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1662CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius

1662CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Tête drapée d’Africa, portant une peau d’éléphant. Derrière le buste, deux lances. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. Gemini, LLC Auction X 3.86g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornuficia Référence : RRC 509/3 Cette pièce est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué utilisé par un membre de l’élite romaine luttant pour sa survie politique et physique. 1. Le Contexte Historique : La résistance d’un Républicain Nous sommes en 42 av. J.-C., une période de chaos après l’assassinat de Jules César. L’affrontement : Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) a été formé et a lancé les proscriptions. Quintus Cornuficius, alors gouverneur de l’Afrique Proconsulaire, est proscrit. La légitimité : Contrairement à d’autres qui fuient vers l’Orient pour rejoindre Brutus et Cassius, Cornuficius décide de tenir l’Afrique au nom du Sénat. Il refuse de remettre sa province à Titus Sextius (gouverneur de l’Africa Nova et partisan des triumvirs). Le but de l’émission : Cet aureus servait à payer les troupes (légions et auxiliaires) levées pour défendre la province. Le titre IMP (Imperator) au revers indique que ses soldats l’avaient acclamé général victorieux après ses premiers succès contre Sextius. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La personnification de l’Afrique La coiffe d’éléphant : C’est l’élément le plus frappant. L’Afrique est représentée sous les traits d’une femme portant une dépouille d’éléphant. Signification : Cela revendique la possession territoriale. Cornuficius affirme : « Je suis le maître légitime de cette terre ». C’est aussi un rappel des conquêtes passées de Rome sur ce continent. La légende Q. CORNVFICI AVGVR : Cornuficius met en avant son titre d’augure (prêtre chargé d’interpréter la volonté des dieux). Signification : En pleine guerre civile, il souligne que les dieux sont de son côté. Il ne se présente pas comme un rebelle, mais comme un magistrat romain pieux et légaliste. 3. Le Symbolisme du Revers : L’investiture divine Le revers montre Cornuficius en toge, voilé (en tenue de sacrifice), tenant le lituus (le bâton recourbé de l’augure). Il est couronné par une figure féminine. L’identité de la divinité : On l’identifie généralement à Junon Sospita (la protectrice) ou à une personnification de la Victoire. Elle porte une lance et un bouclier. Le message politique : L’Approbation Divine : Le fait qu’une déesse couronne Cornuficius suggère que son commandement (son imperium) est sanctionné par le ciel. Le Lituus : C’est un symbole de paix religieuse et d’autorité. Il s’oppose à l’image guerrière brute des triumvirs en montrant un homme d’État respectueux des traditions républicaines. Le contraste : Alors qu’Octave et Antoine se présentent souvent comme des héritiers de la puissance militaire de César, Cornuficius mise sur la tradition sénatoriale et la légitimité religieuse. Conclusion : Une monnaie de la « Dernière Chance » Cet monnaie est le témoignage ultime d’un monde qui disparaît. Cornuficius sera vaincu et tué peu après par Titus Sextius. La rareté extrême de cette pièce s’explique par le fait que, sitôt la victoire des triumvirs assurée, ces monnaies ont probablement été fondues pour effacer la mémoire de l’adversaire (une forme de damnatio memoriae monétaire). L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de

1660CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius

1660CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Tête de Jupiter Ammon à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. Bibliothèque nationale de France 7.89g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornuficia Références : RRC 509/1 – B.1 (Cornuficia) Cette monnaie, frappée en 42 av. J.-C. par Quintus Cornificius, est un document historique exceptionnel. Il témoigne de la résistance des derniers défenseurs de la République romaine en Afrique face à la montée en puissance du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). 1. Contexte Historique : La résistance africaine Quintus Cornificius était un homme de lettres, ami de Cicéron et de Catulle, mais aussi un général déterminé. Le bastion républicain : Après l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Cornificius, alors gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage), refuse de céder son commandement aux partisans des triumvirs. Il transforme sa province en un refuge pour les proscrits et soutient la cause de Sextus Pompée. L’année 42 av. J.-C. : C’est une année charnière. Tandis que Brutus et Cassius affrontent Octave et Antoine à Philippes, Cornificius livre sa propre bataille en Afrique contre Titus Sextius, le gouverneur de l’Africa Nova (Numidie). Le titre d’Imperator : Cette pièce a été frappée peu après que ses troupes l’aient salué comme Imperator suite à ses premiers succès militaires. Malheureusement, il sera vaincu et tué près d’Utique peu de temps après l’émission de cette monnaie. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter Ammon Le choix de l’effigie sur l’avers n’est pas seulement esthétique, il est hautement stratégique et local. L’ancrage territorial : La tête de Jupiter Ammon (reconnaissable à ses cornes de bélier) est une référence directe à l’Afrique. Ce dieu syncrétique, né de la fusion du Zeus grec/Jupiter romain et du dieu égyptien Amon, possédait un oracle célèbre dans l’Oasis de Siwa. Légitimité régionale : En affichant cette divinité, Cornificius affirme son contrôle et sa protection sur les terres africaines, s’appropriant un symbole fort de puissance et d’autorité divine dans cette région du monde. 3. Symbolisme du Revers : L’union du Militaire et du Sacré Le revers est l’un des plus personnels et complexes du monnayage républicain tardif. Cornificius en Augure : Il se représente vêtu de la toge, voilé et tenant le lituus (bâton recourbé). Cela souligne son titre d’Augure, une fonction religieuse prestigieuse à laquelle il avait été nommé par César lui-même en 47 av. J.-C. Il rappelle ainsi qu’il possède l’autorité pour interpréter la volonté des dieux. Juno Sospita (Junon Salvatrice) : La déesse apparaît à droite, coiffée de sa peau de chèvre et tenant un bouclier et une lance, tout en couronnant le général. Origines familiales : La présence de Juno Sospita est souvent liée à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Cornificia. Protection divine : Le fait qu’elle le couronne symbolise la victoire militaire bénie par la divinité. La présence d’un corbeau sur son épaule renforce le caractère prophétique et protecteur de la scène. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de

1664CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius

1664CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Buste de Cérès-Tanit à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. British Museum 3.65g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornuficia Références : RRC 509/5 – B.3 (Cornuficia) – Syd.1354 L’analyse du symbolisme et du contexte historique de ce denier permet de comprendre comment Quintus Cornuficius a utilisé la monnaie pour affirmer sa légitimité en tant que dernier rempart républicain en Afrique. 1. Contexte Historique : La résistance d’un proscrit (42 av. J.-C.) Le denier est frappé en Afrique Vetus (probablement à Utique) dans une période de chaos total pour la République romaine. Le défi au Triumvirat : Après l’assassinat de César, le Second Triumvirat (Octave, Antoine, Lépide) prend le pouvoir et proscrit ses opposants. Cornuficius, ami de Cicéron et fervent républicain, refuse de céder sa province d’Afrique aux partisans des triumvirs. Légitimité sénatoriale : Contrairement à ses adversaires qu’il considère comme des usurpateurs, Cornuficius frappe monnaie pour payer ses troupes et affirmer qu’il est le gouverneur légitime, nommé par le Sénat. Il mourra au combat peu après contre Titus Sextius. 2. Symbolisme de l’Avers : L’ancrage africain Tanit-Cérès : La tête féminine à gauche, couronnée d’épis de blé, est souvent identifiée comme une fusion entre la divinité carthaginoise Tanit et la déesse romaine Cérès. Signification : Ce choix symbolise la fertilité de la province africaine (le grenier à blé de Rome) et souligne le contrôle effectif de Cornuficius sur ce territoire stratégique. C’est une manière de dire que l’approvisionnement de Rome dépend de lui. 3. Symbolisme du Revers : Piété et Protection Divine Le revers est un condensé de propagande religieuse et politique : Cornuficius en Augure : Il est représenté voilé, tenant le lituus (bâton recourbé des augures). La légende Q·CORNVFICI·AVGVR·IMP souligne son rang prestigieux dans le collège des augures. Cela suggère que ses actions sont approuvées par les dieux, contrairement aux « tyrans » qui le poursuivent. Junon Sospita (La Préservatrice) : La figure féminine qui le couronne, armée d’une lance et d’un bouclier, est Junon Sospita. Le lien familial : C’était la divinité tutélaire de Lanuvium, ville d’origine de la gens Cornuficia. Le message : Elle représente la protection divine de sa lignée et de sa cause. Le fait qu’elle le couronne confirme son statut d’Imperator (général victorieux), acclamé par ses soldats. En résumé Ce denier n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique. Cornuficius y combine ses racines familiales (Junon), ses fonctions religieuses (Augure), sa réussite militaire (Imperator) et sa maîtrise territoriale (Tanit) pour se présenter comme le seul chef légitime face à la dérive autocratique du Triumvirat. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de toute la famille, que nous avons des monnaies. Le monétaire Q. Cornuficius eut une part active dans la guerre civile qui commença l’an 706 (48 av. J.-C.); il était alors questeur, et il fut envoyé comme propréteur en Illyrie par Jules César; rentré à Rome après avoir soumis cette province révoltée, il reçut la dignité d’augure dont il s’honore sur ses monnaies, et ce fut alors qu’il se lia avec Cicéron qui, augure comme lui, le traite de conlega, 708 (46 av. J.-C.);

1663CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius

1663CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Tête drapée d’Africa, portant une peau d’éléphant. Derrière le buste, deux lances. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornuficia Références : RRC 509/4 – B.3 (Cornuficia) Cette pièce est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué utilisé par un membre de l’élite romaine luttant pour sa survie politique et physique. 1. Le Contexte Historique : La résistance d’un Républicain Nous sommes en 42 av. J.-C., une période de chaos après l’assassinat de Jules César. L’affrontement : Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine, Lépide) a été formé et a lancé les proscriptions. Quintus Cornuficius, alors gouverneur de l’Afrique Proconsulaire, est proscrit. La légitimité : Contrairement à d’autres qui fuient vers l’Orient pour rejoindre Brutus et Cassius, Cornuficius décide de tenir l’Afrique au nom du Sénat. Il refuse de remettre sa province à Titus Sextius (gouverneur de l’Africa Nova et partisan des triumvirs). Le but de l’émission : Cet aureus servait à payer les troupes (légions et auxiliaires) levées pour défendre la province. Le titre IMP (Imperator) au revers indique que ses soldats l’avaient acclamé général victorieux après ses premiers succès contre Sextius. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La personnification de l’Afrique La coiffe d’éléphant : C’est l’élément le plus frappant. L’Afrique est représentée sous les traits d’une femme portant une dépouille d’éléphant. Signification : Cela revendique la possession territoriale. Cornuficius affirme : « Je suis le maître légitime de cette terre ». C’est aussi un rappel des conquêtes passées de Rome sur ce continent. La légende Q. CORNVFICI AVGVR : Cornuficius met en avant son titre d’augure (prêtre chargé d’interpréter la volonté des dieux). Signification : En pleine guerre civile, il souligne que les dieux sont de son côté. Il ne se présente pas comme un rebelle, mais comme un magistrat romain pieux et légaliste. 3. Le Symbolisme du Revers : L’investiture divine Le revers montre Cornuficius en toge, voilé (en tenue de sacrifice), tenant le lituus (le bâton recourbé de l’augure). Il est couronné par une figure féminine. L’identité de la divinité : On l’identifie généralement à Junon Sospita (la protectrice) ou à une personnification de la Victoire. Elle porte une lance et un bouclier. Le message politique : L’Approbation Divine : Le fait qu’une déesse couronne Cornuficius suggère que son commandement (son imperium) est sanctionné par le ciel. Le Lituus : C’est un symbole de paix religieuse et d’autorité. Il s’oppose à l’image guerrière brute des triumvirs en montrant un homme d’État respectueux des traditions républicaines. Le contraste : Alors qu’Octave et Antoine se présentent souvent comme des héritiers de la puissance militaire de César, Cornuficius mise sur la tradition sénatoriale et la légitimité religieuse. Conclusion : Une monnaie de la « Dernière Chance » Cet monnaie est le témoignage ultime d’un monde qui disparaît. Cornuficius sera vaincu et tué peu après par Titus Sextius. La rareté extrême de cette pièce s’explique par le fait que, sitôt la victoire des triumvirs assurée, ces monnaies ont probablement été fondues pour effacer la mémoire de l’adversaire (une forme de damnatio memoriae monétaire). L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de toute la famille, que nous avons des monnaies. Le monétaire Q. Cornuficius eut une part active dans la guerre civile qui commença l’an 706

1661CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius

1661CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Tête de Jupiter Ammon à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. British Museum 3.51g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornuficia Références : RRC 509/2 – B.1 (Cornuficia) – Syd.1353 Cette monnaie, frappée en 42 av. J.-C. par Quintus Cornificius, est un document historique exceptionnel. Il témoigne de la résistance des derniers défenseurs de la République romaine en Afrique face à la montée en puissance du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). 1. Contexte Historique : La résistance africaine Quintus Cornificius était un homme de lettres, ami de Cicéron et de Catulle, mais aussi un général déterminé. Le bastion républicain : Après l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Cornificius, alors gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage), refuse de céder son commandement aux partisans des triumvirs. Il transforme sa province en un refuge pour les proscrits et soutient la cause de Sextus Pompée. L’année 42 av. J.-C. : C’est une année charnière. Tandis que Brutus et Cassius affrontent Octave et Antoine à Philippes, Cornificius livre sa propre bataille en Afrique contre Titus Sextius, le gouverneur de l’Africa Nova (Numidie). Le titre d’Imperator : Cette pièce a été frappée peu après que ses troupes l’aient salué comme Imperator suite à ses premiers succès militaires. Malheureusement, il sera vaincu et tué près d’Utique peu de temps après l’émission de cette monnaie. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter Ammon Le choix de l’effigie sur l’avers n’est pas seulement esthétique, il est hautement stratégique et local. L’ancrage territorial : La tête de Jupiter Ammon (reconnaissable à ses cornes de bélier) est une référence directe à l’Afrique. Ce dieu syncrétique, né de la fusion du Zeus grec/Jupiter romain et du dieu égyptien Amon, possédait un oracle célèbre dans l’Oasis de Siwa. Légitimité régionale : En affichant cette divinité, Cornificius affirme son contrôle et sa protection sur les terres africaines, s’appropriant un symbole fort de puissance et d’autorité divine dans cette région du monde. 3. Symbolisme du Revers : L’union du Militaire et du Sacré Le revers est l’un des plus personnels et complexes du monnayage républicain tardif. Cornificius en Augure : Il se représente vêtu de la toge, voilé et tenant le lituus (bâton recourbé). Cela souligne son titre d’Augure, une fonction religieuse prestigieuse à laquelle il avait été nommé par César lui-même en 47 av. J.-C. Il rappelle ainsi qu’il possède l’autorité pour interpréter la volonté des dieux. Juno Sospita (Junon Salvatrice) : La déesse apparaît à droite, coiffée de sa peau de chèvre et tenant un bouclier et une lance, tout en couronnant le général. Origines familiales : La présence de Juno Sospita est souvent liée à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Cornificia. Protection divine : Le fait qu’elle le couronne symbolise la victoire militaire bénie par la divinité. La présence d’un corbeau sur son épaule renforce le caractère prophétique et protecteur de la scène. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de toute la famille, que nous avons des monnaies. Le monétaire Q. Cornuficius eut une part active dans la guerre civile qui commença l’an 706 (48 av. J.-C.); il était alors questeur, et il fut envoyé comme propréteur en Illyrie par Jules César; rentré à Rome après avoir

1544ME – Quinaire Mettia – Marcus Mettius

1544ME – Quinaire Mettia – Marcus Mettius Avers : Anépigraphe Tête de Junon Sospita à droite portant une peau de chèvre. Serpent derrière le buste. Revers : M METTI (Marcus Mettius) Victoria (la Victoire) pilotant une bige à droite. British Museum 1.6g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gens : Mettia Références : RRC 480/23 – B.1 (Mettia) – Syd.1058 Ce quinaire s’inscrit dans l’une des périodes les plus tendues et les plus denses de l’histoire de Rome : les mois précédant et suivant l’assassinat de Jules César. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Junon Sospita La représentation de Junon Sospita (« la Salvatrice ») est riche en significations : Identité Familiale : Pour le magistrat Marcus Mettius, c’est une affirmation de ses origines. Junon Sospita est la divinité tutélaire de Lanuvium. En l’affichant, il célèbre son prestige familial et ses racines religieuses. Protection et Salut : Le terme Sospita évoque la protection. Dans le contexte de 44 av. J.-C., où les tensions civiles sont extrêmes, invoquer une divinité protectrice n’est jamais neutre. Elle symbolise la préservation de l’État. L’attribut du Serpent : Le serpent accompagnant Junon fait référence aux rites de Lanuvium, où des jeunes filles devaient nourrir un serpent sacré dans une grotte pour prouver leur pureté et garantir la fertilité des terres. 2. Le Symbolisme du Revers : La Victoire et le Bige La Victoire sur un char (bige) est un motif classique, mais il prend une dimension particulière sous César : Légitimation du Pouvoir : En 44 av. J.-C., César est au sommet de sa gloire après ses victoires dans les guerres civiles. La Victoire sur la monnaie de son fidèle lieutenant Mettius célèbre les triomphes passés et la « paix » imposée par les armes. Dynamisme et Rapidité : Le mouvement galopant du bige souligne l’autorité triomphante de Rome. 3. Le Contexte Historique : L’année de la Rupture L’émission 480/23 appartient au collège des Quattuorviri monetales (un collège de quatre magistrats exceptionnellement créé par César pour augmenter la masse monétaire). Le Financement Militaire : Les quinaires, valant un demi-denier, étaient souvent utilisés pour la paye des soldats (le stipendium). Cette frappe massive de 44 av. J.-C. servait probablement à financer les préparatifs de la grande campagne que César projetait contre les Parthes. Transition Numismatique : Ce quinaire est l’un des derniers à suivre les codes « républicains » classiques (divinités au droit) juste avant que Marcus Mettius ne frappe les premiers deniers montrant le visage de César de son vivant — une rupture radicale avec la tradition qui sera l’un des griefs des conjurés pour l’assassinat des Ides de Mars. Le saviez-vous ? La rareté de cette pièce s’explique par le fait que les quinaires étaient moins produits que les deniers et circulaient souvent jusqu’à l’usure complète ou étaient refondus lors des réformes monétaires impériales. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez les Sabins et les Latins. Citons, par exemple, Mettius Fuffetius, dictateur d’Albe la Longue, au temps du roi Tullus Hostilius, avec lequel fut réglé le combat des Horaces et des Curiaces et qui prit parti pour Fidènes et Veies contre Rome. Mettius Geminus commandait la cavalerie de Tusculum dans la guerre entre Rome et les cités latines confédérées en 414 (340 av. J.-C.). P. Mettius, partisan de Saturninus et de Glaucia, tua C. Memmius, un des candidats au consulat en 654 (100 av. J.-C.). Enfin, M. Mettius, lieutenant de Jules César, est celui qui fit frapper les monnaies qui suivent, en 710 (44 av. J.-C.). Envoyé par César, pendant la guerre des Gaules, comme ambassadeur, auprès d’Arioviste, le chef de la confédération germanique, il fut retenu prisonnier par le barbare; mais César, après sa victoire, le fit

1525JU – Denier César – Marcus Mettius

1525JU – Denier César – Marcus Mettius Avers : CAESAR DICT – QVART (Cæsar Dictator Quartum, César dictateur pour la quatrième fois) Tête laurée de Jules César à droite, derrière un lituus tourné à gauche. Revers : M. METTIVS (Marc Mettius) Junon Sospita dans un bige galopant à droite, brandissant une haste de la main droite et tenant un bouclier et les rênes de la main gauche. British Museum 4.1g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 44 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Mettia et Julia Références : RRC 480/2a – B.31 (Julia) – Syd.1057 Ce denier est une pièce maîtresse de la numismatique romaine, car il capture l’instant précis où la République bascule vers le pouvoir personnel. Frappé au début de l’an 44 av. J.-C., il est chargé d’une symbolique à la fois religieuse, politique et familiale. Cette monnaie est l’un des tout premiers deniers à briser le tabou républicain en affichant le portrait d’un homme vivant. 1. Symbolisme de l’Avers : La sacralisation du pouvoir L’avers ne se contente pas de montrer le visage de César ; il accumule les signes de sa légitimité suprême. Le Portrait Lauré : Le port de la couronne de laurier (généralement réservé au triomphe) devient ici permanent, symbolisant une victoire continue. Le Lituus : Ce bâton recourbé est l’emblème de l’augure. Placé derrière la tête de César, il rappelle qu’il n’est pas seulement un chef militaire, mais aussi le chef de la religion romaine (Pontifex Maximus depuis 63 av. J.-C.). Cela suggère que ses actions sont guidées par la volonté divine. La Légende « DICT QVART » : Elle signifie Dictator Quartum (Dictateur pour la quatrième fois). Ce détail chronologique est crucial : il place la frappe juste avant que César ne reçoive le titre de « Dictateur à vie » (Dictator Perpetuo). 2. Symbolisme du Revers : L’origine du magistrat Le revers est consacré à Marcus Mettius, le magistrat responsable de l’émission. Junon Sospita : La déesse est représentée sur un biga (char à deux chevaux), armée d’une lance et d’un bouclier. Elle porte sa célèbre peau de chèvre. Lien avec Lanuvium : Junon Sospita était la divinité tutélaire de Lanuvium. En la faisant figurer, Mettius rappelle les origines prestigieuses de sa gens (famille). C’était une pratique courante chez les monétaires de l’époque d’utiliser le revers pour célébrer leur propre lignée, tandis que l’avers servait la propagande du dictateur. 3. Contexte Historique : Un climat de tension Le RRC 480/2 est frappé dans une atmosphère électrique, quelques semaines seulement avant les Ides de Mars. Révolution Numismatique : Jusqu’alors, la monnaie romaine ne représentait que des divinités ou des ancêtres illustres décédés. En imposant son propre portrait, César s’approprie un privilège de monarque hellénistique, ce qui choque profondément les sénateurs républicains et alimente le complot de Brutus et Cassius. L’ascension de Marcus Mettius : Mettius n’est pas un inconnu. Ancien lieutenant fidèle, il avait été envoyé par César comme ambassadeur auprès du chef germain Arioviste pendant la Guerre des Gaules. Capturé, il fut sauvé par César lui-même après sa victoire. Sa nomination comme monétaire en 44 av. J.-C. est une récompense pour sa loyauté. Marcus Mettius est un personnage fascinant dont la carrière illustre parfaitement le passage de la fidélité militaire à la haute administration sous Jules César. 1. Un compagnon d’armes fidèle Marcus Mettius apparaît pour la première fois dans l’histoire en 58 av. J.-C. César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre I, 47), mentionne l’avoir choisi pour une mission diplomatique périlleuse. L’ambassade auprès d’Arioviste : César envoie Mettius comme médiateur auprès du chef germain Arioviste. Le choix n’est pas anodin : Mettius était lié à Arioviste par les liens de l’hospitalité. La captivité : Malgré son statut de diplomate, Arioviste le fait jeter aux fers. César raconte l’avoir secouru personnellement après sa victoire, affirmant que le plaisir de retrouver son ami sain et sauf était presque égal à celui de la victoire elle-même. 2. Le Magistrat Monétaire de l’an 44 En 44 av. J.-C., Mettius est nommé l’un des quattuorviri monetales (collège de quatre magistrats chargés de la frappe des monnaies). Cette année est cruciale car César a augmenté le nombre de monétaires de trois à quatre pour intensifier la production de numéraire. Le Collège des Monétaires : Il partageait cette fonction avec L. Aemilius Buca, P. Sepullius Macer et C. Cossutius Maridianus. Rôle de Propagande : En tant que partisan dévoué, Mettius a utilisé son mandat pour ancrer l’image de César dans l’esprit des Romains. Son denier est historiquement fondamental car il a été frappé avant le 15 mars, participant à la sacralisation du vivant de César. 3. Origines et Identité : La Gens Mettia Le nom de Mettius est associé à une ancienne lignée latine et sabine. Origine géographique : L’iconographie de ses pièces (notamment Junon Sospita) confirme que les Mettii étaient originaires de Lanuvium, une ville célèbre pour son sanctuaire dédié à cette déesse. Le Serpent de Junon : Sur d’autres types de monnaies qu’il a supervisés (comme le quinaire RRC 480/28), on voit une jeune fille nourrissant un serpent, une référence directe aux rites de virginité pratiqués à Lanuvium. En résumé, Marcus Mettius est l’exemple type de l’homme nouveau (homo novus) dont l’ascension sociale a été portée par le génie de César. Son nom reste gravé dans l’histoire principalement grâce à ces deniers qui ont, malgré eux, précipité la chute du dictateur en affichant son visage comme celui d’un roi. Variante 1 : lituus à l’avers tourné à droite. Référence : RRC 480/2b Un seul exemplaire observé. National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 3.52g National Numismatic Collection, De Nederlandsche Bank, Amsterdam 3.52g Variante 2 : lituus à l’avers tourné à gauche et légende au revers au-dessus de la barre d’exergue. Référence : RRC 480/2c Moins de 10 exemplaires observés. Bibliothèque nationale de France 3.78g Bibliothèque nationale de France 3.78g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Le nom de Mettius est déjà illustre chez

1499PA – Denier Papia – Lucius Papius Celsus

1499PA – Denier Papia – Lucius Papius Celsus Avers : Anépigraphe Tête de Junon Sospita à droite, coiffée de la dépouille de chèvre. Revers : CELSVS III VIR // L. PAPIVS (Lucius Papius Celsus Triumvir, Lucius Papius Celsus triumvir monétaire) Louve à droite, tenant une baguette dans sa gueule devant un brasier, surmonté d’un aigle qui attise les flammes avec ses ailes. British Museum 4.12g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Papia Références : RRC 472/1 – B.2 (Papia) – Syd.964 Ce denier est une monnaie riche en symbolisme, frappée par Lucius Papius Celsus en 45 av. J.-C., une année charnière de l’histoire romaine. Cette pièce ne se contente pas de représenter des animaux ; elle raconte l’origine d’une cité et s’inscrit dans la propagande de l’époque de Jules César. Symbolisme Mythologique : La Fondation de Lanuvium Le revers de cette monnaie illustre une légende spécifique rapportée par l’historien Denys d’Halicarnasse, liée à la fondation de Lanuvium (ou Lavinium dans certaines variantes), la ville d’origine de la gens Papia. La Louve et l’Aigle : Selon le mythe, alors qu’Énée jetait les bases de la cité, un feu prit spontanément dans la forêt voisine. Une louve fut vue apportant du bois pour alimenter les flammes, tandis qu’un aigle les attisait de ses ailes. Le présage : Ce spectacle fut interprété comme un signe divin. Si la louve et l’aigle symbolisent la force et la protection (représentant plus tard Rome et son armée), la légende mentionne aussi un renard tentant d’éteindre le feu (souvent associé aux ennemis de Rome, comme Carthage). Le triomphe des flammes annonçait la grandeur future de la cité. Junon Sospita (Avers) : La présence de la déesse « sauvatrice » de Lanuvium, reconnaissable à sa peau de chèvre, confirme l’ancrage local et familial du monétaire. Elle est la protectrice qui veille sur la lignée et la cité. Contexte Historique : L’Ombre de Jules César L’année 45 av. J.-C. est marquée par la fin de la guerre civile. Le Triomphe de César : Après la victoire décisive de Munda en Espagne contre les fils de Pompée, César revient à Rome comme maître incontesté. Ce denier est frappé alors que le dictateur célèbre ses victoires et réorganise l’État. Propagande et Allégeance : Bien que les types soient familiaux, le choix de symboles de « fondation » et de « salut » (Juno Sospita) résonne avec l’idée d’une Rome renaissante sous l’égide de César. Certains numismates suggèrent que la mention TRIUMPUS sur d’autres pièces de ce monétaire célèbre directement les quatre triomphes de César en 46 av. J.-C. L’affirmation des Gens : Sous César, les magistrats monétaires comme L. Papius Celsus utilisent leurs frappes pour souligner l’ancienneté et la noblesse de leurs racines, s’intégrant ainsi dans la nouvelle aristocratie qui entoure le dictateur. Le monétaire Lucius Papius Celsus est une figure qui, bien que peu documentée par les textes historiques classiques, a laissé une trace indélébile à travers sa production monétaire de l’année 45 av. J.-C. Identité et Origines Gens Papia : Il appartient à la gens Papia, une famille d’origine plébéienne issue de la cité antique de Lanuvium (une ville de la Ligue Latine célèbre pour son temple de Junon Sospita). Filiation probable : Il est très certainement le fils de Lucius Papius, qui fut lui-même monétaire vers 79 av. J.-C. (auteur du denier dentelé RRC 384/1). Cette continuité familiale explique l’utilisation récurrente des symboles de Lanuvium sur leurs monnaies respectives. Le surnom « Celsus » : Son cognomen, Celsus, signifie littéralement « élevé » ou « grand », ce qui, à l’origine, désignait probablement un ancêtre de grande taille. Carrière et Titre III VIR (Triumvir Monétaire) : Comme l’indique la légende de ses pièces (CELSVS III VIR), il occupait la fonction de triumvir monetalis (membre d’un collège de trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). C’était souvent une première étape prestigieuse dans le cursus honorum pour les jeunes aristocrates romains. Datation (45 av. J.-C.) : Sa magistrature se déroule durant une période charnière, sous la dictature de Jules César, juste après la bataille de Munda. Son Œuvre Numismatique Outre ce denier, L. Papius Celsus a émis d’autres types monétaires cette même année, témoignant de sa piété familiale et de son allégeance politique : RRC 472/2 : Un denier représentant la tête de Triumphus (le Triomphe) à l’avers, célébrant les récents succès militaires de César. RRC 472/3 (Quinaire) : Un quinaire en argent reprenant des thèmes similaires. RRC 472/4 (Sesterce) : Un rare sesterce en argent avec la tête de Mercure et une lyre au revers. Pourquoi est-il important ? L. Papius Celsus illustre parfaitement la manière dont les monétaires romains utilisaient leur charge pour promouvoir leur identité régionale (ici Lanuvium) tout en s’adaptant au climat politique de leur temps (le culte de la victoire césarienne). Ses monnaies sont parmi les plus riches en détails mythologiques de la fin de la République. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Papius Celsus. Monétaire vers 709 (45 av. J.-C.) Ce monétaire est aussi inconnu que le précédent dont il était peut-être le fils; mais les types de ses médailles sont très intéressants. La louve et l’aigle occupés à attiser le feu se rapportent à la fondation légendaire de Lanuvium, telle qu’elle est racontée par Denys d’Halicarnasse. Tandis qu’Enée, après sa fuite de Troie et son abordage sur les côtes d’Italie, était occupé à bâtir Lanuvium, on vit tout à coup le feu prendre à la forêt voisine. Une louve apportait dans sa gueule des morceaux de bois sec qu’elle jetait dans le brasier, tandis qu’un aigle agitait ses ailes pour activer la flamme. Mais survint maître renard qui plongeant sa queue dans la rivière voisine, s’approcha du foyer qu’il se mit à arroser de son mieux pour éteindre l’incendie et en arrêter les envahissements. On lutta longtemps et l’on fit de part et d’autre des efforts prodigieux; à la fin, le renard fut obligé de céder et il se retira

1372RO – Denier Serratus Roscia – Lucius Roscius Fabatus

1372RO – Denier Serratus Roscia – Lucius Roscius Fabatus Avers : L. ROSCI (Lucius Roscius) Tête de Junon Sospita à droite, coiffée de la peau de chèvre; derrière marque de contrôle. Revers : FABATI (Fabatius) Jeune fille debout à droite nourrissant un serpent qui se tient devant elle; derrière marque de contrôle. British Museum 3.96g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Métal : Argent Datation : 64 avant J.C. Gens : Roscia Références : RRC 412/1 – B.3 (Roscia) – Syd. 915 – Sear 363 Le monétaire Lucius Roscius Fabatus est une figure intéressante de la fin de la République romaine, bien au-delà de sa frappe monétaire. 👤 Identité et Origine Caractéristique Détails Nom Complet Lucius Roscius Fabatus Période de Vie Né vers 95–90 av. J.-C. – Décédé en 43 av. J.-C. Gens (Famille) Roscia (une famille plébéienne) Lieu d’Origine Lanuvium, une ville du Latium. Lien avec la Monnaie Ses deniers (RRC 412/1) rendent hommage à sa ville natale en représentant Juno Sospita (Junon la Salvatrice), la divinité majeure de Lanuvium. 📅 Carrière Politique (Cursus Honorum) L. Roscius Fabatus a occupé plusieurs fonctions importantes dans la hiérarchie politique romaine, montrant une progression classique pour un homme de son rang : Monétaire (Triumvir Monetalis) : Date : 64 av. J.-C. C’est à ce titre qu’il frappa le denier serratus RRC 412/1. Tribun de la Plèbe : Date : 55 av. J.-C. Il co-parraina une loi (la Lex Mamilia Roscia Alliena Peducaea Fabia). Légat de Jules César : Date : Vers 54 av. J.-C. Il servit dans l’état-major de César pendant la Guerre des Gaules. Il commanda notamment la Treizième Légion sur le Bas-Rhin. Préteur : Date : 49 av. J.-C. Au début de la guerre civile entre César et Pompée, il tenta sans succès de servir de médiateur entre les deux parties. Il est également associé à une loi qui accorda la pleine citoyenneté romaine aux populations de la Gaule Cisalpine situées au nord du Pô (Transpadana), un acte majeur en faveur des populations italiques. ⚔️ Fin de Vie Lucius Roscius Fabatus est resté un partisan de Jules César, mais il fut tué peu après l’assassinat de ce dernier. Il mourut à la Bataille de Forum Gallorum en avril 43 av. J.-C., alors qu’il combattait aux côtés des légions du Sénat (initialement contre Marc Antoine, bien que le contexte ait été très confus à ce moment-là). En résumé, L. Roscius Fabatus est un exemple typique des hommes politiques et militaires qui ont traversé la période turbulente de la fin de la République, un moment charnière où la frappe monétaire servait souvent à asseoir une influence politique et à célébrer son héritage familial. D’après Ernest Babelon, il existerait 155 variétés du denier serratus Roscia (voir image ci dessous) dues aux différentes combinaisons de marques de contrôles tandis que M. Crawford a relevé une estimation de 240 coins de droit et de 241 coins de revers. Le symbole du droit a une relation directe avec celui du revers. Exemple: Tête de cheval sur le droit, tête d’âne sur le revers. LesDioscures.com référence 241 combinaisons différentes de marques de contrôle différentes. (Voir article ci-dessous). Les marques de contrôle du denier serratus Roscia Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Roscius Fabatus. Monétaire vers 690 (64 av. J.-C.) Lieutenant de César dans les Gaules en 700 (54av. J.-C.), L. Roscius Fabatus fut chargé de combattre les Germains surle Rhin, et d ‘étouffer, dans le nord de la Gaule, l’insurrection d’Ambiorix qui avait poussé à la révolte les Eburons et les Nerviens. Fabatus fut préteur en 705 (49 av. J.-C.) et envoyé, en cette qualité, par Pompée à César qui se trouvait alors à Ariminum. Les négociations n’aboutirent Il fut tué le pas. 14 ou 15 avril 711 (43 av. J.-C.), au commencement de la bataille livrée à Modène par Marc Antoine à l’armée des meurtriers de César. L. Roscius Fabatus fut officier monétaire vers 690 (64 av. J.-C.). Le droit de son denier, représentant la tête de Junon Caprotina, rappelle que la famille Roscia était originaire de Lanuvium où cette divinité avait, comme nous l’avons dit ailleurs, son plus ancien et son principal sanctuaire. Le revers, où l’on voit une jeune fille nourrissant un dragon, fait allusion à une particularité du culte de Junon Lanuvienne et à une épreuve singulière imposée aux jeunes filles de la ville. Cette épreuve est mentionnée par Aelien et voici ce qu’en dit Properce : « De temps immémorial, la ville de Lanuvium est sous la garde d’un antique dragon, et l’on prend soin de ne pas manquer l’instant de la cérémonie annuelle qui consiste à descendre dans sa ténébreuse retraite. Tu as tout à craindre, jeune vierge chargée d’y pénétrer, lorsque le monstre affamé réclame le tribut annuel de sa pâture, en sifflant du fond de la caverne. Les jeunes filles dont le ministère périlleux est d’y descendre, pâlissent d’effroi en voyant les flammes de sa gueule béante. Il se saisit avidement de l ‘offrande, et peu s’en faut que la corbeille n’échappe des mains tremblantes des jeunes filles. Si elles sont chastes, elles retournent dans les bras paternels,et le cultivateur s’écrie : « Nous aurons une bonne récolte. » Les Romains se rendaient en foule, tous les ans, à cette étrange cérémonie religieuse, et peut-être qu’une jeune vierge de la famille Roscia, chargée de porter l’offrande au dragon, donna lieu à un incident remarquable dont la médaille rappelle le souvenir. Enregistrer Enregistrer Enregistrer Lieux de découverte (456 exemplaires)

1317PA – Denier Serratus Papia – Lucius Papius

1317PA – Denier Serratus Papia – Lucius Papius Avers : Anépigraphe Tête de Junon Sospita à droite, coiffée de la peau de chèvre; derrière, marque de contrôle. Bordure de perles et de bobines. Revers : L.PAPI (Lucius Papius) Griffon bondissant à droite; en dessous, marque de contrôle. Bordure de perles et de bobines. British Museum 4.2g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 79 avant J.C. Matière : Argent Gens : Papia Références : RRC 384/1 – B.1 (Papia) – Syd.773 1. 🏛️ Identité et Origine de la Gens Nom : L. Papius (Lucius Papius). Fonction : Triumvir Monetalis (Un des trois magistrats chargés de la frappe des monnaies). Gens (Famille) : La Gens Papia était une famille plébéienne, probablement originaire de la ville de Lanuvium, située au sud-est de Rome. Lien familial : Il est conjecturé qu’il pourrait être le père de L. Papius Celsus, un autre monétaire qui a frappé des monnaies en 45 av. J.-C. (RRC 472/1), également en utilisant l’iconographie de Junon Sospita, déesse protectrice de Lanuvium. 2. 🔱 Iconographie et Référence à Lanuvium Le denier de L. Papius est fortement marqué par la culture de sa ville d’origine : Avers (Droit) : Tête de Junon Sospita (Junon la Salvatrice), la divinité la plus importante de Lanuvium, coiffée de sa peau de chèvre caractéristique. Revers : Un Griffon bondissant, l’animal sacré associé à Junon Sospita. Thème : En choisissant ces types, L. Papius met en avant son attachement à Lanuvium, renforçant l’idée que les monétaires utilisaient souvent leurs émissions pour célébrer leur lignée ou leur ville. 3. ⚙️ Le Système des Symboles (Control-Marks) La caractéristique la plus remarquable du monnayage de L. Papius est l’utilisation d’un système complexe et vaste de symboles ou marques de contrôle (plus de 200 combinaisons différentes) sur l’avers et le revers. Objectif : Ces marques servaient à identifier les paires de coins (matrices), permettant de réguler la production et de localiser rapidement les responsables en cas de défaut ou de fourrage (frappe sur âme de métal vil). Théories : Les numismates ont beaucoup débattu sur la signification de ces symboles. Une théorie populaire suggère qu’ils représentent des outils, des produits ou des insignes de diverses guildes professionnelles (collegia) de Rome (vignerons, artisans, musiciens, etc.) qui auraient été impliquées dans la frappe de cette importante émission. Cependant, l’historien numismate Michael H. Crawford (RRC) penche plutôt pour une sélection aléatoire d’objets du quotidien. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Papius. Monétaire vers 675 (79 av. J.-C.) Ce magistrat est inconnu historiquement ; c’est conjecturalement qu’on le regarde comme le père de L. Papius Celsus, le monétaire qui va suivre. Le denier décrit ici est très commun et il offre des variétés de symboles extrêmement nombreuses ; il est dentelé et souvent fourré. Ces circonstances sont celles qui caractérisent, comme nous le savons déjà, une abondante émission de numéraire, dans un moment de pressant besoin. Au droit, figure la tête de Junon Sospita, particulièrement adorée à Lanuvium, berceau de la famille du monétaire. On connaît la description que Cicéron nous a laissée des attributs de la grande déesse de Lanuvium ; sa statue est conservée au musée du Vatican. Elle avait la tête couverte d’une peau de chèvre, tenait une haste et un bouclier, et portait des chaussures recourbées (calceoli repandi). Des monnaies de différents monétaires de la république, comme L. Procilius et M. Mettius, la représentent combattant dans un bige. Un serpent qui lui était consacré, habitait une grotte à côté de son temple; tous les ans, une jeune fille était chargée de pénétrer dans la caverne pour porter au monstre sa nourriture. Si elle était vierge, elle sortait saine et sauve; dans le cas contraire elle était dévorée. La Junon guerrière de Lanuvium, dont le culte avait pénétré à Rome de bonne heure, est appelée Junon Sospita, celle qui sauve, qui donne le salut à la vertu, ou Caprolina, à cause de sa peau de chèvre. Son caractère guerrier la fit assimiler à la Junon Marlialis, mère de Mars. Des monuments grecs qui représentent la Junon guerrière, montrent des griffons qui sortent de sa stephanè, pour indiquer son caractère guerrier, le griffon ayant effectivement cette signification. C’est pour cela qu’on voit cet animal au revers du denier de L. Papius, comme attribut de Junon Sospita dont la tête figure au droit des mêmes pièces . Lieux de découverte (501 exemplaires)