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Diana Planciana : Entre dévotion privée et rayonnement public

Dans le panthéon romain, les divinités revêtent souvent des épithètes liées à leurs fonctions ou à leurs lieux de culte. Cependant, il arrive qu’une divinité soit étroitement liée à une lignée humaine. C’est le cas de Diana Planciana, une figure fascinante qui illustre parfaitement comment les grandes familles de la République romaine, comme la Gens Plancia, utilisaient la religion pour affirmer leur prestige.

L’Énigme d’un nom : Pourquoi « Planciana » ?

L’appellation Diana Planciana désigne une forme spécifique de la déesse Diane dont le culte était entretenu ou fondé par la famille des Plancii. Originaire d’Atina, dans le Latium, cette famille a cherché à ancrer son influence à Rome par la construction d’un sanctuaire dédié à sa protectrice.

Ce type de « propriété » religieuse n’était pas rare à Rome, mais il témoigne de l’importance du patronage dans la vie civique. En honorant Diane sous ce titre, la famille Plancia s’assurait non seulement la faveur divine, mais marquait également le paysage urbain de Rome de son empreinte indélébile.

Denier Plancia – Cnæus Plancius

Le témoignage de la monnaie : Le denier de 55 av. J.-C.

La preuve la plus éclatante de l’existence de ce culte nous vient de la numismatique. En 55 av. J.-C., Gnaeus Plancius, agissant en tant qu’édile curule, fait frapper un denier d’argent resté célèbre :

  • À l’avers : Le buste d’une figure féminine identifiée comme Diana Planciana. Elle porte un petasus (chapeau de voyageur), une parure élégante et un arc sur l’épaule.

  • Au revers : Une chèvre sauvage de Crète, accompagnée d’un arc et d’un carquois.

L’utilisation du petasus est ici remarquable. Habituellement réservé à Mercure, il souligne ici le caractère mobile ou « voyageur » de la déesse, peut-être en référence aux services rendus par Plancius hors d’Italie, notamment en Macédoine et en Crète.

Topographie romaine : Le sanctuaire du Quirinal

Au-delà des pièces de monnaie, Diana Planciana possédait son propre lieu de culte à Rome. Les recherches archéologiques et les inscriptions épigraphiques situent son sanctuaire sur la colline du Quirinal (plus précisément sur le collis Latiaris).

Des inscriptions mentionnent un aedituus (gardien de temple) spécifiquement attaché à la Diana Planciana. Ce détail confirme que le temple n’était pas une simple chapelle privée, mais une institution reconnue, intégrée à la géographie religieuse de la Ville Éternelle.

Conclusion : Un symbole de transition

Diana Planciana est le reflet d’une époque où le sacré et le politique étaient indissociables. Elle incarne la transition entre la piété traditionnelle et l’affirmation des grandes personnalités de la fin de la République. À travers elle, la Gens Plancia ne vénérait pas seulement une divinité de la chasse, mais célébrait sa propre ascension au cœur de l’État romain.

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