1696DO – Aureus Domitia _ Domitius Ahenobarbus

1696DO – Aureus Domitia _ Domitius Ahenobarbus Avers : AHENOBAR (Ahenobarbus) Tête nue d’un homme (un ancêtre de Cnæus Domitus Ahenobarbus ?) à droite. Revers : NEPT CN·DOMITIVS·L·F·IMP Temple tetrastyle de Neptune. British Museum 8.17g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Grèce Datation : 41 avant J.C. Matière : Or Gens : Domitia Références : RRC 519/1 – B.20 (Domitia) – Syd.1176 L’Aureus de Gnaeus Domitius Ahenobarbus est une œuvre de transition, mêlant la tradition républicaine de l’hommage aux ancêtres et l’esthétique « impératoriale » centrée sur le chef militaire. L’Avers : Le Portrait de l’Ancêtre (ou de l’Imperator) Portrait réaliste : Le buste représenté adopte un style vériste, avec des traits marqués qui soulignent l’autorité et la gravitas. Si certains chercheurs y voient Ahenobarbus lui-même, la majorité des numismates penchent pour un ancêtre illustre, probablement le consul de 122 av. J.-C. La légende AHENOBAR : Ce nom (littéralement « Barbe d’Airain ») évoque une légende familiale : les Dioscures (Castor et Pollux) auraient annoncé une victoire romaine à un ancêtre de la famille en lui touchant la barbe, laquelle passa instantanément du noir au roux/bronze. En affichant ce nom seul, Gnaeus rappelle le caractère quasi-divin et héroïque de sa lignée. Le Revers : Le Temple de Neptune et la Maîtrise des Mers L’innovation de la perspective : Le temple tétrastyle est représenté selon une perspective oblique inédite pour l’époque. Cela témoigne de la volonté de l’émetteur de montrer un monument tridimensionnel et imposant. L’Aedes Neptuni : Il s’agit du temple de Neptune in Circo Flaminio. Ce choix n’est pas anodin : le temple contenait un groupe sculpté célèbre de Scopas (représentant Neptune, Thétis et les Tritons). Le message politique : En plaçant son titre IMP (Imperator) à côté de NEPT (Neptune), Ahenobarbus se présente comme le protégé du dieu des mers. C’est un acte de propagande affirmant sa domination navale absolue sur l’Adriatique, après ses succès militaires contre la flotte des triumvirs. Contexte Historique : L’Or d’un Dissident Frappée en 41 av. J.-C., cette monnaie est un témoignage direct des derniers soubresauts de la République. Un commandement indépendant : Après la défaite des « Libérateurs » (Brutus et Cassius) à Philippes en 42 av. J.-C., Ahenobarbus ne se rend pas. Il conserve une flotte immense et agit en véritable souverain des mers, indépendant de Marc Antoine et d’Octave. Une monnaie de nécessité (Donativum) : Cet aureus n’était pas destiné à la circulation civile courante. Il s’agissait de payer les équipages et les soldats de sa flotte. L’or permettait d’assurer la loyauté des troupes dans un contexte où les ressources étaient rares et les alliances mouvantes. L’atelier itinérant : La pièce a été frappée par un atelier monétaire suivant le général dans ses déplacements maritimes. Cela explique la rareté extrême des exemplaires parvenus jusqu’à nous (environ 12 répertoriés). Vers la réconciliation : Peu après cette émission, en 40 av. J.-C., Ahenobarbus finira par rejoindre Marc Antoine, devenant l’un de ses principaux lieutenants jusqu’à sa défection finale vers Octave à la veille d’Actium. Gnaeus Domitius Ahenobarbus n’est pas un simple magistrat monétaire ; c’est l’un des acteurs majeurs de la transition entre la République et l’Empire. Son profil est celui d’un « dernier républicain » pragmatique, dont la carrière illustre la complexité des alliances de cette période. 1. Une Lignée de Prestige (Gens Domitia) Il appartient à l’une des familles les plus illustres de Rome. Son père, Lucius, fut un opposant acharné à Jules César et mourut à la bataille de Pharsale. Cette ascendance marque profondément Gnaeus : il hérite d’une haine farouche pour les dictateurs et d’une loyauté envers les institutions sénatoriales. 2. L’Amiral de la République Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C. (auquel il ne semble pas avoir participé directement, bien qu’il ait été condamné par la Lex Pedia), il rejoint Brutus et Cassius. Maître de l’Adriatique : Son génie militaire s’exprime sur mer. En 42 av. J.-C., le jour même de la première bataille de Philippes, il écrase la flotte des triumvirs (commandée par Domitius Calvinus). Indépendance : Après la défaite finale des Républicains à Philippes, il refuse de se soumettre. Avec 70 navires et deux légions, il mène une guerre de course indépendante, devenant de fait le souverain maritime de l’Adriatique jusqu’en 40 av. J.-C. 3. Un Faiseur de Rois En 40 av. J.-C., par l’entremise d’Asinius Pollio, il se réconcilie avec Marc Antoine. Cette alliance est un tournant : Il apporte à Antoine une puissance navale cruciale. Il devient gouverneur de Bithynie et accompagne Antoine dans sa campagne contre les Parthes. Consulat (32 av. J.-C.) : Il atteint le sommet de la carrière politique, mais la rupture entre Antoine et Octave l’oblige à fuir Rome. 4. La rupture avec Cléopâtre Bien que fidèle à Marc Antoine, Ahenobarbus refuse catégoriquement l’influence de Cléopâtre VII. À Éphèse, puis à Samos, il exige en vain le renvoi de la reine égyptienne. Désillusionné par l’influence orientale sur son chef, il finit par faire défection et rejoint Octave juste avant la bataille d’Actium. Il meurt de fièvre peu de temps après ce ralliement. Le saviez-vous ? (Lien dynastique) L’importance de Gnaeus Domitius Ahenobarbus pour l’histoire impériale est capitale : il est l’arrière-grand-père de l’empereur Néron. Son fils, Lucius, épousera Antonia l’Aînée (fille de Marc Antoine et d’Octavie). Son petit-fils, Gnaeus, épousera Agrippine la Jeune. De cette union naîtra Lucius Domitius Ahenobarbus, le futur Néron. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cn. Domitius Ahenobarbus. Imperator, de 712 à 718(42-36av. J.-C.) Fils de L. Domitius Ahenobarbus, consul en 700 (54 av. J.-C ), Cn. Domitius Ahenobarbus était présent à la bataille de Pharsale en 705 (49 av. J.-C.), mais il garda la neutralité entre les deux partis. On ne sait si, en 710 (44 av. J.-C.), il participa au meurtre de César, mais il suivit Brutus en Macédoine et il fut condamné par la Lex Pedia comme un des meurtriers du dictateur. En 712 (42 av. J.-C.) on le trouve investi du commandement de la flotte romaine qui
1697DO – Denier Domitia _ Domitius Ahenobarbus

1697DO – Denier Domitia _ Domitius Ahenobarbus Avers : AHENOBAR (Ahenobarbus) Tête nue d’un homme (un ancêtre de Cnæus Domitus Ahenobarbus représenté jeune ?) à droite. Revers : CN DOMITIVS IMP (Cnaeus Domitius Imperator, Cnæus Domitus Imperator) Proue de vaisseau à droite sur lequel figure un trophée militaire composé d’une cuirasse, d’un casque, de deux lances et d’un bouclier ovale. British Museum 3.75g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Grèce Datation : 41 avant J.C. Matière : Argent Gens : Domitia Références : RRC 519/2 – B.21 (Domitia) – Syd.1177 1. Contexte Historique : L’Indépendance d’Ahenobarbus En 41 av. J.-C., la situation politique est complexe. Après la défaite des Républicains à Philippes (42 av. J.-C.), Cn. Domitius Ahenobarbus ne se soumet pas immédiatement. Une puissance autonome : Il commande une flotte massive de 70 navires et deux légions. Il agit alors en tant que « seigneur de guerre » indépendant dans l’Adriatique, n’étant rallié ni à Octave, ni totalement à Marc Antoine (bien qu’il rejoindra ce dernier plus tard). Le titre d’Imperator : Le revers CN·DOMITIVS·IMP commémore sa victoire navale cruciale du jour même de la première bataille de Philippes. Il a intercepté les renforts de Domitius Calvinus, coulant de nombreux navires de transport et privant les triumvirs de troupes fraîches. 2. Analyse du Symbolisme L’Avers : Le Portrait et l’Identité Le portrait barbu est une référence directe au cognomen de la famille : Ahenobarbus (« Barbe d’Airain »). La Légende des Dioscures : Selon la tradition familiale, les jumeaux Castor et Pollux apparurent à un ancêtre (Lucius Domitius) pour annoncer une victoire romaine. Pour prouver leur divinité, ils lui touchèrent la barbe, qui passa instantanément du noir au roux/bronze. Réalisme Républicain : Le style est caractéristique de la fin de la République : un réalisme sévère, loin de l’idéalisation grecque, soulignant la gravitas (sérieux) et l’auctoritas (autorité). Le Revers : La Suprématie Maritime La Proue (Rostrum) : Elle symbolise la nature navale de la victoire. À cette époque, la maîtrise des mers est le seul levier restant aux derniers défenseurs de la cause républicaine (comme Sextus Pompée ou Ahenobarbus). Le Trophée : Dressé sur la proue, il transforme le navire en un lieu de célébration religieuse et militaire. C’est l’affirmation que la mer est le champ de bataille où la légitimité romaine se joue désormais. 3. Importance Numismatique et Politique Cette monnaie est une monnaie de camp (militaire). Elle servait à payer les marins et les soldats d’Ahenobarbus. Indépendance monétaire : En frappant son propre nom avec le titre d’Imperator sans mentionner de magistrature civile à Rome, Domitius affirme qu’il est la seule autorité légale sur son secteur. Transition vers l’Empire : Bien que républicain, ce monnayage préfigure le culte de la personnalité qui sera la norme sous l’Empire. Son descendant, Néron (né Lucius Domitius Ahenobarbus), héritera de cette même fierté lignagère. Gnaeus Domitius Ahenobarbus n’est pas un simple magistrat monétaire ; c’est l’un des acteurs majeurs de la transition entre la République et l’Empire. Son profil est celui d’un « dernier républicain » pragmatique, dont la carrière illustre la complexité des alliances de cette période. 1. Une Lignée de Prestige (Gens Domitia) Il appartient à l’une des familles les plus illustres de Rome. Son père, Lucius, fut un opposant acharné à Jules César et mourut à la bataille de Pharsale. Cette ascendance marque profondément Gnaeus : il hérite d’une haine farouche pour les dictateurs et d’une loyauté envers les institutions sénatoriales. 2. L’Amiral de la République Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C. (auquel il ne semble pas avoir participé directement, bien qu’il ait été condamné par la Lex Pedia), il rejoint Brutus et Cassius. Maître de l’Adriatique : Son génie militaire s’exprime sur mer. En 42 av. J.-C., le jour même de la première bataille de Philippes, il écrase la flotte des triumvirs (commandée par Domitius Calvinus). Indépendance : Après la défaite finale des Républicains à Philippes, il refuse de se soumettre. Avec 70 navires et deux légions, il mène une guerre de course indépendante, devenant de fait le souverain maritime de l’Adriatique jusqu’en 40 av. J.-C. 3. Un Faiseur de Rois En 40 av. J.-C., par l’entremise d’Asinius Pollio, il se réconcilie avec Marc Antoine. Cette alliance est un tournant : Il apporte à Antoine une puissance navale cruciale. Il devient gouverneur de Bithynie et accompagne Antoine dans sa campagne contre les Parthes. Consulat (32 av. J.-C.) : Il atteint le sommet de la carrière politique, mais la rupture entre Antoine et Octave l’oblige à fuir Rome. 4. La rupture avec Cléopâtre Bien que fidèle à Marc Antoine, Ahenobarbus refuse catégoriquement l’influence de Cléopâtre VII. À Éphèse, puis à Samos, il exige en vain le renvoi de la reine égyptienne. Désillusionné par l’influence orientale sur son chef, il finit par faire défection et rejoint Octave juste avant la bataille d’Actium. Il meurt de fièvre peu de temps après ce ralliement. Le saviez-vous ? (Lien dynastique) L’importance de Gnaeus Domitius Ahenobarbus pour l’histoire impériale est capitale : il est l’arrière-grand-père de l’empereur Néron. Son fils, Lucius, épousera Antonia l’Aînée (fille de Marc Antoine et d’Octavie). Son petit-fils, Gnaeus, épousera Agrippine la Jeune. De cette union naîtra Lucius Domitius Ahenobarbus, le futur Néron. Descriptif de la proue de navire : La proue du navire de guerre, sur le revers, est orientée à droite. On y reconnait un trait horizontal légèrement incliné vers le bas à droite. Il s’agit d’une préceinte solide pour absorber les chocs causés par l’éperon qui se trouve dans son prolongement.La quille est légèrement concave ; sa courbure rejoint l’éperon pour prendre sa part du choc. L’étrave anguleuse présente un petit trait horizontal à mi-hauteur. Il s’agit d’un proembolon qui permettait de brise le navire ennemi sur un 2e point. Elle est l’appui d’un stolos imposant qui a pu servir de butoir à l’éperonnage mais aussi de protection pour le pont avant. Au dessus de la préceinte un espace trapézoïdal comporte un œil apotropaïque stytilisé. A sa gauche, cette autre petite structure est la face d’un garde-corps sur une passerelle de combat. Au dessus du plat-bord, on aperçoit la partie sommitale d’un abri