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127AN – Semuncia Anonyme

127AN – Semuncia Anonyme Avers : Anépigraphe Buste tourelé et drapé de Cybèle à droite. Revers : ROMA Cavalier galopant à droite, tenant un fouet de la main droite. British Museum 4.96g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 217 – 215 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 39/5 – Syd. 97 L’avers de cette monnaie représente un buste féminin drapé et couronné d’une tour. Cette représentation a fait l’objet de diverses interprétations : Cybele (ou Magna Mater) : C’est l’interprétation la plus courante et la plus acceptée. Cybele, la Grande Mère des dieux, était une déesse d’origine phrygienne dont le culte fut officiellement introduit à Rome en 204 av. J.-C. (un peu après l’émission de cette monnaie, mais son influence était déjà présente). La couronne tourelée (murale) est un attribut typique de Cybele, symbolisant sa protection des cités. Si c’est bien elle, sa présence sur une monnaie à cette époque pourrait refléter une quête de protection divine pendant la Deuxième Guerre Punique, une période de grande crise pour Rome. Roma : Une autre possibilité est que ce buste représente Roma, la personnification divine de la ville de Rome elle-même. Roma est souvent représentée avec des attributs guerriers ou civiques, et une couronne tourelée pourrait symboliser sa fonction de protectrice de la cité. Fortuna Romanorum : Il a aussi été suggéré qu’il s’agisse de Fortuna Romanorum (la Fortune du Peuple Romain), une déesse associée à la chance et au destin de Rome.   Le Cavalier : Cette figure du cavalier est un motif récurrent dans la monnaie romaine républicaine primitive. Elle peut symboliser plusieurs choses : La jeunesse et la vigueur de Rome : Le cavalier est souvent associé à la cavalerie romaine, une composante essentielle de l’armée romaine, et à la puissance militaire de la République. Les Dioscures (Castor et Pollux) : Les Dioscures, fils de Jupiter, étaient souvent représentés comme des cavaliers et étaient vénérés à Rome comme des protecteurs des armées et des voyageurs. Ils étaient censés apparaître pour aider les Romains au combat. Un héros légendaire ou un général romain : Bien que moins probable pour une émission aussi précoce et anonyme, le cavalier pourrait évoquer les exploits militaires ou la bravoure.

1575CE – Aureus L. Cestius et C. Norbanus

1575CE – Aureus L. Cestius et C. Norbanus Avers : C NORB – ANVS L CESTIVS PR (Marcus Antonius, Triumvir Reipublicae Constituendae) Buste féminin drapé à droite, la tête ceinte d’un bandeau. (Sybille ou Vénus?) Revers : SC (Senatus Consulto) Cybèle à gauche tenant une patère de la main droite dans un char trainé par deux lions. British Museum 8.1g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 43 avant J.C. Matière : Or Gentes : Norbana et Cestia Références : RRC 491/2 – B.5 (Norbana) – Syd.1155 Cet aureus n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un véritable manifeste politique et religieux frappé au cœur de l’une des périodes les plus confuses de l’histoire romaine. 1. Le Contexte Historique : L’Urgence de 43 av. J.-C. L’année 43 av. J.-C. suit immédiatement l’assassinat de Jules César. Le Sénat, mené par Cicéron, tente de reprendre le contrôle de la République face à Marc Antoine, déclaré « ennemi public ». Le Siège de Modène : La pièce est frappée durant la « Guerre de Modène ». Le Sénat s’allie temporairement au jeune Octave (futur Auguste) pour secourir Decimus Brutus, assiégé par Marc Antoine. Une monnaie de guerre : Cet aureus est une émission de nécessité. L’or servait à payer les légions d’Octave et des consuls Hirtius et Pansa pour s’assurer de leur loyauté envers la cause sénatoriale. Légitimité : La mention S·C (Senatus Consulto) au revers est cruciale. Elle rappelle que le pouvoir émetteur est le Sénat légitime, et non un général s’appropriant le trésor public. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La Sibylle de Cumes? Le buste féminin pourrait êtret la Sibylle de Cumes. La Prophétie : La Sibylle est celle que l’on consulte via les Livres Sibyllins lors des pires crises de l’État. Sa présence évoque un moment de péril extrême où Rome s’en remet aux dieux pour sa survie. Le lien avec Octave : La Sibylle est également liée à Apollon, le dieu protecteur d’Octave. Son apparition sur cette monnaie pourrait suggérer une subtile propagande en faveur du jeune héritier au sein même des émissions du Sénat. 3. Le Symbolisme du Revers : Cybèle et les Lions Le revers présente une iconographie spectaculaire : la déesse Cybèle (la Magna Mater) sur un char tiré par des lions. La Protection de Rome : Cybèle est une divinité salvatrice. Son culte fut introduit à Rome pendant la seconde guerre punique pour chasser Hannibal. En 43 av. J.-C., elle est à nouveau invoquée pour protéger la cité contre la « menace intérieure » que représente Marc Antoine. Les Lions : Le lion symbolise la force brute et la domination. Cybèle, en les menant, démontre sa capacité à dompter la fureur sauvage (la guerre civile) pour la mettre au service de l’ordre. Les Attributs : Elle tient une patera (libation), soulignant l’aspect religieux de la lutte, et s’appuie sur le tympanum, rappelant ses rites mystiques et protecteurs. L’émission de cet aureus est signée par deux magistrats qui, exceptionnellement, ne sont pas des « monétaires » habituels (tresviri monetales), mais des préteurs. Cette distinction est cruciale pour comprendre l’urgence politique de 43 av. J.-C. Voici les informations sur ces deux personnages : 1. Lucius Cestius On sait peu de choses sur la carrière de Lucius Cestius en dehors de cette émission monétaire. Cependant, les recherches historiques permettent d’établir les points suivants : Origine : Il appartiendrait à la gens Cestia, une famille de rang plébéien qui a gagné en importance à la fin de la République. Lien avec la Pyramide de Cestius : Il est très probablement le père de Caius Cestius, le magistrat romain (épulon) dont le tombeau en forme de pyramide est l’un des monuments les plus célèbres de Rome (la Pyramide de Cestius, construite entre 18 et 12 av. J.-C.). Rôle politique : En tant que préteur en 43 av. J.-C., il faisait partie de la haute magistrature. Sa présence sur cette monnaie indique qu’il a été chargé par le Sénat de superviser la frappe de l’or pour financer l’effort de guerre contre Marc Antoine. 2. Caius Norbanus (Flaccus) Caius Norbanus est un personnage mieux documenté, dont la carrière illustre la transition vers l’Empire : Carrière militaire : Contrairement à de nombreux magistrats de l’époque, Norbanus a eu une carrière politique et militaire réussie après 43 av. J.-C. Il s’est rallié à Octave et Marc Antoine après la formation du Second Triumvirat. Bataille de Philippes (42 av. J.-C.) : Il a servi comme général pour les triumvirs. Il fut envoyé en Macédoine avec huit légions pour contrer les troupes des assassins de César, Brutus et Cassius, avant l’arrivée du gros des forces triumvirales. Consulat : Sa loyauté a été récompensée par le consulat en 38 av. J.-C., ce qui prouve qu’il a su naviguer avec succès dans les eaux troubles des guerres civiles. Pourquoi des Préteurs et non des Monétaires ? L’apparition de titres comme PR (Praetores) sur une monnaie est un indicateur de circonstances extraordinaires. Légalité Sénatoriale : Le Sénat, cherchant à restaurer son autorité après la mort du Dictateur César, a confié la frappe de l’or (métal stratégique) à des magistrats supérieurs plutôt qu’à de jeunes fonctionnaires débutants. Besoin Militaire : En 43 av. J.-C., Rome est au bord de l’implosion. Les préteurs avaient l’ imperium (pouvoir de commandement), ce qui leur permettait de lever des fonds et de payer les soldats directement au nom de l’État. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Norbanus Flaccus. Préteur en 710-711 (44-43 av. J.-C.) On a généralement admis que les pièces d’or qui suivent ont été frappées par Norbanus et Cestius, qui auraient été investis de la charge de préfets urbains par César en 708-709. C’est là une hypothèse qu’a renversée Mommsen. Ces pièces d’or, fabriquées d’après le système adopté pour les monnaies de César, ont été frappées, non par deux préfets de Rome, mais par deux préteurs, avec l’autorisation du Sénat, qui essaya de ressaisir l’autorité souveraine après la mort du dictateur.C. Norbanus Flaccus, préteur en 710-711, immédiatement après la mort de César, et collègue de L. Cestius, fut

1360PL – Denier Plaetoria – Marcus Plætorius Cestianus

1360PL – Denier Plaetoria – Marcus Plætorius Cestianus Avers : CESTIANVS  Tête tourelée de Cybèle à droite avec la dépouille d’un lion sur l’épaule (griffe) un globe sous le menton; le tout dans une couronne. Revers : M PLAETORIVS AED CVR EX SC (Marcus Plætorius Ædilis Curilis ex Senatus Consulto, Marcus Plætorius Édile curule avec l’accord du Sénat) Chaise curule dans une couronne; une « marque de contrôle » dans le champ à gauche. British Museum 3.81g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 67 avant J.C. Matière : Argent Gens : Plaetoria Références : RRC 409/2 – B.3 (Plaetoria) – Syd.808 Le monétaire à l’origine de ce denier est Marcus Plaetorius M.f. Cestianus (Marcus Plaetorius, fils de Marcus, Cestianus). Voici les informations clés concernant ce personnage de la fin de la République romaine :  Biographie et Carrière Période d’activité monétaire : M. Plaetorius Cestianus a émis des monnaies en tant que magistrat monétaire (triumvir monetalis) autour de 69 et 67 av. J.-C. Fonction en 67 av. J.-C. : La légende au revers de votre denier (RRC 409/1) l’identifie explicitement comme Aedile Curule (M•PLAETORIVS M•F AED•CVR) en 67 av. J.-C. Les édiles curules étaient responsables de l’organisation des jeux publics, de l’approvisionnement en blé de Rome, et de la police de la ville. Postérité politique : Il semble avoir continué son cursus honorum (carrière politique). On sait qu’il accède à la Préture vers 66 av. J.-C., après son édilité, et qu’il brigue le consulat. Condamnation : Des sources mentionnent qu’il fut condamné en 51 av. J.-C., sans que la charge exacte soit toujours précisée.  La Gens Plaetoria Les Plaetorii étaient une gens (famille) d’origine plébéienne, peut-être originaire de la Sabine. Le fait qu’il ait exercé l’édilité curule (normalement réservée aux patriciens ou aux plébéiens ayant obtenu cette charge) et son accès à la préture confirment son rang social élevé à la fin de la République. Le cognomen Cestianus est distinctif et figure sur plusieurs de ses émissions monétaires.  Iconographie Monétaire Les types monétaires qu’il a choisis sont variés et souvent liés aux jeux dont il avait la charge en tant qu’édile : RRC 409/2 (Cybele / Chaise Curule) : La tête de Cybele fait référence aux Jeux Mégalésiens (Ludi Megalesiaci) qui étaient célébrés en l’honneur de la Grande Mère (Mater Magna) et dont les Édiles Curules avaient la charge. Autres types : D’autres deniers qu’il a frappés représentent Vacuna (une déesse d’origine Sabine, assimilable à Cérès), ou des types relatifs à Bonus Eventus (la Bonne Fortune), illustrant la diversité de ses choix iconographiques. Vous trouverez dans l’article ci-dessous les différentes marques de contrôle que j’ai pu identifier pour ce denier, soit 47 variantes. Les-marques-de-controle-du-denier-de-marcus-plaetorius-cestianus Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Plaetorius Cestianus. Edile curule en 685 (69 av. J.-C.) Le surnom de Cestianus qui paraît sur les monnaies de M. Plaetorius n’est mentionné dans aucun historien de l’antiquité. Il est probable que M. Plaetorius Cestianus est le même que M. Plaetorius qui se porta comme accusateur de M. Fonteius en 684 (70 av. J.-C.) et contre lequel Cicéron prononça son pro Fonteio. L’année suivante, M. Plaetorius fut édile curule avec C. Flaminius, et c’est en cette qualité qu’il fit frapper monnaie. En 688 (66 av. J.-C.), il fut préteur avec le même collègue. Cicéron  nous apprend qu’en l’an 703 (51 av. J.-C.) il fut condamné, mais il ne nous dit point à quelle peine, ni sur quel chef d’accusation. Son père pourrait être M. Plaetorius, que Sylla fit mettre à mort en 672 (82 av. J.-C.).Les monnaies de M. Plaetorius Cestianus offrent des types variés et intéressants qu’on peut rapprocher de ceux des deniers de M. Volteius. La tête de Cybèle qu’on voit sur le n. 3, rappelle les fètes Mégalésiennes qu’on célébrait en l’honneur de cette divinité appelée la Bonne Déesse, Mater magna. Ces fêtes avaient été instituées en 550 (204 av. J.-C.), et les édiles curules étaient chargés de les présider . C’est pour ce motif qu’on voit la tête de Cybèle sur les deniers frappés par des édiles curules, comme M. Plaetorius Cestianus, P. Furius Crassipes, et A. Plautius. Le denier n. 4 a toujours été mal interprété. Au droit, nous croyons qu ‘il faut reconnaître la déesse sabine Vacuna qui réunissait les attributs de Diane, de Cérès, de Vénus, de la Victoire et de Minerve : ce sont bien en effet les attributs de ces divinités que porte le buste féminin de la médaille : Vacuna était encore très honorée du temps même de l’empire et elle avait à Reate un temple célèbre qui fut restauré par Vespasien La tête jeune et imberbe du denier n. 5 paraît être celle de Bonus Eventus; du moins elle ressemble beaucoup à celle qui figure sur un denier de Q. Cassius Longinus et que nous avons appelée de ce nom. Ces deux têtes, il est vrai, n’ont point de rapport avec celle de Bonus Eventus qui figure, avec son nom, sur le denier de Scibonius Libo; mais nous pourrions citer de nombreux exemples d’une pareille anomalie ; d’ailleurs, les têtes en question nous ont paru se rapprocher de la tête du même dieu qu’on voit sur des monnaies de Galba, de Titus, et des autres représentations qu’on connaît de Bonus Eventus . Les figures qui paraissent sur les deniers suivants sont encore plus obscures. Ce sont probablement, comme Vacuna et comme la Bona Dea, des divinités dont le culte, à Rome, était mystérieux, et qui rendaient des oracles ou jetaient des sorts, comme Faunus et Fauna, Pales, la nymphe Egérie ou quelques autres. On pourrait croire aussi bien, qu’il s’agit de la représentation de diverses variétés de la déesse Fortune, comme la Fortuna muliebris, la Fortuna virilis, la Fortuna brevis, la Fortuna respiciens, etc., ou quelques autres divinités de même nature comme Nortia, Fatum, Fata, qui avaient des sanctuaires nombreux à Rome et dans l’Italie centrale . Dans tous les cas, au revers des deniers 8 et 9, on voit le fronton du temple de Préneste où la Fortuna publica primigenia était particulièrement honorée . Le buste de la déesse

1321VO – Denier Volteia – Marcus Volteius

1321VO – Denier Volteia – Marcus Volteius Avers : Anépigraphe Buste lauré et casqué d’Attis ou de Corybas à droite; derrière, marque de contrôle. Revers : M. VOLTEI. M. F (Marcus Volteius Marci Filius, Marc Volteius, fils de Marc) Char tiré par deux lions à droite, conduit par Cybèle tenant les rênes; au-dessus un chiffre grec de contrôle. British Museum 3.87g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 78 avant J.C. Matière : Argent Gens : Volteia Références : RRC 385/4 – B.4 (Volteia) – Syd.777 Le monétaire à l’origine de ce denier est Marcus Volteius M. f. (Marcus Volteius, fils de Marcus). Voici les informations numismatiques et historiques disponibles à son sujet :  Identité et Période Nom Complet : Marcus Volteius Marci Filius (M. Volteius M. f.) Fonction : Triumvir Monetalis (l’un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). Date d’émission : 78 av. J.-C. Famille (Gens) : Volteia.  Contexte Historique et Familial Connaissance limitée : On sait très peu de choses sur la biographie personnelle de Marcus Volteius M. f. Son existence est principalement attestée par les monnaies qu’il a émises. La Gens Volteia : La gens Volteia est une famille romaine connue surtout par l’intermédiaire de ses monnaies. Les sources anciennes ne la mentionnent que très brièvement, par exemple un certain L. Vulteius est mentionné comme propréteur en Sicile en 70 av. J.-C. Il est probable que M. Volteius M. f. était un parent proche de ce L. Vulteius. Autres monétaires Volteii : La famille a fourni à la République deux officiers monétaires connus : M. Volteius M. f. et L. Volteius Strabo.  L’Œuvre Monétaire (RRC 385) L’ensemble de l’émission de M. Volteius M. f. (RRC 385/1 à 385/5) est remarquable pour son iconographie, car les cinq types de deniers différents commémorent ce qui semble être les cinq grandes fêtes agonales (jeux) de l’année romaine : RRC Divinité / Type Fête Commémorée (selon Mommsen) 385/1 Temple de Jupiter (Capitolin) Ludi Romani (Jeux Romains) 385/2 Tête d’Hercule / Sanglier d’Érymanthe Ludi Plebeii (Jeux Plébéiens) 385/3 Tête de Liber / Cérès en bige de serpents Ludi Cereales (Jeux de Cérès) 385/4 Tête d’Attis / Cybèle en bige de lions Ludi Megalenses (Jeux Mégalésiens) 385/5 Tête d’Apollon / Trépied et serpent Ludi Apollinares (Jeux Apollinaires) L’émission est donc une série thématique très intéressante, soulignant le rôle du monétaire dans la création et la diffusion de messages culturels et politiques par le biais de la monnaie. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Volteia est connue seulement par les médailles, par un passage de Cicéron et par un autre de Florus où il est question d’un certain L. Vulteius propréteur en Sicile. On ne sait rien ni sur l’origine ni sur le rang de cette race; elle a fourni à la république deux officiers monétaires : M. Volteius et L. Volteius Strabo. I. M. Volteius M. f. Monétaire vers 666 (88 av. J.-C.) Nous ne possédons aucun détail biographique sur ce personnage qui était probablement très proche parent de L. Vulteius propréteur en Sicile en 684 (70 av. J.-C.). Mais en revanche, les types figurés sur ses monnaies sont très intéressants, et ils n’avaient pas encore été expliqués jusqu’à Mommsen qui en a donné le véritable sens, en montrant qu’ils se rapportent à la fête de Rome, à la fête plébéienne, aux fêtes de Cérès, aux fêtes d’Apollon et aux jeux mégalésiens ; ce sont les cinq grandes fêtes agonistiques de l’année romaine. Les Megalesia en l’honneur de Cybèle ou la Mère des dieux, furent institués en 550 (204 av. J.-C.) à l’occasion de la seconde guerre Punique. Les livres sibyllins avaient déclaré que les Romains triompheraient si la statue de la mère des dieux était apportée de Pessinunte à Rome. On envoya des ambassadeurs à Attale, roi de Pergame, qui permit le départ de la pierre qui était le simulacre de la grande déesse phrygienne du mont Ida. Il fallut, comme on le sait, l’intervention de la vestale Claudia Quinta, pour que la déesse permît au vaisseau qui la portait de remonter le cours du Tibre, depuis Ostie jusqu’à Rome. Scipion Nasica fit déposer la pierre dans le temple de la Victoire. On était au mois d’avril ; chaque année, à cette époque, les patriciens célébrèrent, sous la présidence des édiles curules, le souvenir de cet événement mémorable. Les jeux mégalésiens furent réformés en 561 (193 av. J.-C.) par les édiles curules, L. Scribonius Libo et C. Atilius Saranus, et en l’an 563 (191 av. J.-C.) on finit par construire à Cybèle un temple spécial, près de celui d’Apollon Palatin . Mommsen pense que la tête juvénile qui figure au droit du denier dont il est ici question, est la tête d’Atys dont le culte était, en Asie Mineure, inséparable de celui de Cybèle. Cavedoni préfère y voir la tète d’un Corybante. « J’en ferais même, dit-il, plus particulièrement la tête de Corybas, fils de Jason et de Cybèle, qui, après l’apothéose de son père, passa avec sa mère et son oncle Dardanus en Asie, où il répandit le culte de la grande mère des dieux, qu’il appela Cybèle du nom de sa propre mère. Ce mythe qui se liait à l’origine troyenne de Rome, est, selon moi, le sujet d’un bas-relief publié par M. Gerhard ; il représente un Corybante semblable à celui qui est figuré sur le denier de M. Volteius, tenant son bouclier élevé en l’air et placé debout entre Cybèle assise sur son trône, et une femme voilée que je crois être la mère du héros, arrivée de la Samothrace. » Nous préférons l’opinion de Cavedoni à celle de Mommsen parce qu’Atys serait représenté avec un bonnet phrygien, comme c’était l’usage, plutôt qu’avec un casque. Lieux de découverte (217 exemplaires)

1276FU – Denier Furia – Publius Furius Crassipes

1276FU – Denier Furia – Publius Furius Crassipes Avers : AED CVR (Ædilis Curulis, Édile curule) Tête tourelée de Cybèle à droite; derrière, un pied tourné vers l’intérieur. Revers : P. FOVRIVS // CRASSIPES (Publius Furius Crassipes) Chaise curule. British Museum 4.16g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 84 avant J.C. Matière : Argent Gens : Furia Références : RRC 356/1a – B.19 (Furia) Publius Furius Crassipes (souvent abrégé en P. Furius Crassipes) :   👤 Identification et Rôle Nom Complet : Publius Furius Crassipes (l’orthographe Fourius est également utilisée sur la monnaie elle-même : P $cdot$ FOVRIVS). Famille (Gens) : Il appartenait à la gens Furia, une famille patricienne très ancienne et noble de Rome, originaire de Tusculum. Date d’émission : 84 av. J.-C. Magistrature : Il a émis cette monnaie en tant qu’Édile Curule (Aedilis Curulis), comme l’indique l’inscription AED $cdot$ CVR sur l’avers (face) du denier. L’Édile Curule était responsable de l’organisation des jeux publics, de l’entretien des temples et des rues, et de l’approvisionnement en blé. Contexte Politique : L’année 84 av. J.-C. est une période de grande instabilité et de guerre civile à Rome, marquée par l’assassinat du consul Cinna, alors que Carbo restait seul consul. Les frappes monétaires de cette époque sont souvent liées au financement des armées.   🧩 Les Symboles de la Monnaie Les choix d’imagerie sur la monnaie sont les seules indications que nous ayons sur ses affiliations ou son passé familial : Le Pied (Symbole Parlant) : Un pied est représenté derrière la tête de Cybèle. Il s’agit d’un symbole parlant (cognomen) direct de son surnom Crassipes, qui signifie littéralement « pied gras/épais » ou « pied difforme ». La Chaise Curule : La Chaise Curule (sella curulis) sur le revers est le symbole distinctif de sa magistrature d’Édile Curule, faisant référence à l’honneur et à l’autorité qui lui étaient conférés. Cybele (La Déesse Mère) : La présence de Cybèle, la Grande Déesse Mère, pourrait faire référence à une dévotion familiale ou à une affiliation religieuse particulière de la gens Furia.   👨‍👩‍👧‍👦 Descendance Possible Bien que l’on ne sache pas grand-chose de P. Furius Crassipes lui-même, il est probablement le père d’un autre Furius Crassipes qui est mieux connu car : Il épousa Tullia, la fille de l’orateur et homme d’État célèbre Cicéron, en 56 av. J.-C. En résumé, P. Furius Crassipes est principalement connu par son rôle de monétaire et d’Édile Curule en 84 av. J.-C., ainsi que par les symboles parlants qu’il a utilisés pour affirmer son identité et sa magistrature. Variante 1 avec la légende du revers P·FOVRIVS CRASSVPES Référence : RRC 356/1b American Numismatic Society 3.97g American Numismatic Society 3.97g Variante 2 avec le pied tourné vers le bas. Référence : RRC 356/1c British Museum 4.11g Variante 3 avec le pied tourné vers le bas + la légende du revers P·FOVRIVS CRASSVPES Référence : RRC 356/1d American Numismatic Society 3.86g American Numismatic Society 3.86g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Furius Crassipes. Édile curule vers 671 (83. av. J.-C.) La branche des Crassipes, dans la gens Furia, est connue dès le VIe siècle: M. Furius Crassipes qui fut envoyé en 560 (194av. J.-C.) pour fonder une colonie romaine dans le Bruttium, figure, quelques années plus tard, comme préteur en Gaule et, enfin, en Sicile l’an 581 (173 av. J.-C.). Ce personnage pourrait être l’ancêtre de P. Furius Crassipes qui fut édile curule et fit frapper, en cette qualité, le denier décrit plus loin. Au droit de ce denier, on voit la tête de Cybèle qui fait allusion aux fonctions urbaines de l’édilité, et derrière laquelle figure un pied difforme, allusion au surnom Crassipes. Sur le revers, on voit la chaise curule qui caractérise la charge de l’édilité ; on la remarque aussi sur les pièces de M. Plaetorius Cestianus qualifié également de aedilis curulis. L’édile P. Furius Crassipes est sans doute le père de Furius Crassipes qui épousa en 698 (56 av. J.-C.) la fille de Cicéron, après la mort de son premier mari C. Piso Frugi. Lieux de découverte (219 exemplaires)

1155FA – Denier Fabia – Caius Fabius Hadrianus

1155FA – Denier Fabia – Caius Fabius Hadrianus Avers : EX. A. PV (Ex Argento Publico, avec l’argent public) Buste voilé, tourelé et drapé de Cybèle à droite. Revers : C. FABI. C. F (Caius Fabius Caii Filius, Caius Fabius fils de Caius) Victoire dans un bige galopant à droite, tenant le kentron de la main droite et les rênes de la main gauche ; devant l’attelage, à droite, une cigogne. Sous les chevaux, marque de contrôle. British Museum 3.81g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 102 avant J.C. Matière : Argent Gens : Fabia Références : RRC 322/1b – B.14 (Fabia) – Syd.590 🏛️ Le Monétaire : Caius Fabius C. f. Hadrianus Nom Complet Probable : Caius Fabius Caii Filius Hadrianus. Fonction : Tresvir Monetalis (l’un des trois magistrats monétaires) à Rome en 102 av. J.-C. Gens : Il appartenait à la célèbre Gens Fabia, une des familles patriciennes les plus influentes de Rome. L’abréviation sur la monnaie, C. FABI C. F (Caius Fabius Caii Filius), confirme son identité.   📜 Le Contexte de son Monnayage (102 av. J.-C.) Ce denier a été frappé pendant une période politiquement agitée de la République romaine, notamment lors de la guerre contre les Cimbres et les Teutons. Référence à Cybèle (Avers) : Le buste voilé et tourelé de Cybèle, déesse mère, est un motif important. La Gens Fabia revendiquait souvent une connexion spéciale avec des divinités ou des événements fondateurs. L’Oiseau (Buteo) (Revers) : La présence d’un oiseau ressemblant à une cigogne ou un héron devant le bige de la Victoire est un signe parlant (un indice visuel). Selon Pline l’Ancien, le surnom Buteo (signifiant une sorte de faucon ou héron) fut donné à une branche de la famille Fabia après qu’un tel oiseau se fut posé sur le navire du consul N. Fabius lors du siège de Drépanum (Deuxième Guerre Punique). L’inclusion de cet oiseau est une fière référence aux ancêtres du monétaire. L’inscription EX · A · PV : Cette mention, EX · A(rgento) P(ublico) V(rbis) (avec l’argent public), qui apparaît sur certaines variantes de cette émission (RRC 322/1b), est la première apparition connue de cette formule sur la monnaie républicaine. Elle souligne que le métal provenait directement du trésor public, peut-être pour des raisons de transparence ou pour rassurer le public sur la source du financement en temps de guerre.   👤 Carrière Postérieure : Un Personnage Controversé L’identification la plus solide pour ce monétaire est Caius Fabius Hadrianus, qui poursuivit une carrière politique : Il devint Préteur en 84 av. J.-C. Il fut envoyé comme gouverneur d’Afrique (Province d’Afrique). Sa fin fut particulièrement violente et infâme, comme le rapporte Cicéron. En raison de son avarice et de son comportement tyrannique en tant que gouverneur, il fut brûlé vif par les citoyens romains à Utica dans sa propre maison en 84 av. J.-C., sans qu’aucune enquête officielle ne soit menée, car sa mort était considérée comme méritée. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Pline donne le nom de Buteo à une sorte d’oiseau se rapprochant du héron ou de la cigogne, et il rapporte que le surnom de Buteo fut attribué à une branche de la famille Fabia parce que cet oiseau vint se placer comme augure favorable sur la proue d’un navire commandé par un Fabius. Ce Fabius est probablement celui à qui on donna, le premier, le surnom de Buteo. Sur les monnaies que nous décrivons plus loin, on voit précisément un oiseau aquatique figuré au revers, et sur l’as, il est même perché sur la proue du navire, circonstance qui se rapproche d’une manière frappante du récit de Pline. Le buteo est donc en quelque sorte l’arme parlante de la famille, ainsi qu’on le constate pour d’autres emblèmes qui font allusion à un cognomen, comme Purpureo, Silanus, Gragulus, Malleolus, Crassipe. Borghesi  a fait ressortir la justesse de ce rapprochement repoussé à tort par Mommsen . Les Fabii qui ont porté le nom de Buteo sont nombreux, mais nous n’en connaissons historiquement aucun qui ait porté le prénom de Caills, bien que nos pièces en mentionnent deux, le père et le fils. Lieux de découverte (155 exemplaires)

1154FA – Denier Fabia – Caius Fabius Hadrianus

1154FA – Denier Fabia – Caius Fabius Hadrianus Avers : Anépigraphe Buste voilé, tourelé et drapé de Cybèle à droite. Derrière, marque de contrôle. Revers : C. FABI. C. F (Caius Fabius Caii Filius, Caius Fabius fils de Caius) Victoire dans un bige galopant à droite, tenant le kentron de la main droite et les rênes de la main gauche ; devant l’attelage, à droite, une cigogne. British Museum 3.94g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 102 avant J.C. Matière : Argent Gens : Fabia Références : RRC 322/1a – B.15 (Fabia) – Syd.589 🏛️ Le Monétaire : Caius Fabius C. f. Hadrianus Nom Complet Probable : Caius Fabius Caii Filius Hadrianus. Fonction : Tresvir Monetalis (l’un des trois magistrats monétaires) à Rome en 102 av. J.-C. Gens : Il appartenait à la célèbre Gens Fabia, une des familles patriciennes les plus influentes de Rome. L’abréviation sur la monnaie, C. FABI C. F (Caius Fabius Caii Filius), confirme son identité.   📜 Le Contexte de son Monnayage (102 av. J.-C.) Ce denier a été frappé pendant une période politiquement agitée de la République romaine, notamment lors de la guerre contre les Cimbres et les Teutons. Référence à Cybèle (Avers) : Le buste voilé et tourelé de Cybèle, déesse mère, est un motif important. La Gens Fabia revendiquait souvent une connexion spéciale avec des divinités ou des événements fondateurs. L’Oiseau (Buteo) (Revers) : La présence d’un oiseau ressemblant à une cigogne ou un héron devant le bige de la Victoire est un signe parlant (un indice visuel). Selon Pline l’Ancien, le surnom Buteo (signifiant une sorte de faucon ou héron) fut donné à une branche de la famille Fabia après qu’un tel oiseau se fut posé sur le navire du consul N. Fabius lors du siège de Drépanum (Deuxième Guerre Punique). L’inclusion de cet oiseau est une fière référence aux ancêtres du monétaire. L’inscription EX · A · PV : Cette mention, EX · A(rgento) P(ublico) V(rbis) (avec l’argent public), qui apparaît sur certaines variantes de cette émission (RRC 322/1b), est la première apparition connue de cette formule sur la monnaie républicaine. Elle souligne que le métal provenait directement du trésor public, peut-être pour des raisons de transparence ou pour rassurer le public sur la source du financement en temps de guerre.   👤 Carrière Postérieure : Un Personnage Controversé L’identification la plus solide pour ce monétaire est Caius Fabius Hadrianus, qui poursuivit une carrière politique : Il devint Préteur en 84 av. J.-C. Il fut envoyé comme gouverneur d’Afrique (Province d’Afrique). Sa fin fut particulièrement violente et infâme, comme le rapporte Cicéron. En raison de son avarice et de son comportement tyrannique en tant que gouverneur, il fut brûlé vif par les citoyens romains à Utica dans sa propre maison en 84 av. J.-C., sans qu’aucune enquête officielle ne soit menée, car sa mort était considérée comme méritée. Variante 1 avec comme marque de contrôle une lettre latine au droit  British Museum 3.94g Variante 2 avec comme marque de contrôle une lettre grecque au droit  British Museum 3.81g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Pline donne le nom de Buteo à une sorte d’oiseau se rapprochant du héron ou de la cigogne, et il rapporte que le surnom de Buteo fut attribué à une branche de la famille Fabia parce que cet oiseau vint se placer comme augure favorable sur la proue d’un navire commandé par un Fabius. Ce Fabius est probablement celui à qui on donna, le premier, le surnom de Buteo. Sur les monnaies que nous décrivons plus loin, on voit précisément un oiseau aquatique figuré au revers, et sur l’as, il est même perché sur la proue du navire, circonstance qui se rapproche d’une manière frappante du récit de Pline. Le buteo est donc en quelque sorte l’arme parlante de la famille, ainsi qu’on le constate pour d’autres emblèmes qui font allusion à un cognomen, comme Purpureo, Silanus, Gragulus, Malleolus, Crassipe. Borghesi  a fait ressortir la justesse de ce rapprochement repoussé à tort par Mommsen . Les Fabii qui ont porté le nom de Buteo sont nombreux, mais nous n’en connaissons historiquement aucun qui ait porté le prénom de Caills, bien que nos pièces en mentionnent deux, le père et le fils.  Lieux de découverte (143 exemplaires)

1408PL – Denier Plautia – Aulus Plautius

1408PL – Denier Plautia – Aulus Plautius Avers : A PLAVTIVS / AED. CVR. S. C (Aulus Plautius Ædilis Curulis Senatus Consulto, Aulus Plautius Édile curule par décret du Sénat) Buste tourelé de Cybèle à droite, les cheveux longs tombant sur la nuque avec boucle d’oreille. Revers : IVDAEVS // BACCHIVS (Bacchius// Iudæus, Bacchius// le Juif) Bacchius (Aristobule) agenouillé, tenant la bride de son dromadaire de la main gauche et tendant une branche d’olivier de la main droite. British Museum 3.88g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 55 avant J.C. Matière : Argent Gens : Plautia Références : RRC 431/1 – B.13 (Plautia) – Syd.932 Aulus Plautius (parfois appelé Aulus Plautius « l’Ancien » pour le distinguer de son descendant, le conquérant de la Bretagne) était un homme politique romain de la fin de la République. Magistrature : En 55 av. J.-C., il occupe la fonction d’Édile Curule (AED.CVR sur la monnaie). C’est à ce titre, et par décret du Sénat (S.C), qu’il fait frapper ce denier. Allégeance politique : Il était un proche partisan et lieutenant de Pompée le Grand. Il a servi sous ses ordres durant les campagnes orientales, ce qui explique le choix iconographique de sa monnaie : célébrer les victoires de son chef en Judée. Carrière ultérieure : Il est probable qu’il soit le même Aulus Plautius qui fut préteur en 51 av. J.-C., puis gouverneur de la province de Pont-Bithynie. La Gens Plautia Le monétaire appartient à la Gens Plautia, une famille plébéienne d’origine ancienne, probablement originaire de Privernum (dans le Latium). Prestige familial : Bien que plébéienne, la famille accède très tôt aux plus hautes fonctions (le consulat dès le IVe siècle av. J.-C.). Mythologie : Comme beaucoup de familles de l’époque cherchant à ennoblir leurs origines, les Plautii prétendaient descendre de Leucon, fils de Neptune. Sur d’autres monnaies de la famille (comme celles de Publius Plautius Hypsaeus), on retrouve d’ailleurs des références directes à Neptune. Variante du nom : Le nom apparaît parfois sous la forme Plotia. Pourquoi Cybèle sur l’avers ? Le choix de la tête de Cybèle (la Magna Mater) n’est pas anodin. En tant qu’édile curule, Aulus Plautius était responsable de l’organisation des Ludi Megalenses (les Jeux Mégalais), qui étaient dédiés à cette déesse. C’était une manière pour le magistrat de rappeler son rôle actif dans la vie religieuse et festive de Rome. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon A. Plautius. Edile curule en 700 (54 av. J.-C.) A. Plautius fut édile curule en 700 (54 av. J.-C.) avec Cn. Plancius, et ces deux magistrats reçurent du Sénat l’ordre de frapper les monnaies qui portent leurs noms. Ils avaient déjà été collègues comme tribuns du peuple en 698 (56 av. J.-C.). A. Plautius devint plus tard préteur urbain, en 703 (51 av. J.-C.), puis propréteur en Bithynie et dans le Pont où il mourut en 706 (48 av. J.-C.). C’était un ami de Cicéron. La tête de Cybèle, qui figure au droit du denier comme sur un de ceux de M. Plaetorius Cestianus et de M. Volteius, fait allusion aux jeux Mégalésiens que les édiles curules devaient faire célébrer. Le revers est imité du type qui figure sur les monnaies de M. Aemilius Scaurus et de P. Plautius Hypsaeus, où l’on voit la soumission d’Aretas : ces dernières pièces avaient, en effet, été frappées peu d’années auparavant. Il s’agit, sur le denier de A. Plautius, d’un fait analogue et de la soumission d’un roi de l’Orient, événement arrivé probablement pendant la campagne de Pompée en Asie, car A. Plautius y commandait un corps d’armée . C’est la soumission de la Judée, comme l’indique l’inscription Bacchius Judaeus. Le duc de Luynes a essayé de démontrer que ce nom de Bacchius, qui n’est pas mentionné dans l’histoire, est la forme hébraïque du nom d’Aristobule. Mommsen n’admet pas cette interprétation parce que d’une part, dit-il, le titre de rex accompagnerait le nom du roi juif, et que, d’autre part, Aristobule fit sa soumission non à Plautius, mais à Pompée lui-même. Cependant, comme il est certain que le type de la médaille fait allusion à un événement militaire important passé en Judée, l’opinion du duc de Luynes paraît très vraisemblable. Il suffit, pour justifier la présence de ce type monétaire sur un denier de A. Plautius, que la soumission d’Aristobule ait été faite au général en chef de l’armée dont Plautius faisait partie. Lieux de découverte (162 exemplaires)