Grand — une revendication de prestige universel. Ce buste traduit la même intention politique : un homme encore jeune (ou représenté tel), au regard déterminé, dont l’autorité transparaît dans la sérénité du visage plutôt que dans la puissance brute. C’est exactement le message du Principat. R2 L’Ara Pacis Augustae — L’Autel de la Paix Augustéenne 13–9 av. J.-C. · Marbre · Champ de Mars · Rome · Musée de l’Ara Pacis Ara Pacis Augustae · 13–9 av. J.-C. · Marbre · Champ de Mars, Rome · CC BY 4.0 L’Ara Pacis Augustae — l’Autel de la Paix Augustéenne — est peut-être le monument le plus éloquent du programme politique et artistique d’Auguste. Voté par le Sénat en 13 av. J.-C. pour commémorer le retour d’Auguste après ses campagnes en Hispanie et en Gaule, consacré en 9 av. J.-C., il combine en un seul monument la célébration de la paix, la légitimation dynastique et la propagande religieuse la plus sophistiquée de l’Antiquité. Les reliefs des parois extérieures représentent la procession d’Auguste et de sa famille se rendant au sacrifice — une scène qui mêle délibérément le politique et le sacré, le père de la patrie (Pater Patriae) et le chef de famille, l’immortel et le mortel. Le panneau de Tellus (ou Italia) symbolise la prospérité et la fertilité sous la protection divine de la paix augustéenne. Ce monument résume mieux qu’aucun autre la méthode d’Auguste : transformer le pouvoir en liturgie. ✦ Chronologie · 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. — D’Octave à Auguste — Naissance d’un Empire 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C. 23 septembre 63 av. J.-C. Naissance à Rome Né Caius Octavius Thurinus dans une famille équestre de Vélitrae (Latium). Son père, Caius Octavius, était préteur ; sa mère, Atia Balba Caesonia, était la nièce de Jules César. Cette connexion familiale avec César allait tout changer. Élevé à Rome dans la maison de sa grand-mère Julia, sœur de César, il fit preuve très tôt d’une intelligence et d’une santé fragile qui le rendraient méfiant toute sa vie. 44 av. J.-C. (mars–mai) Assassinat de César — L’adoption posthume Le 15 mars 44 av. J.-C., Jules César est assassiné aux Ides de Mars. Octave, 18 ans, est alors en campagne militaire à Apollonie (Illyrie). En découvrant le testament de César, il apprend qu’il est adopté et hérite des trois quarts de sa fortune. Il rentre à Rome et prend le nom de Caius Julius Caesar Octavianus. Cicéron, qui le sous-estime, le surnomme « le jeune homme » — une erreur fatale. 43 av. J.-C. (novembre) Second Triumvirat — Les proscriptions Après une brève alliance avec le Sénat contre Marc Antoine, puis retournement, Octave forme le Second Triumvirat avec Marc Antoine et Lépide (lex Titia, novembre 43 av. J.-C.). Suit une vague de proscriptions : des milliers d’opposants sont condamnés à mort, dont Cicéron — dont la tête et les mains sont exposées aux Rostres. Octave, à 20 ans, est déjà l’un des hommes les plus dangereux de Rome. 42 av. J.-C. Bataille de Philippes — Victoire sur les Républicains À Philippes (Macédoine), les triumvirs affrontent Brutus