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365AN – Quinaire Anonyme

365AN – Quinaire Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur V. Revers : L // ROMA Les Dioscures, Castor et Pollux (Les Gémeaux) à cheval, galopant à droite. Ils sont cuirassés avec le manteau flottant sur l’épaule, coiffés d’un bonnet surmonté d’une étoile, tenant chacun une javeline, au-dessous des chevaux la lettre L. British Museum 2g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-208 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 97/2 – Syd. 176 Le quinaire a été introduit vers 211-208 av. J.-C., en pleine Deuxième Guerre Punique, une période de dépenses militaires considérables pour Rome. Cette réforme monétaire visait à stabiliser l’économie romaine et à faciliter les transactions, notamment pour financer l’effort de guerre. Le denier, le quinaire et le sesterce ont été créés pour remplacer les anciennes monnaies d’argent de type grec et les lourds bronzes (aes grave). Ces monnaies sont des témoignages précieux de l’économie, de la politique et de l’art de la Rome antique. Elles permettent de comprendre les mécanismes financiers de l’époque et les messages que le pouvoir romain souhaitait véhiculer à travers ses émissions monétaires.

401AN – Quinaire Anonyme

401AN – Quinaire Anonyme Avers : L Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur V et au-dessous la lettre L. Revers : ROMA Les Dioscures, Castor et Pollux (Les Gémeaux) à cheval, galopant à droite. Ils sont cuirassés avec le manteau flottant sur l’épaule, coiffés d’un bonnet surmonté d’une étoile, tenant chacun une javeline. British Museum 2.07g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Luceria Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 98A/3 – Syd. 176a La lettre « L » que l’on trouve sur ces monnaies romaines de cette série est la marque de l’atelier monétaire de Luceria. Cette lettre est une abréviation de la ville de Luceria (aujourd’hui Lucera, en Italie du Sud), où ces pièces ont été frappées durant la deuxième guerre punique. L’utilisation de ces marques d’atelier était courante pour les monnaies émises en dehors de Rome pour financer l’effort de guerre. Le « L » identifiait donc le lieu de production de la pièce. Lieu de découverte (1 exemplaire)

426VA – Quinaire Valeria – M. Valerius Laevinus

426VA – Quinaire Valeria – M. Valerius Laevinus Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur V. Revers : (KOP) (VAL) // ROMA Les Dioscures, Castor et Pollux (Les Gémeaux) à cheval, galopant à droite. Ils sont cuirassés avec le manteau flottant sur l’épaule, coiffés d’un bonnet surmonté d’une étoile, tenant chacun une javeline. Bibliothèque nationale de France 2.05g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Corcyra Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 101/2 – Syd. 185 Marcus Valerius Laevinus (vers 260–200 av. J.-C.) était un homme politique et général romain de premier plan pendant la Deuxième Guerre punique (218–201 av. J.-C.) et la Première Guerre macédonienne. Sa carrière inclut des rôles clés tels que : Préteur en Sicile (227 av. J.-C., bien que cette information manque de référence définitive). Consul (220 av. J.-C., probablement comme consul suffect, avec un débat sur les circonstances exactes de son élection). Préteur peregrinus (215 av. J.-C.), chargé de gérer les litiges impliquant des non-Romains et de commander des forces en Apulie. Propréteur en Macédoine (214–210 av. J.-C.), où il mena des opérations contre Philippe V de Macédoine. Consul (210 av. J.-C.), période durant laquelle il géra des campagnes en Italie et en Sicile. En 211-210 av. J.-C., Laevinus était profondément impliqué dans des efforts militaires et diplomatiques en Adriatique, notamment contre la Macédoine. Il négocia des alliances avec la Ligue étolienne et Attale Ier de Pergame, captura des villes comme Zakynthos, Oeniadae et Nasos, et passa l’hiver à Corcyre (actuelle Corfou). Il assiégea également Anticyre début 210 av. J.-C. avant de rentrer à Rome après avoir appris son élection au consulat. Ses actions furent cruciales pour contrer l’influence macédonienne et sécuriser les intérêts romains dans la région.

428AN – Quinaire Anonyme

428AN – Quinaire Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur V. Revers : Q // ROMA Les Dioscures, Castor et Pollux (Les Gémeaux) à cheval, galopant à droite. Ils sont cuirassés avec le manteau flottant sur l’épaule, coiffés d’un bonnet surmonté d’une étoile, tenant chacun une javeline. Bibliothèque nationale de France 2.25g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Apulie Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 102/2a – Syd. 181a Variante 1 : Sans la lettre Q au revers et Roma coiffée d’un casque phrygien. Références : RRC 102/2b – Syd. 181a var British Museum 2.4g Variante 2 : Sans la lettre Q au revers et Roma coiffée d’un casque attique. Référence : RRC 102/2d British Museum 2.15g La lettre « Q » au revers a une signification très importante. Elle pourrait être une abréviation du prénom « Quintus ». Cette lettre est un « symbole de monétaire » (en anglais, « moneyer’s mark » ou « control mark »). Elle identifie l’un des magistrats (appelés « tresviri monetales » ou triumvirs monétaires) responsables de la frappe de la monnaie. Durant la République romaine, la production monétaire était sous la responsabilité de ces magistrats, qui étaient souvent de jeunes hommes de familles sénatoriales. Ils étaient chargés de la supervision de la frappe au nom de la République. La lettre « Q » sur cette monnaie est une abréviation de leur prénom, indiquant ainsi l’officine ou le magistrat monétaire qui a supervisé la production. Il est à noter que cette monnaie est un type « anonyme » dans le sens où il ne porte pas le nom complet du magistrat (comme on le trouvera plus tard sur les deniers), mais simplement une marque de contrôle ou un symbole qui permet de le relier à un groupe spécifique d’émissions. La lettre « Q » est l’une de ces marques, et elle distingue cette série des autres monnaies contemporaines qui portaient d’autres symboles (comme une corne d’abondance, un épi de blé, etc.) ou lettres.

430AN – Quinaire Anonyme

430AN – Quinaire Anonyme Avers : Anépigraphe Tête casquée de Rome à droite; derrière, marque de valeur V. Revers : (MT) // ROMA Les Dioscures, Castor et Pollux (Les Gémeaux) à cheval, galopant à droite. Ils sont cuirassés avec le manteau flottant sur l’épaule, coiffés d’un bonnet surmonté d’une étoile, tenant chacun une javeline. British Museum 1.91g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Apulie Datation : 211-210 avant J.C. Matière : Argent Gens : Anonyme Références : RRC 103/2a – Syd. 183 Variante 1 : Avec une mèche de cheveux sur l’épaule gauche de Roma à l’avers. Référence : RRC 103/2b British Museum 2.26g Variante 2 : Légende (TM) au revers Référence : RRC 103/2c British Museum 1.61g La légende « MT » au revers est un monogramme qui, comme souvent sur les monnaies républicaines, a fait l’objet de diverses interprétations. Contrairement aux légendes plus explicites de l’époque impériale, les monogrammes de la République romaine sont souvent ambigus et leur signification est débattue par les numismates. Dans le cas de cette monnaie et des émissions apparentées, il est probable que le monogramme « MT » fasse référence à l’atelier monétaire ou à un magistrat monétaire. Marque d’atelier monétaire : Une des interprétations possibles est que le monogramme « MT » se réfère à un atelier de frappe situé dans une ville dont le nom commence par ces lettres. Cependant, l’emplacement précis des ateliers de cette période, souvent mobiles en raison des guerres, est difficile à déterminer avec certitude. Initiales d’un magistrat monétaire : Une autre théorie, plus courante, est que le monogramme représente les initiales d’un magistrat monétaire responsable de l’émission. Ce magistrat aurait été en charge de la production des monnaies et aurait apposé ses initiales pour indiquer son rôle. Dans ce cas, « MT » pourrait signifier par exemple « Marcus Tullius » ou « Marcus Terentius », des noms de familles romaines. Michael Crawford, dans son catalogue de référence Roman Republican Coinage (RRC), classe cette monnaie comme anonyme, ce qui signifie que la signification exacte du monogramme n’est pas établie avec certitude.  En résumé, la légende « MT » est un monogramme énigmatique dont la signification précise reste incertaine, mais qui fait probablement référence à un magistrat ou à l’atelier de frappe de la monnaie.

1742JU – Quinaire Octave – Caius Julius Cæsar Octavianus

1742JU – Quinaire Octave – Caius Julius Cæsar Octavianus Avers : IMP. CAESAR (Impérator césar) Galère voguant à droite avec la voile déployée, rameurs et gouvernail. Revers : DIVI F (Divi Filius, fils du divin Jules) Victoria (la Victoire) debout à gauche, tenant une couronne de la main droite et une palme de la gauche. Bibliothèque nationale de France 2.01g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Italie Datation : 37 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RSC 1566 – B.132 (Julia) La datation de ce quinaire reste énigmatique. Elle ne figure pas dans le classement de M. Crawford et les auteurs du RIC et du BMC en plaçait la fabrication plutôt entre 30 et 27 avant J.-C. En réalité, ce quinaire serait liée à la victoire d’Agrippa sur Sextus Pompée à Nauloque en 36 avant J.-C. et peut-être à l’éviction de Lépide du deuxième Triumvirat. Descriptif de la proue de navire : Sur l’avers le navire est orienté à droite. Il comporte 9 rames, un gouvernail, un éperon à 3 lames terminée par un globe. Parfois on trouve une petit globe à l’extrémité des rames pour représenter les sabords et les rameurs sont parfois représentés par leur tête qui dépasse du plat-bord. L’aplustre présente 3 branches à la poupe et recouvre un timonier schématisé. La voile déployée présente parfois également des bandes horizontales et verticales de renforts.A la proue, à l’abri du stolos, un personnage debout tient un trident à bout de bras. La gestuelle montre que l’homme semble servir ou le brandir avec force. La Victoire ailée tient un gouvernail de la main gauche. Manifestement elle a conduit une force navale. Source : marine-antique.net Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ajoutons que, de toutes les pièces d’Octave que nous avons décrites jusqu’ici, la dernière (n. 130) est la seule sur laquelle le mot IMP. précède le nom d’Octave; nous avons constamment trouvé CAESAR IMP., sans chiffre de salutation impératoriale, bien entendu, puisqu’ Octave n’avait encore qu’une seule salutation. Sur les pièces qui vont suivre, nous trouverons au contraire IMP. CAESAR, et dans ce cas, avons-nous dit, le chiffre de l’impératoral ne figure jamais. Si, par exception, on lit CAESAR IMP., le mot IMP. est toujours suivi d’un chiffre. C’est faute d’avoir observé ces règles que la confusion la plus grande a régné jusqu’ici dans la chronologie des monnaies d’Octave et d’Auguste.

1723AN – Quinaire Marc Antoine et Octave

1723AN – Quinaire Marc Antoine et Octave Avers : III·VIR – R·P·C (Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Triumvir pour la restauration de la République) Tête voilée et diadémée de Concordia (la Concorde) à droite. Revers : M·ANTON·C·CAESAR (Marcus Antonius Caius Cæsar, Marc Antoine Caius César) Deux mains jointes tenant un caducée. British Museum 1.74g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Gaule Datation : 39 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Antonia et Julia Références : RRC 529/4b – B.42 (Antonia) – Syd. 1195 Le Quinaire de la Concorde – Le Pacte de Brindes Contexte Historique : L’Équilibre Fragile de 39 av. J.-C. Ce quinaire est frappé dans un climat de soulagement après des années de guerres civiles. En 40 av. J.-C., l’affrontement entre Marc Antoine et Octave semble imminent (Guerre de Pérouse). Cependant, la médiation de leurs lieutenants mène au Traité de Brindes. Pour sceller cette paix, Antoine épouse Octavie, la sœur d’Octave. Cette monnaie, émise en 39 av. J.-C., est l’outil de propagande par excellence de cette réconciliation officielle. Elle s’adresse particulièrement aux vétérans et aux légions, pour qui le quinaire servait souvent de solde de base, leur signifiant que l’heure n’est plus au combat fratricide mais à l’unité. Analyse Symbolique : L’Iconographie de l’Union L’Avers : Concordia (La Concorde) Description : Tête voilée et diadémée de la Concorde à droite. Symbolisme : La divinité choisie est fondamentale. La Concordia n’est pas seulement la paix, c’est l’entente civile et politique. Le voile souligne le caractère sacré et solennel du pacte conclu entre les deux triumvirs. La légende III·VIR·R·P·C rappelle leur légitimité constitutionnelle : ils sont les « Triumvirs pour la restauration de la République ». Le Revers : Les Dextrarum Iunctio (Mains Jointes) Description : Deux mains jointes (droites) tenant un caducée ailé. Symbolisme : * Les Mains Jointes : C’est le symbole universel de la Fides (la loyauté) et de l’alliance. Dans le contexte de 39 av. J.-C., elles représentent physiquement le pacte entre Antoine et Octave. Le Caducée : Attribut de Mercure, il symbolise ici la félicité publique, la fin des privations et la reprise du commerce. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, c’est le retour de la prospérité. Légende : M·ANTON·C·CAESAR. La mention conjointe des deux noms, sans distinction hiérarchique, affirme l’égalité apparente des deux hommes à ce moment précis de l’histoire. Importance pour le Collectionneur et le Chercheur Ce quinaire est une pièce charnière. Sur LesDioscures.com, cette émission (référencée 1723AN dans notre base) illustre parfaitement la transition entre la République mourante et l’émergence du futur Principat. Elle est le témoin numismatique d’une « paix armée » : si les symboles parlent de concorde, la réalité du terrain reste celle d’un partage du monde romain (l’Orient pour Antoine, l’Occident pour Octave) qui mènera, une décennie plus tard, à l’affrontement final d’Actium. Variante : Légende du revers différente. Revers : M·ANTON·C·CAESAR·IMP (Marcus Antonius Caius Cæsar, Marc Antoine Caius César) Référence : RRC 529/4a CNG 1.58g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Quelquefois, on voit un épi qui émerge sous le voile de la Concorde, au-dessus de la couronne de la déesse. Cavedoni pense que cet épi rappelle l abondance qui régna à Rome à la suite de la paix de Brindes, l ‘an 715 (39 av. J.-C.). Mais les légendes de la pièce n autorisent en rien cette conjecture, et nous pensons qu’il vaut mieux placer ce quinaire vers 711 ou dans les années qui suivent, à côté des deniers qui portent les mêmes inscriptions. Lieux de découverte (82 exemplaires)

1654JU – Quinaire Brutus – Marcus Junius Brutus

1654JU – Quinaire Brutus – Marcus Junius Brutus Avers : LEIBERTAS Tête de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Anépigraphe  Gouvernail posé sur une ancre. British Museum 1.72g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Thrace ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Junia Références : RRC 506/3 – B.33 (Junia) – Syd.1288 Le symbolisme et le contexte historique de ce quinaire sont indissociables de la période de guerre civile qui suit l’assassinat de Jules César. Cette monnaie est un puissant outil de propagande au service de la cause républicaine. 1. Le Contexte Historique : La résistance des « Libérateurs » Cette pièce est frappée vers 43-42 av. J.-C., au moment où Brutus et Cassius ont quitté l’Italie pour l’Orient (Grèce et Asie Mineure). L’armée de la République : Contrairement aux monnaies frappées à Rome par le Sénat, celle-ci est issue d’un atelier militaire itinérant. Elle servait principalement à payer les légions et les mercenaires levés par Brutus pour affronter les héritiers de César (Marc Antoine et Octave). La préparation de Philippes : Ce quinaire circule juste avant la bataille décisive de Philippes (octobre 42 av. J.-C.). Il représente l’ultime effort financier et idéologique pour maintenir l’idéal de la République romaine face à la montée du pouvoir personnel. 2. Le Symbolisme du Droit : La Liberté (Libertas) Le choix de la figure de Libertas est hautement politique : Légitimation du tyrannicide : En plaçant la Liberté sur leurs monnaies, Brutus et ses alliés cherchent à justifier le meurtre de César. Ils ne se voient pas comme des assassins, mais comme des Liberatores. Continuité familiale : Pour Brutus, ce symbole est aussi personnel. Ses ancêtres (notamment Lucius Junius Brutus) étaient réputés avoir chassé les derniers rois de Rome. L’inscription LEIBERTAS (avec une orthographe archaïsante) renforce ce lien avec les traditions anciennes de la République. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Gouvernail et l’Ancre Contrairement à beaucoup de monnaies romaines qui illustrent des victoires terrestres, le revers du RRC 506/3 est purement maritime : La maîtrise des mers : Brutus et Cassius possédaient une supériorité navale écrasante en Méditerranée orientale. Le gouvernail et l’ancre croisés symbolisent le contrôle des routes de ravitaillement et la capacité de l’armée républicaine à se déplacer librement entre la Grèce et l’Asie. Stabilité et Sécurité : L’ancre représente la stabilité de l’État (la Res Publica) que les républicains prétendent protéger, tandis que le gouvernail évoque la direction sage et traditionnelle de la cité, par opposition au « naufrage » que représenterait une dictature. Synthèse Cette monnaie est une pièce maîtresse pour comprendre la communication de crise de Brutus. Elle ne se contente pas d’avoir une valeur marchande ; elle est un manifeste portatif rappelant à chaque soldat et citoyen que le combat de Brutus est celui de la liberté contre l’oppression. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caepio Brutus Ce personnage célèbre était fils de M. Junius Brutus et de Servilia, soeur de Q. Servilius Caepio. Né dans l’automne de l’an 666 (8e av. J.-C.), il fut adopté par son oncle Q. Servilius Caepio, et c’est en raison de cette adoption qu’on voit figurer sur les monnaies de Brutus des souvenirs de la gens Servilia. Sur ses espèces, qu ‘il fit frapper, soit comme proconsul soit comme imperator, il prend simplement le nom de Brutus ou celui de Q. Caepio Brutus. En 705 (49 av. J.-C.), lorsqu’éclata la guerre civile entre César et Pompée, Brutus, bien que démocrate, se déclara pour le parti aristocratique; l’année suivante, il se distingua à Dyrrachium contre les troupes de César; après Pharsale il ne dut son salut qu’à la clémence du vainqueur. Réfugié à Larissa, il résolut de quitter le parti pompéien et il écrivit à César pour solliciter son pardon. Non seulement il l’obtint, mais dès l’an 708, il fut nommé gouverneur de la Gaule Cisalpine. Rentré à Rome l’année suivante, il répudia sa femme Claudia pour épouser Porcia, soeur de Caton. En 710 (44 av. J.-C.). Brutus était préteur urbain et César lui avait promis le gouvernement de la Macédoine ; il ne s’en joignit pas moins à C. Cassius pour conspirer contre la vie du dictateur qui tomba sous le poignard des assassins le 15 mars 710 (44 av. J.-C.). Le Sénat pardonna aux meurtriers, mais l’ attitude de Marc Antoine fit comprendre à Brutus que le futur triumvir se disposait à venger le dictateur. Brutus partit pour Athènes avec l ‘intention de prendre possession du gouvernement de la Macédoine dont il s ’empara grâce au secours en argent que lui fournit le questeur M. Appuleius. Maisle Sénat avait, dans l’intervalle, assigné la Macédoine à Marc Antoine qui y envoya son frère, C. Antonius, en qualité de préteur, mais avec les pouvoirs proconsulaires ; ce dernier tomba entre les mains de Brutus qui le fit mettre à mort. D’autre part, Octave, en août 711 (43 av. J.-C.), obtint du Sénat la condamnation des meurtriers de César. La guerre était devenue nécessaire : Brutus prit le titre d’ imperalor et fit, à Sardes, sa jonction avec Cassius. On se battit d’abord sur mer, et finalement, dans l’automne de 712 (42 av. J.-C.), à Philippes, où Brutus et Cassius furent vaincus. Brutus désespéré se perça de son poignard. Les emblèmes qui figurent sur les monnaies de Brutus rappellent que le tyrannicide se prétendait le restaurateur de la liberté du peuple romain. Tantôt son nom n’est suivi d’aucun titre ; tantôt il prend, comme C. Cassius, le titre de proconsul ; celles-ci ont été frappées en Macédoine par le proquesteur L. Sestius. Tantôt enfin, Brutus prend le titre d’imecrator ; ces dernières sont frappées par ses lieutenants en Orient, avant la bataille de Philippes : P. Cornélius Lentulus Spinther, C. Flavius Hemicillus, Pedanius Costa, L. Plaetorius Cestianus, M. Servilius, et C. Servilius Casca. Lieux de découverte (5 exemplaires)

1644JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius

1644JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Proquaestor) Chaise de Questeur, un modius entre les pieds. Revers : Q. CAEPIO BRVTVS PRO COS (Quintus Caepio Brutus, Proconsul) Trépied entre le simpulum et l’apex. British Museum 1.72g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Thrace ou Macédoine? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sestia et Junia Références : RRC 502/4 – B.39 (Junia) – Syd.1292 Le symbolisme et le contexte historique de ce quinaire sont essentiels pour comprendre la propagande de la fin de la République romaine. Comme souligné par des experts numismates, cette monnaie n’est pas qu’un simple moyen de paiement pour les troupes, mais un véritable manifeste politique. 1. Contexte Historique : La Guerre des Libérateurs (43-42 av. J.-C.) Ce quinaire est frappé par un atelier monétaire mobile qui suit Brutus en Orient (Grèce et Asie Mineure). Après l’assassinat de Jules César, Brutus et Cassius ont fui Rome et tentent de lever une armée pour affronter Octave et Marc Antoine. L’autorité : La monnaie est émise sous la responsabilité de Lucius Sestius, proquesteur de Brutus. Sestius était un fidèle parmi les fidèles, illustrant la cohésion du camp républicain. Légitimité : En se désignant comme PRO COS (Proconsul), Brutus affirme qu’il détient un commandement légal octroyé par le Sénat, par opposition aux triumvirs qu’il considère comme des usurpateurs. 2. Symbolisme de l’Avers : L’Administration et le Peuple L’avers présente des symboles civils et administratifs : La Sella Curulis (chaise curule) : C’est le symbole par excellence du pouvoir magistral romain. Elle rappelle que Brutus agit au nom de la loi et des institutions républicaines. Le Modius (boisseau à grain) : Ce symbole est lié à l’annone (le ravitaillement en blé). Il suggère que Brutus veille au bien-être du peuple et de ses soldats, un message crucial pour s’assurer de la loyauté des populations civiles en période de guerre civile. 3. Symbolisme du Revers : La Piété et la Tradition Le revers est purement religieux et traditionnel : Le Trépied : Attribut d’Apollon, il symbolise la prophétie mais aussi l’un des collèges sacerdotaux. Le Simpulum (louche rituelle) et l’Apex (bonnet de flamine) : Ces objets font partie de l’attirail des pontifes romains. Le message : En affichant ces instruments, Brutus souligne son appartenance au collège des Pontifes. C’est une manière de dire que les dieux sont de son côté. Dans le monde romain, la Pietas (le respect des dieux et des ancêtres) est la base de la légitimité politique. Contrairement à César qui se divinisait, Brutus se présente comme le protecteur des rites ancestraux de la République. En résumé Ce quinaire est une pièce de communication de crise. Il cherche à rassurer les troupes et les citoyens sur deux points : Légalité : Brutus est un magistrat légitime (Sella, Proconsul). Moralité : Brutus est un homme pieux respectant les traditions (Trépied, Apex, Simpulum). C’est une réponse directe à la propagande d’Octave, montrant que les « Libérateurs » ne sont pas des assassins en fuite, mais les derniers remparts de l’ordre républicain. Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des Sestii qui ait inscrit son nom sur les médailles. servit en Macédoine dans l’armée de M.

1643JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius

1643JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Proquaestor, L. Sestius pro questeur) Buste voilé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q. CAEPIO BRVTVS PRO COS (Quintus Caepio Brutus, Proconsul) Victoire avançant à droite avec branche de palmier et couronne. British Museum 1.8g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Thrace ou Macédoine? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sestia et Junia Références : RRC 502/3 – B.38 (Junia) – Syd.1291 Ce quinaire est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé dans un moment de basculement historique. 1. Le Contexte Historique : La « Cause des Libérateurs » Cette pièce a été frappée entre 43 et 42 av. J.-C., une période de guerre civile intense après l’assassinat de Jules César. L’autorité : Elle est émise par Lucius Sestius (Proquaestor) pour Marcus Junius Brutus (Proconsul). Le lieu : L’atelier était mobile, accompagnant l’armée républicaine en Thrace ou en Macédoine. L’enjeu : Brutus et Cassius préparaient leur ultime affrontement contre les héritiers de César (Marc Antoine et Octave) qui culminera à la bataille de Philippes. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La tête de Libertas La figure de Libertas (la Liberté) est le pilier idéologique du camp de Brutus. Le voile et le drapé : Ils confèrent à la divinité une dignité religieuse et solennelle. Le message : En plaçant Libertas sur ses monnaies, Brutus justifie le meurtre de César non pas comme un crime, mais comme un acte sacré de libération. Il se présente comme le restaurateur de la « Libertas » républicaine face à la « Dominatio » (la tyrannie) du dictateur. Héritage familial : Brutus aimait rappeler qu’il descendait de Lucius Junius Brutus, celui qui avait chassé les rois de Rome en 509 av. J.-C. 3. Le Symbolisme du Revers : La Victoire (Victoria) La Victoire marchant avec une couronne et une palme est un symbole prophétique. La Couronne et la Palme : Ce sont les attributs classiques du triomphe. En les affichant, Brutus proclame sa certitude de vaincre les triumvirs. Lien avec la flotte : Certains chercheurs, cités par LesDioscures.com, suggèrent que ces types (Victoire sur un quinaire) pourraient spécifiquement commémorer des succès navals des Républicains ou exalter la fidélité des marins à la cause de la République. 4. L’importance de Lucius Sestius Le nom de L. SESTIUS apparaît sur l’avers. Fils de Publius Sestius (défendu par Cicéron), il était un ami proche de Brutus. Le saviez-vous ? Son attachement à Brutus était tel qu’il conserva ses portraits même après sa défaite. Malgré cela, sa valeur était telle qu’Auguste lui pardonna et le nomma consul en 23 av. J.-C., signe de la réconciliation progressive des élites romaines. Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des Sestii qui ait inscrit son nom sur les médailles. servit en Macédoine dans l’armée de M. Brutus; c ‘est dans cette campagne qu’il frappa les monnaies qui le désignent sous le nom de proquaestor: son collègue fut C. Norbanus Flaccus. C’était après le meurtre de Jules César en 710 (44 av. J.-C.) et avant la bataille de Philippes en septembre 712 (42 av. J.-C.). Après la mort de M. Brutus,