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1462CA – Denier Scipion – Quintus Cæcilius Metellus Pius Scipio

1462CA – Denier Scipion – Quintus Cæcilius Metellus Pius Scipio Avers : Q. METEL / PIVS (Quintus Metellus Pius, Quintus Metellus pieux) Tête laurée de Jupiter à droite. Revers : SCIPIO // IMP (Scipion imperator) Éléphant passant à droite. British Museum 3.79g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Afrique Datation : 47-46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Caecilia Références : RRC 459/1 – B.47 (Caecilia) – Syd.1046 L’émission de ce denier s’inscrit dans l’un des moments les plus dramatiques de l’histoire romaine : la phase finale de la guerre civile entre Jules César et les partisans du Sénat (les Pompéiens). Voici l’analyse détaillée du contexte et de la symbolique de cette pièce. 1. Le Contexte Historique : La Résistance Africaine (47-46 av. J.-C.) Après la défaite de Pompée à Pharsale et sa mort en Égypte, les chefs de la cause républicaine se regroupent en Afrique du Nord (actuelle Tunisie/Libye). Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio, beau-père de Pompée, prend le commandement suprême des forces sénatoriales. Légitimité Républicaine : Contrairement à César, qui est alors perçu comme un dictateur, Scipion et ses alliés (dont Caton d’Utique) se présentent comme les défenseurs légitimes de la République. Le Besoin de Numéraire : Cette pièce a été frappée par un atelier militaire itinérant pour payer les légions stationnées en Afrique avant l’affrontement final. 2. La Symbolique de l’Avers : Jupiter le Protecteur La tête de Jupiter, dieu souverain du panthéon romain, n’est pas choisie au hasard. Contre la Tyrannie : En invoquant Jupiter Optimus Maximus, Scipion affirme que les dieux sont du côté du Sénat. C’est une réponse directe à César, qui mettait en avant ses origines divines via Vénus. L’Ordre Établi : Jupiter représente la stabilité des institutions de Rome que Scipion prétend protéger contre l’ambition personnelle d’un seul homme. 3. La Symbolique du Revers : L’Éléphant et l’Héritage L’éléphant est l’élément le plus iconique de cette monnaie. Il porte une triple signification : L’Emblème Familial : L’éléphant est le symbole de la gens Caecilia. Il rappelle la victoire de L. Caecilius Metellus lors de la bataille de Panormus (250 av. J.-C.) durant la Première Guerre punique, où il captura les éléphants de guerre carthaginois. Le Duel de Propagande : César avait déjà frappé un denier célèbre avec un éléphant (RRC 443/1). En reprenant ce motif, Scipion dit en substance : « Le véritable héritier de la gloire de Rome et celui qui maîtrise le terrain africain, c’est moi, pas l’usurpateur. » La Réalité Militaire : Scipion disposait réellement d’un contingent d’éléphants de guerre fournis par le roi numide Juba Ier. L’image sur la pièce servait donc aussi à intimider les troupes césariennes en rappelant la puissance de feu (ou de piétinement) des Pompéiens. La Fin d’une Époque Ce symbolisme n’a pourtant pas suffi. En février 46 av. J.-C., lors de la bataille de Thapsus, les éléphants de Scipion ont paniqué sous les flèches des archers de César, se retournant contre leurs propres lignes. Cette défaite a marqué la fin de la résistance organisée en Afrique. Le monétaire de ce denier, Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (souvent appelé Métellus Scipion), est l’une des figures les plus aristocratiques et paradoxales de la fin de la République romaine. Voici les points clés pour comprendre qui il était et pourquoi son nom apparaît sur cette monnaie : 1. Une généalogie prestigieuse (Double héritage) Il est né Publius Cornelius Scipio Nasica, issu de la prestigieuse branche des Scipions. Cependant, il a été adopté par testament par Quintus Caecilius Metellus Pius (un grand général partisan de Sylla). Ce croisement fait de lui l’héritier des deux familles les plus puissantes de Rome : les Cornelii Scipiones et les Caecilii Metelli. Sur ce denier, il signe Q. METEL PIVS pour honorer son père adoptif, tout en ajoutant SCIPIO pour rappeler sa lignée d’origine. 2. Le gendre et allié de Pompée Métellus Scipion devient une figure centrale de la politique romaine grâce à ses alliances : Mariage politique : En 52 av. J.-C., sa fille Cornelia Metella (veuve du fils de Crassus) épouse Pompée le Grand. Consulat : Pompée le choisit alors comme collègue pour le consulat cette même année afin de stabiliser Rome après les émeutes liées à la mort de Clodius. 3. Le chef des « Optimates » contre César Il fut l’un des ennemis les plus acharnés de Jules César. C’est lui qui, en janvier 49 av. J.-C., a proposé au Sénat l’ultimatum exigeant que César licencie son armée, déclenchant ainsi la guerre civile. Commandant militaire : Il commande le centre de l’armée de Pompée à la bataille de Pharsale (48 av. J.-C.). Imperator en Afrique : Après la défaite, il s’enfuit en Afrique. En raison d’une vieille superstition disant qu’un Scipion était invincible en Afrique, les républicains lui confièrent le commandement suprême contre César. 4. Une personnalité controversée Malgré son nom illustre, les historiens (y compris César et même certains de ses alliés comme Cicéron) le décrivent souvent comme un chef médiocre, arrogant et parfois cruel. On raconte qu’il a pillé les temples en Asie et qu’il a géré la province d’Afrique avec une grande dureté pour financer ses troupes. Sa fin : Après sa défaite à Thapsus en 46 av. J.-C., il tente de fuir par mer vers l’Espagne. Intercepté par la flotte césarienne, il se poignarde. Ses derniers mots célèbres, adressés aux soldats qui lui demandaient où se trouvait le général, furent : « Imperator se bene habet » (« Le général va bien »). Pourquoi est-il « Monétaire » ? À cette époque, le titre d’Imperator (présent sur la pièce : SCIPIO IMP) lui donnait le droit de frapper monnaie pour payer ses soldats (la solde). Ce n’est donc pas un « magistrat monétaire » classique de Rome, mais un chef de guerre utilisant son droit de frappe pour soutenir l’effort de guerre républicain. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caecilius Metellus Puis Scipio. Imperator en 706-708 (40-46 av J.-C.) Q. Caecilius Metellus Pius Scipio était fils de P. Cornélius Scipio Nasica préteur en 660

1430TE – Denier Varron – Terentius Varro

1430TE – Denier Varron – Terentius Varro Avers : VARRO. PRO. – Q (Varro pro quætor, Varron pro questeur) Buste diadémé de Jupiter à droite. Revers : VARRO. PRO. – Q (Varro pro quætor, Varron pro questeur) Buste diadémé de Jupiter à droite. Bibliothèque nationale de France 4.08g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Itinérant avec Pompée Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gens : Terentia Références : RRC 447/1b – B.15 (Terentia) – Syd.1032 Pour ce denier, le magistrat monétaire est un personnage historique particulièrement célèbre : Marcus Terentius Varro, plus connu sous le nom de Varron. Voici des informations détaillées sur ce monétaire : 1. Qui était Marcus Terentius Varro (Varron) ? Varron (116 – 27 av. J.-C.) n’était pas un simple magistrat monétaire de début de carrière. C’était l’un des plus grands érudits de la Rome antique, souvent surnommé « le plus savant des Romains » par ses contemporains (dont Cicéron). Érudit et écrivain : Il a écrit des centaines d’ouvrages sur l’agriculture (De Re Rustica), la langue latine (De Lingua Latina), l’histoire et la religion. Homme politique et militaire : Il a suivi le cursus honorum classique, atteignant la préture. 2. Son rôle dans l’émission de cette monnaie Le denier porte la légende VARRO PRO Q. Le titre PRO Q signifie Pro Quaestore (Proquesteur). Allégeance à Pompée : En 49-48 av. J.-C., lors de la guerre civile, Varron est un partisan fidèle de Pompée le Grand. Lieu de frappe : Cette monnaie a été frappée dans un atelier militaire itinérant en Grèce (probablement à Dyrrachium ou Apollonia), où les forces pompéiennes s’étaient regroupées. Varron était chargé de la gestion financière de la flotte ou de l’armée de Pompée dans cette région, d’où sa signature sur ce denier destiné à la solde des troupes. 3. Son destin après la monnaie Après la défaite de Pompée à Pharsale (en 48 av. J.-C., l’année même de l’émission de cette pièce), Varron fut pardonné par Jules César. César, admiratif de son savoir, le chargea même d’organiser la première bibliothèque publique de Rome. Bien que proscrit plus tard par Marc Antoine, il réussit à survivre et mourut à un âge très avancé sous le règne d’Auguste. 4. Pourquoi ce choix iconographique ? En tant qu’expert en antiquités religieuses, le choix du buste terminal de Jupiter sur l’avers n’est sans doute pas un hasard. Le « Terme » évoque la stabilité, les frontières et la protection divine des fondements de la République, un message fort envoyé par le camp pompéien contre l’insurrection de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Terentius Varro. Proquesteur vers 705 (49 av. J.-C.) Il s’agit de l’auteur célèbre connu vulgairement sous le nom de Varron et que Quintilien appelle le plus savant des Romains. Né en 638 (116 av. J.-C.), il entretint avec Cicéron des rapports littéraires et amicaux. Il nous apprend lui-même qu’il fut triumvir monétaire, puis tribun du peuple. Il avait 49 ans lorsque Pompée l’emmena avec lui en qualité de lieutenant, pour faire la guerre aux pirates. Varron, à la tête d’une division de la flotte dans les mers de Cilicie, se comporta si bravement que Pompée lui donna une couronne rostrale, honneur qu’Auguste décerna plus tard seulement à Agrippa. Lors de la guerre civile entre César et Pompée, Varron se déclara pour ce dernier et fut lieutenant de M. Petreius qui, en 705 (49 av. J.-C.), était à la tête des légions pompéiennes en Espagne ; après avoir soutenu la guerre assez longtemps dans l’Espagne Ultérieure, Varron finit par rendre les armes, à Cordoue, et dès lors, rentré à Rome, il cessa de se mêler des affaires publiques. Il vécut dans une opulence extrême, occupé à des travaux littéraires très variés, d’où son surnom de ???????;. Il mourut à l’âge de 90 ans, en 727.(27 av. J.-C.), après avoir composé, au dire de Pline et d’Aulu-Gelle, près de cinq cents volumes. Le plus célèbre des rares écrits de lui qui nous soient restés, est son traité De lingua latina dont on n’a même que la moindre partie. Nous avons dit ailleurs que Varron avait fait frapper monnaie dans l’Espagne Ultérieure, comme proquesteur de l’armée de M. Petreius, tandis que son collègue, Cn. Calpurnius Piso, battait monnaie au même titre, dans l’Espagne Citérieure. On doit, en effet, rapprocher le buste de Jupiter Terminalis sur le denier qui suit (n. 15), du buste de Numa qui figure sur le denier de Cn. Piso (Calpurnia, 30); c’est évidemment la même tête et les mêmes traits. Le sceptre, l’aigle et le dauphin sont les symboles de la puissance à la fois continentale et maritime que Pompée exerçait ou avait la prétention d’exercer quand fut ordonné ce monnayage. Lieu de découverte (1 exemplaire)

1429TE – Denier Pompée – Terentius Varro

1429TE – Denier Pompée – Terentius Varro Avers : VARRO. PRO. – Q (Varro pro quætor, Varron pro questeur) Buste diadémé de Jupiter à droite. Revers : MAGN / PRO.COS (Magnus pro consul, Le grand, Pompée proconsul) Sceptre debout au milieu entre un dauphin à gauche tourné à droite et un aigle à droite tourné à gauche. British Museum 4.02g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Itinérant avec Pompée Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Pompeia et Terentia Références : RRC 447/1a – B.15 (Terentia) – Syd.1033 Pour ce denier, le magistrat monétaire est un personnage historique particulièrement célèbre : Marcus Terentius Varro, plus connu sous le nom de Varron. Voici des informations détaillées sur ce monétaire : 1. Qui était Marcus Terentius Varro (Varron) ? Varron (116 – 27 av. J.-C.) n’était pas un simple magistrat monétaire de début de carrière. C’était l’un des plus grands érudits de la Rome antique, souvent surnommé « le plus savant des Romains » par ses contemporains (dont Cicéron). Érudit et écrivain : Il a écrit des centaines d’ouvrages sur l’agriculture (De Re Rustica), la langue latine (De Lingua Latina), l’histoire et la religion. Homme politique et militaire : Il a suivi le cursus honorum classique, atteignant la préture. 2. Son rôle dans l’émission de cette monnaie Le denier porte la légende VARRO PRO Q. Le titre PRO Q signifie Pro Quaestore (Proquesteur). Allégeance à Pompée : En 49-48 av. J.-C., lors de la guerre civile, Varron est un partisan fidèle de Pompée le Grand. Lieu de frappe : Cette monnaie a été frappée dans un atelier militaire itinérant en Grèce (probablement à Dyrrachium ou Apollonia), où les forces pompéiennes s’étaient regroupées. Varron était chargé de la gestion financière de la flotte ou de l’armée de Pompée dans cette région, d’où sa signature sur ce denier destiné à la solde des troupes. 3. Son destin après la monnaie Après la défaite de Pompée à Pharsale (en 48 av. J.-C., l’année même de l’émission de cette pièce), Varron fut pardonné par Jules César. César, admiratif de son savoir, le chargea même d’organiser la première bibliothèque publique de Rome. Bien que proscrit plus tard par Marc Antoine, il réussit à survivre et mourut à un âge très avancé sous le règne d’Auguste. 4. Pourquoi ce choix iconographique ? En tant qu’expert en antiquités religieuses, le choix du buste terminal de Jupiter sur l’avers n’est sans doute pas un hasard. Le « Terme » évoque la stabilité, les frontières et la protection divine des fondements de la République, un message fort envoyé par le camp pompéien contre l’insurrection de César. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Terentius Varro. Proquesteur vers 705 (49 av. J.-C.) Il s’agit de l’auteur célèbre connu vulgairement sous le nom de Varron et que Quintilien appelle le plus savant des Romains. Né en 638 (116 av. J.-C.), il entretint avec Cicéron des rapports littéraires et amicaux. Il nous apprend lui-même qu’il fut triumvir monétaire, puis tribun du peuple. Il avait 49 ans lorsque Pompée l’emmena avec lui en qualité de lieutenant, pour faire la guerre aux pirates. Varron, à la tête d’une division de la flotte dans les mers de Cilicie, se comporta si bravement que Pompée lui donna une couronne rostrale, honneur qu’Auguste décerna plus tard seulement à Agrippa. Lors de la guerre civile entre César et Pompée, Varron se déclara pour ce dernier et fut lieutenant de M. Petreius qui, en 705 (49 av. J.-C.), était à la tête des légions pompéiennes en Espagne ; après avoir soutenu la guerre assez longtemps dans l’Espagne Ultérieure, Varron finit par rendre les armes, à Cordoue, et dès lors, rentré à Rome, il cessa de se mêler des affaires publiques. Il vécut dans une opulence extrême, occupé à des travaux littéraires très variés, d’où son surnom de ???????;. Il mourut à l’âge de 90 ans, en 727.(27 av. J.-C.), après avoir composé, au dire de Pline et d’Aulu-Gelle, près de cinq cents volumes. Le plus célèbre des rares écrits de lui qui nous soient restés, est son traité De lingua latina dont on n’a même que la moindre partie. Nous avons dit ailleurs que Varron avait fait frapper monnaie dans l’Espagne Ultérieure, comme proquesteur de l’armée de M. Petreius, tandis que son collègue, Cn. Calpurnius Piso, battait monnaie au même titre, dans l’Espagne Citérieure. On doit, en effet, rapprocher le buste de Jupiter Terminalis sur le denier qui suit (n. 15), du buste de Numa qui figure sur le denier de Cn. Piso (Calpurnia, 30); c’est évidemment la même tête et les mêmes traits. Le sceptre, l’aigle et le dauphin sont les symboles de la puissance à la fois continentale et maritime que Pompée exerçait ou avait la prétention d’exercer quand fut ordonné ce monnayage. Lieux de découverte (17 exemplaires)

1427CO – Denier Cornelia – Lucius Cornelius Lentulus

1427CO – Denier Cornelia – Lucius Cornelius Lentulus Avers : Anépigraphe Tête de Jupiter à droite. Revers : L LENTVLVS C MARC COS (Lucius Lentulus – Marcellus / Consules, Lucius Lentulus Marcellus consuls) Statue de culte d’Arthémis d’Ephèse avec les bras tendus avec des bandelettes de laine verticales Bibliothèque nationale de France 4.06g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Asie mineure Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cornelia et Claudia Références : RRC 445/3a – B.67 (Cornelia) – Syd.1031b Ce denier n’est pas seulement une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique frappé dans l’urgence. Émis en 49 av. J.-C. par les consuls L. Cornelius Lentulus Crus et C. Claudius Marcellus, il témoigne de la fracture idéologique de la Rome antique au début de la guerre civile. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et de son contexte. 1. Contexte Historique : La République en Exil En janvier 49 av. J.-C., Jules César franchit le Rubicon. Pris de court, les deux consuls en titre (Lentulus et Marcellus) et Pompée fuient Rome pour l’Orient. Une monnaie itinérante : Ce denier a été frappé dans un atelier militaire mobile, probablement à Éphèse ou Apollonie. Légitimité contre Force : Pour les consuls, César est un rebelle. En frappant monnaie avec leurs noms et leur titre officiel (COS pour Consul), ils affirment que le véritable gouvernement romain n’est plus à Rome, mais là où ils se trouvent. 2. Symbolisme de l’Avers : Jupiter le Protecteur L’avers montre la tête de Jupiter, barbu et lauré. Souveraineté : Jupiter est le dieu suprême du panthéon romain (Jupiter Optimus Maximus). Son image rappelle que la cause des Pompéiens est protégée par les dieux et incarne l’ordre traditionnel de la République face à l’insurrection césarienne. Lien avec Rome : Même en exil en Asie Mineure, l’utilisation de Jupiter souligne que les consuls conservent l’autorité religieuse et civile de l’État romain. 3. Symbolisme du Revers : L’Artémis d’Éphèse Le revers représente la statue cultuelle d’Artémis (Diane) telle qu’elle apparaissait dans son célèbre temple à Éphèse (l’une des Sept Merveilles du monde). Allégeance Locale : Le choix d’une divinité orientale spécifique n’est pas anodin. C’est un message de propagande destiné aux populations d’Asie Mineure. Les consuls avaient besoin de recruter des troupes et de lever des fonds localement ; honorer la grande déesse d’Éphèse était un moyen diplomatique fort de s’assurer le soutien de la région. Syncrétisme : En associant Jupiter (Rome) et Artémis (Orient), la pièce symbolise l’union de l’autorité romaine et des ressources orientales contre César. Pour ce denier, l’autorité émettrice n’est pas un simple magistrat monétaire (comme c’est souvent le cas sous la République), mais le collège des deux consuls en exercice en 49 av. J.-C. : Lucius Cornelius Lentulus Crus et Gaius Claudius Marcellus. Cette émission « exceptionnelle » souligne l’état d’urgence de la guerre civile. 1. Lucius Cornelius Lentulus Crus Issu de la prestigieuse gens Cornelia, Lentulus Crus était un opposant acharné à Jules César. Rôle politique : Élu consul pour l’année 49 av. J.-C. précisément pour contrer les ambitions de César. C’est lui qui, au Sénat, aurait expulsé violemment les tribuns de la plèbe Marc Antoine et Curion, fournissant ainsi à César le prétexte légal pour franchir le Rubicon. Pendant la guerre : Il fuit Rome avec Pompée vers l’Orient (Illyrie/Grèce). C’est durant cet exil qu’il fait frapper ce denier pour financer les légions pompéiennes. Fin de vie : Après la défaite de Pharsale en 48 av. J.-C., il s’enfuit en Égypte. Il y est arrêté et exécuté par les ministres du roi Ptolémée XIII, le lendemain même de l’assassinat de Pompée. 2. Gaius Claudius Marcellus Membre de la branche plébéienne mais illustre des Claudii Marcelli. Lignage : Il est le frère de Marcus Claudius Marcellus (consul en 51 av. J.-C.). Son choix de mettre un triskèle sur l’avers de la monnaie est un hommage direct à son ancêtre, le célèbre général Marcus Claudius Marcellus, conquérant de Syracuse en Sicile durant la seconde guerre punique. Action militaire : En tant que consul, il commande une partie de la flotte de Pompée. Contrairement à son collègue Lentulus, il survit à la phase initiale du conflit mais s’efface de la scène politique après la victoire définitive de César. Pourquoi leurs noms sont-ils associés ? La présence de leurs deux noms (LENT MAR COS) sur le denier est un acte de propagande politique : Légitimité : Ils affirment que le véritable gouvernement de Rome (les consuls et le Sénat) est avec Pompée, et non avec César à Rome. Identité Familiale : L’avers célèbre la gloire des Marcelli (Sicile), tandis que le revers avec Jupiter rend hommage aux Cornelii (Jupiter étant une divinité protectrice majeure pour les Lentuli). Note numismatique : Comme le précise LesDioscures.com, ce denier a probablement été frappé à Apollonie d’Illyrie, qui servait de quartier général aux forces pompéiennes au moment de la frappe. Variante avec la légende au revers L·LENTVLVS – (MAR) COS Références : RRC 445/3b – B.66 (Cornelia) – Syd.1031 British Museum 3.96g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Cornelius Lentulus Crus. Consul en 705 (49 av. J.-C.) Ce personnage fut consul en 705, avec C. Claudius Marcellus, et les monnaies que nous allons décrire portent les noms de l’un et de l’autre ; nous avons retraçé la biographie du second à la famille Claudia. Quant à L. Cornelius Lentulus Crus, nous le voyons dès l’an 663 (91 av. J.-C.) parmi les plus ardents accusateurs de P. Clodius qui avait violé les mystères de la Bona Dea ; il est préteur en 696 (58 av. J.-C.), et c’est à cause de son hostilité connue à l’égard de César qu’il fut nommé consul en 705. A l’approche de César il dut quitter Rome avec son collègue; il passa à Dyrrachium, puis en Grèce et en Asie-Mineure, et les monnaies qui portent son nom ont été émises dans les différentes villes que les deux fugitifs traversèrent avec l’armée de Pompée, jusqu’à Pharsale. Les types de ces monnaies le démontrent jusqu’à l’évidence, sans compter que la mention même des consuls sur ces médailles, nous prouve que l émission eut

1426CO – Denier Cornelia – Lucius Cornelius Lentulus

1426CO – Denier Cornelia – Lucius Cornelius Lentulus Avers : L.LENT.C MARC COS (Lucius Lentulus Claudius Marcellus Consul, Lucius Lentulus et Claudius Marcellus, consuls) Tête d’Apollon à droite. Revers : Q (Quaestor) Jupiter nu debout à droite, tenant un foudre de la main droite et un aigle de la main gauche. Etoile et Q à gauche. British Museum 3.83g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Apollonie d’Illyrie Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cornelia et Claudia Références : RRC 445/2 – B.65 (Cornelia) – Syd.1030 L’analyse du symbolisme et du contexte historique de ce denier révèle une monnaie conçue comme un outil de survie politique et de légitimation pour le camp pompéien. 1. Le Contexte Historique : L’Exil des Consuls En janvier 49 av. J.-C., Jules César franchit le Rubicon. Paniqués, les deux consuls en titre, L. Cornelius Lentulus Crus et G. Claudius Marcellus, fuient Rome avec Pompée sans avoir eu le temps d’emporter le trésor public (Aerarium). Le besoin d’argent : Arrivés en Grèce et en Épire, ils doivent lever et payer des troupes en urgence. Ce denier est frappé par un « atelier militaire mobile », probablement à Apollonie d’Illyrie. La guerre de légitimité : Comme ils ne sont plus à Rome, ils doivent prouver au monde méditerranéen que la « vraie Rome » est là où se trouvent les consuls. 2. Le Symbolisme : La République contre la Tyrannie Le choix des images sur cette pièce est un message codé destiné aux Romains comme aux alliés grecs. L’Appel à l’Orient (Apollon) : En choisissant Apollon, les consuls ne font pas qu’honorer la ville d’Apollonie. Ils se placent sous la protection d’un dieu lié à la lumière et à la prophétie, s’opposant à l’image de César souvent associé à Vénus (sa prétendue ancêtre). C’est une manière de dire : « Notre cause est juste et éclairée. » Jupiter Victor et l’Aigle : Jupiter est le garant du serment. Le représenter avec l’aigle (symbole de la légion) au revers signifie que les légions de Pompée sont les seules légions légitimes de la République. Le foudre de Jupiter est là pour châtier l’ennemi public, César. L’Étoile et l’Autel : Ces éléments renforcent la dimension sacrée. L’autel symbolise la Pietas (le respect des dieux et des ancêtres), une vertu que les pompéiens accusent César d’avoir bafouée en marchant sur Rome. 3. Une Monnaie « Grecque » pour une Cause Romaine Il est intéressant de noter que le style de ce denier est très « hellénistique ». Cela pourrait s’expliquer par le fait que les graveurs étaient probablement des Grecs locaux. Le message est double : rassurer les soldats romains sur la légitimité de leurs chefs (titre de Consul) et impressionner les Grecs par une iconographie familière (Zeus/Jupiter) pour obtenir leur soutien financier et militaire. En résumé Le denier n’est pas qu’une pièce de monnaie ; c’est un manifeste politique. Il affirme que malgré la perte de Rome, la légitimité (les Consuls), la force (Jupiter) et la protection divine (Apollon) sont restées dans le camp de Pompée. Pour ce denier, l’autorité émettrice n’est pas un simple magistrat monétaire (comme c’est souvent le cas sous la République), mais le collège des deux consuls en exercice en 49 av. J.-C. : Lucius Cornelius Lentulus Crus et Gaius Claudius Marcellus. Cette émission « exceptionnelle » souligne l’état d’urgence de la guerre civile. 1. Lucius Cornelius Lentulus Crus Issu de la prestigieuse gens Cornelia, Lentulus Crus était un opposant acharné à Jules César. Rôle politique : Élu consul pour l’année 49 av. J.-C. précisément pour contrer les ambitions de César. C’est lui qui, au Sénat, aurait expulsé violemment les tribuns de la plèbe Marc Antoine et Curion, fournissant ainsi à César le prétexte légal pour franchir le Rubicon. Pendant la guerre : Il fuit Rome avec Pompée vers l’Orient (Illyrie/Grèce). C’est durant cet exil qu’il fait frapper ce denier pour financer les légions pompéiennes. Fin de vie : Après la défaite de Pharsale en 48 av. J.-C., il s’enfuit en Égypte. Il y est arrêté et exécuté par les ministres du roi Ptolémée XIII, le lendemain même de l’assassinat de Pompée. 2. Gaius Claudius Marcellus Membre de la branche plébéienne mais illustre des Claudii Marcelli. Lignage : Il est le frère de Marcus Claudius Marcellus (consul en 51 av. J.-C.). Son choix de mettre un triskèle sur l’avers de la monnaie est un hommage direct à son ancêtre, le célèbre général Marcus Claudius Marcellus, conquérant de Syracuse en Sicile durant la seconde guerre punique. Action militaire : En tant que consul, il commande une partie de la flotte de Pompée. Contrairement à son collègue Lentulus, il survit à la phase initiale du conflit mais s’efface de la scène politique après la victoire définitive de César. Pourquoi leurs noms sont-ils associés ? La présence de leurs deux noms (LENT MAR COS) sur le denier est un acte de propagande politique : Légitimité : Ils affirment que le véritable gouvernement de Rome (les consuls et le Sénat) est avec Pompée, et non avec César à Rome. Identité Familiale : L’avers célèbre la gloire des Marcelli (Sicile), tandis que le revers avec Jupiter rend hommage aux Cornelii (Jupiter étant une divinité protectrice majeure pour les Lentuli). Note numismatique : Comme le précise LesDioscures.com, ce denier a probablement été frappé à Apollonie d’Illyrie, qui servait de quartier général aux forces pompéiennes au moment de la frappe. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Cornelius Lentulus Crus. Consul en 705 (49 av. J.-C.) Ce personnage fut consul en 705, avec C. Claudius Marcellus, et les monnaies que nous allons décrire portent les noms de l’un et de l’autre ; nous avons retraçé la biographie du second à la famille Claudia. Quant à L. Cornelius Lentulus Crus, nous le voyons dès l’an 663 (91 av. J.-C.) parmi les plus ardents accusateurs de P. Clodius qui avait violé les mystères de la Bona Dea ; il est préteur en 696 (58 av. J.-C.), et c’est à cause de son hostilité connue à l’égard de César qu’il fut nommé consul en 705. A l’approche de César il dut quitter Rome avec son collègue; il passa à

1425CO – Denier Cornelia – Lucius Cornelius Lentulus

1425CO – Denier Cornelia – Lucius Cornelius Lentulus Avers : Anépigraphe Triskèle avec au centre, une tête ailée de Méduse de face; entre les jambes des épis. Revers : LE(NT) – (MAR) / COS (Lentulus – Marcellus/ Consules, Lentulus Marcellus consuls) Jupiter nu debout à droite, tenant un foudre de la main droite et un aigle de la main gauche; avec ou sans dans le champ à droite, une tête de harpon. British Museum 4.12g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Apollonie d’Illyrie Datation : 49 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cornelia et Claudia Références : RRC 445/1a – B.64 (Cornelia) – Syd.1029a Ce denier est une pièce de monnaie romaine républicaine majeure, frappée en 49 av. J.-C. sous l’autorité des consuls Lucius Cornelius Lentulus Crus et Gaius Claudius Marcellus. Ce denier est un témoignage historique direct du début de la guerre civile entre Jules César et Pompée. Symbolisme et Contexte Historique L’iconographie de ce denier est particulièrement chargée de sens politique : Le Triskèle : Symbole de la Sicile. Sa présence rappelle les exploits de l’ancêtre du consul Marcellus, qui avait pris Syracuse en 212 av. J.-C. C’est un rappel de la gloire passée pour légitimer l’autorité des Pompéiens face à César. Légitimité Consulaire : En inscrivant explicitement le titre de consul (COS), les émetteurs rappellent qu’ils sont les seuls représentants légaux de la République, par opposition à César, alors considéré comme un rebelle. Importance du Blé : Les épis de blé entourant le triskèle soulignent l’importance stratégique de la Sicile comme « grenier de Rome », un enjeu crucial pour le ravitaillement de l’Italie durant le conflit. Pour ce denier, l’autorité émettrice n’est pas un simple magistrat monétaire (comme c’est souvent le cas sous la République), mais le collège des deux consuls en exercice en 49 av. J.-C. : Lucius Cornelius Lentulus Crus et Gaius Claudius Marcellus. Cette émission « exceptionnelle » souligne l’état d’urgence de la guerre civile. 1. Lucius Cornelius Lentulus Crus Issu de la prestigieuse gens Cornelia, Lentulus Crus était un opposant acharné à Jules César. Rôle politique : Élu consul pour l’année 49 av. J.-C. précisément pour contrer les ambitions de César. C’est lui qui, au Sénat, aurait expulsé violemment les tribuns de la plèbe Marc Antoine et Curion, fournissant ainsi à César le prétexte légal pour franchir le Rubicon. Pendant la guerre : Il fuit Rome avec Pompée vers l’Orient (Illyrie/Grèce). C’est durant cet exil qu’il fait frapper ce denier pour financer les légions pompéiennes. Fin de vie : Après la défaite de Pharsale en 48 av. J.-C., il s’enfuit en Égypte. Il y est arrêté et exécuté par les ministres du roi Ptolémée XIII, le lendemain même de l’assassinat de Pompée. 2. Gaius Claudius Marcellus Membre de la branche plébéienne mais illustre des Claudii Marcelli. Lignage : Il est le frère de Marcus Claudius Marcellus (consul en 51 av. J.-C.). Son choix de mettre un triskèle sur l’avers de la monnaie est un hommage direct à son ancêtre, le célèbre général Marcus Claudius Marcellus, conquérant de Syracuse en Sicile durant la seconde guerre punique. Action militaire : En tant que consul, il commande une partie de la flotte de Pompée. Contrairement à son collègue Lentulus, il survit à la phase initiale du conflit mais s’efface de la scène politique après la victoire définitive de César. Pourquoi leurs noms sont-ils associés ? La présence de leurs deux noms (LENT MAR COS) sur le denier est un acte de propagande politique : Légitimité : Ils affirment que le véritable gouvernement de Rome (les consuls et le Sénat) est avec Pompée, et non avec César à Rome. Identité Familiale : L’avers célèbre la gloire des Marcelli (Sicile), tandis que le revers avec Jupiter rend hommage aux Cornelii (Jupiter étant une divinité protectrice majeure pour les Lentuli). Note numismatique : Comme le précise LesDioscures.com, ce denier a probablement été frappé à Apollonie d’Illyrie, qui servait de quartier général aux forces pompéiennes au moment de la frappe. Variante sans la tête de harpon au revers. Références : RRC 445/1b – B.64 (Cornelia) – Syd.1029b British Museum 3.68g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Cornelius Lentulus Crus. Consul en 705 (49 av. J.-C.) Ce personnage fut consul en 705, avec C. Claudius Marcellus, et les monnaies que nous allons décrire portent les noms de l’un et de l’autre ; nous avons retraçé la biographie du second à la famille Claudia. Quant à L. Cornelius Lentulus Crus, nous le voyons dès l’an 663 (91 av. J.-C.) parmi les plus ardents accusateurs de P. Clodius qui avait violé les mystères de la Bona Dea ; il est préteur en 696 (58 av. J.-C.), et c’est à cause de son hostilité connue à l’égard de César qu’il fut nommé consul en 705. A l’approche de César il dut quitter Rome avec son collègue; il passa à Dyrrachium, puis en Grèce et en Asie-Mineure, et les monnaies qui portent son nom ont été émises dans les différentes villes que les deux fugitifs traversèrent avec l’armée de Pompée, jusqu’à Pharsale. Les types de ces monnaies le démontrent jusqu’à l’évidence, sans compter que la mention même des consuls sur ces médailles, nous prouve que l émission eut lieu dans des circonstances tout à fait extraordinaires.Le n. 64, avec la triquetra,emblème de la Sicile, a été frappé dans cette île et rappelle en même temps des souvenirs chers à la famille Claudia. La pièce suivante ayant le même type de revers, doit sortir du même atelier; la lettre Q.qu’elle porte dans le champ,est l’initiale du mot Quaestor, et désigne probablement le questeur Nerius qui mis a son nom sur la pièce n. 68. Enfin, le n. 66 a certainement été frappé à Ephèse, puisqu’il représente la statue célèbre de la Diane adorée dans cette ville. Le questeur Nerius avait quitté Rome en emportant la réserve métallique de l’aerarium de l’Etat, et pendant qu’il se trouvait encore à Capoue, Cassius le somma d’avoir à restituer ces trésors qui devaient subventionner

1391AE – Denier Aemilia – Marcus Æmilius Scaurus

1391AE – Denier Aemilia – Marcus Æmilius Scaurus Avers : M. SCAVR / AED CVR / EX – SC // REX ARETAS (Marcus Scaurus Ædilis Curulis ex Senato Consulto Rex Aretas, Marcus Scaurus édile curule avec l’accord du Sénat, roi Arétas) Le Roi Aretas agenouillé à droite, tenant de la main droite une palme et de la gauche, la bride de son chameau. Revers : P. HVPSAE / AED CVR / CAPTV // C HYPSAE COS PREIV (Publius Hypsæus Ædilis Curulis Caius Ypsæus Consul Preivernum Captum, Publius Hypsæus édile curule, Caius Ypsæus a capturé Privernum) Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, brandissant un foudre de la main droite et tenant les rênes de la gauche; sous les chevaux, un scorpion. British Museum 3.96g INDICE DE RARETE : 3 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 58 avant J.C. Matière : Argent Gens : Aemilia et Plautia Références : RRC 422/1b – B.8 (Aemilia) – Syd.913 Les deux monétaires étaient Marcus Aemilius Scaurus et Publius Plautius Hypsaeus, tous deux Édiles Curules (AED CVR) en 58 av. J.-C.  1. Marcus Aemilius Scaurus (Côté Avers – Roi Arétas) Marcus Aemilius Scaurus était issu d’une des plus anciennes et nobles familles romaines, la Gens Aemilia. Ascension Politique : Il était le fils du Princeps Senatus (Chef du Sénat) de son nom, ce qui lui conférait un prestige immense. Faits Commémorés : L’avers de la pièce (le roi Arétas agenouillé devant le chameau) commémore un de ses succès personnels lorsqu’il était questeur sous Pompée en Orient (vers 62 av. J.-C.). Il avait réussi à faire capituler le roi Arétas III de Nabatée (d’où l’inscription REX ARETAS). Contexte : En affichant cette victoire, Scaurus utilisait la monnaie pour promouvoir sa carrière et s’attirer la faveur populaire en vue d’un futur consulat. C’était une forme de propagande très efficace pour l’époque. On sait qu’il a par la suite dépensé des sommes colossales pour ses jeux d’édile (plus de trente millions de sesterces) pour briguer le consulat.  2. Publius Plautius Hypsaeus (Côté Revers – Jupiter et le Quadrige) Publius Plautius Hypsaeus appartenait à la Gens Plautia. Association et Rôle : Il était l’autre édile curule. Son rôle sur la pièce était souvent de commémorer son propre lignage pour rivaliser avec la noblesse de Scaurus. Faits Commémorés : Le revers (Jupiter dans le quadrige) honore un exploit de son ancêtre, le consul Caius Hypsaeus (C HVPSAE COS), qui avait capturé la ville de Privernum (PREIVER CAPTVM) en 329 av. J.-C. Contexte : Cette évocation d’une gloire ancestrale permettait à Hypsaeus de se positionner comme l’héritier d’un grand nom de la République, une autre stratégie classique pour progresser dans le Cursus Honorum (la carrière des honneurs).  En Résumé Ces deux monétaires ont utilisé leur pouvoir de frapper monnaie en tant qu’édiles pour transformer le denier en une véritable affiche de campagne politique, une tendance grandissante dans les dernières décennies de la République Romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Aemilius Scaurus. Monétaire vers l’an 696 (58 av. J. C.). M. Aemilius Scaurus, fils d’un personnage du même nom, est comme son père, illustre dans l’histoire romaine. Durant la troisième guerre contre Mithridate, il combattait sous Pompée en qualité de questeur. Plus tard, gouverneur de Syrie, il descendit en Judée avec une armée, sous prétexte de mettre fin aux démêlés des deux frères Hyrcan et Aristobule ; en 692 (62 av. J.-C.) il réprima les incursions des Arabes Nabathéens, força leur roi Arétas à faire sa soumission à Pompée et à payer un tribut de 300 talents. Son triomphe, à son retour à Rome, fut célébré avec une magnificence inconnue jusque-là : pour la représentation des jeux et des combats, on dressa un amphithéâtre appelé theatrum Scauri, soutenu par 360 colonnes et pouvant contenir,dit-on, 80.000 spectateurs. En l’an 696, il fut édile curule, et préteur en 698 (56 av. J.-C.); l’année suivante, nous le trouvons propréteur en Sardaigne, et candidat au consulat en 699 et 700; accusé de dilapidation, il fut défendu par Cicéron et par Hortensius et acquitté; poursuivi de nouveau quelques années après, il mourut en exil.Les monnaies de M. Aemilius Scaurus ont été expliquées par Borghesi. Elles rappellent, d’un côté, la soumission d’Arétas, roi Nabathéen de Pétra, dont nous avons des monnaies en caractères sinaïtiques, interprétées pour la première fois par le duc de Luynes Sur les pièces de Scaurus, Aretas vêtu comme un prince de l’Orient, paraît imberbe et avec une chevelure abondante, conformément à ce passage de Pline : Intonso crine, barba abraditur præter quam in superiore labro. Borghesi a remarqué que la selle du chameau présente des variantes. Il y voit, tantôt l’ephippium ou le centunculum, selle de guerre, d’où les Arabes pouvaient de haut, e sublimi, comme dit Appien, décocher leurs flèches sur l’ennemi; tantôt il y reconnaît la sagma cameli dans laquelle on plaçait le matériel et les ustensiles, de sorte que les chameaux étaient dits sagmarcs et oncrarios.De l’autre côté du denier, nous voyons qu’il a été frappé pendant que Scaurus était édile curule avec P. Plautius Hypsaeus,personnage dont nous parlerons à la famille Plautia. Cette édilité tombe en 696(58 av. J.-C.) , date des monnaies . Ces pièces nous montrent en outre, comme l’indique la mention ex senaltus consulto, que le Sénat accorda exceptionnellement,aux deux édiles curules, le droit de faire, à leurs frais, une émission monétaire à l’occasion des jeux extraordinaires dont nous avons parlé. Les historiens de l’antiquité nous parlent des sommes énormes que Scaurus dépensa dans ces circonstances; l’abondance de ces monnaies en est une nouvelle preuve. Le collègue de Scaurus dans l’édilité, P. Plautius Hypsaeus fit inscrire sur ces deniers le nom d’un de ses ancêtres, le consul C. Hypsaeus qui prit Preivernum en 413 (341 av. J.-C.); le quadrige est une allusion au triomphe dont le vainqueur fut honoré dans cette circonstance. Lieux de découverte (773 exemplaires)

1390AE – Denier Aemilia – Marcus Æmilius Scaurus

1390AE – Denier Aemilia – Marcus Æmilius Scaurus Avers : M SCAVR / EX / S C // AED CVR (Marcus Scaurus Ædilis Curulis ex Senato Consulto Rex Aretas, Marcus Scaurus édile curule avec l’accord du Sénat, roi Arétas) Le Roi nabatéen Aretas agenouillé à droite aux côtés d’un chameau, présentant une branche d’olivier. Revers : P HVPSAEVS / AED CVR // [C H]VPSAE COS / [PREIVER] / CAPTVM (Publius Hypsæus Ædilis Curulis Caius Ypsæus Consul Preivernum Captum, Publius Hypsæus édile curule, Caius Ypsæus a capturé Privernum) Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, brandissant un foudre de la main droite et tenant les rênes de la gauche. British Museum 4g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 58 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Aemilia et Plautia Références : RRC 422/1a – B.9 (Aemilia) – Syd.912 Les deux monétaires étaient Marcus Aemilius Scaurus et Publius Plautius Hypsaeus, tous deux Édiles Curules (AED CVR) en 58 av. J.-C. 👑 1. Marcus Aemilius Scaurus (Côté Avers – Roi Arétas) Marcus Aemilius Scaurus était issu d’une des plus anciennes et nobles familles romaines, la Gens Aemilia. Ascension Politique : Il était le fils du Princeps Senatus (Chef du Sénat) de son nom, ce qui lui conférait un prestige immense. Faits Commémorés : L’avers de la pièce (le roi Arétas agenouillé devant le chameau) commémore un de ses succès personnels lorsqu’il était questeur sous Pompée en Orient (vers 62 av. J.-C.). Il avait réussi à faire capituler le roi Arétas III de Nabatée (d’où l’inscription REX ARETAS). Contexte : En affichant cette victoire, Scaurus utilisait la monnaie pour promouvoir sa carrière et s’attirer la faveur populaire en vue d’un futur consulat. C’était une forme de propagande très efficace pour l’époque. On sait qu’il a par la suite dépensé des sommes colossales pour ses jeux d’édile (plus de trente millions de sesterces) pour briguer le consulat. ⚡ 2. Publius Plautius Hypsaeus (Côté Revers – Jupiter et le Quadrige) Publius Plautius Hypsaeus appartenait à la Gens Plautia. Association et Rôle : Il était l’autre édile curule. Son rôle sur la pièce était souvent de commémorer son propre lignage pour rivaliser avec la noblesse de Scaurus. Faits Commémorés : Le revers (Jupiter dans le quadrige) honore un exploit de son ancêtre, le consul Caius Hypsaeus (C HVPSAE COS), qui avait capturé la ville de Privernum (PREIVER CAPTVM) en 329 av. J.-C. Contexte : Cette évocation d’une gloire ancestrale permettait à Hypsaeus de se positionner comme l’héritier d’un grand nom de la République, une autre stratégie classique pour progresser dans le Cursus Honorum (la carrière des honneurs). 🎯 En Résumé Ces deux monétaires ont utilisé leur pouvoir de frapper monnaie en tant qu’édiles pour transformer le denier en une véritable affiche de campagne politique, une tendance grandissante dans les dernières décennies de la République Romaine. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon M. Aemilius Scaurus. Monétaire vers l’an 696 (58 av. J. C.). M. Aemilius Scaurus, fils d’un personnage du même nom, est comme son père, illustre dans l’histoire romaine. Durant la troisième guerre contre Mithridate, il combattait sous Pompée en qualité de questeur. Plus tard, gouverneur de Syrie, il descendit en Judée avec une armée, sous prétexte de mettre fin aux démêlés des deux frères Hyrcan et Aristobule ; en 692 (62 av. J.-C.) il réprima les incursions des Arabes Nabathéens, força leur roi Arétas à faire sa soumission à Pompée et à payer un tribut de 300 talents. Son triomphe, à son retour à Rome, fut célébré avec une magnificence inconnue jusque-là : pour la représentation des jeux et des combats, on dressa un amphithéâtre appelé theatrum Scauri, soutenu par 360 colonnes et pouvant contenir,dit-on, 80.000 spectateurs. En l’an 696, il fut édile curule, et préteur en 698 (56 av. J.-C.); l’année suivante, nous le trouvons propréteur en Sardaigne, et candidat au consulat en 699 et 700; accusé de dilapidation, il fut défendu par Cicéron et par Hortensius et acquitté; poursuivi de nouveau quelques années après, il mourut en exil.Les monnaies de M. Aemilius Scaurus ont été expliquées par Borghesi. Elles rappellent, d’un côté, la soumission d’Arétas, roi Nabathéen de Pétra, dont nous avons des monnaies en caractères sinaïtiques, interprétées pour la première fois par le duc de Luynes Sur les pièces de Scaurus, Aretas vêtu comme un prince de l’Orient, paraît imberbe et avec une chevelure abondante, conformément à ce passage de Pline : Intonso crine, barba abraditur præter quam in superiore labro. Borghesi a remarqué que la selle du chameau présente des variantes. Il y voit, tantôt l’ephippium ou le centunculum, selle de guerre, d’où les Arabes pouvaient de haut, e sublimi, comme dit Appien, décocher leurs flèches sur l’ennemi; tantôt il y reconnaît la sagma cameli dans laquelle on plaçait le matériel et les ustensiles, de sorte que les chameaux étaient dits sagmarcs et oncrarios.De l’autre côté du denier, nous voyons qu’il a été frappé pendant que Scaurus était édile curule avec P. Plautius Hypsaeus,personnage dont nous parlerons à la famille Plautia. Cette édilité tombe en 696(58 av. J.-C.) , date des monnaies . Ces pièces nous montrent en outre, comme l’indique la mention ex senaltus consulto, que le Sénat accorda exceptionnellement,aux deux édiles curules, le droit de faire, à leurs frais, une émission monétaire à l’occasion des jeux extraordinaires dont nous avons parlé. Les historiens de l’antiquité nous parlent des sommes énormes que Scaurus dépensa dans ces circonstances; l’abondance de ces monnaies en est une nouvelle preuve. Le collègue de Scaurus dans l’édilité, P. Plautius Hypsaeus fit inscrire sur ces deniers le nom d’un de ses ancêtres, le consul C. Hypsaeus qui prit Preivernum en 413 (341 av. J.-C.); le quadrige est une allusion au triomphe dont le vainqueur fut honoré dans cette circonstance. Lieux de découverte (179 exemplaires)

1388PL – Denier Plautia – Publius Plautius Hypsæus

1388PL – Denier Plautia – Publius Plautius Hypsæus Avers : P. YPSAE. S. C (Publius Hypsæus Senatus Consulto, Publius Hypsæus avec l’accord du Sénat) Tête de Leuconœ diadémée à droite, avec collier et boucles d’oreille; derrière, un petit dauphin . Revers : C. YPSAE. COS / PRIV verticalement CEPIT (Caius Hypsæus Consul/ Privernum, Caius Hypsæus, consul, capture Privernum) Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, tenant un foudre de la main droite et les rênes de la main gauche. British Museum 4.07g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 60 avant J.C. Matière : Argent Gens : Plautia Références : RRC 420/2a – B.12 (Plautia) – Syd.911 Le monétaire qui a frappé ce denier est Publius Plautius Hypsaeus (P. Plautius Hypsaeus), un membre de la gens Plautia, une famille plébéienne de la République romaine. Voici un aperçu de sa carrière et de son rôle :  Identité et Période Nom (Gens) : Plautia Monétaire : Publius Plautius Hypsaeus Date de frappe : Vers 60 av. J.-C.  Carrière Politique Publius Plautius Hypsaeus a eu une carrière politique significative, largement redevable à son puissant patron, Pompée le Grand. Questeur : Il a servi comme questeur sous Pompée, notamment lors de campagnes en Orient, ce qui fut un tremplin pour sa carrière. Édile Curule : Il atteint la magistrature d’édile curule vers 58 av. J.-C., une charge qu’il partage notamment avec Marcus Aemilius Scaurus. Il a émis d’autres deniers conjointement avec Scaurus (RRC 422/1b). Préteur : Il est devenu préteur vers 55 av. J.-C. Candidature au Consulat et Exil : En 52 av. J.-C., il se présente au consulat, bénéficiant du soutien de Pompée. Cette période fut marquée par de violents désordres politiques à Rome, notamment en raison de la rivalité entre les factions de Milon et de Clodius. Suite aux émeutes et à la mort de Clodius, Pompée fit voter des lois rétroactives sur la violence et la corruption (ambitus). Hypsaeus fut accusé et reconnu coupable de corruption électorale (ambitus) et fut contraint à l’exil en 52 av. J.-C.  La Propagande Familiale Comme c’était souvent le cas pour les monétaires républicains, Hypsaeus a utilisé sa monnaie pour promouvoir sa famille : Le motif au droit de ce denier, représentant le buste de Leuconoé (parfois identifiée comme Leukothea), est directement lié au motif du RRC 420/1. Leuconoé était la fille de Neptune (le dieu de l’avers du RRC 420/1) dans la mythologie romaine. En la faisant figurer sur sa monnaie, Publius Plautius Hypsaeus continuait sa propagande familiale, liant ainsi la gens Plautia à l’une des divinités maritimes majeures, Neptune, et à sa descendance. Le dauphin derrière le buste est un symbole marin classique et souligne ce lien avec la mer. Revers (Jupiter en quadrige) : La légende au revers (« C. YPSAE. COS PRIV CEPIT ») commémore la prise de la ville de Privernum en 329 av. J.-C. par un ancêtre, le consul Gaius Plautius Decianus. En le nommant C. Ypsaeus, le monétaire cherchait à relier directement cette gloire militaire à sa branche familiale. Variante 1 avec la présence d’un scorpion sous les chevaux au revers Référence : RRC 420/2b British Museum 4.03g Variante 2 avec la légende de l’avers différemment disposée P·YPSAE / S·C Référence : RRC 420/2c British Museum 4.01g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Plautius Hypsaeus. Edile curule vers 696 (58 av. J.-C.) P. Plautius Hypsaeus fit frapper monnaie pendant qu’il exerçait la charge d’édile curule avec M. Aemilius Scaurus, en 696 (58 av. J.-C.). Il fut envoyé comme questeur de Cn. Pompée en Egypte avec la mission de rétablir Ptolémée XIII Aulètes sur le trône d’Egypte; il devint plus tard tribun du peuple et enfin candidat au consulat. Soutenu par P. Clodius, il fut naturellement l’adversaire acharné de Milon, et mêlé aux événements qui accompagnèrent le meurtre de son protecteur.Nous avons dit (famille Aemilia) tout ce qui concernait son collègue, M. Aemilius Scaurus, dans les monnaies que les deux édiles firent frapper en commun par ordre du Sénat. Ici, nous devons nous borner à expliquer ce qui se rapporte à Hypsaeus. Celui-ci rappela les exploits militaires de son ancêtre, le consul C. Plautius Venno Hypsaeus, qui prit Privernum en 413 (341 av. J.-C.)4, et ruina ainsi la confédération que les cités Volsques avaient formée contre Rome; il obtint les honneurs du triomphe qui est représenté sur les médailles. Borghesi a remarqué que le scorpion qui figure sous le quadrige est l’emblème de la Commagène où P. Hypsaeus exerça un commandement sous les ordres de Pompée pendant sa campagne d’Asie. On voit encore sur ces médailles les têtes de Neptune et de sa fille Leuconoé, parce que les Hypsaei se prétendaient issus de ces deux divinités. Hygin dit en effet : Leuconoï Neptuni film ex Themisio Hypsei filia . C’est par une assimilation de ce genre que les Bursiones se prétendaient issus de Byrseus, l’hôte de Neptune, de Mercure et d’Apollon. Remarquons enfin que l’orthographe du nom Hypsaeus varie, et qu’on le trouve souvent écrit Ypsaeus : c’est la forme grecque du mot transcrite en latin. Lieux de découverte (67 exemplaires)

1387PL – Denier Plautia – Publius Plautius Hypsæus

1387PL – Denier Plautia – Publius Plautius Hypsæus Avers : P. YPSAE. S. C (Publius Hypsæus Senatus Consulto, Publius Hypsaeus avec l’accord du Sénat) Tête de Neptune à droite; derrière, un trident ornementé. Revers : C. YPSAE. COS / PRIV verticalement CEPIT (Caius Hypsæus Consul/ Privernum Cepit, Gaius Hypsæus, consul, capture Privernum) Jupiter dans un quadrige galopant à gauche, tenant un foudre de la main droite et les rênes de la main gauche.  British Museum 4.04g INDICE DE RARETE : 6 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 60 avant J.C. Matière : Argent Gens : Plautia Références : RRC 420/1a – B.11 (Plautia) – Syd.910 Le monétaire qui a frappé ce denier est Publius Plautius Hypsaeus (P. Plautius Hypsaeus), un membre de la gens Plautia, une famille plébéienne de la République romaine. Voici un aperçu de sa carrière et de son rôle : 👤 Identité et Période Nom (Gens) : Plautia Monétaire : Publius Plautius Hypsaeus Date de frappe : Vers 60 av. J.-C. 🏛️ Carrière Politique Publius Plautius Hypsaeus a eu une carrière politique significative, largement redevable à son puissant patron, Pompée le Grand. Questeur : Il a servi comme questeur sous Pompée, notamment lors de campagnes en Orient, ce qui fut un tremplin pour sa carrière. Édile Curule : Il atteint la magistrature d’édile curule vers 58 av. J.-C., une charge qu’il partage notamment avec Marcus Aemilius Scaurus. Il a émis d’autres deniers conjointement avec Scaurus (RRC 422/1b). Préteur : Il est devenu préteur vers 55 av. J.-C. Candidature au Consulat et Exil : En 52 av. J.-C., il se présente au consulat, bénéficiant du soutien de Pompée. Cette période fut marquée par de violents désordres politiques à Rome, notamment en raison de la rivalité entre les factions de Milon et de Clodius. Suite aux émeutes et à la mort de Clodius, Pompée fit voter des lois rétroactives sur la violence et la corruption (ambitus). Hypsaeus fut accusé et reconnu coupable de corruption électorale (ambitus) et fut contraint à l’exil en 52 av. J.-C. 🪙 La Propagande Familiale Comme c’était souvent le cas pour les monétaires républicains, Hypsaeus a utilisé sa monnaie pour promouvoir sa famille : Avers (Neptune) : La tête de Neptune fait probablement référence à une tradition familiale liant la gens Plautia à ce dieu et à sa fille, Leuconoé (dont la tête apparaît sur un autre denier du même monétaire). Revers (Jupiter en quadrige) : La légende au revers (« C. YPSAE. COS PRIV CEPIT ») commémore la prise de la ville de Privernum en 329 av. J.-C. par un ancêtre, le consul Gaius Plautius Decianus. En le nommant C. Ypsaeus, le monétaire cherchait à relier directement cette gloire militaire à sa branche familiale. Variante avec la présence d’un scorpion sous les chevaux au revers Référence : RRC 420/1b British Museum 3.96g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Plautius Hypsaeus. Edile curule vers 696 (58 av. J.-C.) P. Plautius Hypsaeus fit frapper monnaie pendant qu’il exerçait la charge d’édile curule avec M. Aemilius Scaurus, en 696 (58 av. J.-C.). Il fut envoyé comme questeur de Cn. Pompée en Egypte avec la mission de rétablir Ptolémée XIII Aulètes sur le trône d’Egypte; il devint plus tard tribun du peuple et enfin candidat au consulat. Soutenu par P. Clodius, il fut naturellement l’adversaire acharné de Milon, et mêlé aux événements qui accompagnèrent le meurtre de son protecteur.Nous avons dit (famille Aemilia) tout ce qui concernait son collègue, M. Aemilius Scaurus, dans les monnaies que les deux édiles firent frapper en commun par ordre du Sénat. Ici, nous devons nous borner à expliquer ce qui se rapporte à Hypsaeus. Celui-ci rappela les exploits militaires de son ancêtre, le consul C. Plautius Venno Hypsaeus, qui prit Privernum en 413 (341 av. J.-C.)4, et ruina ainsi la confédération que les cités Volsques avaient formée contre Rome; il obtint les honneurs du triomphe qui est représenté sur les médailles. Borghesi a remarqué que le scorpion qui figure sous le quadrige est l’emblème de la Commagène où P. Hypsaeus exerça un commandement sous les ordres de Pompée pendant sa campagne d’Asie. On voit encore sur ces médailles les têtes de Neptune et de sa fille Leuconoé, parce que les Hypsaei se prétendaient issus de ces deux divinités. Hygin dit en effet : Leuconoï Neptuni film ex Themisio Hypsei filia . C’est par une assimilation de ce genre que les Bursiones se prétendaient issus de Byrseus, l’hôte de Neptune, de Mercure et d’Apollon. Remarquons enfin que l’orthographe du nom Hypsaeus varie, et qu’on le trouve souvent écrit Ypsaeus : c’est la forme grecque du mot transcrite en latin. Lieux de découverte (59 exemplaires)