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1564AN – Denier Marc Antoine et Lépide

1564AN – Denier Marc Antoine et Lépide Avers : M·ANTON·COS / IMP (Marcus Antonius Consul, Imperator) Emblèmes de l’augurat, lituus, vase à sacrifice (capis) et corbeau. Revers : M·LEPID·COS·IMP (Marcus Lepidus Consul, Imperator) Instruments pontificaux: simpulum, aspersoir, hache à sacrifices et apex (chapeau de pontife). British Museum 3.71g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Gaule cisalpine Datation : 43-42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Antonia et Aemilia Références : RRC 489/1 – B.31 (Aemilia) – Syd.1156 Il est essentiel de comprendre que cette monnaie n’est pas qu’un simple moyen d’échange : c’est un outil de propagande politique massif dans le chaos qui suit l’assassinat de Jules César. Ce denier symbolise l’union précaire mais nécessaire entre deux des hommes les plus puissants de Rome à cette époque. 1. Le Contexte Historique : L’Alliance de Guerre Frappée entre 43 et 42 av. J.-C., cette pièce est émise juste après la formation du Second Triumvirat (octobre 43 av. J.-C.). L’urgence militaire : Marc Antoine et Lépide s’apprêtent à affronter les républicains (Brutus et Cassius) à la bataille de Philippes. Ils ont besoin de fonds pour payer leurs légions. La légitimité : Contrairement à César qui affichait souvent son propre portrait, Antoine et Lépide choisissent ici de mettre en avant leurs fonctions officielles et religieuses pour prouver qu’ils ne sont pas des tyrans, mais des magistrats restaurateurs de l’État (Rei Publicae Constituendae). 2. Le Symbolisme Religieux : La Piété comme Arme Le choix des instruments sacerdotaux (les objets du culte) sur les deux faces est hautement stratégique. À Rome, la politique et la religion sont indissociables. Avers (Marc Antoine – L’Augure) Les symboles de l’Augure servent à interpréter la volonté des dieux : Le Lituus : Le bâton recourbé utilisé pour délimiter les régions du ciel. Le Corbeau (Raven) : L’oiseau de l’auspice par excellence. Signification : Antoine affirme que les dieux sont de son côté et qu’il possède la vision spirituelle nécessaire pour guider Rome. Revers (Lépide – Le Pontife) Les symboles du Pontificat (dont Lépide était le Grand Pontife, Pontifex Maximus) : Le Simpulum et l’Aspergillum : Utilisés pour les libations et les purifications. La Hache (Securis) et l’Apex : Liés aux sacrifices rituels. Signification : Lépide rappelle qu’il est le chef suprême de la religion romaine, garant de la Pax Deorum (la paix avec les dieux). 3. Pourquoi l’absence de portraits ? À ce stade précis de la guerre civile, l’usage du portrait vivant (initié par César) était encore perçu par certains comme un acte de démesure royale. En utilisant des symboles d’offices, Antoine et Lépide : Se présentent comme les héritiers légitimes des traditions républicaines. Gagnent le respect du Sénat et des troupes conservatrices. Solidifient leur alliance en partageant l’espace de la pièce de manière égale. Note numismatique : Ce type de denier est souvent trouvé avec une usure marquée, preuve qu’il a circulé intensément pour financer les campagnes militaires des Triumvirs à travers la Gaule et l’Italie. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Ces deux deniers (31 et 32) qui sont aux mêmes types que les pièces précédentes, datent de la même époque (an 711) et ont été aussi frappés en Gaule avant la constitution du triumvirat; mais l’explication de leurs légendes ne laisse pas que d’offrir des difficultés. Sur le premier, Antoine et Lépide ont l’un et l’autre le titre de consul; or, ces deux personnages n’ont jamais été consuls en même temps. Le premier consulat de Lépide est de l’an 708, et le premier consulat d Antoine de l’an 710. Sur la seconde pièce, Lépide seul est qualifié de consul; il n’est pas possible néanmoins de la faire descendre jusqu’en 712 (42 av. J.-C.), époque où Lépide fut consul pour la deuxième fois avec L. Munatius Plancus, puisqu’à cette époque le triumvirat était constitué. M. W. Caland a proposé pour l’explication de ces légendes une interprétration fort vraisemblable. Il croit que le mot COS, à la suite du nom de Lépide est pour PROCOS. Les monnaies sont en effet de l’an 711, époque où Lépide, avant la constitution du triumvirat, était encore proconsul des Gaules. Lieu de découverte (1 exemplaire)