1507VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus

1507VA – Denier Valeria – Lucius Valerius Acisculus Avers : ACISCVLVS Tête d’Apollon Soranus (Apollon du destin), diadémée à droite, surmonté d’une étoile; derrière, une petite pioche (Acisculus). Revers : L. VALERIVS (Lucius Valerius) Valeria Luperca ou Europe assise à droite sur un taureau à droite. British Museum 4.08g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Valeria Références : RRC 474/1a – B.17 (Valeria) – Syd.998 Le denier de L. Valerius Acisculus ne se limite pas à sa beauté esthétique ; il est chargé de messages politiques et religieux propres à l’année 45 av. J.-C., une période charnière où Jules César assoit son pouvoir après la bataille de Munda. 1. Le Symbolisme Religieux et Familial Apollon Soranus : Le portrait sur l’avers est identifié comme Apollon Soranus, une divinité honorée sur le mont Soracte. Le choix de ce dieu n’est pas anodin : la gens Valeria (la famille du monnayeur) revendiquait des origines sabines anciennes. En affichant Apollon Soranus, Acisculus rappelle l’ancienneté et la piété de sa lignée, un argument de prestige majeur dans la compétition aristocratique romaine. L’Acisculus (Le pic ou doloire) : Placé derrière la tête d’Apollon, cet outil est un « type parlant ». C’est un jeu de mots visuel sur le surnom du monnayeur (Acisculus signifiant « petit marteau » ou « pic »). Cette pratique était courante pour aider les citoyens, dont beaucoup étaient illettrés, à identifier immédiatement l’émetteur de la monnaie. 2. Le Mythe d’Europe : Pourquoi ce revers ? La scène du revers, montrant Europe sur le taureau, est l’une des plus célèbres de la numismatique républicaine. Plusieurs interprétations coexistent : Lien avec le Soleil et la Lune : Certains historiens voient dans le voile gonflé d’Europe une représentation du croissant lunaire, faisant écho au soleil (Apollon) sur l’avers. Cela symboliserait l’harmonie cosmique sous le nouveau régime de César. Origines ancestrales : Il est possible que la famille Valéria ait possédé des domaines ou des liens historiques avec la Phénicie ou la Crète (lieux du mythe), bien que cela soit moins documenté. La Paix et la Prospérité : Après des années de guerres civiles, l’image d’Europe (symbole de l’Occident) emportée par Jupiter pourrait illustrer l’espoir d’un renouveau et d’une expansion pacifiée du monde romain. 3. Contexte Historique : L’ombre de Jules César L’année 45 av. J.-C. est une année de transition absolue : La fin de la République traditionnelle : Lucius Valerius Acisculus est l’un des trois monnayeurs (triumviri monetales) nommés alors que César est devenu Dictateur Perpétuel. Le contrôle de la monnaie commence à glisser des mains du Sénat vers celles des proches de César. Le passage du Rubicon monétaire : Bien que ce denier utilise encore des thèmes mythologiques « classiques », il préfigure le changement radical de l’année suivante (44 av. J.-C.), où le portrait d’un homme vivant (César) apparaîtra pour la première fois sur les pièces romaines. Réforme du calendrier : C’est également l’année de l’introduction du calendrier julien. La présence d’Apollon (dieu du soleil et du temps) et des symboles astraux (comme l’étoile sur certaines variantes) pourrait être un clin d’œil à cette maîtrise du temps par César. Lucius Valerius Acisculus est un personnage dont la vie publique est indissociable de la fin de la République romaine. Bien que les détails biographiques précis soient rares, son activité en 45 av. J.-C. en tant que magistrat monétaire nous livre des informations cruciales sur son rang et ses attaches. Comme le soulignent les études de LesDioscures.com, ce monétaire appartient à l’une des familles les plus prestigieuses de Rome : la gens Valeria. 1. Identité et Carrière Magistrat monétaire (Triumvir Monetalis) : En 45 av. J.-C., il fait partie du collège des trois magistrats responsables de la frappe de la monnaie. C’était une étape clé du cursus honorum pour les jeunes aristocrates. Tribun de la Plèbe : Certaines sources, notamment le British Museum, mentionnent qu’il aurait exercé la fonction de tribun de la plèbe, bien que la date exacte reste incertaine (probablement peu après son mandat monétaire). Partisan de César : Son activité se déroule sous la dictature de Jules César. Frapper monnaie à cette époque nécessitait une proximité, ou du moins une absence d’opposition, avec le nouveau pouvoir en place. 2. Le nom « Acisculus » : Un outil et un symbole Le surnom (cognomen) Acisculus est ce qui rend ce monétaire célèbre chez les numismates. Étymologie : En latin, l’acisculus est un petit marteau de tailleur de pierre ou une petite pioche. Le « Type Parlant » : Fidèle à la tradition romaine, il utilise cet objet sur ses pièces comme une signature visuelle. C’est un moyen d’affirmer son identité familiale de manière ludique et mémorable. 3. Un représentant de la Gens Valeria En tant que membre de la gens Valeria, Lucius s’inscrit dans une lignée qui se prétendait d’origine sabine, remontant aux premiers jours de la République avec Valerius Publicola. Prestige : Sa famille jouissait de privilèges uniques à Rome, comme le droit d’ouvrir les portes de leur maison vers la rue (sur la Velia) ou d’avoir une place réservée au Cirque. Religion : Par ses choix iconographiques (Apollon Soranus, Diane), il réaffirme le rôle de sa famille en tant que gardienne de cultes anciens et spécifiques, renforçant ainsi sa légitimité politique par la piété religieuse. Variante : Tête d’Apollon comprise dans une couronne de laurier à l’avers. Références : RRC 474/1b – B.16 (Valeria) – Syd.998a British Museum 3.72g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Tous les types des monnaies de L. Valerius Acisculus se rattachent à l’origine mythologique de la famille Valeria et se résument dans les idées de force et de valeur, unies à celles de santé et de salut qu’on retrouvait étymologiquement dans le mot valere. La tête de femme qui figure au revers de ces mêmes deniers et dont les cheveux sont relevés par un cecryphalos semblable à celui qui enveloppe la chevelure d’Aréthuse sur les médaillons de Syracuse, est la tête de Valeria Luperca, l’héroïne légendaire dont
1308VO – Denier Serratus Volumnia – Lucius Volumnius Strabo

1308VO – Denier Serratus Volumnia – Lucius Volumnius Strabo Avers : Anépigraphe Tête laurée de Jupiter à droite, lettre de contrôle derrière la tête. Revers : L·VOL·L·F·STRAB (Lucius Volumnius Lucii Filius Strabo, Lucius Volumnius fils de Luc Strabo) Europe assise à gauche sur Jupiter sous les traits d’un taureau bondissant ; Europe laisse flotter son voile au-dessus de sa tête, derrière elle un foudre et une feuille de vigne sous le taureau. British Museum 3.96g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 81 avant J.C. Matière : Argent Gens : Volumnia Références : RRC 377/1 – B.6 (Volteia) – Syd.743 👤 Le Monétaire : L. Volumnius L.f. Strabo Période d’activité : Il a frappé ce denier en 81 av. J.-C. Contexte Historique : Cette période correspond à la dictature de Sylla, suite aux guerres civiles entre les factions des populares (partisans de Marius) et des optimates (partisans de Sylla). Le monnayage est souvent intense et politiquement chargé à cette époque. Gens (Famille) : L’attribution acceptée par Michael Crawford (RRC 377/1) le place dans la Gens Volumnia, une famille romaine très ancienne, à l’origine patricienne, et connue pour avoir des branches plébéiennes. Note sur le débat : Cette attribution a été longtemps débattue. Certains anciens numismates l’attribuaient à la Gens Volteia en raison de la similitude des lettres VOL ou VLO dans la légende. Crawford a clarifié qu’il s’agissait bien d’un Volumnius. 🔗 Liens Historiques Possibles L’identité exacte de ce L. Volumnius Strabo n’est pas totalement certaine, mais les érudits ont proposé des liens avec d’autres figures historiques : Le Consilium de Pompée Strabon : Il est possible que ce monétaire soit le même L. Volumnius L.f. Ani. qui faisait partie du consilium (conseil militaire) de Cn. Pompeius Strabo (le père de Pompée le Grand) à Asculum, en 89 av. J.-C., pendant la Guerre Sociale. Un Proche de Cicéron : Il pourrait également être le père d’un Strabon mentionné par Cicéron dans ses lettres (ad Atticum XII, 17). Le cognomen (Strabo) signifie « louche » ou « qui louche », une caractéristique physique qui est devenue héréditaire dans certaines familles romaines. 🪙 Le Symbole sur la Monnaie Le choix du revers, Europe sur le taureau, est inhabituel pour le monnayage romain de cette époque et renvoie à la mythologie grecque (Jupiter enlevant Europe). Ce type de revers se retrouve également sur les monnaies de Gortyne en Crète. L’utilisation de ce mythe par L. Volumnius Strabo pourrait être une simple référence culturelle, mais elle est plus probablement liée à une connexion familiale, politique, ou commerciale avec la Crète ou l’Orient. information sur le monétaire : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ce personnage est, peut-être, Lucius Volteius mentionné par Cicéron et Festus, mais rien ne le prouve. Il n’est même pas certain, à la grande rigueur, que la médaille que nous lui attribuons,après tous les numismatistes, soit de la famille Volteia, et on serait autorisé à la regarder comme incertaine. En effet, les lettres (VL)O se décomposent en VLO ou VOL, qui permettent de lire Volonius, comme on trouve Floius pour Plovius, etc ; on peut aussi interpréter ce monogramme par Volcatius, Volumnius, Volusius, aussi bien que par Volteius, et le surnom Strabo est commun à un trop grand nombre de familles pour être un guide dans le cas présent. Ce qui nous autorise à croire qu’il s’agit d’un Volteius plutôt que de tout autre, c’est la ressemblance absolue de la tête de Jupiter qui figure au droit du denier ci-dessous, avec celle qu’on voit sur le denier n. 1 de M. Volteius. Lieux de découverte (13 exemplaires)