Pétase
Chapeau du Voyageur · Hermès / Mercure · Thessalie · Numismatique romaine
Bien plus qu’un simple chapeau, le pétase (πέτασος, petasos en grec ancien) était un marqueur social et un accessoire pratique emblématique de la Grèce antique. Originaire de Thessalie, reconnaissable à ses bords larges et à sa couronne basse, il est indissociable de l’image du voyageur et du messager.
Sa plus grande postérité, il la doit à son association avec le dieu Hermès — Mercure chez les Romains — dont les représentations ailées ont fait du pétase un symbole universel de rapidité, de commerce et de communication libre. Sa présence sur le denier Mamilia en fait l’une des illustrations les plus belles de ce motif dans la numismatique républicaine.
« L’ensemble chlamyde et pétase est devenu l’archétype de l’équipement de route antique — celui du voyageur libre, non contraint par la cité, mobile sous tous les cieux de la Méditerranée. »
— Christopher Mérat, Pétase, LesDioscures.com
Le pétase se distingue par sa forme caractéristique : une couronne basse couvrant le crâne, associée à de larges bords plats qui offraient une protection efficace contre le soleil ardent ou la pluie. Fabriqué en feutre, en cuir ou en paille, il était conçu pour être à la fois porté et transporté.
L’utilité pratique du pétase en fit rapidement le couvre-chef de prédilection des hommes qui passaient du temps à l’extérieur :
L’ensemble chlamyde et pétase est devenu l’archétype de l’équipement de route antique. Ces deux vêtements thessaliens — le manteau court et le chapeau à bords larges — formaient un système cohérent pour l’homme en déplacement : protection du corps contre le vent et la pluie (chlamyde), protection de la tête contre le soleil et la chaleur (pétase). Leur association fréquente dans l’iconographie grecque et romaine en a fait un code visuel immédiatement lisible : cet homme est en voyage.
C’est sans doute par son association avec une divinité majeure que le pétase a atteint sa plus grande postérité. Le dieu Hermès (Mercure chez les Romains) — messager des dieux, protecteur des voyageurs, des bergers et des commerçants — est presque toujours représenté portant le pétase ailé (petasos alatus).
Ces petites ailes fixées sur les bords du chapeau symbolisent :
Cette iconographie a figé le pétase dans l’imaginaire collectif comme l’emblème du mouvement et de la communication — une association si forte qu’elle a traversé les siècles jusqu’à nos représentations modernes d’Hermès/Mercure.
Ce denier serratus (dentelé) offre une composition iconographique d’une remarquable cohérence. L’avers, avec le buste de Mercure coiffé du pétase ailé et le caducée derrière, présente les deux attributs principaux du dieu messager. Le revers évoque la légende d’Ulysse reconnu par son chien Argos — scène tirée de l’Odyssée qui fait allusion à la filiation légendaire de la gens Mamilia avec Mercure, par l’intermédiaire d’Ulysse.
En effet, la légende généalogique des Mamilii les rattachait à Telegonus, fils d’Ulysse et de Circé, lui-même fils d’Hermès par sa mère. Ce denier est donc un témoignage exceptionnel de la façon dont les grandes familles romaines construisaient leur légitimité à travers des filiations mythologiques avec les dieux.
- Homère, Odyssée, XVII, 291–327 — Récit d’Ulysse reconnu par son vieux chien Argos, scène représentée au revers du denier Mamilia.
- Homère, Hymnes Homériques, IV (À Hermès) — Description du pétase ailé et des talaria d’Hermès, emblèmes de sa fonction de messager.
- Hésiode, Théogonie — Généalogie d’Hermès et de ses descendants, dont Autolycus, ancêtre maternel d’Ulysse.
- Bonfante, L. & Jacker, C., Out of Etruria — Influence étrusque sur les vêtements romains, dont le pétase adopté via la Thessalie.
- Babelon, E., Description des Monnaies de la République Romaine — Gens Mamilia, généalogie mythologique et iconographie du denier serratus.
- Crawford, M.H., Roman Republican Coinage, Cambridge University Press, 1974 — RRC 362/1 (Mamilia).
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