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1723AN – Quinaire Marc Antoine et Octave

1723AN – Quinaire Marc Antoine et Octave Avers : III·VIR – R·P·C (Triumviri Rei Publicæ Constituandæ, Triumvir pour la restauration de la République) Tête voilée et diadémée de Concordia (la Concorde) à droite. Revers : M·ANTON·C·CAESAR (Marcus Antonius Caius Cæsar, Marc Antoine Caius César) Deux mains jointes tenant un caducée. British Museum 1.74g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Gaule Datation : 39 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Antonia et Julia Références : RRC 529/4b – B.42 (Antonia) – Syd. 1195 Le Quinaire de la Concorde – Le Pacte de Brindes Contexte Historique : L’Équilibre Fragile de 39 av. J.-C. Ce quinaire est frappé dans un climat de soulagement après des années de guerres civiles. En 40 av. J.-C., l’affrontement entre Marc Antoine et Octave semble imminent (Guerre de Pérouse). Cependant, la médiation de leurs lieutenants mène au Traité de Brindes. Pour sceller cette paix, Antoine épouse Octavie, la sœur d’Octave. Cette monnaie, émise en 39 av. J.-C., est l’outil de propagande par excellence de cette réconciliation officielle. Elle s’adresse particulièrement aux vétérans et aux légions, pour qui le quinaire servait souvent de solde de base, leur signifiant que l’heure n’est plus au combat fratricide mais à l’unité. Analyse Symbolique : L’Iconographie de l’Union L’Avers : Concordia (La Concorde) Description : Tête voilée et diadémée de la Concorde à droite. Symbolisme : La divinité choisie est fondamentale. La Concordia n’est pas seulement la paix, c’est l’entente civile et politique. Le voile souligne le caractère sacré et solennel du pacte conclu entre les deux triumvirs. La légende III·VIR·R·P·C rappelle leur légitimité constitutionnelle : ils sont les « Triumvirs pour la restauration de la République ». Le Revers : Les Dextrarum Iunctio (Mains Jointes) Description : Deux mains jointes (droites) tenant un caducée ailé. Symbolisme : * Les Mains Jointes : C’est le symbole universel de la Fides (la loyauté) et de l’alliance. Dans le contexte de 39 av. J.-C., elles représentent physiquement le pacte entre Antoine et Octave. Le Caducée : Attribut de Mercure, il symbolise ici la félicité publique, la fin des privations et la reprise du commerce. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, c’est le retour de la prospérité. Légende : M·ANTON·C·CAESAR. La mention conjointe des deux noms, sans distinction hiérarchique, affirme l’égalité apparente des deux hommes à ce moment précis de l’histoire. Importance pour le Collectionneur et le Chercheur Ce quinaire est une pièce charnière. Sur LesDioscures.com, cette émission (référencée 1723AN dans notre base) illustre parfaitement la transition entre la République mourante et l’émergence du futur Principat. Elle est le témoin numismatique d’une « paix armée » : si les symboles parlent de concorde, la réalité du terrain reste celle d’un partage du monde romain (l’Orient pour Antoine, l’Occident pour Octave) qui mènera, une décennie plus tard, à l’affrontement final d’Actium. Variante : Légende du revers différente. Revers : M·ANTON·C·CAESAR·IMP (Marcus Antonius Caius Cæsar, Marc Antoine Caius César) Référence : RRC 529/4a CNG 1.58g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Quelquefois, on voit un épi qui émerge sous le voile de la Concorde, au-dessus de la couronne de la déesse. Cavedoni pense que cet épi rappelle l abondance qui régna à Rome à la suite de la paix de Brindes, l ‘an 715 (39 av. J.-C.). Mais les légendes de la pièce n autorisent en rien cette conjecture, et nous pensons qu’il vaut mieux placer ce quinaire vers 711 ou dans les années qui suivent, à côté des deniers qui portent les mêmes inscriptions. Lieux de découverte (82 exemplaires)

1620MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1620MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : CONCORDIA (la Concorde) Buste voilée de Concordia à droite. Revers : L.MVSSIDI / LONGI  CLOACIN (Lucius Mussidius Longus/ Cloacina, Lucius Mussidius Longus/ Cloacine) Deux statues de Venus Cloacina sur plate-forme avec balustrade du lieu saint de Venus Cloacina. L’inscription sur la plate-forme est CLOACIN. British Museum 3.95g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussilia Références : RRC 494/42a – B.6 (Mussidia) – CRR.1093 Ce denier, frappé par L. Mussidius Longus, est une pièce fascinante car elle capture Rome à un tournant critique de son histoire, mêlant propagande politique et archéologie monumentale. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de l’époque : 1. Contexte Historique : L’Ombre de la Guerre Civile (42 av. J.-C.) L’année 42 av. J.-C. est celle de la bataille de Philippes. Le monde romain est déchiré entre : Les héritiers de César (le Second Triumvirat : Octave, Marc Antoine et Lépide). Les « Libérateurs » (Brutus et Cassius, les assassins de César). Le monnayeur L. Mussidius Longus frappe cette monnaie à Rome pour le compte des triumvirs. Le climat social est alors marqué par la peur, les proscriptions et le désir d’une paix stable après des décennies de conflits internes. 2. Le Symbolisme de l’Avers : Concordia Le portrait de Concordia (la Concorde), déesse de l’harmonie et de l’entente, n’est pas un choix anesthésié. C’est un message politique fort : Appel à l’unité : Il symbolise l’accord (fragile) entre les trois membres du Triumvirat. Légitimation : En affichant la Concorde, les triumvirs se présentent comme les seuls garants de l’ordre public face au chaos provoqué par les républicains radicaux. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Sanctuaire de Venus Cloacina Le revers est l’un des plus célèbres de la numismatique républicaine car il représente un monument précis du Forum Romain : le Sacrum Cloacina. Vénus et la Purification : Bien que Cloacina soit liée à la Cloaca Maxima (le grand égout), elle était associée à Vénus. Selon la légende, c’est à cet endroit que les Romains et les Sabins déposèrent leurs armes et se purifièrent avec des rameaux de myrte après la fin des hostilités (suite à l’enlèvement des Sabines). Le message de réconciliation : En montrant ce sanctuaire, le monnayeur rappelle l’épisode fondateur où deux peuples ennemis ont choisi de s’unir pour ne former qu’un seul peuple. C’est une métaphore directe de la situation de 42 av. J.-C. : l’espoir que les factions romaines opposées puissent, elles aussi, se réconcilier. Détails architecturaux : On y voit deux statues (Vénus et Cloacina, ou deux aspects de la divinité), une balustrade en treillis et les marches menant au monument. C’est un témoignage archéologique précieux d’un sanctuaire aujourd’hui disparu (il n’en reste que la base circulaire sur le Forum). 4. Pourquoi ce choix pour Mussidius Longus ? Les monnayeurs de cette période utilisaient souvent les monnaies pour souligner l’ancienneté de leur lignée ou pour plaire aux dirigeants actuels. En choisissant des thèmes de purification et de concorde, Longus s’aligne parfaitement sur la communication des triumvirs qui prétendent « nettoyer » la République de ses traîtres pour restaurer l’harmonie. Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Variante 1 avec une étoile à six raies sous le menton de Concordia  Références : RRC 494/42b – B.6 (Mussidia) – Syd.1093a British Museum 3.94g Variante 2 avec un croissant sous le menton de Concordia  Références : RRC 494/42c – B.6 (Mussidia) – Syd.1093b British Museum 3.8g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius

1619MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus

1619MU – Denier Mussidia – Lucius Mussidius Longus Avers : CONCORDIA (La Concorde) Buste diadémé, voilé et drapé de la Concorde à droite. Revers : L · MVSSIDIVS · LONGVS (Lucius Mussidius Longus) Mains jointes tenant un caducée ailé. British Museum 3.78g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mussidia Références : RRC 494/41 – B.5 (Mussidia) – Syd.1092 Ce denier, frappé par L. Mussidius Longus en 42 av. J.-C., est une pièce maîtresse pour comprendre la communication politique à Rome juste avant la bataille de Philippes. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de l’époque : 1. Contexte Historique : L’équilibre précaire du Second Triumvirat L’année 42 av. J.-C. est une période de transition violente. Jules César a été assassiné deux ans plus tôt, et le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est officiellement formé pour stabiliser l’État et venger César. L’union contre les « Libérateurs » : Alors que les armées des triumvirs se préparent à affronter Brutus et Cassius en Grèce, il est crucial de projeter une image d’unité absolue à Rome. La propagande monétaire : Le monnayeur L. Mussidius Longus agit ici comme un relais de cette propagande. La monnaie ne sert pas seulement à payer les légions, elle sert à légitimer l’alliance des trois chefs aux yeux du peuple et des soldats. 2. Symbolisme de l’Avers : La Concorde (Concordia) Le choix de la tête de la déesse Concordia n’est pas anodin. La Paix Civile : Après des décennies de guerres civiles, la Concorde invoque le désir de fin des hostilités internes. L’entente des Chefs : Elle symbolise spécifiquement l’accord entre Octave, Marc Antoine et Lépide. En plaçant cette divinité sur l’avers, le monnayeur affirme que les triumvirs agissent en parfaite harmonie pour le bien de la République. 3. Symbolisme du Revers : L’Alliance et la Prospérité Le revers présente un motif iconographique très fort : deux mains jointes tenant un caducée. La Dextrarum Iunctio (Mains jointes) : C’est le geste romain traditionnel de la conclusion d’un traité ou d’une alliance sacrée. C’est le symbole ultime de la loyauté (Fides) et de la réconciliation. Le Caducée : Attribut du dieu Mercure, il représente ici la paix retrouvée, mais aussi la reprise du commerce et de la prospérité économique qui découlent de la fin des conflits. Le Message Global : Le message est clair : « Grâce à l’accord des triumvirs (les mains jointes), la paix et l’abondance (le caducée) reviennent sous la protection de l’harmonie (la Concorde). » Lucius Mussidius Longus est un personnage dont la trace historique repose quasi exclusivement sur son activité de monétaire (magistrat chargé de la frappe des monnaies). Malgré cette discrétion dans les textes anciens, ses émissions monétaires sont parmi les plus riches en symbolisme de la fin de la République. Voici ce que l’on sait de lui et de sa fonction : 1. Un « Homme Nouveau » au service des Triumvirs Origine familiale : La gens Mussidia était une famille plébéienne mineure, probablement originaire de Sulmona (pays des Paeligni). Lucius est considéré comme un « homme nouveau » (novus homo), parvenu à des responsabilités grâce à son ralliement à la cause des héritiers de César. Carrière : Après avoir été monétaire en 42 av. J.-C., il semble avoir poursuivi sa carrière sous Auguste. Certaines sources l’identifient comme le Lucius Mussidius qui fut proconsul de Sicile, où il fit également frapper des monnaies de bronze locales. Descendance : Son allégeance politique a porté ses fruits pour sa famille, puisque son fils (ou petit-fils), Titus Mussidius Pollianus, a atteint le rang prestigieux de consul sous le règne de Caligula. 2. Membre du Collège des Quattuorviri (42 av. J.-C.) Lucius Mussidius Longus n’exerçait pas seul. En 42 av. J.-C., les membres du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) ont porté le nombre de magistrats monétaires de trois à quatre pour faire face aux besoins financiers colossaux de la guerre contre les assassins de César. Il faisait partie de ce collège de Quattuorviri Monetales aux côtés de : P. Clodius L. Livineius Regulus C. Vibius Varus 3. Son rôle politique et monétaire Sous le titre de IIII VIR A.P.F. (Quattuorvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent), sa mission était double : Financement militaire : Produire massivement des deniers et des aurei pour payer les légions avant la bataille décisive de Philippes. Propagande : Ses pièces, dont le fameux denier au portrait de César (RRC 494/39), servaient à légitimer le pouvoir des triumvirs en rappelant leur lien avec le dictateur divinisé. 4. Ses types monétaires célèbres Outre le portrait de César, Mussidius Longus est connu pour deux autres types majeurs qui témoignent de ses attaches religieuses et politiques : Le sanctuaire de Vénus Cloacina : Représentant une petite plateforme sur le Forum Romain. Ce type célèbre le retour à la concorde et à la purification de l’État après les souillures des guerres civiles. Le buste de Sol (le Soleil) : Souvent associé à l’idée de renaissance et de protection divine sur l’Orient romain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la première femme de Marc Antoine, sur les médailles 2.

1415VI – Denier Vinicia – L. Vinicius

1415VI – Denier Vinicia – L. Vinicius Avers : CONCORDIAE (Concordiae, A la Concorde) Tête laurée de Concordia à droite. Revers : L.VINICI (Lucius Vinicius) Victoria (la Victoire) portant une branche de palmier et quatre couronnes. British Museum 4.02g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 52 avant J.C. Matière : Argent Gens : Vinicia Références : RRC 436/1 – B.1 (Vinicia) – Syd.930 Le monétaire responsable de l’émission de ce denier est Lucius Vinicius. Voici les informations clés sur ce personnage et son rôle historique : Identité et Origines Nom complet : Lucius Vinicius. Statut social : C’est un homo novus (homme nouveau), ce qui signifie qu’il est le premier de sa famille à accéder aux hautes magistratures romaines. Origine : Sa famille était issue de l’ordre équestre et originaire de la ville de Cales, en Campanie. Carrière Politique Lucius Vinicius a connu une ascension notable, évoluant dans le cercle d’influence des grandes figures de la fin de la République, notamment Jules César : Triumvir Monetalis (v. 52 av. J.-C.) : C’est à ce poste qu’il fait frapper le denier RRC 436/1. Selon les analyses de LesDioscures.com, le choix des motifs (Concorde et les quatre couronnes de la Victoire) témoigne d’une volonté de célébrer l’alliance entre Pompée, César et Crassus tout en honorant les triomphes de Pompée. Tribun de la plèbe (51 av. J.-C.) : Fidèle partisan de César, il utilise son droit de veto durant son mandat pour bloquer un senatus consultum (décret du Sénat) qui visait directement à affaiblir César. Consul suffect (33 av. J.-C.) : Il atteint le sommet de l’État sous le second triumvirat, nommé consul pour remplacer l’un des consuls sortants. Proconsul d’Asie (v. 28-25 av. J.-C.) : Plus tard dans sa carrière, il assure le gouvernement de la riche province d’Asie, confirmant son intégration durable dans la nouvelle élite impériale naissante sous Auguste. Héritage Sa réussite a permis l’établissement d’une lignée durable ; son fils, également nommé Lucius Vinicius, deviendra lui-même consul suffect en l’an 5 av. J.-C. Le message véhiculé par le cette monnaie de Lucius Vinicius est profondément politique et stratégique. En 52 av. J.-C., Rome traverse une crise institutionnelle majeure (émeutes, incendie de la Curie, meurtre de Clodius). Voici l’analyse du message codé sur cette monnaie, tel qu’on peut l’interpréter avec l’appui de sources comme LesDioscures.com : 1. L’appel à la Paix Civile (L’Avers) La présence de Concordia (la Concorde) n’est pas un choix esthétique, mais un cri de ralliement. Le contexte : La République est au bord de l’implosion. Le Sénat vient de nommer Pompée « consul unique » pour rétablir l’ordre. Le message : En affichant la déesse de l’harmonie, le monétaire prône la fin des violences de rue et le retour à l’unité entre les factions politiques (les Optimates et les Populares). 2. La Glorification de Pompée (Le Revers) La Victoire tenant une palme ornée de quatre couronnes est l’élément le plus explicite et le plus rare. L’hommage militaire : Ces couronnes font référence aux trois triomphes de Pompée le Grand (sur trois continents : Afrique, Europe, Asie). La quatrième couronne pourrait symboliser une distinction supplémentaire ou l’espoir d’une nouvelle ère de victoires sous son autorité. L’allégeance politique : Lucius Vinicius, bien que proche de César, rend ici un hommage vibrant à Pompée. À cette époque précise, l’équilibre du pouvoir repose sur la collaboration (certes fragile) entre les chefs. 3. La Légitimité de la « Nouvelle Noblesse » En tant qu’homo novus (homme nouveau), Lucius Vinicius utilise cette monnaie pour : S’ancrer dans la tradition : Il utilise des symboles républicains forts pour prouver sa piété et son respect des institutions. Se placer sous la protection des grands : En célébrant les succès de Pompée (et indirectement de César), il lie sa propre carrière à la réussite des hommes forts du moment. Synthèse du message « La paix et l’ordre (Concordia) ne reviendront que par la reconnaissance des mérites exceptionnels et des victoires (les couronnes) de nos grands généraux. » C’est une monnaie de propagande pour la stabilité, cherchant à rassurer une population romaine épuisée par les troubles civils. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Vinicius. Monétaire vers 696 (58 av. J.-C.) Ce personnage fut tribun du peuple en 703 (51 av. J.-C.) et, en cette qualité, il opposa son veto à un sénatus-consulte dirigé contre Jules César. Il devint consul suffectus en 721 (33 av. J.-C.); on ne connaît pas autrement sa carrière. Les deniers qu’il a fait frapper vers l’an 696 (58 av. J.-C.) portent des types qu’on voit fréquemment à cette époque et dans les années suivantes. Ils sont en l’honneur de la Concorde, qu’on n’invoque jamais tant que durant les guerres civiles; ici, elle se rapporte au triumvirat de Pompée,César et Crassus, conclu en 695 (59 av. J.-C.). Cavedoni, après Vaillant, a reconnu dans les couronnes suspendues à la palme que tient la Victoire les quatre couronnes qui figurent sur un denier, presque contemporain, de Faustus Sylla (Cornelia, 61). Ces couronnes font allusion, comme nous l’avons dit ailleurs, aux succès de Pompée : trois d’entre elles rappellent ses victoires dans les trois parties du monde, et la quatrième est la couronne de laurier en or avec laquelle Pompée fut admis à paraître dans les cérémonies officielles. Lieux de découverte (3 exemplaires)

1406DI – Denier Fonteia – Publius Fonteius Capito

1406DI – Denier Fonteia – Publius Fonteius Capito Avers : P.FONTEIVS CAPITO·III·VIR· CONCORDIA (Publio Fonteio Capito Triumvir Concordia, À Publius Fonteius Capito triumvir monétaire, Concordia) Buste voilé et diadémé de la Concorde à droite. Revers : T·DIDI· – IMP· – VIL·PVB (Titus Didius Imperator Villam Publicam refecit, Titus Didius, Imperator, a restauré la Villa Publica) Vue de la Villa Publica. INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 55 avant J.C. Matière : Argent Gens : Fonteia Références : RRC 429/2a – B.1 (Didia) – Syd.907 Le monétaire Publius Fonteius Capito est un personnage de la fin de la République romaine dont nous connaissons l’essentiel par ses frappes monétaires. Voici les informations clés sur lui : 🏛️ Identité et Fonction Nom Complet : Publius Fonteius Publii filius Capito (P. Fonteius P.f. Capito). Fonction : Il était Triumvir Monetalis (ou III VIR sur la monnaie), c’est-à-dire l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome. Date d’activité : Vers 55 av. J.-C. (date d’émission du denier). 👨‍👩‍👧‍👦 La Gens Fonteia Il appartenait à la Gens Fonteia, une famille (gens) d’origine plébéienne (roturière), probablement de Tusculum, qui a atteint l’ordre sénatorial (la noblesse romaine). L’inscription P. F. (Publii filius) sur la monnaie indique qu’il était le fils d’un autre Publius Fonteius. 📜 Contexte Historique du Monétaire Époque Agitée : Il frappe monnaie durant une période extrêmement volatile de la République romaine, dominée par le Premier Triumvirat (César, Pompée et Crassus). En 55 av. J.-C., Pompée et Crassus sont consuls pour la seconde fois. Connu pour une Adoption : Il est très probablement la personne qui a adopté Publius Clodius Pulcher, le célèbre démagogue et ennemi juré de Cicéron. Cette adoption est survenue vers 59 av. J.-C., car Clodius, pour être éligible au tribunat de la plèbe, devait être plébéien. 🪙 Signification de sa Monnaie  Ce denier est particulièrement intéressant pour les types qu’il représente : Avers (Concordia) : La tête de la déesse Concordia rappelle une valeur importante pour l’État romain, mais peut aussi être une allusion à la concorde au sein de sa propre famille ou entre les grandes factions politiques de l’époque. Revers (Villa Publica) : La représentation de la Villa Publica (un bâtiment public à Rome) et la mention de Titus Didius (T. DIDI IMP.) font référence à un membre de sa famille (possiblement son grand-père maternel) qui avait restauré ce bâtiment après une campagne militaire et obtenu le titre d’Imperator. En tant que monétaire, Publius Fonteius Capito utilisait ces images pour célébrer les accomplissements de ses ancêtres et affirmer le prestige de sa famille à Rome. En résumé, P. Fonteius Capito est principalement connu comme le magistrat monétaire de 55 av. J.-C. et comme un membre de la haute société romaine lié à des figures importantes de son temps. Variante avec la Villa Publica présentant des portes attachées aux colonnes. Référence : RRC 429/2b British Museum 4.03g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon T. Didius, imperator. Fils du tribun de l’an 611 dont nous venons de parler, ce T. Didius était préteur en Illyrie en 639 (115 av. J.-C.). Il défit les Thraces et les Scordisci qui avaient envahi la province romaine de Macédoine; il répara ainsi la défaite du consul C. Porcius Cato et revint triompher à Rome. En 656 (98 av. J -C.), il obtint le consulat avec Q. Caecilius Metellus. Plus tard, nommé proconsul en Espagne, il battit les Celtibériens et les Vaccéens, exila les habitants de Termessus, emporta d’assaut Colenda, après un siège de neuf mois, et dispersa les bandes de pillards qui infestaient l’Espagne : Sertorius servit sous ses ordres comme tribun militaire. Il prit part ensuite à la guerre Sociale ou des Marses et tomba sur le champ de bataille en665 (89 av. J.-C.).Le nom de ce T. Didius, qu’il ne faut pas confondre avec son père ou avec son fils, se trouve sur une médaille frappée par P. Fonteius Capito, triumvir monétaire vers l’an 700 de Rome (54 av. J.-C.). T. Didius y reçoit le titre d’imperator que lui méritèrent ses brillants succès en Espagne;  De plus, le revers de cette pièce représente la Villa publica et nous apprend qu’elle fut réparée par les soins de T. Didius, à son retour d’Espagne. C’est de la même façon que nous voyons la basilique Emilienne représentée sur un denier de Lépide qui la fit restaurer. La Villa publica servant aux réunions des comices et aux solennités publiques avait été construite sur le champ de Mars en 320 (434 av. J.-C.) par les censeurs Furius Pacilus et M. Geganius Macerinus; restaurée une première fois en 558 (196 av. J.-C.), nous manquons de renseignements sur l’embellissement dont elle fut l’objet au temps de T. Didius. Nous ignorons également pour quels motifs le monétaire P. Fonteius Capito rappela ce souvenir particulier à la gens Didia; c’étaient sans doute des liens de famille dont nous ne pouvons nous rendre compte aujourd’hui. L’analogie de la tête de la Concorde avec celle qu’on voit sur les deniers de Paullus Aemilius Lepidus (n. 10 et 11) est singulièrement frappante, de même que l’analogie du type du revers avec celui de la médaille de Lépide n. 25 qui représente la façade de la basilique Emilienne. Lieux de découverte (42 exemplaires)

1377AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Lepidus Paullus

1377AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Lepidus Paullus Avers : PAVLLVS LEPIDVS CONCORD (Paullus Lepidus Concordia, Paul Lépide Concorde) Buste de Concordia (la Concorde) voilé, diadémé et drapé à droite. Revers : PVTEAL. SCRIBON // [LIBO] (Puteal Scribonianum Libo, puits Scribonien Libo) Le puit scribonien orné de deux lyres et de deux branches de laurier; en bas du puit un marteau. Bibliothèque nationale de France 3.98g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 62 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Aemilia et Scribonia Références : RRC 417/1a – B.11 (Aemilia) – Syd.927 Ce denier a été frappé par l’association de deux magistrats monétaires (monetarii) en 62 av. J.-C. : L. Aemilius Lepidus Paullus et L. Scribonius Libo. Leur collaboration sur cette émission de deniers est significative et leurs carrières respectives sont bien documentées : 1. Lucius Aemilius Lepidus Paullus Gens Aemilia : Il appartenait à l’une des plus anciennes et des plus influentes familles patriciennes de Rome. Carrière politique : Il a poursuivi une carrière politique importante. Il fut plus tard Consul en 34 av. J.-C., ayant L. Scribonius Libo pour collègue. Il fut également un opposant de Marc Antoine. Symbolisme de l’avers : La tête de Concordia sur le droit de la monnaie (avec la légende PAVLLVS·LEPIDVS CONCORD) est souvent interprétée comme une allusion à une tentative de trêve ou de paix pour mettre fin aux guerres civiles qui troublaient cette époque, symbolisant l’harmonie recherchée après une période de troubles. 2. Lucius Scribonius Libo Gens Scribonia : Il appartenait à une famille moins ancienne, mais également notable. Alliance avec Pompée : Il est célèbre pour avoir été l’un des principaux chefs du parti Pompéien. Il était le beau-père de Pompée le Grand, dont il avait épousé la fille. Il accompagna et servit Pompée en Grèce. Symbolisme du revers : La représentation du Puteal Scribonianum (margelle du puits Scribonien) sur le revers (avec la légende PVTEAL·SCRIBON LIBO) fait référence à un ancêtre de la gens Scribonia qui, selon la légende, avait été chargé par le Sénat de rechercher les lieux sacrés frappés par la foudre. C’est un emblème familial qui glorifie l’histoire de sa lignée. L’association de leurs types monétaires sur ce denier est un exemple de l’entrelacement des familles nobles romaines à la fin de la République. Variante avec des tenailles en bas du puit au lieu du marteau au revers Références : RRC 417/1b – B.11a (Aemilia) British Museum 3.93g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Paullus Aemélius Lepidus. Monétaire en 700 (54 av. J. C.) Paullus Aemilius Lepidus était fils de Lucius et petit-fils de Marcus; on l a souvent confondu avec son père, mais Borghesi a précisé son histoire et démêlé les événements qui lui appartiennent. Après avoir rempli les fonctions de magistrat monétaire, il fut exilé avec son père en 711 (43 av. J.-C.), et plus tard, nous le trouvons en Crète, à la tète du parti républicain qui tint un instant la mer Ionienne ; il finit parfaire la paix avec les triumvirs, accompagna Octave dans sa campagne contre Sex. Pompée, en Sicile, l’an 36 av. J,-C.; fut consul en 720 (34 av. J.-C.) et censeur en 732 (22 av. J.-C.) avec L. Munatius Plancus.La tête voilée de la Concorde qu’on voit sur les monnaies de Paullus Aemilius Lepidus, fait sans doute allusion à quelque trêve qui mettait fin aux guerres civiles de cette époque si troublée. Le revers de la première de ces médailles se rapporte au père du monétaire L. Aemilius Paullus, le vainqueur de Persée. On y voit le général romain à côté d’un trophée et de Persée enchainé avec ses deux fils. La légende Paullus ter rappelle les trois triomphes de L. Aemilius Paullus, à la suite de brillantes victoires qui eurent pour théâtre l’Espagne en 564 (190 av. J.-C.), la Ligurie, en 573 (181 av. J.-C.) et la Macédoine en 586 (168 av. J.-C.). Dans la conquête de ce dernier pays, L. Aemilius Paullus ayant fait prisonnier Persée, obtint les honneurs d’un triomphe extraordinaire dans lequel le roi captif et ses deux fils suivaient le char du triomphateur. Dans la légende Paullus ter, on a omis le mot imperator; on trouve dans le même sens sur les monnaies de Sylla, imperator iterum.Sur la seconde monnaie, est associé au nom de Paullus Aemilius Lepidus, celui de L. Scribonius Libo, un des principaux chefs du parti Pompéien, dont nous parlerons à la gens Scribonia; il fut consul en même temps que Paullus Aemilius Lepidus, en 720 (34 av. J.-C.). On a figuré la margelle du fameux puits scribonien, présenté sous ses trois faces, c’est-à-dire avec le symbole du marteau, avec le symbole des tenailles, ou enfin avec le symbole du bonnet ou pileus de Vulcain, suivant les exemplaires. Lieux de découverte (75 exemplaires)

1375AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Lepidus Paullus

1375AE – Denier Aemilia – Lucius Æmilius Lepidus Paullus Avers : PAVLLVS LEPIDVS – CONCORDIA (Paullus Lepidus Concordia, Paul Lépide Concorde) Buste de Concordia (la Concorde) voilé, diadémé et drapé à droite. Revers : TER // PAVLVS (Tertius//Paullus, troisième, Paul) Paul Émile debout à droite devant un trophée; de l’autre côté, Persée, roi de Macédoine et ses deux fils attachés. British Museum 3.76g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 62 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia Références : RRC 415/1 – B.10 (Aemilia) – Syd.926 Le monétaire derrière ce denier est Lucius Aemilius Lepidus Paullus. Il est un personnage de la fin de la République romaine dont l’histoire est à la fois prestigieuse et complexe, notamment en raison de la confusion possible avec son père et son oncle. Voici les informations clés sur ce monétaire et sa famille : 🏛️ Identité et Contexte Nom Complet : Lucius Aemilius Lepidus Paullus. Famille (Gens) : Aemilia, l’une des plus anciennes et des plus influentes familles patriciennes (les gentes maiores) de Rome. Père : Lucius Aemilius Paullus (consul en 50 av. J.-C.). Oncle : Marcus Aemilius Lepidus, le célèbre triumvir (membre du Second Triumvirat avec Octavien et Marc Antoine). Date d’émission du denier : 62 av. J.-C., lorsqu’il était l’un des magistrats monétaires (tresviri monetales). 🪙 Le But de la Monnaie Comme mentionné précédemment, cette monnaie est un hommage rendu à son illustre ancêtre, Lucius Aemilius Paullus Macedonicus, vainqueur du roi Persée de Macédoine à Pydna en 168 av. J.-C. Avers (Concordia) : La tête de la déesse Concordia (Concorde) fait référence à la volonté d’harmonie, souvent interprétée comme une allusion aux tentatives d’apaisement des tensions civiles à Rome à cette époque. Revers (Trophée et Captifs) : Le trophée et la représentation de l’ancêtre Paullus avec le roi Persée et ses fils enchaînés glorifient la victoire et le prestige de la gens Aemilia. La mention TER (Tertius) rappelle le troisième et plus grand triomphe de cet ancêtre. 📜 Carrière Politique Ultérieure Le monétaire Lucius Aemilius Lepidus Paullus a poursuivi une carrière politique significative, même s’il a eu une relation difficile avec son frère le triumvir : Proscription (43 av. J.-C.) : Il s’opposa au Second Triumvirat (qui incluait son propre oncle, Marcus Aemilius Lepidus) et fut inclus dans les proscriptions. Cependant, l’histoire raconte que son oncle le laissa s’échapper. Ralliement à Octavien : Après son exil, il finit par se rallier à Octavien (futur empereur Auguste). Consul Suffect (34 av. J.-C.) : Il parvient au consulat. Censeur (22 av. J.-C.) : Il fut le dernier censeur non-impérial de la République, une position très prestigieuse, aux côtés de Lucius Munatius Plancus. Sa vie illustre le parcours de l’aristocratie romaine de la fin de la République qui dut naviguer entre les guerres civiles et le début du Principat d’Auguste. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Paullus Aemélius Lepidus. Monétaire en 700 (54 av. J. C.) Paullus Aemilius Lepidus était fils de Lucius et petit-fils de Marcus; on l a souvent confondu avec son père, mais Borghesi a précisé son histoire et démêlé les événements qui lui appartiennent. Après avoir rempli les fonctions de magistrat monétaire, il fut exilé avec son père en 711 (43 av. J.-C.), et plus tard, nous le trouvons en Crète, à la tète du parti républicain qui tint un instant la mer Ionienne ; il finit parfaire la paix avec les triumvirs, accompagna Octave dans sa campagne contre Sex. Pompée, en Sicile, l’an 36 av. J,-C.; fut consul en 720 (34 av. J.-C.) et censeur en 732 (22 av. J.-C.) avec L. Munatius Plancus.La tête voilée de la Concorde qu’on voit sur les monnaies de Paullus Aemilius Lepidus, fait sans doute allusion à quelque trêve qui mettait fin aux guerres civiles de cette époque si troublée. Le revers de la première de ces médailles se rapporte au père du monétaire L. Aemilius Paullus, le vainqueur de Persée. On y voit le général romain à côté d’un trophée et de Persée enchainé avec ses deux fils. La légende Paullus ter rappelle les trois triomphes de L. Aemilius Paullus, à la suite de brillantes victoires qui eurent pour théâtre l’Espagne en 564 (190 av. J.-C.), la Ligurie, en 573 (181 av. J.-C.) et la Macédoine en 586 (168 av. J.-C.). Dans la conquête de ce dernier pays, L. Aemilius Paullus ayant fait prisonnier Persée, obtint les honneurs d’un triomphe extraordinaire dans lequel le roi captif et ses deux fils suivaient le char du triomphateur. Dans la légende Paullus ter, on a omis le mot imperator; on trouve dans le même sens sur les monnaies de Sylla, imperator iterum.Sur la seconde monnaie, est associé au nom de Paullus Aemilius Lepidus, celui de L. Scribonius Libo, un des principaux chefs du parti Pompéien, dont nous parlerons à la gens Scribonia; il fut consul en même temps que Paullus Aemilius Lepidus, en 720 (34 av. J.-C.). On a figuré la margelle du fameux puits scribonien, présenté sous ses trois faces, c’est-à-dire avec le symbole du marteau, avec le symbole des tenailles, ou enfin avec le symbole du bonnet ou pileus de Vulcain, suivant les exemplaires. Lieux de découverte (709 exemplaires)