1424SI – Denier Sicinia – Quintus Sicinius

1424SI – Denier Sicinia – Quintus Sicinius Avers : Q. SICINIVS – III. VIR (Quintus Sicinius Triumvir, Quintus Sicinius, magistrat monétaire) Tête diadémée d’Apollon à droite. Revers : C. COPONIVS – PR. S. C (Caius Coponius Prætor Senatus Consulto, Caius Coponius préteur avec l’accord du Sénat) Massue d’Hercule surmontée de la léonté, dont le tête est de profil, accostée d’un arc à droite et d’une flèche à gauche. British Museum 4g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Itinérant avec Pompée Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sicinia et Coponia Références : RRC 444/1a – B.1 (Sicinia) L’émission de ce denier est le résultat d’une collaboration unique entre deux magistrats romains aux rôles distincts, unis par leur allégeance à Pompée le Grand lors de la guerre civile de 49 av. J.-C. Voici les informations détaillées sur ces deux figures monétaires : 1. Quintus Sicinius (Le Monétaire) Quintus Sicinius occupe la fonction de triumvir monétaire (III. VIR), le magistrat officiellement responsable de la frappe des monnaies à Rome. Origine : Il appartient à la gens Sicinia, une famille plébéienne ancienne et célèbre pour son activisme en faveur des droits du peuple (notamment lors de la première sécession de la plèbe). Rôle historique : Il est le dernier monétaire régulier avant que Jules César ne s’empare de Rome. Fidèle au Sénat et à Pompée, il refuse de servir César et choisit l’exil. Symbolique : Sur les monnaies qu’il frappe juste avant de quitter Rome (RRC 440/1), il utilise la tête de la Fortune (Fortuna Populus Romanus), symbolisant son espoir en la victoire pompéienne. 2. Gaius Coponius (Le Préteur) Bien que Sicinius soit le graveur/responsable technique, le nom de Gaius Coponius apparaît sur le revers avec le titre de Préteur (PR). Statut : Sa présence est exceptionnelle car un préteur ne supervise normalement pas la frappe des monnaies. Son nom sert ici de garantie légale : il atteste que la monnaie est frappée « par décret du Sénat » (S.C – Senatus Consulto). Carrière militaire : Coponius était un partisan convaincu de Pompée. En 49 av. J.-C., il commande la flotte rhodienne pour le compte des Pompéiens. César, dans ses écrits (Guerre Civile), mentionne d’ailleurs que Coponius a harcelé sa flotte et rendu sa traversée de l’Adriatique extrêmement périlleuse. Survie : Bien que proscrit en 43 av. J.-C., il parvient à obtenir le pardon de Marc Antoine et finit sa vie comme un sénateur respecté sous le règne d’Auguste. Pourquoi deux noms sur une seule pièce ? Cette association souligne le caractère exceptionnel et militaire de l’émission : Légitimité : En associant un magistrat monétaire (Sicinius) et un haut magistrat de l’État (le préteur Coponius), le camp de Pompée voulait démontrer qu’il incarnait la seule autorité légale de la République face à « l’usurpateur » César. Atelier Mobile : Contrairement aux émissions précédentes de Sicinius frappées à Rome, le RRC 444/1 a été frappé dans un atelier itinérant en Orient (probablement à Éphèse ou en Grèce), suivant le déplacement des troupes pompéiennes. Le message porté par ce denier est un acte de propagande politique et religieuse d’une intensité rare. En 49 av. J.-C., alors que César vient de franchir le Rubicon, cette monnaie n’est pas qu’un simple moyen de paiement : c’est un manifeste de résistance. Voici les trois axes principaux du message véhiculé par cette pièce : 1. Le message de la Légitimité (Le « Vrai » État) C’est le message le plus crucial. En inscrivant la mention S·C (Senatus Consulto — « Par décret du Sénat »), Pompée et les monétaires Sicinius et Coponius affirment que : Ils sont la République : Bien qu’ils aient fui Rome, ils prétendent emporter avec eux la légalité républicaine. César est un hors-la-loi : En frappant cette monnaie avec l’aval officiel d’un préteur (C. COPONIVS PR), ils désignent César comme un usurpateur qui occupe Rome illégalement. 2. Le message de la Protection Divine (Apollon) L’utilisation de la tête d’Apollon au droit (recto) n’est pas fortuite : La Prophétie : Apollon est le dieu de la divination. Ce choix suggère que les oracles sont favorables à la cause du Sénat. L’Ordre contre le Chaos : Apollon représente l’harmonie et l’ordre civilisé face à la violence de la guerre civile déclenchée par César. C’est une promesse de retour à la paix et à la tradition. Lien avec l’Orient : Pompée étant basé en Grèce et en Asie Mineure à ce moment, Apollon (dieu très honoré en Orient) symbolise aussi le soutien des provinces orientales à son armée. 3. Le message de la Force et de la Libération (Hercule) Le revers, montrant la massue d’Hercule recouverte de la peau de lion, flanquée d’un arc et d’une flèche, porte un message guerrier : Le Libérateur : Hercule est le héros qui débarrasse le monde des monstres et des tyrans. Ici, le « monstre » à abattre est implicitement Jules César. L’Invincibilité : La massue et la peau de lion sont les attributs de la force brute et de l’invulnérabilité. C’est un message de confiance destiné aux soldats de Pompée : leur cause est juste et leur force est celle d’un demi-dieu. Tradition Stoïcienne : À cette époque, de nombreux membres de l’élite sénatoriale voyaient en Hercule le modèle de la vertu stoïcienne, accomplissant son devoir malgré les épreuves. En résumé Le message de cette monnaie est une déclaration de guerre idéologique : « Nous sommes les défenseurs légitimes de Rome, protégés par Apollon et forts comme Hercule. Bien que nous ayons quitté la ville, la loi et la vertu sont dans notre camp. » Variante 1 avec la tête de la léonté qui n’est plus de profil mais de face Références : RRC 444/1b – Syd.939b British Museum 3.93g Variante 2 avec la tête d’Apollon tournée à gauche Références : RRC 444/1c – Syd.940 British Museum 3.83g Variante 3 avec la tête de la léonté qui n’est plus de profil mais de face et sans légende Bibliothèque nationale de France 4.03g Bibliothèque nationale de France 4.03g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest
1420SI – Denier Sicinia – Quintus Sicinius

1420SI – Denier Sicinia – Quintus Sicinius Avers : FORT / P. R (Fortuna Populus Romanus, La Fortune du peuple romain) Tête diadémée de la Fortune à droite avec boucles d’oreilles. Revers : Q. SICINIVS / III – VIR (Quintus Sicinius Triumvir, Quintus Sicinius triumvir monétaire) Palme et caducée posés en sautoir surmontés d’une couronne. British Museum 3.9g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gens : Sicinia Références : RRC 440/1 – B.5 (Sicinia) – Syd.938 Quintus Sicinius est un personnage clé de la numismatique de la fin de la République romaine, bien que sa vie en dehors de ses activités monétaires soit peu documentée. Son action se concentre sur l’année charnière 49 av. J.-C., au moment où la guerre civile entre Jules César et Pompée éclate. 1. Son rôle de Triumvir Monetalis Quintus Sicinius occupait la fonction de III VIR (Triumvir Monetalis), un collège de trois jeunes magistrats responsables de la frappe des monnaies à Rome. Il appartient à la Gens Sicinia, une famille d’origine plébéienne ancienne et respectée, connue pour avoir produit plusieurs tribuns de la plèbe par le passé. 2. Le « dernier » monnayeur républicain à Rome La frappe de ce denier est historiquement significative : Contexte : Elle a été réalisée au début de l’année 49 av. J.-C., juste avant que Jules César ne s’empare de Rome après avoir franchi le Rubicon. Légitimité : En tant que partisan du Sénat et de Pompée, Sicinius a utilisé l’atelier monétaire officiel de la Ville (l’Urbs). C’est l’un des tout derniers monnayages réguliers émis à Rome avant que César ne prenne le contrôle du Trésor public (Aerarium). 3. L’exil et le second monnayage (RRC 444) Face à l’avancée rapide des troupes césariennes, Quintus Sicinius a quitté Rome pour rejoindre le camp de Pompée en Grèce ou en Orient. Il continue alors de battre monnaie pour la cause pompéienne, mais cette fois-ci dans un atelier itinérant (ou en Orient, possiblement à Éphèse). Il s’associe au préteur C. Coponius pour émettre le denier RRC 444/1 (représentant la tête d’Apollon au droit et la massue d’Hercule au revers). Ce monnayage servait à financer la flotte et les troupes de Pompée en exil. Le message véhiculé par ce denier est un acte de propagande politique subtile. En 49 av. J.-C., alors que l’Italie tremble devant l’approche des légions de César, Quintus Sicinius utilise l’imagerie monétaire pour rassurer les citoyens et affirmer la légitimité du Sénat. Selon les analyses disponibles sur LesDioscures.com, le message peut être décomposé en trois axes principaux : 1. La Protection Divine : Fortuna Populi Romani Le choix de Fortuna P.R. (la Fortune du Peuple Romain) au droit n’est pas anodin. Le message : « Le destin de Rome est entre les mains de la divinité qui a toujours protégé la cité. » Le contexte : En période de guerre civile, invoquer la Fortune du Peuple Romain (et non celle d’un général en particulier) souligne que la légitimité réside dans les institutions républicaines et le peuple, face à ce qui est perçu comme l’ambition personnelle de César. 2. La Promesse de Paix et de Prospérité Le revers associe trois symboles puissants : le caducée, le rameau de palmier et la couronne de laurier. Le Caducée (Mercure) : Il symbolise la paix, la concorde et la reprise du commerce. Le message est : « Le Sénat garantit la stabilité économique. » Le Palmier et le Laurier : Ce sont des symboles de victoire. L’ensemble : L’association du caducée et de la palme (souvent croisés en « sautoir ») suggère que la victoire (palme) mènera à la paix (caducée). C’est un message d’espoir destiné à stabiliser l’opinion publique alors que la panique gagne Rome. 3. La Légitimité Institutionnelle Contrairement aux monnaies que César frappera peu après (souvent centrées sur sa propre gloire ou ses ancêtres), le denier de Sicinius reste strictement institutionnel. La mention III VIR rappelle que la monnaie est émise par un magistrat régulièrement élu selon les lois ancestrales (mos maiorum). C’est un message de continuité républicaine : malgré la crise, les institutions fonctionnent encore. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sicinia est très anciennement illustre dans l’histoire de la république. Un de ses ancêtres, L. Sicinius Bellutus, fut le chef des plébéiens lors de leur retraite sur le mont Sacré, en 160 (494 av. J.-C.). Un seul des membres de la gens Sicinia, Q. Sicinius, a frappé monnaie: il fut triumvir en 705 (49 av. J.-C.). C’est peut être le personnage mentionné par Cicéron, seulement par son gentilicium Sicinius, en 703 (51 av. J.-C.).Un de ses deniers porte, avec son nom, celui du préteur C. Coponius, à cause des circonstances anormales au milieu desquelles eut lieu l’émission. C’était pendant la guerre civile entre César et Pompée. Ce dernier, qui avait fui en Orient avec le Sénat et toutes ses forces militaires, avait confié une partie de sa flotte au préteur C. Coponius, qui vint mouiller avec ses vaisseaux sur la côte de la Carie et de l’île de Rhodes. Là, obligé de battre monnaie pour solder ses troupes, il en chargea un des membres du collège monétaire de cette année, qui l’accompagnait, Q. Sicinius. Celui-ci, qui n’était que magistrat urbain de Rome, dut se soumettre à une condition essentielle pour que les nouvelles espèces pussent avoir cours légal et être accréditées dans le commerce de l’Orient : il fallut mentionner qu’elles étaient frappées par l’autorité du préteur qui commandait les troupes, et en outre par l’autorité du sénat. Émises dans l’atelier d’Alinda de Carie, la plupart de ces pièces reproduisent au revers le type monétaire principal de cette ville : la peau de lion posée sur la massue d’Hercule. Quant à la tête d’Apollon, c’est le type ordinaire des monnaies d’autres villes de Carie comme Alabanda et Antioche: nul doute qu’on ait aussi voulu imiter ces pièces grecques. Nous avons pu de même constater que d’autres monétaires Pompéiens avaient copié le type des monnaies des villes