1660CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius

1660CO – Aureus Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe Tête de Jupiter Ammon à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. Bibliothèque nationale de France 7.89g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Or Gens : Cornuficia Références : RRC 509/1 – B.1 (Cornuficia) Cette monnaie, frappée en 42 av. J.-C. par Quintus Cornificius, est un document historique exceptionnel. Il témoigne de la résistance des derniers défenseurs de la République romaine en Afrique face à la montée en puissance du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). 1. Contexte Historique : La résistance africaine Quintus Cornificius était un homme de lettres, ami de Cicéron et de Catulle, mais aussi un général déterminé. Le bastion républicain : Après l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Cornificius, alors gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage), refuse de céder son commandement aux partisans des triumvirs. Il transforme sa province en un refuge pour les proscrits et soutient la cause de Sextus Pompée. L’année 42 av. J.-C. : C’est une année charnière. Tandis que Brutus et Cassius affrontent Octave et Antoine à Philippes, Cornificius livre sa propre bataille en Afrique contre Titus Sextius, le gouverneur de l’Africa Nova (Numidie). Le titre d’Imperator : Cette pièce a été frappée peu après que ses troupes l’aient salué comme Imperator suite à ses premiers succès militaires. Malheureusement, il sera vaincu et tué près d’Utique peu de temps après l’émission de cette monnaie. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter Ammon Le choix de l’effigie sur l’avers n’est pas seulement esthétique, il est hautement stratégique et local. L’ancrage territorial : La tête de Jupiter Ammon (reconnaissable à ses cornes de bélier) est une référence directe à l’Afrique. Ce dieu syncrétique, né de la fusion du Zeus grec/Jupiter romain et du dieu égyptien Amon, possédait un oracle célèbre dans l’Oasis de Siwa. Légitimité régionale : En affichant cette divinité, Cornificius affirme son contrôle et sa protection sur les terres africaines, s’appropriant un symbole fort de puissance et d’autorité divine dans cette région du monde. 3. Symbolisme du Revers : L’union du Militaire et du Sacré Le revers est l’un des plus personnels et complexes du monnayage républicain tardif. Cornificius en Augure : Il se représente vêtu de la toge, voilé et tenant le lituus (bâton recourbé). Cela souligne son titre d’Augure, une fonction religieuse prestigieuse à laquelle il avait été nommé par César lui-même en 47 av. J.-C. Il rappelle ainsi qu’il possède l’autorité pour interpréter la volonté des dieux. Juno Sospita (Junon Salvatrice) : La déesse apparaît à droite, coiffée de sa peau de chèvre et tenant un bouclier et une lance, tout en couronnant le général. Origines familiales : La présence de Juno Sospita est souvent liée à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Cornificia. Protection divine : Le fait qu’elle le couronne symbolise la victoire militaire bénie par la divinité. La présence d’un corbeau sur son épaule renforce le caractère prophétique et protecteur de la scène. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de
1802PI – Denier Octave – Lucius Pinarius Scarpus

1802PI – Denier Octave – Lucius Pinarius Scarpus Avers : AVGVR PONTIF (Augur Pontifex) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : IMP CAESAR DIVI F (Imperator Caesar, Divi Filius) Victoria (la Victoire) debout sur un globe et tournée à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.31g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Julia et Pinaria Références : RRC 546/4 – B.141 (Julia) – CRR.1281 La famille Pinaria, très ancienne, descendait de Pinus, fils de Numa. Les Pinarius et les Potitius étaient désignés, dès les premiers temps de Rome, pour remplir les fonctions de prètres d’Hercule. L. Pinarius Scarpa a commandé quatre légions de Marcus Antonius dans le Cyrenaica (région de lybie). Après la bataille d’Actium, il a rapidement changé son allégeance en faveur d’Octave. Ce denier a été frappé à l’instigation de Lucius Pinarius Scarpus à Cyrène en Cyrénaïque, à l’été 31 avant J.-C. après la bataille d’Actium (31 avant J.-C.). L’avers est d’inspiration égyptienne, avec la représentation de Zeus Ammon, dont Alexandre le Grand se prétendait être le fils. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Pinarius Scarpus. Imperator, de 723 à 727 (31 à 27 av. J.-C.) L. Pinarius Scarpus était un des lieutenants de Marc Antoine en Afrique où ses monnaies ont été frappées. Avant la bataille d’Actium, il commandait en Cyrénaïque avec quatre légions ; c’est à cette époque, c’est-à-dire en 723 (31 av. J.-C.), qu’ont été émises les médailles qui sont au type de Jupiter Ammon. Après Actium, Marc Antoine se réfugia en Afrique, mais Scarpus voyant la cause de son maître désespérée, refusa de lui donner un asile ; au prix de cette trahison, Scarpus conquit les faveurs d’Octave. Il réunit les troupes qui étaient sous ses ordres à celles que commandait Cornelius Gallus, lieutenant du vainqueur, et il resta gouverneur de la Libye. C’est à cette époque, c’est-à-dire entre les années 724 à 727 (30 à 27av. J.-C.), qu’il fit frapper dans sa province lés monnaies qui portent le nom d’Octave. La main ouverte est le symbole parlant du nom de Scarpus, rapproché du grec.. C’est par un rapprochement du même genre qu’on voit un poing fermé (balio) sur un petit bronze de C. Allius Balas Une main ouverte, comme sur les monnaies de L.Pinarius Scarpus, est le type des monnaies de bronze de Carthago nova en Espagne.
1801PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus
1801PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus Avers : M ANTONIO COS – III IMP IIII (Marcus Antonius Consul tertium Imperator quartum, Marc Antoine consul pour la troisième et revêtu de la quatrième acclamation impériale) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS IM / P (Antonio Augusto Scarpus Imperator, À Antoine auguste Scarpus imperator) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.36g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Antonia Références : RRC 546/3a – B.98 (Antonia) La famille Pinaria, très ancienne, descendait de Pinus, fils de Numa. Les Pinarius et les Potitius étaient désignés, dès les premiers temps de Rome, pour remplir les fonctions de prètres d’Hercule. L. Pinarius Scarpa a commandé quatre légions de Marcus Antonius dans le Cyrenaica (région de lybie). Après la bataille d’Actium, il a rapidement changé son allégeance en faveur d’Octave. Ce denier a été frappé à l’instigation de Lucius Pinarius Scarpus à Cyrène en Cyrénaïque, à l’été 31 avant J.-C. après la bataille d’Actium (31 avant J.-C.). L’avers est d’inspiration égyptienne, avec la représentation de Zeus Ammon, dont Alexandre le Grand se prétendait être le fils. Le revers est directement copié sur le monnayage légionnaire de Marc Antoine pour le premier type. Variante : Diversité au niveau de la légende du revers Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS I / M / P Référence : RRC 546/3b Münzkabinett Berlin 3.3g Münzkabinett Berlin 3.3g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (nos 98 à 100; sont datées du troisième consulat de Marc Antoine, ce qui en fixe l’émission en l’an 723 (31 av. J.-C.) l’année même de la bataille d’Actium; Antoine fut alors remplacé comme consul par M. Valerius Messala Corvinus. Celui qui fit frapper ces monnaies est un lieutenant de Marc Antoine en Afrique, L. Pinarius Scarpus, sur lequel nous donnerons de plus amples détails (Pinaria). Disons seulement ici que Scarpus, avant la bataille d’Actium, commandait quatre légions en Cyrénaïque; l’une de ces légions était la huitième, comme l’indique une de nos médailles; la tête de Jupiter Ammon prouve que ces pièces ont été frappées dans la Cyrénaïque, province dont les monnaies grecques autonomes reproduisent ce type si fréquemment.
1800PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus

1800PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus Avers : M ANTO COS – III IMP IIII (Marcus Antonius Consul tertium Imperator quartum, Marc Antoine consul pour la troisième et revêtu de la quatrième acclamation impériale) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS IM / P (Antonio Augusto Scarpus Imperator, À Antoine auguste Scarpus imperator) Victoria (la Victoire) marchant à droite, tenant une couronne de la main droite et une palme de la main gauche. British Museum 3.52g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Antonia Références : RRC 546/2a – B.99 (Antonia) La famille Pinaria, très ancienne, descendait de Pinus, fils de Numa. Les Pinarius et les Potitius étaient désignés, dès les premiers temps de Rome, pour remplir les fonctions de prètres d’Hercule. L. Pinarius Scarpa a commandé quatre légions de Marcus Antonius dans le Cyrenaica (région de lybie). Après la bataille d’Actium, il a rapidement changé son allégeance en faveur d’Octave. Ce denier a été frappé à l’instigation de Lucius Pinarius Scarpus à Cyrène en Cyrénaïque, à l’été 31 avant J.-C. après la bataille d’Actium (31 avant J.-C.). L’avers est d’inspiration égyptienne, avec la représentation de Zeus Ammon (le dieu de l’oasis de Siwa), dont Alexandre le Grand se prétendait être le fils. Le revers est directement copié sur le monnayage légionnaire de Marc Antoine pour le premier type. Variante 1 : Diversité légende du revers IMP Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS I(MP) Référence : RRC 546/2b British Museum 3.34g Variante 2 : Diversité légende du revers IMP Revers : ANTONIO / AVG – SCARPVS I/M/P Référence : RRC 546/2c British Museum 4.11g Variante 3 : Diversité légende du revers IMP Revers : ANTONIO / AVG – SCARPV IM/P Référence : RRC 546/2d American Numismatic Society 3.94g American Numismatic Society 3.94g Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (nos 98 à 100; sont datées du troisième consulat de Marc Antoine, ce qui en fixe l’émission en l’an 723 (31 av. J.-C.) l’année même de la bataille d’Actium; Antoine fut alors remplacé comme consul par M. Valerius Messala Corvinus. Celui qui fit frapper ces monnaies est un lieutenant de Marc Antoine en Afrique, L. Pinarius Scarpus, sur lequel nous donnerons de plus amples détails (Pinaria). Disons seulement ici que Scarpus, avant la bataille d’Actium, commandait quatre légions en Cyrénaïque; l’une de ces légions était la huitième, comme l’indique une de nos médailles; la tête de Jupiter Ammon prouve que ces pièces ont été frappées dans la Cyrénaïque, province dont les monnaies grecques autonomes reproduisent ce type si fréquemment. Lieux de découverte (6 exemplaires)
1799PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus

1799PI – Denier Pinaria – Lucius Pinarius Scarpus Avers : M ANTO COS – III IMP IIII (Marcus Antonius, Consuli Tertio, Imperator Quarto) Tête barbue et cornue de Jupiter Ammon à droite. Revers : SCARPVS – IMP LEG – VIII (Scarpus Imperator, Legio Octava) Aigle légionnaire, “aquila” tournée à droite entre deux étendards, “signa”. “Legionis octavis”, (de la huitième Légion). British Museum 3.13g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Cyrène Datation : 31 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pinaria et Antonia Références : RRC 546/1 – B.100 (Antonia) La famille Pinaria, très ancienne, descendait de Pinus, fils de Numa. Les Pinarius et les Potitius étaient désignés, dès les premiers temps de Rome, pour remplir les fonctions de prètres d’Hercule. L. Pinarius Scarpa a commandé quatre légions de Marcus Antonius dans le Cyrenaica (région de lybie). Après la bataille d’Actium, il a rapidement changé son allégeance en faveur d’Octave. Ce denier a été frappé à l’instigation de Lucius Pinarius Scarpus à Cyrène en Cyrénaïque, à l’été 31 avant J.-C. après la bataille d’Actium (31 avant J.-C.). L’avers est d’inspiration égyptienne, avec la représentation de Zeus Ammon (le dieu de l’oasis de Siwa), dont Alexandre le Grand se prétendait être le fils. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces médailles (nos 98 à 100; sont datées du troisième consulat de Marc Antoine, ce qui en fixe l’émission en l’an 723 (31 av. J.-C.) l’année même de la bataille d’Actium; Antoine fut alors remplacé comme consul par M. Valerius Messala Corvinus. Celui qui fit frapper ces monnaies est un lieutenant de Marc Antoine en Afrique, L. Pinarius Scarpus, sur lequel nous donnerons de plus amples détails (Pinaria). Disons seulement ici que Scarpus, avant la bataille d’Actium, commandait quatre légions en Cyrénaïque; l’une de ces légions était la huitième, comme l’indique une de nos médailles; la tête de Jupiter Ammon prouve que ces pièces ont été frappées dans la Cyrénaïque, province dont les monnaies grecques autonomes reproduisent ce type si fréquemment.
1661CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius

1661CO – Denier Cornuficia – Quintus Cornuficius Avers : Anépigraphe Tête de Jupiter Ammon à gauche. Revers : Q. CORNVFICI. AVGVR. IMP (Quintus Cornuficius, Augur, Imperator) Cornuficius debout à gauche, portant un voile et portant un lituus de la main droite. Junon Sospita debout à droite avec une corneille sur l’épaule, tenant une lance et un bouclier dans la main gauche et couronne Cornuficius. British Museum 3.51g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cornuficia Références : RRC 509/2 – B.1 (Cornuficia) – Syd.1353 Cette monnaie, frappée en 42 av. J.-C. par Quintus Cornificius, est un document historique exceptionnel. Il témoigne de la résistance des derniers défenseurs de la République romaine en Afrique face à la montée en puissance du Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide). 1. Contexte Historique : La résistance africaine Quintus Cornificius était un homme de lettres, ami de Cicéron et de Catulle, mais aussi un général déterminé. Le bastion républicain : Après l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Cornificius, alors gouverneur de l’Africa Vetus (la province de Carthage), refuse de céder son commandement aux partisans des triumvirs. Il transforme sa province en un refuge pour les proscrits et soutient la cause de Sextus Pompée. L’année 42 av. J.-C. : C’est une année charnière. Tandis que Brutus et Cassius affrontent Octave et Antoine à Philippes, Cornificius livre sa propre bataille en Afrique contre Titus Sextius, le gouverneur de l’Africa Nova (Numidie). Le titre d’Imperator : Cette pièce a été frappée peu après que ses troupes l’aient salué comme Imperator suite à ses premiers succès militaires. Malheureusement, il sera vaincu et tué près d’Utique peu de temps après l’émission de cette monnaie. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter Ammon Le choix de l’effigie sur l’avers n’est pas seulement esthétique, il est hautement stratégique et local. L’ancrage territorial : La tête de Jupiter Ammon (reconnaissable à ses cornes de bélier) est une référence directe à l’Afrique. Ce dieu syncrétique, né de la fusion du Zeus grec/Jupiter romain et du dieu égyptien Amon, possédait un oracle célèbre dans l’Oasis de Siwa. Légitimité régionale : En affichant cette divinité, Cornificius affirme son contrôle et sa protection sur les terres africaines, s’appropriant un symbole fort de puissance et d’autorité divine dans cette région du monde. 3. Symbolisme du Revers : L’union du Militaire et du Sacré Le revers est l’un des plus personnels et complexes du monnayage républicain tardif. Cornificius en Augure : Il se représente vêtu de la toge, voilé et tenant le lituus (bâton recourbé). Cela souligne son titre d’Augure, une fonction religieuse prestigieuse à laquelle il avait été nommé par César lui-même en 47 av. J.-C. Il rappelle ainsi qu’il possède l’autorité pour interpréter la volonté des dieux. Juno Sospita (Junon Salvatrice) : La déesse apparaît à droite, coiffée de sa peau de chèvre et tenant un bouclier et une lance, tout en couronnant le général. Origines familiales : La présence de Juno Sospita est souvent liée à la ville de Lanuvium, berceau de la gens Cornificia. Protection divine : Le fait qu’elle le couronne symbolise la victoire militaire bénie par la divinité. La présence d’un corbeau sur son épaule renforce le caractère prophétique et protecteur de la scène. L’autorité émettrice derrière cette monnaie est Quintus Cornificius, une figure fascinante de la fin de la République, à la fois général, magistrat et intellectuel. Voici les informations clés sur ce personnage en tant que responsable monétaire : 1. Identité et Profil Nom complet : Quintus Cornificius (le Jeune). Statut : Membre de la gens Cornificia, une famille plébéienne montante. Il est le fils de Quintus Cornificius (l’Ancien), qui fut préteur en 66 av. J.-C. et juge au procès de Verrès. Carrière politique : Il gravit les échelons du cursus honorum : Questeur en 48 av. J.-C. sous Jules César. Préteur et Augure en 47 av. J.-C. (titre dont il est très fier et qu’il affiche sur ses monnaies : AVGVR). Gouverneur (proconsul) de l’Afrique Proconsulaire (Africa Vetus) à partir de 44 av. J.-C. 2. Un « Monétaire » de circonstance Contrairement aux triumviri monetales qui frappaient monnaie à Rome en début de carrière, Cornificius frappe cette monnaie en tant que gouverneur militaire (Imperator). Atelier itinérant : La monnaie n’est pas frappée à Rome, mais en Afrique (probablement à Utique ou Carthage) vers 42 av. J.-C. * But de l’émission : Ces pièces d’or servaient principalement à financer ses légions et à payer ses troupes dans sa lutte contre les forces du Second Triumvirat. Le titre d’Imperator : L’inscription IMP sur la pièce confirme qu’il a été acclamé par ses soldats, signe d’une légitimité militaire acquise sur le terrain. 3. L’Homme de Lettres Cornificius n’était pas qu’un soldat ; il était au cœur de l’élite intellectuelle romaine : Ami de Cicéron : Leur correspondance montre un respect mutuel. Cicéron le considérait comme un homme « intègre et pieux » (vir sobrius ac sanctus). Poète néotérique : Proche de Catulle (qui lui a dédié un poème), il écrivait lui-même de la poésie. Sa sœur, Cornificia, était également une poétesse célèbre, l’une des rares voix féminines reconnues de l’époque. 4. Sa Fin Sa carrière s’achève tragiquement en 42 av. J.-C. Après avoir résisté avec succès pendant un temps, il est finalement vaincu par Titus Sextius. Refusant de se rendre, il meurt au combat ou se donne la mort, marquant la fin de l’une des dernières poches de résistance républicaine en Afrique. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Cette famille plébéienne était, au dire de Cicéron, originaire de Rhegium. Elle n’apparaît pas dans les fastes de la république le dernier siècle avant qui a précédé notre ère. On connaît un Cornuficius qui était secrétaire (scriba) de Verrès pendant sa préture, l’an 680 (74 av. J.-C.); un Q. Cornuficius fut préteur en 688 (66 av. J.-C.) et brigua le consulat en même temps que Cicéron, l’an 690 (64 av. J.-C.). C’est de son fils, le plus illustre de toute la famille, que nous avons des monnaies. Le monétaire Q. Cornuficius eut une part active dans la guerre civile qui commença l’an 706 (48 av. J.-C.); il était alors questeur, et il fut envoyé comme propréteur en Illyrie par Jules César; rentré à Rome après avoir