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1660CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius

1660CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Tête de Jupiter Ammon à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. Bibliothèque nationale de France 7.89g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornuficia Références : RRC 509/1 – B.1 (Cornuficia) Cette monnaie, frappée en 42 av. J.-C. par Quintus Cornificius, est un document historique exceptionnel. Il témoigne de la résistance des derniers défenseurs de la République romaine en Afrique face à la montée en puissance du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). 1. Contexte Historique : La résistance africaine Quintus Cornificius était un homme de lettres, ami de Cicéron et de Catulle, mais aussi un général déterminé. Le bastion républicain : Après l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Cornificius, alors gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage), refuse de céder son commandement aux partisans des triumvirs. Il transforme sa province en un refuge pour les proscrits et soutient la cause de Sextus Pompée. L’année 42 av. J.-C. : C’est une année charnière. Tandis que Brutus et Cassius affrontent Octave et Antoine à Philippes, Cornificius livre sa propre bataille en Afrique contre Titus Sextius, le gouverneur de l’Africa Nova (Numidie). Le titre d’Imperator : Cette pièce a été frappée peu après que ses troupes l’aient salué comme Imperator suite à ses premiers succès militaires. Malheureusement, il sera vaincu et tué près d’Utique peu de temps après l’émission de cette monnaie. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter Ammon Le choix de l’effigie sur l’avers n’est pas seulement esthétique, il est hautement stratégique et local. L’ancrage territorial : La tête de Jupiter Ammon (reconnaissable à ses cornes de bélier) est une référence directe à l’Afrique. Ce dieu syncrétique, né de la fusion du Zeus grec/Jupiter romain et du dieu égyptien Amon, possédait un oracle célèbre dans l’Oasis de Siwa. Légitimité régionale : En affichant cette divinité, Cornificius affirme son contrôle et sa protection sur les terres africaines, s’appropriant un symbole fort de puissance et d’autorité divine dans cette région du monde. 3. Symbolisme du Revers : L’union du Militaire et du Sacré Le revers est l’un des plus personnels et complexes du monnayage républicain tardif. Cornificius en Augure : Il se représente vêtu de la toge, voilé et tenant le lituus (bâton recourbé). Cela souligne son titre d’Augure, une fonction religieuse prestigieuse à laquelle il avait été nommé par César lui-même en 47 av. J.-C. Il rappelle ainsi qu’il possède l’autorité pour interpréter la volonté des dieux. Juno Sospita (Junon Salvatrice) : La déesse apparaît à droite, coiffée de sa peau de chèvre et tenant un bouclier et une lance, tout en couronnant le général. Origines familiales : La présence de Juno Sospita est souvent liée à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Cornificia. Protection divine : Le fait qu’elle le couronne symbolise la victoire militaire bénie par la divinité. La présence d’un corbeau sur son épaule renforce le caractère prophétique et protecteur de la scène. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de

1802PI – Denier Octave – Lucius Pinarius Scarpus

1802PI – Denier Octave – Lucius Pinarius Scarpus Avers : AVGVR PONTIF (Augur Pontifex) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : IMP CAESAR DIVI F (Imperator Caesar, Divi Filius) Victoria (la Victoire) debout sur un globe et tournée à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.31g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Pinaria Références : RRC 546/4 – B.141 (Julia) – CRR.1281 1. Un Contexte de Transfuge : Le Choix de Scarpus En 31 av. J.-C., Lucius Pinarius Scarpus commande quatre légions en Cyrénaïque pour le compte de Marc Antoine. Après la défaite de ce dernier à Actium (2 septembre 31), Antoine tente de se replier vers l’Afrique, mais Scarpus refuse de le recevoir, fait exécuter ses envoyés et livre ses troupes à Octave. Le denier RRC 546/4 est l’expression numismatique de ce ralliement. Scarpus utilise le même atelier et des motifs similaires à ses émissions précédentes pour Antoine, mais il y appose désormais le nom d’Octave. 2. Analyse du Symbolisme L’Avers : Jupiter Ammon (Le Maître de l’Afrique) L’effigie de Jupiter Ammon (tête d’homme avec cornes de bélier) est un choix pragmatique et symbolique fort : Ancrage Local : C’est la divinité tutélaire de la Cyrénaïque (siège de l’oracle d’Ammon à Siwa). Lien avec Alexandre le Grand : En utilisant Ammon, Octave s’inscrit dans la lignée des conquérants du monde. Titlature Religieuse : Les légendes AVGVR et PONTIF soulignent les fonctions sacerdotales d’Octave, renforçant l’image d’un chef investi d’une mission divine et respectueux des traditions romaines, contrairement à l’image « orientalisée » d’Antoine. Le Revers : La Victoire sur le Globe La représentation de Victoria sur un globe est le message politique central de l’après-Actium : La Domination Universelle : Le globe signifie que la victoire d’Octave n’est pas seulement une victoire civile, mais une prise de possession du monde entier (oikumene). La Paix par la Victoire : La couronne et la palme célèbrent la fin des guerres civiles. Légende IMP CAESAR DIVI F : Cette inscription est cruciale. Elle rappelle qu’Octave est le fils du divin Jules César, légitimant son pouvoir par l’hérédité divine. Lucius Pinarius Scarpus : Un opportuniste au service de l’Histoire Lucius Pinarius Scarpus appartient à l’une des familles les plus anciennes et prestigieuses de Rome, la gens Pinaria, dont l’origine remonterait à l’époque pré-républicaine (ils étaient, avec les Potitii, les gardiens héréditaires du culte d’Hercule). Un héritier de Jules César Le lien de Scarpus avec le pouvoir suprême commence par le sang. Il est le petit-neveu de Jules César (petit-fils de Julia Maior, la sœur aînée du dictateur). À la mort de César en 44 av. J.-C., Scarpus est désigné comme l’un de ses héritiers : il reçoit un huitième de la fortune du dictateur (tout comme Quintus Pedius), tandis qu’Octave hérite des trois quarts. Signe de pragmatisme précoce, il cède rapidement sa part d’héritage à Octave pour soutenir les ambitions politiques de son cousin. Le Lieutenant de Marc Antoine Malgré ce lien familial avec Octave, la carrière de Scarpus prend un tournant différent. Il rejoint le camp de Marc Antoine et devient l’un de ses officiers les plus fiables en Orient. En 31 av. J.-C., il est nommé Gouverneur (proconsul) de Cyrénaïque (actuelle Libye). Il y commande une force stratégique de quatre légions, censées protéger le flanc occidental de l’Égypte et servir de réserve militaire en cas de repli d’Antoine. C’est durant cette période qu’il fait frapper le denier RRC 546/1. La trahison d’Actium : Le « faiseur de rois » Le rôle historique majeur de Scarpus se joue après la défaite de Marc Antoine à la bataille d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). Antoine, fuyant vers l’Égypte, dépêche des messagers à Scarpus pour appeler ses quatre légions à l’aide. Scarpus, réalisant que le vent a tourné, refuse de recevoir les émissaires et les fait exécuter. Il livre ses troupes à Gaius Cornelius Gallus, le général d’Octave qui arrivait par l’ouest. Ce ralliement prive Antoine de son dernier espoir militaire et précipite sa chute finale à Alexandrie. Un cas unique dans la numismatique Scarpus est l’un des rares personnages à avoir émis des monnaies sous son propre nom pour les deux rivaux à quelques mois d’intervalle : Sous Antoine (RRC 546/1-3) : Les légendes célèbrent le triumvir (M ANTO COS III IMP IIII). Sous Octave (RRC 546/4-8) : Après son changement d’allégeance, il utilise des types similaires (la main ouverte, la victoire) mais remplace le nom d’Antoine par celui de César le Jeune (IMP CAESARI). Nota : Le surnom Scarpus pourrait dériver du verbe carpere (saisir, prendre), ce qui expliquerait la présence fréquente d’une main ouverte sur ses revers, fonctionnant comme un « type parlant » symbolisant à la fois son nom et sa loyauté (ou sa reddition). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Pinarius Scarpus. Imperator, de 723 à 727 (31 à 27 av. J.-C.) L. Pinarius Scarpus était un des lieutenants de Marc Antoine en Afrique où ses monnaies ont été frappées. Avant la bataille d’Actium, il commandait en Cyrénaïque avec quatre légions ; c’est à cette époque, c’est-à-dire en 723 (31 av. J.-C.), qu’ont été émises les médailles qui sont au type de Jupiter Ammon. Après Actium, Marc Antoine se réfugia en Afrique, mais Scarpus voyant la cause de son maître désespérée, refusa de lui donner un asile ; au prix de cette trahison, Scarpus conquit les faveurs d’Octave. Il réunit les troupes qui étaient sous ses ordres à celles que commandait Cornelius Gallus, lieutenant du vainqueur, et il resta gouverneur de la Libye. C’est à cette époque, c’est-à-dire entre les années 724 à 727 (30 à 27av. J.-C.), qu’il fit frapper dans sa province lés monnaies qui portent le nom d’Octave. La main ouverte est le symbole parlant du nom de Scarpus, rapproché du grec.. C’est par un rapprochement du même genre qu’on voit un poing fermé (balio) sur un petit bronze de C. Allius Balas Une main ouverte, comme sur les monnaies de L.Pinarius Scarpus, est le type des monnaies de

1801PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus

1801PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus Avers : M ANTONIO COS – III IMP IIII (Marcus Antonius Consul tertium Imperator quartum, Marc Antoine consul pour la troisième et revêtu de la quatrième acclamation impériale) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS IM / P (Antonio Augusto Scarpus Imperator, À Antoine auguste Scarpus imperator) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.36g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Antonia Références : RRC 546/3a – B.98 (Antonia) Symbolisme et Analyse Iconographique L’Avers : Jupiter Ammon, le trait d’union entre Rome et l’Égypte Le choix de Jupiter Ammon n’est pas fortuit. Cette divinité syncrétique (mélange du Jupiter romain et du dieu égyptien Amon-Rê) symbolise la position stratégique de la Cyrénaïque. Légitimité Territoriale : En utilisant cette figure, Scarpus reconnaît le contrôle d’Antoine sur les terres orientales et son lien étroit avec l’Égypte de Cléopâtre. Jupiter Ammon est le dieu protecteur de la région (son sanctuaire à l’oasis de Siwa était célèbre). Propagande Religieuse : C’est un message de continuité. Antoine se présente comme le protecteur des cultes locaux tout en maintenant son titre de consul (COS III) et d’imperator (IMP IIII), affirmant ainsi que son pouvoir reste conforme aux traditions républicaines, malgré l’influence hellénistique. Le Revers : Victoria, une promesse ou un souvenir ? La Victoire (Victoria) marchant avec une couronne et une palme est un motif classique de la numismatique romaine, mais son contexte ici est teinté d’ironie historique. Message Militaire : Pour Scarpus, il s’agit d’affirmer la puissance des quatre légions qu’il commande. La Victoire valide le commandement (IMPERIUM) d’Antoine et de Scarpus lui-même. Ambiguïté Politique : Frappé vers 31 av. J.-C., ce denier célèbre une victoire qui, dans les faits, s’évapore. Très peu de temps après, Scarpus fera effacer le nom d’Antoine pour le remplacer par celui d’Octave sur des types similaires (RRC 546/4), transformant cette « Victoire » en un hommage au nouveau maître de Rome. Contexte Historique : La Trahison de Cyrène Ce denier est le témoin matériel d’un revirement politique majeur. Le Rempart de l’Afrique : Lucius Pinarius Scarpus, petit-neveu de Jules César, est nommé par Marc Antoine pour garder la frontière occidentale de l’Égypte avec quatre légions. Il est le dernier verrou protégeant Antoine après la déroute navale d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). L’Abandon d’Antoine : Lorsque Marc Antoine, fuyant vers l’Égypte, tente de rejoindre Scarpus pour utiliser ses troupes, ce dernier lui refuse l’accès et fait massacrer les émissaires d’Antoine. Le Ralliement à Octave : Comprenant que le vent a tourné, Scarpus livre ses légions et la province de Cyrénaïque à Cornificius, le lieutenant d’Octave. Ce denier, initialement frappé pour payer les troupes d’Antoine, devient l’outil de la transition vers l’Empire. Lucius Pinarius Scarpus : Un opportuniste au service de l’Histoire Lucius Pinarius Scarpus appartient à l’une des familles les plus anciennes et prestigieuses de Rome, la gens Pinaria, dont l’origine remonterait à l’époque pré-républicaine (ils étaient, avec les Potitii, les gardiens héréditaires du culte d’Hercule). Un héritier de Jules César Le lien de Scarpus avec le pouvoir suprême commence par le sang. Il est le petit-neveu de Jules César (petit-fils de Julia Maior, la sœur aînée du dictateur). À la mort de César en 44 av. J.-C., Scarpus est désigné comme l’un de ses héritiers : il reçoit un huitième de la fortune du dictateur (tout comme Quintus Pedius), tandis qu’Octave hérite des trois quarts. Signe de pragmatisme précoce, il cède rapidement sa part d’héritage à Octave pour soutenir les ambitions politiques de son cousin. Le Lieutenant de Marc Antoine Malgré ce lien familial avec Octave, la carrière de Scarpus prend un tournant différent. Il rejoint le camp de Marc Antoine et devient l’un de ses officiers les plus fiables en Orient. En 31 av. J.-C., il est nommé Gouverneur (proconsul) de Cyrénaïque (actuelle Libye). Il y commande une force stratégique de quatre légions, censées protéger le flanc occidental de l’Égypte et servir de réserve militaire en cas de repli d’Antoine. C’est durant cette période qu’il fait frapper le denier RRC 546/1. La trahison d’Actium : Le « faiseur de rois » Le rôle historique majeur de Scarpus se joue après la défaite de Marc Antoine à la bataille d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). Antoine, fuyant vers l’Égypte, dépêche des messagers à Scarpus pour appeler ses quatre légions à l’aide. Scarpus, réalisant que le vent a tourné, refuse de recevoir les émissaires et les fait exécuter. Il livre ses troupes à Gaius Cornelius Gallus, le général d’Octave qui arrivait par l’ouest. Ce ralliement prive Antoine de son dernier espoir militaire et précipite sa chute finale à Alexandrie. Un cas unique dans la numismatique Scarpus est l’un des rares personnages à avoir émis des monnaies sous son propre nom pour les deux rivaux à quelques mois d’intervalle : Sous Antoine (RRC 546/1-3) : Les légendes célèbrent le triumvir (M ANTO COS III IMP IIII). Sous Octave (RRC 546/4-8) : Après son changement d’allégeance, il utilise des types similaires (la main ouverte, la victoire) mais remplace le nom d’Antoine par celui de César le Jeune (IMP CAESARI). Nota : Le surnom Scarpus pourrait dériver du verbe carpere (saisir, prendre), ce qui expliquerait la présence fréquente d’une main ouverte sur ses revers, fonctionnant comme un « type parlant » symbolisant à la fois son nom et sa loyauté (ou sa reddition). Variante : Diversité au niveau de la légende du revers Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS I / M / P Référence : RRC 546/3b Münzkabinett Berlin 3.3g Münzkabinett Berlin 3.3g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (nos 98 à 100; sont datées du troisième consulat de Marc Antoine, ce qui en fixe l’émission en l’an 723 (31 av. J.-C.) l’année même de la bataille d’Actium; Antoine fut alors remplacé comme consul par M. Valerius Messala  Corvinus. Celui qui fit frapper ces monnaies est un lieutenant de Marc Antoine en Afrique, L. Pinarius Scarpus, sur lequel nous donnerons de plus amples détails (Pinaria). Disons seulement ici que Scarpus, avant la bataille d’Actium, commandait quatre légions en

1800PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus

1800PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus Avers : M ANTO COS – III IMP IIII (Marcus Antonius Consul tertium Imperator quartum, Marc Antoine consul pour la troisième et revêtu de la quatrième acclamation impériale) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS IM / P (Antonio Augusto Scarpus Imperator, À Antoine auguste Scarpus imperator) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.52g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Antonia Références : RRC 546/2a – B.99 (Antonia) Symbolisme et Analyse Iconographique L’Avers : Jupiter Ammon, le trait d’union entre Rome et l’Égypte Le choix de Jupiter Ammon n’est pas fortuit. Cette divinité syncrétique (mélange du Jupiter romain et du dieu égyptien Amon-Rê) symbolise la position stratégique de la Cyrénaïque. Légitimité Territoriale : En utilisant cette figure, Scarpus reconnaît le contrôle d’Antoine sur les terres orientales et son lien étroit avec l’Égypte de Cléopâtre. Jupiter Ammon est le dieu protecteur de la région (son sanctuaire à l’oasis de Siwa était célèbre). Propagande Religieuse : C’est un message de continuité. Antoine se présente comme le protecteur des cultes locaux tout en maintenant son titre de consul (COS III) et d’imperator (IMP IIII), affirmant ainsi que son pouvoir reste conforme aux traditions républicaines, malgré l’influence hellénistique. Le Revers : Victoria, une promesse ou un souvenir ? La Victoire (Victoria) marchant avec une couronne et une palme est un motif classique de la numismatique romaine, mais son contexte ici est teinté d’ironie historique. Message Militaire : Pour Scarpus, il s’agit d’affirmer la puissance des quatre légions qu’il commande. La Victoire valide le commandement (IMPERIUM) d’Antoine et de Scarpus lui-même. Ambiguïté Politique : Frappé vers 31 av. J.-C., ce denier célèbre une victoire qui, dans les faits, s’évapore. Très peu de temps après, Scarpus fera effacer le nom d’Antoine pour le remplacer par celui d’Octave sur des types similaires (RRC 546/4), transformant cette « Victoire » en un hommage au nouveau maître de Rome. Contexte Historique : La Trahison de Cyrène Ce denier est le témoin matériel d’un revirement politique majeur. Le Rempart de l’Afrique : Lucius Pinarius Scarpus, petit-neveu de Jules César, est nommé par Marc Antoine pour garder la frontière occidentale de l’Égypte avec quatre légions. Il est le dernier verrou protégeant Antoine après la déroute navale d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). L’Abandon d’Antoine : Lorsque Marc Antoine, fuyant vers l’Égypte, tente de rejoindre Scarpus pour utiliser ses troupes, ce dernier lui refuse l’accès et fait massacrer les émissaires d’Antoine. Le Ralliement à Octave : Comprenant que le vent a tourné, Scarpus livre ses légions et la province de Cyrénaïque à Cornificius, le lieutenant d’Octave. Ce denier, initialement frappé pour payer les troupes d’Antoine, devient l’outil de la transition vers l’Empire. Lucius Pinarius Scarpus : Un opportuniste au service de l’Histoire Lucius Pinarius Scarpus appartient à l’une des familles les plus anciennes et prestigieuses de Rome, la gens Pinaria, dont l’origine remonterait à l’époque pré-républicaine (ils étaient, avec les Potitii, les gardiens héréditaires du culte d’Hercule). Un héritier de Jules César Le lien de Scarpus avec le pouvoir suprême commence par le sang. Il est le petit-neveu de Jules César (petit-fils de Julia Maior, la sœur aînée du dictateur). À la mort de César en 44 av. J.-C., Scarpus est désigné comme l’un de ses héritiers : il reçoit un huitième de la fortune du dictateur (tout comme Quintus Pedius), tandis qu’Octave hérite des trois quarts. Signe de pragmatisme précoce, il cède rapidement sa part d’héritage à Octave pour soutenir les ambitions politiques de son cousin. Le Lieutenant de Marc Antoine Malgré ce lien familial avec Octave, la carrière de Scarpus prend un tournant différent. Il rejoint le camp de Marc Antoine et devient l’un de ses officiers les plus fiables en Orient. En 31 av. J.-C., il est nommé Gouverneur (proconsul) de Cyrénaïque (actuelle Libye). Il y commande une force stratégique de quatre légions, censées protéger le flanc occidental de l’Égypte et servir de réserve militaire en cas de repli d’Antoine. C’est durant cette période qu’il fait frapper le denier RRC 546/1. La trahison d’Actium : Le « faiseur de rois » Le rôle historique majeur de Scarpus se joue après la défaite de Marc Antoine à la bataille d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). Antoine, fuyant vers l’Égypte, dépêche des messagers à Scarpus pour appeler ses quatre légions à l’aide. Scarpus, réalisant que le vent a tourné, refuse de recevoir les émissaires et les fait exécuter. Il livre ses troupes à Gaius Cornelius Gallus, le général d’Octave qui arrivait par l’ouest. Ce ralliement prive Antoine de son dernier espoir militaire et précipite sa chute finale à Alexandrie. Un cas unique dans la numismatique Scarpus est l’un des rares personnages à avoir émis des monnaies sous son propre nom pour les deux rivaux à quelques mois d’intervalle : Sous Antoine (RRC 546/1-3) : Les légendes célèbrent le triumvir (M ANTO COS III IMP IIII). Sous Octave (RRC 546/4-8) : Après son changement d’allégeance, il utilise des types similaires (la main ouverte, la victoire) mais remplace le nom d’Antoine par celui de César le Jeune (IMP CAESARI). Nota : Le surnom Scarpus pourrait dériver du verbe carpere (saisir, prendre), ce qui expliquerait la présence fréquente d’une main ouverte sur ses revers, fonctionnant comme un « type parlant » symbolisant à la fois son nom et sa loyauté (ou sa reddition). Variante 1 : Diversité légende du revers IMP Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS I(MP) Référence : RRC 546/2b  British Museum 3.34g Variante 2 : Diversité légende du revers IMP Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS I/M/P Référence : RRC 546/2c  British Museum 4.11g Variante 3 : Diversité légende du revers IMP Revers : ANTONIO / AVG – SCARPV IM/P Référence : RRC 546/2d American Numismatic Society 3.94g American Numismatic Society 3.94g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (nos 98 à 100; sont datées du troisième consulat de Marc Antoine, ce qui en fixe l’émission en l’an 723 (31 av. J.-C.) l’année même de la bataille d’Actium; Antoine fut alors remplacé comme consul

1799PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus

1799PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus Avers : M ANTO COS – III IMP IIII (Marcus Antonius, Consuli Tertio, Imperator Quarto) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : SCARPVS – IMP LEG – VIII (Scarpus Imperator, Legio Octava) Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”. “Legionis octavis”, (de la huitième Légion). British Museum 3.13g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Antonia Références : RRC 546/1 – B.100 (Antonia) 1. Symbolisme de l’Avers : Le Syncrétisme de Jupiter Ammon Le choix de Jupiter Ammon à l’avers est loin d’être anodin pour Marc Antoine. Fusion Culturelle : En associant le dieu romain Jupiter au dieu égyptien Amun (reconnaissable à ses cornes de bélier), Antoine souligne son ancrage en Orient et son alliance avec l’Égypte de Cléopâtre. Légitimité Alexandrine : Ce symbole rappelle Alexandre le Grand, qui s’était proclamé fils d’Ammon après son pèlerinage à l’oasis de Siwa. Antoine se positionne ainsi comme l’héritier spirituel du conquérant macédonien. Légende : M·ANTO·COS·III·IMP·IIII rappelle ses titres officiels de Consul (pour la 3ème fois) et d’Imperator (pour la 4ème fois), affirmant sa légitimité constitutionnelle face à Octave. 2. Symbolisme du Revers : L’Autorité Militaire Le revers présente une iconographie classique mais puissante de la puissance légionnaire : L’Aquila (Aigle) : Symbole sacré de la légion romaine, elle incarne la présence des forces armées sous le commandement d’Antoine. Les Signa (Enseignes) : Placés de part et d’autre de l’aigle, ils représentent les cohortes. Ce motif est un message clair : l’argent sert à payer la solde des troupes et garantit leur fidélité. La Main Ouverte (Variantes) : Sur certaines émissions de Scarpus, on voit une main ouverte (manus), symbole de confiance et de paix, souvent interprété comme un signe de « main tendue » ou de loyauté. 3. Contexte Historique : La Cyrénaïque au Cœur du Conflit Cette monnaie est frappée en Cyrénaïque (Libye actuelle) durant l’été 31 av. J.-C., juste avant la bataille d’Actium. Le Rôle de Scarpus : Lucius Pinarius Scarpus, petit-neveu de Jules César (tout comme Octave), est alors le gouverneur de la province pour le compte de Marc Antoine. Il commande quatre légions destinées à protéger le flanc sud d’Antoine. La Trahison : Après la défaite d’Antoine à Actium, ce dernier tente de se replier vers la Cyrénaïque pour rejoindre les troupes de Scarpus. Cependant, sentant le vent tourner, Scarpus refuse de recevoir les émissaires d’Antoine (il les fait exécuter) et change de camp pour rejoindre Octave. Transition Numismatique : Ce denier est fascinant car il existe des exemplaires presque identiques où le nom d’Antoine est remplacé par celui d’Octave, illustrant physiquement le transfert de pouvoir immédiat après la défaite du Triumvir. Lucius Pinarius Scarpus : Un opportuniste au service de l’Histoire Lucius Pinarius Scarpus appartient à l’une des familles les plus anciennes et prestigieuses de Rome, la gens Pinaria, dont l’origine remonterait à l’époque pré-républicaine (ils étaient, avec les Potitii, les gardiens héréditaires du culte d’Hercule). Un héritier de Jules César Le lien de Scarpus avec le pouvoir suprême commence par le sang. Il est le petit-neveu de Jules César (petit-fils de Julia Maior, la sœur aînée du dictateur). À la mort de César en 44 av. J.-C., Scarpus est désigné comme l’un de ses héritiers : il reçoit un huitième de la fortune du dictateur (tout comme Quintus Pedius), tandis qu’Octave hérite des trois quarts. Signe de pragmatisme précoce, il cède rapidement sa part d’héritage à Octave pour soutenir les ambitions politiques de son cousin. Le Lieutenant de Marc Antoine Malgré ce lien familial avec Octave, la carrière de Scarpus prend un tournant différent. Il rejoint le camp de Marc Antoine et devient l’un de ses officiers les plus fiables en Orient. En 31 av. J.-C., il est nommé Gouverneur (proconsul) de Cyrénaïque (actuelle Libye). Il y commande une force stratégique de quatre légions, censées protéger le flanc occidental de l’Égypte et servir de réserve militaire en cas de repli d’Antoine. C’est durant cette période qu’il fait frapper le denier RRC 546/1. La trahison d’Actium : Le « faiseur de rois » Le rôle historique majeur de Scarpus se joue après la défaite de Marc Antoine à la bataille d’Actium (septembre 31 av. J.-C.). Antoine, fuyant vers l’Égypte, dépêche des messagers à Scarpus pour appeler ses quatre légions à l’aide. Scarpus, réalisant que le vent a tourné, refuse de recevoir les émissaires et les fait exécuter. Il livre ses troupes à Gaius Cornelius Gallus, le général d’Octave qui arrivait par l’ouest. Ce ralliement prive Antoine de son dernier espoir militaire et précipite sa chute finale à Alexandrie. Un cas unique dans la numismatique Scarpus est l’un des rares personnages à avoir émis des monnaies sous son propre nom pour les deux rivaux à quelques mois d’intervalle : Sous Antoine (RRC 546/1-3) : Les légendes célèbrent le triumvir (M ANTO COS III IMP IIII). Sous Octave (RRC 546/4-8) : Après son changement d’allégeance, il utilise des types similaires (la main ouverte, la victoire) mais remplace le nom d’Antoine par celui de César le Jeune (IMP CAESARI). Nota : Le surnom Scarpus pourrait dériver du verbe carpere (saisir, prendre), ce qui expliquerait la présence fréquente d’une main ouverte sur ses revers, fonctionnant comme un « type parlant » symbolisant à la fois son nom et sa loyauté (ou sa reddition). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (nos 98 à 100; sont datées du troisième consulat de Marc Antoine, ce qui en fixe l’émission en l’an 723 (31 av. J.-C.) l’année même de la bataille d’Actium; Antoine fut alors remplacé comme consul par M. Valerius Messala  Corvinus. Celui qui fit frapper ces monnaies est un lieutenant de Marc Antoine en Afrique, L. Pinarius Scarpus, sur lequel nous donnerons de plus amples détails (Pinaria). Disons seulement ici que Scarpus, avant la bataille d’Actium, commandait quatre légions en Cyrénaïque; l’une de ces légions était la huitième, comme l’indique

1661CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius

1661CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe  Tête de Jupiter Ammon à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. British Museum 3.51g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornuficia Références : RRC 509/2 – B.1 (Cornuficia) – Syd.1353 Cette monnaie, frappée en 42 av. J.-C. par Quintus Cornificius, est un document historique exceptionnel. Il témoigne de la résistance des derniers défenseurs de la République romaine en Afrique face à la montée en puissance du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). 1. Contexte Historique : La résistance africaine Quintus Cornificius était un homme de lettres, ami de Cicéron et de Catulle, mais aussi un général déterminé. Le bastion républicain : Après l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Cornificius, alors gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage), refuse de céder son commandement aux partisans des triumvirs. Il transforme sa province en un refuge pour les proscrits et soutient la cause de Sextus Pompée. L’année 42 av. J.-C. : C’est une année charnière. Tandis que Brutus et Cassius affrontent Octave et Antoine à Philippes, Cornificius livre sa propre bataille en Afrique contre Titus Sextius, le gouverneur de l’Africa Nova (Numidie). Le titre d’Imperator : Cette pièce a été frappée peu après que ses troupes l’aient salué comme Imperator suite à ses premiers succès militaires. Malheureusement, il sera vaincu et tué près d’Utique peu de temps après l’émission de cette monnaie. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter Ammon Le choix de l’effigie sur l’avers n’est pas seulement esthétique, il est hautement stratégique et local. L’ancrage territorial : La tête de Jupiter Ammon (reconnaissable à ses cornes de bélier) est une référence directe à l’Afrique. Ce dieu syncrétique, né de la fusion du Zeus grec/Jupiter romain et du dieu égyptien Amon, possédait un oracle célèbre dans l’Oasis de Siwa. Légitimité régionale : En affichant cette divinité, Cornificius affirme son contrôle et sa protection sur les terres africaines, s’appropriant un symbole fort de puissance et d’autorité divine dans cette région du monde. 3. Symbolisme du Revers : L’union du Militaire et du Sacré Le revers est l’un des plus personnels et complexes du monnayage républicain tardif. Cornificius en Augure : Il se représente vêtu de la toge, voilé et tenant le lituus (bâton recourbé). Cela souligne son titre d’Augure, une fonction religieuse prestigieuse à laquelle il avait été nommé par César lui-même en 47 av. J.-C. Il rappelle ainsi qu’il possède l’autorité pour interpréter la volonté des dieux. Juno Sospita (Junon Salvatrice) : La déesse apparaît à droite, coiffée de sa peau de chèvre et tenant un bouclier et une lance, tout en couronnant le général. Origines familiales : La présence de Juno Sospita est souvent liée à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Cornificia. Protection divine : Le fait qu’elle le couronne symbolise la victoire militaire bénie par la divinité. La présence d’un corbeau sur son épaule renforce le caractère prophétique et protecteur de la scène. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de toute la famille, que nous avons des monnaies. Le monétaire Q. Cornuficius eut une part active dans la guerre civile qui commença l’an 706 (48 av. J.-C.); il était alors questeur, et il fut envoyé comme propréteur en Illyrie par Jules César; rentré à Rome après avoir