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1534JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1534JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée et voilée de César tournée à droite. Revers : P SEPVLLIVS MACER (légende MACER écrite du haut vers le bas) (Publius Sepullius Macer) Vénus debout à gauche, tenant une Victoriola de la main droite et un sceptre de la gauche, au bas du sceptre un bouclier. CNG 3.85g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/12 – B.50 (Julia) – Syd.1073 Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans les derniers jours de la République romaine. Son symbolisme reflète l’aboutissement de l’ascension de Jules César et la rupture définitive avec les traditions républicaines.   1. Le Portrait : Une Rupture Taboue Pour la première fois dans l’histoire de Rome, un homme vivant fait figurer son portrait sur une monnaie. L’influence hellénistique : Ce geste était perçu comme une dérive monarchique insupportable pour l’élite sénatoriale. Seuls les rois d’Orient (les successeurs d’Alexandre) osaient cet acte d’auto-glorification. Le réalisme : Contrairement aux portraits idéalisés, César est ici représenté avec un réalisme frappant (cou décharné, rides de vieillesse), ce qui souligne son autorité d’homme d’État expérimenté. 2. Le Voile (Capite Velato) et le Pontifex Maximus Sur le type 480/12, la tête de César est voilée. Signification religieuse : Le voile indique que César agit en tant que Pontifex Maximus (Grand Pontife), le chef suprême de la religion romaine. Légitimation : En se montrant ainsi, il ne se présente pas seulement comme un chef militaire, mais comme le médiateur sacré entre les dieux et le peuple romain. Cela suggère une piété irréprochable au moment même où il s’approprie tous les pouvoirs civils. 3. La Légende : DICT PERPETVO C’est sans doute le symbole le plus explosif de la pièce. Le titre : Le titre de Dictator Perpetuo (Dictateur à vie) est accordé à César en février 44 av. J.-C. Le message politique : Ce titre annule le principe républicain de la dictature temporaire (normalement limitée à 6 mois). C’est l’aveu que la République est morte et que César ne rendra jamais ses pouvoirs. Pour ses assassins, cette légende était la preuve ultime de sa tyrannie. 4. Le Revers : Vénus Victrix Le revers montre Vénus Victrix (Vénus la Victorieuse) tenant une petite Victoire ailée. Ascendance Divine : César revendique une descendance directe de Vénus à travers son ancêtre Iule (le fils d’Énée). En affichant Vénus sur ses pièces, il affirme que son pouvoir n’est pas seulement politique, mais qu’il est « dans son sang ». Lien avec la Victoire : La présence du sceptre et de la Victoire rappelle ses triomphes militaires (Gaule, Pharsale, Thapsus, Munda). Comme le souligne LesDioscures.com, ce revers remplace progressivement les types liés aux familles des magistrats monétaires, signe que la propagande de l’individu (César) a totalement éclipsé les traditions des magistrats de la cité. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Variante : Légende MACER écrite du haut vers le bas. Références : RRC 480/13 – B.50 (Julia) – Syd.1074 British Museum 3.85g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer se rapportent à Jules César ou à Marc Antoine.

1531JU – Denier César – Lucius Æmilius Buca

1531JU – Denier César – Lucius Æmilius Buca Avers : CAESAR / DICT. PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : L. BVCA (Lucius Buca) Vénus debout, tenant la Victoire de la main droite et un sceptre de la gauche. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Aemilia et Julia Références : RRC 480/8 – B.35 (Julia) – Syd.1061 Ce denier est bien plus qu’une simple unité monétaire ; c’est un outil de propagande politique radical qui a cristallisé les tensions menant aux Ides de Mars. Voici une analyse approfondie du symbolisme et du contexte qui entourent cette monnaie exceptionnelle. 1. La rupture iconographique : Le portrait du vivant Avant Jules César, la tradition républicaine interdisait de représenter un homme vivant sur les pièces de monnaie, un honneur réservé aux dieux ou aux ancêtres illustres. L’audace de César : En plaçant son propre visage sur le denarius, il se positionne au-dessus des lois de la République. C’est un acte de monarchie déguisée qui a profondément choqué l’aristocratie sénatoriale. Le réalisme du portrait : Contrairement aux portraits idéalisés de la période impériale plus tardive, le type 480/8 montre un César vieilli, avec un cou marqué par les rides. C’est le visage d’un homme qui a porté le poids des guerres civiles. 2. Le titre fatal : Dictator Perpetuo La légende CAESAR DICT PERPETVO est l’élément le plus provocateur de cette pièce. Signification : « Dictateur à vie ». Conséquence historique : Ce titre, gravé dans le métal et distribué dans tout l’Empire, signifiait la fin de l’alternance politique. Pour Brutus et Cassius, cette pièce était la preuve irréfutable que César ne rendrait jamais ses pouvoirs extraordinaires, rendant l’assassinat inévitable pour « sauver » la Liberté. 3. Le revers : Vénus Victrix et la légitimité divine Le choix de Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) au revers n’est pas une simple dévotion religieuse. L’ascendance mythique : La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre directement d’Iule, fils d’Énée, lui-même fils de la déesse Vénus. Le message politique : En associant son portrait (avers) à Vénus (revers), César affirme que son pouvoir n’est pas seulement militaire, mais qu’il est d’origine divine. Comme le souligne LesDioscures.com, ce lien iconographique servait à légitimer son autorité suprême auprès du peuple et de l’armée. 4. Le rôle du monnayeur L. Aemilius Buca Lucius Aemilius Buca était l’un des quattuorviri monetales (les magistrats responsables de la frappe). Sa famille était autrefois liée à Sylla, mais en frappant ces monnaies pour César, il démontre l’allégeance totale de l’administration monétaire au nouveau maître de Rome. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (9 exemplaires)

1530JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca

1530JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca Avers : CAESAR DICT / PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : L. BVCA (Lucius Buca) Vénus assise à droite, tenant la Victoire de la main droite et un sceptre de la gauche. British Museum 4.48g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Aemilia et Julia Références : RRC 480/7b – B.36 (Julia) – Syd.1062 Ce denier, frappé par Lucius Aemilius Buca, est l’un des documents numismatiques les plus chargés d’histoire de la fin de la République romaine. Son symbolisme reflète l’apogée du pouvoir de Jules César, mais aussi les tensions qui mèneront aux Ides de Mars. 1. Le Portrait et la Légende : L’Affirmation du Pouvoir Absolu Dictateur à vie (DICT PERPETVO) : C’est l’élément le plus frappant. Contrairement aux dictatures temporaires prévues par la loi romaine pour faire face à une crise, le titre de Dictator Perpetuo (reçu en février 44 av. J.-C.) indique que César ne compte jamais rendre le pouvoir. Pour les sénateurs défenseurs de la République, c’est la preuve irréfutable de ses ambitions monarchiques. Le Portrait de son vivant : Jules César fut le premier Romain à voir son propre portrait figurer sur une pièce de monnaie de son vivant, un privilège jusqu’alors réservé aux dieux ou aux rois hellénistiques. Cela brisait un tabou républicain majeur. La Couronne de Laurier : Elle symbolise non seulement ses triomphes militaires passés, mais elle était aussi devenue un attribut permanent que César portait pour masquer sa calvitie et souligner son statut quasi divin. 2. Le Revers : Vénus et la Légitimité Divine Vénus Victrix (ou Genetrix) : Comme le souligne LesDioscures.com, le revers présente Vénus assise, tenant une Victoire. Vénus est la divinité tutélaire de la Gens Julia (la famille de César), qui affirmait descendre d’Énée, fils de la déesse. La Victoire (Victoriola) : En tenant la Victoire dans sa main, Vénus (et par extension César) affirme que le succès militaire de Rome est un don divin transmis par sa lignée. C’est une communication politique puissante : le pouvoir de César est légitime car il est voulu par les dieux. 3. Le Contexte Historique : Le Chant du Cygne Ce denier a été frappé dans les toutes dernières semaines de la vie de César (février-mars 44 av. J.-C.). L’organisation monétaire : Buca était l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats monétaires, au lieu de trois habituellement), une extension du collège décidée par César pour financer ses grands projets et ses futures campagnes (notamment contre les Parthes). Le catalyseur du complot : La circulation de ces pièces dans Rome a servi de rappel quotidien et tangible de l’emprise totale de César sur l’État. Voir le visage de César associé au titre de « Dictateur à vie » dans leurs propres bourses a sans doute radicalisé les membres de la conspiration menée par Brutus et Cassius. En somme, ce denier n’est pas qu’une simple monnaie ; c’est un outil de propagande ultime qui, en affichant une ambition sans limite, a paradoxalement précipité la chute du dictateur. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Variante : légende de l’avers : CAESAR DICT / PERPETVO Référence : RRC 480/7a Bibliothèque nationale de France 3.79g Bibliothèque nationale de France 3.79g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César;

1529JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca

1529JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca Avers : CAESAR – DICT / PERPETVO (Cæsar Dictator In Perpertuo, César dictateur perpétuel) Tête laurée de César tournée à droite. Revers : L. BVCA (Lucius Buca) Caducée et faisceau entrecroisés, posés la tête en bas, accostés de deux mains jointes, une hache et un globe. Bibliothèque nationale de France 4.01g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia et Julia Références : RRC 480/6 – B.37 (Julia) – Syd.1063 Ce denier est bien plus qu’une simple unité monétaire : c’est un manifeste politique frappé dans les dernières semaines de la vie de Jules César. Sa symbolique dense et son contexte historique en font l’un des témoins les plus poignants de la chute de la République romaine. 1. Contexte Historique : L’Étincelle des Ides de Mars Cette monnaie est frappée à Rome entre février et début mars 44 av. J.-C., sous l’autorité du magistrat monétaire L. Aemilius Buca. Le titre de la rupture : La légende CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à Vie) est révolutionnaire. Traditionnellement, la dictature était une magistrature d’exception limitée à 6 mois. En s’autoproclamant « perpétuel », César brise le cycle républicain de l’alternance, ce qui sera l’argument majeur de Brutus et Cassius pour justifier son assassinat. Le portrait du vivant : C’est l’un des premiers exemples où un Romain vivant apparaît sur une monnaie, une pratique jusque-là réservée aux rois hellénistiques ou aux divinités. Pour l’aristocratie sénatoriale, c’était la preuve ultime de ses ambitions royales. Le réalisme (Vérisme) : Le portrait est frappant de réalisme. On y voit un homme marqué par l’âge, au cou décharné, portant la couronne de laurier (qui, selon Suétone, lui servait aussi à dissimuler sa calvitie). 2. Symbolisme du Revers : Un Programme Politique Le revers est un condensé de l’idéologie césarienne, utilisant des symboles « croisés » (en sautoir) pour illustrer l’harmonie des pouvoirs. Symbole Signification Politique Le Caducée Attribut de Mercure, il symbolise la paix, la félicité publique et le renouveau du commerce après les guerres civiles. Le Faisceau (Fasces) Symbole de l’Imperium (le pouvoir de commandement militaire et civil). Ici, il représente l’autorité légale de César. La Hache Souvent liée au rôle de Pontifex Maximus (Grand Pontife), elle rappelle que César est le chef de la religion romaine. Le Globe Représente la domination mondiale de Rome, stabilisée par les conquêtes de César (Gaule, Égypte, Afrique). Les Mains Jointes La Dextrarum Junctio symbolise la Concorde (l’harmonie) entre le dictateur, le Sénat et le peuple, ou la loyauté des troupes. 3. Analyse Numismatique L’équilibre entre le caducée (paix) et le faisceau (pouvoir) suggère que la dictature de César n’est pas une fin en soi, mais l’instrument nécessaire pour restaurer la prospérité du monde romain. Malheureusement pour lui, cette iconographie de « monarque de fait » a précipité sa fin le 15 mars. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (7 exemplaires)

1528JU – Denier César – Publius Sepullius Macer

1528JU – Denier César – Publius Sepullius Macer Avers : CAESAR. IMP (Cesar Imperator) Tête laurée de César tournée à droite, derrière une étoile. Revers : P SEPVLLIVS MACER (Publius Sepullius Macer) Vénus se tient debout à gauche et tenant une Victoire et un sceptre reposant sur une étoile. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sepullia et Julia Références : RRC 480/5b – B.46 (Julia) – Syd.1071 Ce denier n’est pas une simple pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans l’urgence des derniers mois de la vie de Jules César. Sa symbolique marque la transition brutale entre la République traditionnelle et l’autocratie impériale. Voici l’analyse de son symbolisme et de son contexte historique : 1. Le Symbolisme : Entre Divinité et Pouvoir Absolu Ce type monétaire utilise des codes visuels très forts pour légitimer l’autorité de César : Le Portrait (Avers) : C’est l’élément le plus révolutionnaire. Jusqu’en 44 av. J.-C., Rome interdisait de représenter un homme vivant sur les pièces (privilège réservé aux dieux ou aux ancêtres défunts). En affichant son visage, César se place au-dessus des lois républicaines, adoptant une coutume propre aux rois hellénistiques. L’Étoile (Avers et parfois Revers) : Située derrière la tête de César, l’étoile à huit rayons est un symbole de divinité. Elle souligne la nature surhumaine que César revendique. Note : Bien qu’une comète célèbre (le Sidus Iulium) soit apparue après sa mort en juillet 44, l’utilisation de l’étoile de son vivant sur ce denier montre qu’il préparait déjà son « apothéose » (divinisation). Vénus Victrix (Revers) : César affirmait que la Gens Julia descendait directement d’Iule (Ascagne), fils d’Énée et petit-fils de la déesse Vénus. En représentant Vénus Victrix (Vénus la Victorieuse) tenant une petite Victoire ailée, il rappelle que ses succès militaires ne sont pas seulement le fruit de son génie, mais d’une protection divine héréditaire. 2. Le Contexte Historique : « La monnaie qui tua César » Ce denier est frappé en janvier ou février 44 av. J.-C. par le magistrat monétaire P. Sepullius Macer. Le titre CAESAR IMP : Le titre d’Imperator sur cette pièce précède de peu celui de Dictator Perpetuo (Dictateur à vie). Cette montée en puissance rapide a cristallisé les peurs du Sénat. La rupture avec le Sénat : En frappant de telles quantités de monnaie à son effigie, César court-circuitait le contrôle sénatorial sur les finances et la propagande. Pour les conspirateurs comme Brutus et Cassius, ces pièces étaient la preuve matérielle que César aspirait à la royauté (Rex), un titre exécré à Rome. Un outil de solde militaire : Ces deniers étaient produits massivement pour payer les légions que César s’apprêtait à emmener pour sa grande campagne contre les Parthes. Le portrait servait à s’assurer de la loyauté personnelle des soldats envers leur chef, plutôt qu’envers l’État. Le magistrat monétaire responsable de l’émission de cette monnaie est Publius Sepullius Macer. C’est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa biographie historique soit paradoxalement très mince en dehors de ses monnaies. Voici les informations essentielles sur ce monétaire : 1. Identité et Statut Nom complet : Publius Sepullius Macer. Fonction : Il fait partie du collège des quatuorviri monétaires (IIIIvir AAAFF) de l’année 44 av. J.-C. Origine : La famille Sepullia est d’origine plébéienne, possiblement originaire de Padoue (Patavium). En dehors de Macer, cette famille est quasiment inconnue dans les fastes consulaires. Le Collège de 44 av. J.-C. : Jules César a augmenté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre (quatuorviri) pour faire face au besoin massif de numéraire avant sa campagne prévue contre les Parthes. Macer a travaillé aux côtés de L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. 2. Un rôle de transition historique P. Sepullius Macer a eu le destin singulier d’être en fonction pendant et après l’assassinat de César (15 mars 44 av. J.-C.). Son monnayage se divise en trois phases révélatrices : Avant les Ides de Mars (Janvier – Février 44) : Il frappe les deniers à la légende CAESAR IMP (comme le RRC 480/5) puis CAESAR DICT PERPETVO. Ce sont les premières monnaies montrant un dictateur vivant. Immédiatement après la mort de César (Mars – Avril 44) : Macer continue de frapper des monnaies, mais le portrait de César apparaît désormais voilé (indiquant son statut de Pontifex Maximus ou son caractère sacré posthume) avec la légende PARENS PATRIAE (Père de la Patrie). Sous l’influence de Marc Antoine : Plus tard dans l’année, il frappe des types représentant Marc Antoine avec une barbe de deuil, montrant son ralliement au camp césarien après le meurtre du dictateur. 3. Types monétaires notables Outre le denier à l’étoile (480/5), P. Sepullius Macer a signé : Le type « Clementia Caesaris » (RRC 480/21) : Représentant un temple dédié à la clémence de César, une vertu que le dictateur mettait en avant pour se distinguer de la cruauté de Sylla. Le type du Desultor (RRC 480/20) : Un cavalier sautant d’un cheval à l’autre, une référence possible à des jeux célébrés par César. Variante : sans étoile à l’extrémité inférieure du sceptre de Vénus au revers. Référence : RRC 480/5a British Museum 3.56g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sepullia n’est connue que par deux représentants : l’un est le monétaire P. Sepullius Macer sur lequel on n’a pas d’autres renseignements historiques que ceux que nous fournissent les médailles; l’autre est l’orateur Sepullius Bassus mentionné par Sénèque.P. Sepullius Macer frappa monnaie en 710 (44 av. J.-C.), avant la mort de César, et il resta en charge après le meurtre du dictateur. Il remplaça, comme magistrat monétaire, M. Mettius, avant les ides de Mars de l’an 710, et ses collègues furent L. Aemilius Buca, C. Cossutius Maridianus et L. Flaminius Chilo. Nous avons donné quelques détails sur ce collège, à la famille Julia. Tous les types numismatiques qui figurent sur les monnaies de P. Sepullius Macer

1527JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca

1527JU – Denier César – Lucius Aemilius Buca Avers : CAESAR. IM P M (Caesar Imperator, Pontifex Maximus) Tête laurée de César tournée à droite, un croissant entre le P et le M. Revers : L. AEMILIVS BVCA (Lucius Aemilius Buca) Vénus se tient debout à gauche et tient une Victoire et un sceptre. Bibliothèque nationale de France 4.06g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia et Julia Références : RRC 480/4 – B.34 (Julia) – Syd.1060 Ce denier, frappé par Lucius Aemilius Buca au début de l’an 44 av. J.-C., est bien plus qu’une simple pièce de monnaie : c’est un manifeste politique et religieux. 1. Le Portrait du Vivant : Un Tabou Brisé L’élément le plus révolutionnaire de cette pièce est l’effigie de Jules César lui-même. Contexte : Traditionnellement, les Romains ne représentaient que des ancêtres illustres ou des divinités. En plaçant son propre portrait sur le denier, César adopte les codes des rois hellénistiques. Message : C’est l’affirmation d’un pouvoir personnel et absolu. Cet acte a été perçu par ses opposants comme un signe de tyrannie, précipitant le complot des Ides de Mars. 2. Le Symbolisme du Croissant (Avers) Derrière la tête laurée de César, un croissant de lune sépare les lettres de sa titulature religieuse (P M pour Pontifex Maximus). Réforme du Calendrier : Le croissant rappelle son rôle de Grand Pontife, garant du temps. En 46 av. J.-C., César avait instauré le calendrier julien pour synchroniser l’année civile avec le cycle solaire, s’éloignant de l’ancien calendrier lunaire. Âge d’Or : Selon certaines analyses de LesDioscures.com, le croissant, tout comme l’étoile sur d’autres émissions, pourrait annoncer la naissance d’un nouvel « Âge d’Or » sous l’égide de César. 3. Vénus Victrix et l’Origine Divine (Revers) Le revers montre Vénus Victrix (Vénus Victorieuse) tenant une petite Victoire (Victoriola). Légitimité de la Gens Julia : César affirmait descendre directement de Vénus par Énée. En choisissant cette divinité, il rappelle que ses victoires militaires (Pharsale, Munda) ne sont pas seulement le fruit de son génie, mais d’une volonté divine. Sceptre et Pouvoir : Vénus s’appuie sur un sceptre, symbole de souveraineté. Cela renforce l’idée que le pouvoir de César est héréditaire et sacré, une notion insupportable pour les défenseurs de la République. 4. Contexte de Production Ce denier a été frappé massivement entre janvier et février 44 av. J.-C. (juste avant que César ne prenne le titre de Dictator Perpetuo). Financement militaire : Ces pièces servaient principalement à payer les légions stationnées à Rome et celles préparant la grande expédition contre les Parthes. L. Aemilius Buca : Ce magistrat monétaire était un proche du pouvoir. Son nom au revers authentifie la monnaie, mais il s’efface totalement derrière la figure omniprésente de César. Lucius Aemilius Buca est un personnage clé de la numismatique romaine, bien que sa trace dans les textes historiques soit plus discrète que sur ses monnaies. Il appartient à la prestigieuse gens Aemilia, l’une des familles patriciennes les plus anciennes de Rome. 1. Identité et Origines Fils de monétaire : Lucius est le fils de Marcus Aemilius Scaurus (monétaire en 58 av. J.-C.), un homme politique influent et proche de Sylla. Cela explique pourquoi Lucius utilise le « Songe de Sylla » sur le denier RRC 480/1 : il s’agit d’une référence aux gloires de sa propre famille. Soutien politique : Il est mentionné historiquement en 54 av. J.-C. comme l’un des soutiens (souscripteur) lors du procès de Scaurus, ce qui confirme ses attaches avec l’aristocratie traditionnelle. 2. Rôle en 44 av. J.-C. : Le Quattuorvirat Buca occupe la fonction de Quattuorvir monétaire (IIII. VIR) en 44 av. J.-C. Cette année-là, Jules César modifie le fonctionnement de l’atelier monétaire de Rome : De trois à quatre : Traditionnellement, les magistrats monétaires étaient trois (Triumviri Monetales). César porte leur nombre à quatre pour répondre à ses besoins massifs en numéraire pour ses projets de guerres (notamment contre les Parthes). Un collège de transition : Buca travaille aux côtés d’autres magistrats comme Cossutius Maridianus. Ensemble, ils supervisent le passage historique du portrait divin (Vénus) au portrait du dirigeant vivant (César). 3. Son importance numismatique Buca est considéré comme le plus prolifique et le plus intéressant des quatre magistrats de cette année charnière : Iconographie personnelle : Il est le seul du collège à avoir frappé des monnaies avec un motif purement familial (le Songe de Sylla, RRC 480/1) avant de se plier entièrement à la propagande césarienne. Témoin de l’histoire : Ses émissions permettent de suivre précisément l’évolution des titres de César. On trouve sous son nom des deniers avec les légendes : CAESAR IM P M (César Imperator, Grand Pontife) CAESAR DICT PERPETVO (César Dictateur à vie) — cette dernière légende ayant été l’un des déclencheurs du complot des sénateurs. 4. Disparition Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars (15 mars 44 av. J.-C.), la trace de Lucius Aemilius Buca disparaît des archives. On suppose qu’il n’a plus exercé de responsabilités monétaires majeures après cette année mouvementée, son nom n’apparaissant plus sur les émissions ultérieures. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Aemilius Buca. Quatuorvir monétaire en 710 (44 av. J. C.) Ce personnage mentionné dans le procès de Scaurus, était le fils du monétaire M. Scaurus, contemporain de Sylla. Il fut quatuorvir monétaire l’année même de la mort de Jules César, en 710 (44 av. J.-C.). L’histoire de L. Aemilius Buca n’est pas autrement connue; les types de ses médailles se rapportent tous à Jules César; on en trouvera l’explication et les dessins à la gens Julia, avec l’histoire du collège monétaire dont L. Buca a fait partie. Lieux de découverte (13 exemplaires)

1526JU – Denier César – Marcus Mettius

1526JU – Denier César – Marcus Mettius Avers : CAESAR.IMP (Caesar Imperator) Tête laurée de César tournée à droite, un simpulum et un lituus derrière. Revers : M. METTIVS (Marcus Mettius) Vénus se tient debout à gauche et tient une Victoire et une lance renversée; elle tient un bouclier. Lettre de contrôle dans le champ. British Museum 4.06g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Mettia et Julia Références : RRC 480/3 – B.32 (Julia) – Syd.1056 Ce denier est bien plus qu’une simple monnaie : c’est un outil de propagande politique sans précédent, frappé au moment le plus critique de la fin de la République romaine. 1. Le Portrait : Une Rupture Révolutionnaire Avant l’année 44 av. J.-C., la tradition romaine interdisait de faire figurer le portrait d’un homme vivant sur une pièce. On n’y voyait que des divinités ou des ancêtres illustres disparus. L’Audace de César : En plaçant son propre visage sur le denier, César brise un tabou séculaire. C’est un acte d’affirmation monarchique qui suggère qu’il n’est plus seulement un magistrat, mais le maître absolu de Rome. Réalisme et Vieillesse : Le portrait est souvent réaliste (verisme), montrant un cou émacié et des rides. Cela symbolise la gravitas (le sérieux) et la dignitas acquises par des années de service à l’État. Le Lituus et le Simpulum : Ces symboles religieux derrière sa tête rappellent son titre de Pontifex Maximus. Il n’est pas seulement un chef militaire, il est le garant du lien entre les dieux et la cité. 2. Le Revers : La Légitimité Divine La figure de Venus Victrix (Vénus Victorieuse) au revers n’est pas choisie au hasard. Ascendance Mythique : La Gens Julia (la famille de César) prétendait descendre directement d’Iule (Ascagne), fils d’Énée, lui-même fils de la déesse Vénus. Vénus contre Mars : Alors que ses rivaux comme Pompée invoquaient souvent la force brute, César préférait souligner sa « Félicité » (sa chance divine) incarnée par Vénus. Le Globe et la Victoire : Vénus tient une statuette de Victoire et s’appuie sur un globe. Le message est clair : la domination de César (sous la protection de Vénus) s’étend sur le monde entier (orbis terrarum). 3. Le Contexte de Janvier-Février 44 av. J.-C. Cette pièce est frappée par le magistrat monétaire M. Mettius durant les toutes dernières semaines de la vie de César. La Transition vers la Dictature Perpétuelle : Sur le type 480/3, la légende porte encore CAESAR IMP. Quelques semaines plus tard, elle deviendra CAESAR DICT PERPETVO. La monnaie documente en temps réel la montée en puissance de César vers un pouvoir sans limite temporelle. Le Salaire des Légions : Ces pièces ont été frappées en quantités massives pour payer les soldats que César rassemblait pour sa grande expédition prévue contre les Parthes. Le Déclencheur du Complot : Cette omniprésence du visage de César dans la poche de chaque citoyen et soldat a été perçue par les sénateurs conservateurs (comme Brutus et Cassius) comme la preuve ultime qu’il souhaitait devenir Roi (Rex). C’est l’un des facteurs directs qui a précipité son assassinat aux Ides de Mars. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Variante 1 : Lettre de contrôle G au revers British Museum 3.75g Variante 2 : Lettre de contrôle H au revers British Museum 4.06g Variante 3 : Lettre de contrôle I au revers British Museum 3.52g Variante 4 : Lettre de contrôle K au revers British Museum 3.74g Variante 5 : Lettre de contrôle L au revers British Museum 3.84g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome.

1525JU – Denier César – Marcus Mettius

1525JU – Denier César – Marcus Mettius Avers : CAESAR DICT – QVART (Cæsar Dictator Quartum, César dictateur pour la quatrième fois) Tête laurée de Jules César à droite, derrière un lituus tourné à gauche. Revers : M. METTIVS (Marc Mettius) Junon Sospita dans un bige galopant à droite, brandissant une haste de la main droite et tenant un bouclier et les rênes de la main gauche. British Museum 4.1g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Mettia et Julia Références : RRC 480/2a – B.31 (Julia) – Syd.1057 Ce denier est une pièce maîtresse de la numismatique romaine, car il capture l’instant précis où la République bascule vers le pouvoir personnel. Frappé au début de l’an 44 av. J.-C., il est chargé d’une symbolique à la fois religieuse, politique et familiale. Cette monnaie est l’un des tout premiers deniers à briser le tabou républicain en affichant le portrait d’un homme vivant. 1. Symbolisme de l’Avers : La sacralisation du pouvoir L’avers ne se contente pas de montrer le visage de César ; il accumule les signes de sa légitimité suprême. Le Portrait Lauré : Le port de la couronne de laurier (généralement réservé au triomphe) devient ici permanent, symbolisant une victoire continue. Le Lituus : Ce bâton recourbé est l’emblème de l’augure. Placé derrière la tête de César, il rappelle qu’il n’est pas seulement un chef militaire, mais aussi le chef de la religion romaine (Pontifex Maximus depuis 63 av. J.-C.). Cela suggère que ses actions sont guidées par la volonté divine. La Légende « DICT QVART » : Elle signifie Dictator Quartum (Dictateur pour la quatrième fois). Ce détail chronologique est crucial : il place la frappe juste avant que César ne reçoive le titre de « Dictateur à vie » (Dictator Perpetuo). 2. Symbolisme du Revers : L’origine du magistrat Le revers est consacré à Marcus Mettius, le magistrat responsable de l’émission. Junon Sospita : La déesse est représentée sur un biga (char à deux chevaux), armée d’une lance et d’un bouclier. Elle porte sa célèbre peau de chèvre. Lien avec Lanuvium : Junon Sospita était la divinité tutélaire de Lanuvium. En la faisant figurer, Mettius rappelle les origines prestigieuses de sa gens (famille). C’était une pratique courante chez les monétaires de l’époque d’utiliser le revers pour célébrer leur propre lignée, tandis que l’avers servait la propagande du dictateur. 3. Contexte Historique : Un climat de tension Le RRC 480/2 est frappé dans une atmosphère électrique, quelques semaines seulement avant les Ides de Mars. Révolution Numismatique : Jusqu’alors, la monnaie romaine ne représentait que des divinités ou des ancêtres illustres décédés. En imposant son propre portrait, César s’approprie un privilège de monarque hellénistique, ce qui choque profondément les sénateurs républicains et alimente le complot de Brutus et Cassius. L’ascension de Marcus Mettius : Mettius n’est pas un inconnu. Ancien lieutenant fidèle, il avait été envoyé par César comme ambassadeur auprès du chef germain Arioviste pendant la Guerre des Gaules. Capturé, il fut sauvé par César lui-même après sa victoire. Sa nomination comme monétaire en 44 av. J.-C. est une récompense pour sa loyauté. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Variante 1 : lituus à l’avers tourné à droite. Référence : RRC 480/2b Un seul exemplaire observé. National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 3.52g National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 3.52g Variante 2 : lituus à l’avers tourné à gauche et légende au revers au-dessus de la barre d’exergue. Référence : RRC 480/2c Moins de 10 exemplaires observés. Bibliothèque nationale de France 3.78g Bibliothèque nationale de France 3.78g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez

1493JU – Denier César – Caius Julius Cæsar

1493JU – Denier César – Caius Julius Cæsar Avers : Anépigraphe Buste diadémé et drapé de Vénus à gauche, portant boucle d’oreille et collier; derrière un sceptre sur l’épaule; devant le visage, petit buste de Cupidon et lituus. Revers : CAESAR Trophée gaulois formé d’un casque, d’une cuirasse, de boucliers, de lances et de deux carnyx; au pied du trophée: deux captifs; celui de gauche, un homme agenouillé, tourné à droite, les mains attachées dans le dos; celui de droite, une femme assise à droite, pleurant. British Museum 4.05g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Espagne Datation : 46 – 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 468/2 – B.12 (Julia) – Syd.1015 Ce denier n’est pas seulement une pièce de monnaie, c’est un outil de communication politique complexe. Frappé par un atelier militaire itinérant en Espagne entre 46 et 45 av. J.-C., il s’inscrit dans l’un des moments les plus critiques de la carrière de Jules César : la phase finale de la guerre civile contre les fils de Pompée. 1. Le Contexte Historique : La Campagne d’Espagne En 46 av. J.-C., après sa victoire à Thapsus en Afrique, César doit faire face à une ultime poche de résistance républicaine en Espagne (Hispanie). Les fils de Pompée le Grand, Gnaeus et Sextus, y ont levé une armée massive. Financement de la Guerre : Ce denier a été frappé pour payer les légions de César (notamment la célèbre Xe Equestris) engagées dans cette campagne épuisante. La Bataille de Munda (mars 45 av. J.-C.) : Ce fut la bataille « pour sa vie » (selon les mots de César). La victoire de Munda mit fin à la guerre civile et permit à César de rentrer à Rome comme maître absolu, avant d’être nommé Dictateur à vie. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La Lignée Divine L’avers met en scène Vénus, protectrice de la Gens Iulia. La Mère Ancestrale : César affirmait descendre d’Iule (Ascagne), fils d’Énée et petit-fils de Vénus. En plaçant Vénus (avec le petit Cupidon sur l’épaule) sur ses monnaies, il rappelle son caractère quasi divin et sa protection céleste. Le Lituus et le Sceptre : La présence du lituus (bâton augural) à gauche souligne sa fonction de Pontifex Maximus. Il n’est pas seulement un chef de guerre, mais aussi le garant du lien entre les dieux et Rome. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Triomphe sur la Gaule Paradoxalement, alors qu’il combat des citoyens romains en Espagne, César choisit de représenter ses victoires passées en Gaule. Le Trophée : Il est composé d’une cuirasse, d’un casque, de boucliers et de deux carnyx (trompettes de guerre gauloises). C’est le symbole classique de la victoire totale (Victoria). Les Captifs : À la base du trophée, on identifie souvent : L’homme barbu à gauche : Parfois associé à Vercingétorix, les mains liées, symbole de la puissance barbare soumise. La femme à droite : Représente la Gaule personnifiée dans une posture de deuil (tête appuyée sur la main), illustrant la province conquise et pacifiée. Objectif de Propagande : César rappelle à ses soldats qu’il est le grand conquérant des terres étrangères. C’est un message de force : « J’ai soumis les Gaulois, je soumettrai de la même manière quiconque s’oppose à moi. » Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (92 exemplaires)

1491JU – Denier César – Caius Julius Cæsar

1491JU – Denier César – Caius Julius Cæsar Avers : COS·TERT – DICT·ITER (Consul Tertium Dictator Iterum; Consul pour la troisième fois, Dictateur pour la seconde fois) Tête de Cérès à droite, portant boucles d’oreille et collier, couronnée d’épis. Revers : AVGVR / PONT. MAX (Augurus Pontifex Maximus, Augure, Grand Pontife) Instruments pontificaux: simpulum, aspersoir, vase à sacrifice, et lituus; dans le champ à droite, la lettre D (Donum). British Museum 3.95g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Julia Références : RRC 467/1a – B.16 (Julia) – Syd.1023 Ce denier est une pièce maîtresse de la communication politique de Jules César, frappée à un moment où il doit consolider sa légitimité face aux derniers défenseurs de la République. 1. Symbolisme de l’Avers : Cérès et la Paix Sociale Le choix de la déesse Cérès (déesse de l’agriculture et des moissons) n’est pas anodin : L’Annona (le ravitaillement) : En pleine guerre civile, la famine est une menace constante. En affichant Cérès, César se présente comme le garant de l’approvisionnement en blé de Rome, un enjeu crucial pour s’assurer le soutien de la plèbe. La Prospérité Retrouvée : Après des années de conflits, Cérès symbolise le retour à une vie civile normale et à la fertilité de la terre, contrastant avec les destructions causées par ses adversaires. Les Titres (DICT·ITER / COS·TERT) : César souligne ici la légalité de son pouvoir. Il est Dictateur pour la seconde fois et Consul pour la troisième, affirmant que ses pouvoirs émanent des institutions romaines, bien qu’il les exerce de manière absolue. 2. Symbolisme du Revers : La Piété et la Légitimité Religieuse Les instruments pontificaux représentés (simpulum, aspergillum, guttus, lituus) et les titres AVGVR et PONT·MAX visent un but précis : Légitimité Divine : En rappelant qu’il est Grand Pontife (Pontifex Maximus) et Augure, César affirme que ses actions sont approuvées par les dieux. Il n’est pas un tyran, mais le chef religieux suprême de l’État. Tradition contre Rébellion : Alors que le Sénat le déclare hors-la-loi, César utilise des symboles très conservateurs pour rassurer l’élite romaine : il se pose en protecteur des traditions ancestrales (mos maiorum). 3. Contexte Historique : L’Afrique et la fin du camp Pompéien Le denier 467/1 est indissociable de la campagne d’Afrique (47-46 av. J.-C.) : Le dernier carré républicain : Après la défaite de Pompée à Pharsale, les chefs de l’opposition (Metellus Scipion et Caton d’Utique) se sont regroupés en Afrique du Nord, alliés au roi Juba Ier de Numidie. Le financement de la guerre : Cette monnaie a été frappée par un atelier militaire itinérant (probablement à Utique ou près de Carthage) pour payer les légions de César juste avant la bataille de Thapsus (avril 46 av. J.-C.). Les lettres D et M : On trouve souvent une lettre dans le champ à droite du revers. Le D est généralement interprété comme Donativum (une prime exceptionnelle versée aux soldats) et le M comme Munus (un don ou une récompense). En résumé Cette monnaie est un véritable manifeste idéologique. Elle ne sert pas seulement à payer des mercenaires, mais à diffuser un message clair à travers tout l’Empire : César est le seul capable d’apporter le pain (Cérès), de respecter les dieux (instruments religieux) et de diriger légalement l’État (ses titres de consul et dictateur). Variante : Lettre M (Munus) à droite du lituus au revers Référence : RRC 467/1b British Museum 3.96g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Lieux de découverte (218 exemplaires)