1330EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus

1330EG – Denier Egnatia – Caius Egnatius Maxsumus Avers: MAXSVMVS Buste diadémé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite, portant boucles d’oreille et collier; derrière, un bonnet de liberté. Revers : C. EG(NA)TIVS CN. / F. / CN. N (Caius Egnatius Cnæi Filius Cnæi Nepos, Caius Egnatius fils de Cneius petit-fils de Cneius) Rome casquée debout de face tenant une haste de la main droite et posant le pied droit sur une tête de loup; à sa droite, Vénus diadémée debout de face tenant une haste de la main droite, Cupidon sur son épaule; de chaque côté une proue de navire surmontée d’une rame; dans le champ à gauche, marque de contrôle. British Museum 4.16g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 75 avant J.C. Matière : Argent Gens : Egnatia Référence : RRC 391/3 – B.2 (Egnatia) – Syd.787 Caius Egnatius Maximus (vers 75 av. J.-C.) Fonction Monétaire : Il était l’un des triumviri monetales (triumvirs monétaires) en 75 av. J.-C., la fonction qui lui donnait le droit de frapper monnaie à Rome. Identité : L’inscription sur la pièce, C·EGNATIVS·CN·F / CN·N (Caius Egnatius, Gnaei filius, Gnaei nepos), indique qu’il était Caius Egnatius, fils et petit-fils d’un Gnaeus Egnatius. L’ajout de MAXSVMVS sur l’avers est le cognomen (surnom) de sa famille. Carrière : Sa frappe de monnaie est une étape au début de la carrière politique romaine (cursus honorum). La rareté des sources écrites pour cette période rend souvent difficile de reconstituer le reste de la carrière de ces individus, mais on trouve des mentions. Connexions Historiques et Famille La gens Egnatia était une famille d’origine samnite (une région d’Italie centrale) qui s’est installée à Rome. Ascendance Samnite : La famille semble avoir joué un rôle important dans la politique samnite avant de s’intégrer à l’aristocratie romaine. Postérité (Selon certaines sources) : Il est possible que C. Egnatius Maximus ait fait partie de l’entourage de M. Licinius Crassus. Certaines sources l’associent à l’expédition de Crassus contre les Parthes et au désastre de Carrhes en 53 av. J.-C., où il se serait échappé avec 300 cavaliers. L’historien Appien mentionne un Egnatius et son fils qui furent inclus dans les proscriptions de 43 av. J.-C. (les purges politiques menées par le Second Triumvirat) et exécutés. Il est possible, mais non certain, qu’il s’agisse de C. Egnatius Maximus et de son fils. 📜 Contexte Historique et Signification des Types Monétaires En 75 av. J.-C., Rome sortait de la période troublée des guerres civiles et des proscriptions de Sylla. Les monétaires de cette époque utilisaient souvent leurs émissions pour faire de la propagande politique et pour célébrer les gloires ou les thèmes de leurs familles. L’Avers (Libertas) : Le buste de Libertas (la Liberté) avec le pileus (le bonnet de liberté) est un thème politique fort et significatif. Selon Michael Crawford (RRC), ce choix pourrait faire allusion au retour de la Liberté après la dictature de Sylla. Le Revers (Roma et Vénus) : La représentation de Roma (symbole de l’État romain) et de Vénus (déesse protectrice de la gens Julia, mais aussi de l’amour et de la felicitas – la chance) est complexe. Nous suggèrons que l’imagerie peut faire allusion soit à la Loi Julia de 90 av. J.-C. (qui accorda la citoyenneté aux Latins), soit plus généralement à la Respublica (la République) retrouvée. Certains érudits voient dans cette scène une possible allusion à un groupe cultuel ou même à l’aménagement de l’Atrium Libertatis. La présence de la proue de navire (galley) est également un élément symbolique qui pourrait renvoyer à une victoire navale familiale (bien que l’interprétation reste discutée). En résumé, C. Egnatius Maximus était un magistrat monétaire qui a utilisé son droit de frappe pour émettre des pièces au contenu très riche, probablement destinées à rappeler la fidélité de sa famille à la cause de la liberté et de la République romaine après les bouleversements politiques. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La gens Egnatia était originaire du Samnium, probablement même de la ville de Teanum. Gellius Egnatius commandait les Samnites pendant les grandes guerres que le Samnium soutint contre Rome, au troisième siècle avant notre ère’. Marius Egnatius fut aussi un des principaux chefs des alliés italiens dans la guerre Sociale qui prit fin en 665 (89 av. J.-C.). Fixée à Rome à la suite de tous ces événements, la gens Egnatia y obtint d’être admise au Sénat, et c’est un de ses principaux représentants, C. Egnatius Maximus,qui frappa les monnaies décrites plus bas; ce personnage accompagna M. Licinius Crassus dans son expédition contre les Parthes, et après le grand désastre de Carrhae en 701 (53 av. J.-C.), il s’échappa avec trois cents cavaliers. Appien le signale comme ayant été compris avec son fils dans la proscription de l’an 711 (43 av. J.-C.). C’est vers l’an 685 (69 av. J.-C.) qu’il exerça la charge de triumvir monétaire. Les types des médailles de C. Egnatius Maximus ont résisté jusqu’icià une interprétation satisfaisante. Le denier n. 1 indique par sa dentelure qu’il était destiné au commerce avec les peuples barbares. Le type de la Liberté, au revers, peut faire croire que l’un des ancêtres du monétaire contribua à la construction d’un atrium Libertatis. Sur le n. 2, l’association de la déesse Rome et de Vénus fait songer au temple qui fut plus tard élevé, sous le règne de l’empereur Hadrien, à Rome et à Vénus, Romae et Veneri, et dont on voit encore les débris près de l’arc de triomphe de Titus. Ainsi donc, depuis longtemps déjà, quand on bâtit ce temple, Rome et Vénus avaient été associées dans un même culte qui rappelait d’ailleurs l’origine troyenne de Rome. Sur le denier n. 3, on voit, comme l’a remarqué Cavedoni, le temple de Jupiter et de la Liberté, appelé aedes Joins Libertatis. En somme, nous trouvons sur les monnaies de C. Egnatius Maximus, Vénus et Cupidon, la Liberté, la déesse Rome et Jupiter, divinités bien caractérisées parleurs attributs, mais rien ne nous apprend pour quels motifs le monétaire choisit ces types. La forme Maxsumus pour Maximus est un archaïsme qui nous porte à
1654JU – Quinaire Brutus – Marcus Junius Brutus

1654JU – Quinaire Brutus – Marcus Junius Brutus Avers : LEIBERTAS Tête de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Anépigraphe Gouvernail posé sur une ancre. British Museum 1.72g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Thrace ou Macédoine Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Junia Références : RRC 506/3 – B.33 (Junia) – Syd.1288 Le symbolisme et le contexte historique de ce quinaire sont indissociables de la période de guerre civile qui suit l’assassinat de Jules César. Cette monnaie est un puissant outil de propagande au service de la cause républicaine. 1. Le Contexte Historique : La résistance des « Libérateurs » Cette pièce est frappée vers 43-42 av. J.-C., au moment où Brutus et Cassius ont quitté l’Italie pour l’Orient (Grèce et Asie Mineure). L’armée de la République : Contrairement aux monnaies frappées à Rome par le Sénat, celle-ci est issue d’un atelier militaire itinérant. Elle servait principalement à payer les légions et les mercenaires levés par Brutus pour affronter les héritiers de César (Marc Antoine et Octave). La préparation de Philippes : Ce quinaire circule juste avant la bataille décisive de Philippes (octobre 42 av. J.-C.). Il représente l’ultime effort financier et idéologique pour maintenir l’idéal de la République romaine face à la montée du pouvoir personnel. 2. Le Symbolisme du Droit : La Liberté (Libertas) Le choix de la figure de Libertas est hautement politique : Légitimation du tyrannicide : En plaçant la Liberté sur leurs monnaies, Brutus et ses alliés cherchent à justifier le meurtre de César. Ils ne se voient pas comme des assassins, mais comme des Liberatores. Continuité familiale : Pour Brutus, ce symbole est aussi personnel. Ses ancêtres (notamment Lucius Junius Brutus) étaient réputés avoir chassé les derniers rois de Rome. L’inscription LEIBERTAS (avec une orthographe archaïsante) renforce ce lien avec les traditions anciennes de la République. 3. Le Symbolisme du Revers : Le Gouvernail et l’Ancre Contrairement à beaucoup de monnaies romaines qui illustrent des victoires terrestres, le revers du RRC 506/3 est purement maritime : La maîtrise des mers : Brutus et Cassius possédaient une supériorité navale écrasante en Méditerranée orientale. Le gouvernail et l’ancre croisés symbolisent le contrôle des routes de ravitaillement et la capacité de l’armée républicaine à se déplacer librement entre la Grèce et l’Asie. Stabilité et Sécurité : L’ancre représente la stabilité de l’État (la Res Publica) que les républicains prétendent protéger, tandis que le gouvernail évoque la direction sage et traditionnelle de la cité, par opposition au « naufrage » que représenterait une dictature. Synthèse Cette monnaie est une pièce maîtresse pour comprendre la communication de crise de Brutus. Elle ne se contente pas d’avoir une valeur marchande ; elle est un manifeste portatif rappelant à chaque soldat et citoyen que le combat de Brutus est celui de la liberté contre l’oppression. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caepio Brutus Ce personnage célèbre était fils de M. Junius Brutus et de Servilia, soeur de Q. Servilius Caepio. Né dans l’automne de l’an 666 (8e av. J.-C.), il fut adopté par son oncle Q. Servilius Caepio, et c’est en raison de cette adoption qu’on voit figurer sur les monnaies de Brutus des souvenirs de la gens Servilia. Sur ses espèces, qu ‘il fit frapper, soit comme proconsul soit comme imperator, il prend simplement le nom de Brutus ou celui de Q. Caepio Brutus. En 705 (49 av. J.-C.), lorsqu’éclata la guerre civile entre César et Pompée, Brutus, bien que démocrate, se déclara pour le parti aristocratique; l’année suivante, il se distingua à Dyrrachium contre les troupes de César; après Pharsale il ne dut son salut qu’à la clémence du vainqueur. Réfugié à Larissa, il résolut de quitter le parti pompéien et il écrivit à César pour solliciter son pardon. Non seulement il l’obtint, mais dès l’an 708, il fut nommé gouverneur de la Gaule Cisalpine. Rentré à Rome l’année suivante, il répudia sa femme Claudia pour épouser Porcia, soeur de Caton. En 710 (44 av. J.-C.). Brutus était préteur urbain et César lui avait promis le gouvernement de la Macédoine ; il ne s’en joignit pas moins à C. Cassius pour conspirer contre la vie du dictateur qui tomba sous le poignard des assassins le 15 mars 710 (44 av. J.-C.). Le Sénat pardonna aux meurtriers, mais l’ attitude de Marc Antoine fit comprendre à Brutus que le futur triumvir se disposait à venger le dictateur. Brutus partit pour Athènes avec l ‘intention de prendre possession du gouvernement de la Macédoine dont il s ’empara grâce au secours en argent que lui fournit le questeur M. Appuleius. Maisle Sénat avait, dans l’intervalle, assigné la Macédoine à Marc Antoine qui y envoya son frère, C. Antonius, en qualité de préteur, mais avec les pouvoirs proconsulaires ; ce dernier tomba entre les mains de Brutus qui le fit mettre à mort. D’autre part, Octave, en août 711 (43 av. J.-C.), obtint du Sénat la condamnation des meurtriers de César. La guerre était devenue nécessaire : Brutus prit le titre d’ imperalor et fit, à Sardes, sa jonction avec Cassius. On se battit d’abord sur mer, et finalement, dans l’automne de 712 (42 av. J.-C.), à Philippes, où Brutus et Cassius furent vaincus. Brutus désespéré se perça de son poignard. Les emblèmes qui figurent sur les monnaies de Brutus rappellent que le tyrannicide se prétendait le restaurateur de la liberté du peuple romain. Tantôt son nom n’est suivi d’aucun titre ; tantôt il prend, comme C. Cassius, le titre de proconsul ; celles-ci ont été frappées en Macédoine par le proquesteur L. Sestius. Tantôt enfin, Brutus prend le titre d’imecrator ; ces dernières sont frappées par ses lieutenants en Orient, avant la bataille de Philippes : P. Cornélius Lentulus Spinther, C. Flavius Hemicillus, Pedanius Costa, L. Plaetorius Cestianus, M. Servilius, et C. Servilius Casca. Lieux de découverte (5 exemplaires)
1649CA – Denier Cassius – Marcus Servilius

1649CA – Denier Cassius – Marcus Servilius Avers : C CASSEI IMP (Caius Cassius, Imperator) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Crabe tenant un aplustre entre ses pinces; en dessous, un diadème et une rose. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cassia et Servilia Références : RRC 505/3 – B.19 (Cassia) – Syd.1313 Ce denier est l’un des témoignages numismatiques les plus fascinants de la fin de la République romaine. Frappé entre 43 et 42 av. J.-C., il ne s’agit pas seulement d’une monnaie d’échange, mais d’un puissant outil de propagande militaire et politique utilisé par Caius Cassius Longinus, l’un des chefs des « Libérateurs » (les assassins de Jules César). 1. Contexte Historique : La Campagne d’Orient Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., Brutus et Cassius s’enfuient en Orient pour lever une armée capable d’affronter les héritiers de César (Octave et Marc Antoine). La soumission de Rhodes : En 42 av. J.-C., Cassius doit sécuriser ses arrières et financer ses légions. Il s’attaque à l’île de Rhodes, qui refusait de lui fournir de l’aide. Après une victoire navale décisive au large de Myndus (près de l’île de Cos), il capture Rhodes et la pille systématiquement. Le butin de guerre : Ce denier a été frappé par un atelier monétaire mobile suivant les armées républicaines. L’argent utilisé provenait probablement en grande partie du trésor saisi à Rhodes. 2. Analyse du Symbolisme du Revers Le revers est une composition complexe d’emblèmes géographiques et politiques : Le Crabe : Il s’agit de l’emblème de l’île de Cos. Sa présence fait référence à la bataille navale de Myndus, située à proximité de Cos, où la flotte rhodienne fut défaite. L’Aplustre (tenu par le crabe) : C’est un ornement sculpté qui se trouvait à la poupe des navires antiques. Il symbolise ici la victoire navale et la maîtrise des mers par Cassius. La Rose : Symbole héraldique indissociable de Rhodes (le nom de l’île dérive du grec rhodon, la rose). Elle marque la chute de la cité face aux forces de Cassius. Le Diadème dénoué : C’est l’élément le plus politique. Un diadème noué était le symbole de la royauté hellénistique. Représenté dénoué ou brisé, il symbolise la défaite de la tyrannie et la restauration de la liberté républicaine, justifiant ainsi le meurtre de César, accusé de vouloir devenir roi. 3. L’Avers : Le Message Politique L’avers présente la tête de Libertas (la Liberté) avec la légende C·CASSEI·IMP. Libertas : Elle incarne l’idéal pour lequel les conjurés prétendaient se battre. C’est l’opposé direct de l’image de Jules César, qui fut le premier vivant à apposer son propre portrait sur les monnaies romaines, un acte perçu comme un signe de despotisme. Le titre d’IMP (Imperator) : Ce titre n’est pas utilisé ici au sens moderne d’empereur, mais comme une distinction militaire accordée par les soldats à leur général après une grande victoire. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Imperaior en 712 (42 av. J.-C.) Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se déclara pour Pompée; après Pharsale, il se réconcilia avec César qui en fit un de ses lieutenants, et, en l’an. 710 (44 av. J.-C.), nommé prætor peregrinus, il devait partir l’année suivante pour la Syrie. Ce fut alors qu’il forma avec M. Brutus et d’autres conjurés le projet d’attenter à la vie du dictateur.Après le meurtre de César, Cassius partit pour la Syrie où il eut à lutter contre les Parthes et contre les partisans de César.Après une victoire sur Caecilius Bassus et les Rhodiens en 712, il fut proclamé imperator
1648CA – Denier Cassius – Marcus Servilius

1648CA – Denier Cassius – Marcus Servilius Avers : C CASSI IMP (Caius Cassius, Imperator) Tête laurée à droite de Libertas. Revers : M SERVILIVS LEG (Marcus Servilius Legatus) Aplustre. British Museum 3.89g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Sardes? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cassia et Servilia Références : RRC 505/2 – B.20 (Cassia) – Syd.1312 Cette monnaie est bien plus qu’une simple monnaie : c’est un manifeste politique et militaire frappé par les « Libérateurs » (les assassins de Jules César) peu avant leur défaite finale. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte historique qui a mené à sa création. Le Contexte Historique : La Marche vers Philippes (43-42 av. J.-C.) Après le meurtre de César en 44 av. J.-C., ses assassins, menés par Caius Cassius Longinus et Marcus Junius Brutus, s’enfuient en Orient pour lever une armée. L’Urgence Militaire : En 43 av. J.-C., le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) est formé à Rome. La guerre civile est inévitable. Cassius et Brutus ont besoin d’énormes quantités d’or pour payer leurs légions avant l’affrontement décisif. L’Atelier Itinérant : Cet aureus n’a pas été frappé à Rome, mais par un atelier militaire mobile qui suivait Cassius. On situe généralement sa frappe à Sardes (Turquie actuelle) à l’été 42 av. J.-C., peu avant que Cassius ne rejoigne Brutus pour marcher vers la Macédoine. La Campagne de Rhodes : Juste avant la frappe, Cassius avait assiégé et pillé la ville de Rhodes, qui refusait de soutenir les Républicains. La richesse extraite de ce sac a probablement fourni le métal précieux nécessaire à l’émission de cet or. Analyse Symbolique : Le Message des « Libérateurs » Le choix des motifs est une réponse directe à la « tyrannie » de César, utilisant des symboles chers à la République. 1. L’Avers : Libertas et l’Idéologie Républicaine La tête de Libertas (la Liberté) est le symbole central du camp républicain. Légitimité : En plaçant Libertas sur ses pièces, Cassius se présente non pas comme un rebelle, mais comme le sauveur de la constitution romaine contre le despotisme. Le Titre IMP (Imperator) : La légende C·CASSI·IMP rappelle que Cassius a été acclamé Imperator par ses troupes après ses victoires en Orient, lui conférant une autorité militaire incontestée. 2. Le Revers : L’Aplustre et la Victoire de Rhodes Le revers, signé par le légat Marcus Servilius, est riche en allusions militaires et géographiques. L’Aplustre : Cet ornement de poupe de navire symbolise la suprématie navale. Il fait directement référence à la défaite de la flotte rhodienne par Cassius. Les Fleurs (Roses) : Les branches fleuries aux extrémités de l’aplustre sont interprétées comme des roses, symbole emblématique de l’île de Rhodes. C’est une manière subtile mais claire de marquer son triomphe sur cette puissance maritime. Le Diadème délié (sur des variantes proches comme le RRC 505/3) : Sur certaines émissions de Servilius, on voit un crabe (symbole de l’île de Cos) tenant un aplustre au-dessus d’un diadème délié. Le diadème étant le symbole de la royauté, cela signifie que Cassius a « délié » (brisé) les velléités royales, qu’il s’agisse de celles des souverains orientaux ou de celles de César lui-même. Une Monnaie de « Fin de Règne » Cette monnaie est l’une des dernières expressions de la République romaine avant qu’elle ne s’effondre à la bataille de Philippes en octobre 42 av. J.-C. Après leur défaite, Cassius et Brutus se suicidèrent, marquant la fin de l’espoir d’un retour à l’ancien régime sénatorial. Le magistrat monétaire mentionné sur cette monnaie est Marcus Servilius, un personnage clé de l’état-major des « Libérateurs » (Brutus et Cassius). Contrairement aux magistrats monétaires habituels de Rome (triumviri monetales), son rôle est ici celui d’un officier de haut rang doté de pouvoirs financiers en période de guerre. Voici les informations essentielles sur ce personnage : 1. Son Identité et son Titre Nom complet : Marcus Servilius. Il appartient à la gens Servilia, l’une des familles les plus anciennes et les plus illustres de Rome. Titre : LEG (Legatus). Il ne frappe pas monnaie en tant que magistrat civil, mais en tant que Légat. Cela signifie qu’il était un adjoint direct de Cassius (et parfois de Brutus), agissant avec l’autorité déléguée de son général. Famille : Il descend probablement de Marcus Servilius Pulex Geminus (consul en 202 av. J.-C.), un héros de la deuxième guerre punique célèbre pour ses 23 cicatrices de duels victorieux. Cette lignée explique l’importance de Marcus Servilius au sein du camp républicain : il représente la vieille aristocratie romaine opposée à la dictature. 2. Son Rôle sous Cassius et Brutus Pendant les guerres civiles de 43-42 av. J.-C., Servilius occupe une position de confiance absolue : Commandement militaire : Il a activement participé aux campagnes en Orient. Selon les sources historiques, il a été personnellement impliqué dans les opérations militaires en Lycie (au sud de l’actuelle Turquie) pour soumettre les cités locales et lever des fonds. Responsabilité financière : Sa signature sur l’aureus indique qu’il était responsable de la transformation du butin de guerre (or et argent pillés à Rhodes et en Lycie) en numéraire pour payer les soldats avant la bataille de Philippes. En résumé : Marcus Servilius n’est pas un simple fabricant de monnaie, mais un aristocrate soldat qui met son nom et son prestige au service de la « Liberté » contre les héritiers de César. Son nom sur ces pièces est une garantie de la valeur du métal et de la légitimité de la cause. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Cassius Longinus. Imperaior en 712 (42 av. J.-C.) Il s agit du meurtrier de César ; son histoire est bien connue et nous n’en résumerons ici que les traits généraux. On le mentionne pour la première fois en 701 (53 av. J.-C.) : il remplissait alors les fonctions de questeur dans l armée de Crassus, lors de sa funeste expédition contre les Parthes. En 7o5 (49 av. J.-C.) il fut tribun du peuple et se déclara pour Pompée; après Pharsale, il se réconcilia avec César qui en fit un de ses lieutenants, et, en l’an. 710 (44 av. J.-C.), nommé prætor peregrinus, il devait partir l’année suivante pour la Syrie. Ce fut alors
1643JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius

1643JU – Quinaire Brutus – Lucius Sestius Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Proquaestor, L. Sestius pro questeur) Buste voilé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q. CAEPIO BRVTVS PRO COS (Quintus Caepio Brutus, Proconsul) Victoire avançant à droite avec branche de palmier et couronne. British Museum 1.8g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Thrace ou Macédoine? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sestia et Junia Références : RRC 502/3 – B.38 (Junia) – Syd.1291 Ce quinaire est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande politique frappé dans un moment de basculement historique. 1. Le Contexte Historique : La « Cause des Libérateurs » Cette pièce a été frappée entre 43 et 42 av. J.-C., une période de guerre civile intense après l’assassinat de Jules César. L’autorité : Elle est émise par Lucius Sestius (Proquaestor) pour Marcus Junius Brutus (Proconsul). Le lieu : L’atelier était mobile, accompagnant l’armée républicaine en Thrace ou en Macédoine. L’enjeu : Brutus et Cassius préparaient leur ultime affrontement contre les héritiers de César (Marc Antoine et Octave) qui culminera à la bataille de Philippes. 2. Le Symbolisme de l’Avers : La tête de Libertas La figure de Libertas (la Liberté) est le pilier idéologique du camp de Brutus. Le voile et le drapé : Ils confèrent à la divinité une dignité religieuse et solennelle. Le message : En plaçant Libertas sur ses monnaies, Brutus justifie le meurtre de César non pas comme un crime, mais comme un acte sacré de libération. Il se présente comme le restaurateur de la « Libertas » républicaine face à la « Dominatio » (la tyrannie) du dictateur. Héritage familial : Brutus aimait rappeler qu’il descendait de Lucius Junius Brutus, celui qui avait chassé les rois de Rome en 509 av. J.-C. 3. Le Symbolisme du Revers : La Victoire (Victoria) La Victoire marchant avec une couronne et une palme est un symbole prophétique. La Couronne et la Palme : Ce sont les attributs classiques du triomphe. En les affichant, Brutus proclame sa certitude de vaincre les triumvirs. Lien avec la flotte : Certains chercheurs, cités par LesDioscures.com, suggèrent que ces types (Victoire sur un quinaire) pourraient spécifiquement commémorer des succès navals des Républicains ou exalter la fidélité des marins à la cause de la République. 4. L’importance de Lucius Sestius Le nom de L. SESTIUS apparaît sur l’avers. Fils de Publius Sestius (défendu par Cicéron), il était un ami proche de Brutus. Le saviez-vous ? Son attachement à Brutus était tel qu’il conserva ses portraits même après sa défaite. Malgré cela, sa valeur était telle qu’Auguste lui pardonna et le nomma consul en 23 av. J.-C., signe de la réconciliation progressive des élites romaines. Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des Sestii qui ait inscrit son nom sur les médailles. servit en Macédoine dans l’armée de M. Brutus; c ‘est dans cette campagne qu’il frappa les monnaies qui le désignent sous le nom de proquaestor: son collègue fut C. Norbanus Flaccus. C’était après le meurtre de Jules César en 710 (44 av. J.-C.) et avant la bataille de Philippes en septembre 712 (42 av. J.-C.). Après la mort de M. Brutus,
1642JU – Denier Brutus – Lucius Sestius Quirinalis

1642JU – Denier Brutus – Lucius Sestius Quirinalis Avers : L SESTI / PRO Q (Lucius Sestius Pro Quaestori, Lucius Sestius pro questeur) Buste voilé et drapé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q CAEPIO BRVTVS PR. COS (Quintus Caepio Brutus proconsul) Trépied delphien entre une hache à sacrifice et un simpulum. British Museum 3.85g INDICE DE RARETE : 9 1 10+ ATELIER : Sud-ouest Asie mineure? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Sestia, Servilia et Junia Références : RRC 502/2 – B.37 (Junia) – Syd.1290 L’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette monnaie (frappé en 43-42 av. J.-C.) révèle une stratégie de communication politique très précise de la part de Brutus, visant à transformer son image de « meurtrier » en celle de « sauveur » de l’État. 1. Le Contexte Historique : Une République en exil Cette monnaie est frappée alors que Brutus et Cassius, les « Libérateurs », se trouvent en Orient (Asie Mineure et Grèce). Ils ont pris le contrôle des provinces orientales pour lever les fonds et les légions nécessaires à l’affrontement final contre Octave et Marc Antoine. Une monnaie de guerre : L’émission d’aurei (en or) est exceptionnelle sous la République. Elle répond à une nécessité immédiate : payer les soldes des officiers et s’assurer la loyauté des troupes avant la bataille décisive de Philippes. Légitimité institutionnelle : Bien qu’il soit en exil, Brutus utilise son titre de PRO COS (Proconsul) et mentionne son questeur L. Sestius. Cela vise à démontrer que son commandement est légal et émane de l’autorité du Sénat, contrairement au Triumvirat qu’il considère comme une usurpation. 2. Symbolisme de l’Avers : La Libertas voilée L’avers présente la tête de Libertas (la Liberté), mais avec une particularité notable : elle est voilée. La piété et le deuil : Le voile suggère une dimension religieuse et solennelle. Cela peut interpréter la Liberté comme une divinité que l’on doit honorer avec gravité, ou symboliser le deuil de la République blessée par la dictature de César. Le message politique : Brutus réaffirme que le seul motif de son action est le rétablissement de la liberté républicaine. 3. Symbolisme du Revers : Le Trépied et les attributs religieux Le revers est dominé par un trépied delphien, flanqué d’une hache sacrificielle (securis) et d’un vase à libation (simpulum). Le patronage d’Apollon : Le trépied est le symbole par excellence d’Apollon. Ce dieu était le protecteur personnel de Brutus (le mot d’ordre à la bataille de Philippes était d’ailleurs « Apollon »). Brutus se place sous une protection divine solaire et civilisatrice contre ce qu’il présente comme la tyrannie. L’autorité religieuse : La hache et le vase sont les insignes du collège des Pontifes, dont Brutus faisait partie. En affichant ces instruments, il signifie que ses actes sont conformes au droit sacré et à la volonté des dieux. Il ne s’agit pas d’une rébellion, mais d’une mission de purification de l’État. Synthèse Cette monnaie est un chef-d’œuvre de propagande. Il cherche à équilibrer la force militaire (le titre de Proconsul) avec la vertu morale (Libertas) et la caution divine (Apollon/Pontificat). Cette monnaie mentionne un personnage clé de l’état-major de Brutus : Lucius Sestius Quirinalis (orthographié L. SESTI sur la monnaie). Voici les informations essentielles sur ce magistrat monétaire et son rôle historique : 1. Son rôle auprès de Brutus Sur cette monnaie, Lucius Sestius porte le titre de PRO Q (Pro Quaestore). Fonction : En tant que pro-questeur, il était le responsable financier et logistique de Brutus durant sa campagne en Orient (43-42 av. J.-C.). Responsabilité monétaire : C’est lui qui supervisait l’atelier monétaire itinérant suivant l’armée. Il avait la lourde tâche de transformer le métal précieux (souvent issu de réquisitions en Asie Mineure) en pièces de monnaie pour payer les légions. 2. Un survivant politique Contrairement à son chef Brutus qui se suicida après la défaite de Philippes en 42 av. J.-C., Lucius Sestius a survécu aux guerres civiles : Amnistie : Il bénéficia de l’amnistie accordée par les membres du second triumvirat. Loyauté mémorielle : Il est resté célèbre pour sa fidélité à la mémoire de Brutus, conservant des statues du « Libérateur » chez lui, même après l’avènement d’Auguste. 3. Consul aux côtés d’Auguste Fait remarquable, son passé républicain ne l’empêcha pas d’atteindre le sommet de l’État sous l’Empire : Consul Suffect (23 av. J.-C.) : Auguste le choisit comme collègue au consulat lorsqu’il démissionna lui-même de cette fonction. Symbole de réconciliation : La nomination de Sestius (un ancien partisan de l’assassin de César) par Auguste était un geste politique fort. Cela prouvait que le nouveau régime (le Principat) pouvait intégrer les anciens républicains ralliés, renforçant l’image d’une « République restaurée ». 4. Liens culturels et archéologiques Horace : Le poète Horace lui a dédié l’une de ses célèbres odes (Ode I, 4, Solvitur acris hiems), ce qui témoigne de son appartenance à la haute société intellectuelle romaine. Production de briques et d’amphores : Des recherches archéologiques ont identifié des estampilles de briques et d’amphores au nom de L. SESTI. Il possédait d’importantes briqueteries et des domaines produisant du vin près de Cosa en Étrurie, faisant de lui l’un des hommes les plus riches de son temps. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Sestia, d’origine patricienne, remonte à une haute antiquité. Un de ses membres, P. Sestius Capitolinus Vaticanus, fut consul dès l’an 302 (452 av. J.-C.), avec T. Menenius Agrippa. On l’appelle quelquefois Sextius, et bien que, plus tard, on ait distingué les familles Sestia et Sexlia, elles paraissent sortir de la même souche et avoir porté primitivement le même nom. P. Sestius ou Sextius fut questeur en 691 (63 av. J.-C.) et aida Cicéron à démasquer la conspiration de Catilina. Tribun du peuple en 697 (57 av. J.-C.), préteur en 701 (53 av. J.-C.), il suivit la fortune du parti pompéien jusque dans le courant de l’année 706 (48 av. J.-C.), époque où il se rallia à César. Son fils, L. Sestius, le seul des Sestii qui ait inscrit son nom sur les médailles. servit en Macédoine dans l’armée de M. Brutus; c ‘est dans cette campagne qu’il frappa les monnaies qui le désignent sous
1640JU – Denier Brutus – Quintus Caepio Brutus

1640JU – Denier Brutus – Quintus Caepio Brutus Avers : LEIBERTAS (Libertas, La Liberté) Tête de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : Q CAEPIO BRVTVS PR. COS (Quintus Caepio Brutus proconsul) Trépied delphien entre une hache à sacrifice et un simpulum. British Museum 3.92g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Lycie? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Servilia et Junia Références : RRC 501/1 – B.34 (Junia) – Syd.1287 Ce denier est une monnaie chargée de symboles politiques et culturels, frappée dans un contexte de guerre civile totale. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du cadre historique de son émission. 1. Contexte Historique : La lutte pour la République (43-42 av. J.-C.) Après l’assassinat de Jules César aux Ides de Mars en 44 av. J.-C., Brutus et Cassius s’enfuient vers l’Orient. Ils y lèvent des armées et des fonds pour affronter les héritiers de César (Octave et Marc Antoine). Un atelier militaire itinérant : Cette monnaie n’est pas frappée à Rome, mais par un atelier monétaire suivant Brutus dans ses déplacements, probablement en Asie Mineure ou dans le nord de la Grèce (Macédoine). Le besoin de légitimité : Brutus doit payer ses légions, mais il veut aussi convaincre le monde romain que sa cause est juste. La monnaie devient alors son principal outil de propagande. 2. Analyse du Symbolisme L’Avers : Libertas (La Liberté) La tête de la déesse Libertas (avec la légende LEIBERTAS) est le symbole central de la cause des conjurés. Le message politique : Pour Brutus, l’assassinat de César n’était pas un crime, mais un acte de libération. En plaçant la Liberté sur ses pièces, il se présente comme le « Vindex Libertatis » (le vengeur de la liberté) contre la tyrannie. L’orthographe archaïque : L’utilisation de « LEIBERTAS » au lieu de « LIBERTAS » renvoie aux anciennes traditions de la République, soulignant le conservatisme idéologique de Brutus. Le Revers : La Lyre et l’Apollonisme Le revers montre une lyre entre un plectre et une branche de laurier. Ces attributs sont directement liés au dieu Apollon. Le cri de ralliement : Lors de la bataille de Philippes (42 av. J.-C.), le mot d’ordre donné par Brutus à ses troupes était « Apollon ». Le dieu était perçu comme le protecteur des arts, de la civilisation et de l’ordre face à ce que les Républicains considéraient comme la « barbarie » et l’arbitraire du Triumvirat. La Campagne Lycienne : Certains numismates suggèrent que la lyre fait référence à la Confédération Lycienne (en Turquie actuelle), que Brutus a soumise. Apollon était une divinité majeure dans cette région. La Légende : CAEPIO BRVTVS PRO COS Q. Caepio Brutus : Brutus avait été adopté par son oncle maternel, Quintus Servilius Caepio. Bien qu’il soit resté célèbre sous le nom de Marcus Junius Brutus, il utilise ici son nom officiel d’adoption. PRO COS (Proconsul) : Cette mention est cruciale. Elle affirme que Brutus exerce un commandement légal accordé par le Sénat, contrairement à ses adversaires qu’il considère comme des usurpateurs. 3. Synthèse idéologique Contrairement au célèbre denier EID MAR qui célèbre l’acte violent (les poignards), ce denier est plus subtil. Il cherche à ancrer l’action de Brutus dans la piété religieuse (Apollon), la légitimité institutionnelle (Proconsul) et les valeurs ancestrales de Rome (Libertas). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Q. Caepio Brutus Ce personnage célèbre était fils de M. Junius Brutus et de Servilia, soeur de Q. Servilius Caepio. Né dans l’automne de l’an 666 (8e av. J.-C.), il fut adopté par son oncle Q. Servilius Caepio, et c’est en raison de cette adoption qu’on voit figurer sur les monnaies de Brutus des souvenirs de la gens Servilia. Sur ses espèces, qu ‘il fit frapper, soit comme proconsul soit comme imperator, il prend simplement le nom de Brutus ou celui de Q. Caepio Brutus. En 705 (49 av. J.-C.), lorsqu’éclata la guerre civile entre César et Pompée, Brutus, bien que démocrate, se déclara pour le parti aristocratique; l’année suivante, il se distingua à Dyrrachium contre les troupes de César; après Pharsale il ne dut son salut qu’à la clémence du vainqueur. Réfugié à Larissa, il résolut de quitter le parti pompéien et il écrivit à César pour solliciter son pardon. Non seulement il l’obtint, mais dès l’an 708, il fut nommé gouverneur de la Gaule Cisalpine. Rentré à Rome l’année suivante, il répudia sa femme Claudia pour épouser Porcia, soeur de Caton. En 710 (44 av. J.-C.). Brutus était préteur urbain et César lui avait promis le gouvernement de la Macédoine ; il ne s’en joignit pas moins à C. Cassius pour conspirer contre la vie du dictateur qui tomba sous le poignard des assassins le 15 mars 710 (44 av. J.-C.). Le Sénat pardonna aux meurtriers, mais l’ attitude de Marc Antoine fit comprendre à Brutus que le futur triumvir se disposait à venger le dictateur. Brutus partit pour Athènes avec l ‘intention de prendre possession du gouvernement de la Macédoine dont il s ’empara grâce au secours en argent que lui fournit le questeur M. Appuleius. Maisle Sénat avait, dans l’intervalle, assigné la Macédoine à Marc Antoine qui y envoya son frère, C. Antonius, en qualité de préteur, mais avec les pouvoirs proconsulaires ; ce dernier tomba entre les mains de Brutus qui le fit mettre à mort. D’autre part, Octave, en août 711 (43 av. J.-C.), obtint du Sénat la condamnation des meurtriers de César. La guerre était devenue nécessaire : Brutus prit le titre d’ imperalor et fit, à Sardes, sa jonction avec Cassius. On se battit d’abord sur mer, et finalement, dans l’automne de 712 (42 av. J.-C.), à Philippes, où Brutus et Cassius furent vaincus. Brutus désespéré se perça de son poignard. Les emblèmes qui figurent sur les monnaies de Brutus rappellent que le tyrannicide se prétendait le restaurateur de la liberté du peuple romain. Tantôt son nom n’est suivi d’aucun titre ; tantôt il prend, comme C. Cassius, le titre de proconsul ; celles-ci ont été frappées
1637CA – Denier Cassius – Lentulus Spinther

1637CA – Denier Cassius – Lentulus Spinther Avers : C·CASSI·IMP – LEIBERTAS (Caius Cassius Imperator / Leibertas, Caius Cassius Imperator) Buste diadémé et voilé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : LENTVLVS / SPINT (Lentulus Spinther) Capis et lituus. British Museum 3.78g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Smyrme? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Cassia et Cornelia Références : RRC 500/5 – B.18 (Cassia) – Syd.1305 Cette monnaie, frappé sous l’autorité de Gaius Cassius Longinus (l’un des principaux assassins de Jules César), est un document historique exceptionnel. Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte de sa création : 1. Le Symbolisme de l’Avers : La Liberté (Libertas) L’image : Le portrait de la déesse Libertas, voilée et portant un diadème. Signification : C’est le cœur du message des « Libérateurs ». En plaçant Libertas sur leurs monnaies, Cassius et Brutus affirment que leur combat n’est pas une quête de pouvoir personnelle, mais une mission sacrée pour restaurer la République face à la « tyrannie » de César. L’inscription : C·CASSI·IMP (Cassius Imperator) associé à LEIBERTAS. Le titre d’Imperator rappelle sa légitimité militaire, acquise par ses victoires en Orient, tandis que l’orthographe archaïque « Leibertas » souligne son attachement aux traditions ancestrales de Rome. 2. Le Symbolisme du Revers : La Légitimité Religieuse L’image : Un capis (cruche sacrificielle) et un lituus (bâton recourbé des augures). Signification : Ces objets sont des insignes de la fonction de pontife et d’augure. Le lituus symbolise la capacité de Cassius (ou de son magistrat monétaire, Spinther) à interpréter la volonté des dieux. Le capis souligne la piété et le respect des rites. Message Politique : En période de guerre civile, la piété était une arme politique majeure. Ces symboles visaient à démontrer que les dieux étaient du côté des conspirateurs, contrairement à leurs adversaires (Marc Antoine et Octave) qu’ils tentaient de dépeindre comme des usurpateurs impies. 3. Contexte Historique : Une Monnaie de Campagne Date et Lieu : Frappé en 43-42 av. J.-C., probablement à Smyrne ou lors des déplacements de l’armée de Cassius en Asie Mineure. L’Urgence Militaire : Cet aureus n’a pas été frappé à Rome (alors aux mains du Second Triumvirat), mais par un atelier monétaire mobile suivant les légions. Sa fonction première était pragmatique : payer les troupes avant la confrontation finale. Le Financement de la Guerre : Pour lever et maintenir leurs armées, Cassius et Brutus ont imposé de lourds tributs aux cités d’Orient. L’or utilisé pour ces pièces provenait souvent du pillage ou de la fonte de trésors de cités alliées ou conquises (comme Rhodes). 4. Portée Historique Cette monnaie est le témoignage d’un monde en basculement. Peu après l’émission de cette monnaie, Cassius se suicidera suite à la première bataille de Philippes en 42 av. J.-C., marquant la fin effective de la cause républicaine. Le monétaire (ou magistrat responsable de l’émission) pour cette monnaie est Publius Cornelius Lentulus Spinther. Il est important de ne pas le confondre avec son père homonyme (consul en 57 av. J.-C.). Voici les détails clés sur ce personnage et son rôle au sein du mouvement des « Libérateurs » : Identité et Origine Famille : Membre de la prestigieuse gens Cornelia, il est le fils de P. Cornelius Lentulus Spinther. Son surnom « Spinther » lui vient de la ressemblance de son père avec un acteur de théâtre populaire de l’époque. Statut : Il occupait le rang de propréteur (magistrat avec pouvoir de commandement) au moment de la frappe. Rôle auprès de Cassius Lentulus Spinther était l’un des lieutenants les plus fidèles de Cassius. Après l’assassinat de César, il rejoint les républicains en Orient : Commandement militaire : Il a participé activement aux campagnes en Asie Mineure, notamment lors du siège de Rhodes aux côtés de Cassius et en Lycie avec Brutus. Responsabilité monétaire : En tant que propréteur, il avait l’autorité de frapper monnaie pour payer les légions. Le denier RRC 500/1 porte sa signature (LENTVLVS SPINT) au revers, agissant comme garant de la valeur de la pièce au nom des généraux républicains. Qualifications religieuses Le choix des symboles sur la monnaie n’est pas un hasard. Lentulus Spinther était membre du collège des augures. C’est pour cette raison qu’il fait figurer le lituus (bâton augural) et la cruche au revers. Ces emblèmes servaient à affirmer que les chefs républicains possédaient la légitimité religieuse et le droit de consulter les dieux, contrairement aux triumvirs (Antoine et Octave) qu’ils présentaient comme des usurpateurs. Son destin Après la défaite de Cassius et Brutus à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., les traces historiques de Lentulus Spinther deviennent floues. Bien que certaines sources suggèrent qu’il ait pu s’échapper, il disparaît de la scène politique romaine après le désastre, marquant la fin de sa lignée parmi les grands acteurs de la République finissante. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Cornelius Lentulus Spinther. Propréteur en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.). Ce personnage était fils de P. Cornelius Lentulus Spinther, consul en 697 (57 av. J.-C.) dont nous avons donné plus haut des monnaies. Il suivit la fortune de Pompée à l’exemple de son père; retiré à Alexandrie, il finit par obtenir son pardon de César et revint en Italie. Après le meurtre de César, il se lia avec M. Brutus et il fut envoyé en Asie comme proquesteur, tandis que C. Trebonius s’y rendait en qualité de proconsul. Un peu plus tard, il fut élevé à la dignité de propréteur, et quand Brutus et Cassius commencèrent la guerre, il les rejoignit et frappa monnaie sous leur autorité, en plaçant sur ses espèces l’effigie de la Liberté pour laquelle ils combattaient. Spinther se battit à Rhodes avec Cassius, et en Lycie avec Brutus. Il paraît avoir échappé au désastre de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), mais l’histoire cesse de le mentionner à partir de cette époque. Les monnaies de P. Lentulus Spinther ont été frappées en Orient en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.). Lieux de découverte (24 exemplaires)
1635CA – Denier Cassius – Lentulus Spinther

1635CA – Denier Cassius – Lentulus Spinther Avers : C·CASSI·IMP – LEIBERTAS (Caius Cassius Imperator / Leibertas, Caius Cassius Imperator) Buste diadémé de Libertas (la Liberté) à droite. Revers : LENTVLVS / SPINT (Lentulus Spinther) Capis et lituus. British Museum 3.9g INDICE DE RARETE : 8 1 10+ ATELIER : Smyrme? Datation : 43 – 42 avant J.C. Matière : Argent Gens : Cassia et Cornelia Références : RRC 500/3 – B.16 (Cassia) – Syd.1307 Ce denier est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande et de survie militaire frappé dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : la fin de la République. Contexte Historique : L’Ombre de Philippes Cette monnaie a été frappée vers 43-42 av. J.-C. par un atelier monétaire mobile suivant les armées des « Libérateurs » (Cassius et Brutus). Le financement de la guerre : Après l’assassinat de Jules César, Cassius s’enfuit en Orient pour lever des légions. Pour payer ses soldats et s’assurer de leur fidélité avant la confrontation finale contre Marc Antoine et Octave à la bataille de Philippes, il a besoin d’énormes quantités d’or. La source de l’or : Cet or provenait souvent de « dons » forcés imposés aux cités d’Asie Mineure ou de la fonte de trésors de temples (notamment à Tarse ou Rhodes). Symbolisme et Iconographie Le choix des images sur cette pièce est une réponse directe à l’image de César et une affirmation de la légitimité républicaine. 1. L’Avers : Le buste de Libertas Symbole : La tête de Libertas (la Liberté) est le message central. Les conjurés se faisaient appeler les Liberatores. En plaçant Libertas sur leurs pièces, ils affirmaient combattre pour libérer le peuple romain de la « tyrannie » exercée par César et ses héritiers. Légende : On y lit souvent C. CASSI. IMP (Gaius Cassius Imperator). Le titre d’Imperator ici n’est pas celui d’un empereur au sens moderne, mais un titre militaire décerné par ses troupes après une victoire. 2. Le Revers : Les instruments du culte Le revers présente un sacrificial jug (praefericulum) et un lituus. Le Lituus : C’est le bâton recourbé des augures, les prêtres chargés d’interpréter la volonté des dieux à travers le vol des oiseaux. La Cruche (Praefericulum) : Utilisée pour les libations lors des sacrifices. Signification : Ces symboles soulignent la pietas (piété) et les fonctions religieuses de l’émetteur (Lentulus Spinther, qui était augure). Pour Cassius, cela servait à démontrer que les dieux étaient de leur côté, légitimant ainsi leur rébellion contre le second triumvirat. Le monétaire (ou magistrat responsable de l’émission) pour cette monnaie est Publius Cornelius Lentulus Spinther. Il est important de ne pas le confondre avec son père homonyme (consul en 57 av. J.-C.). Voici les détails clés sur ce personnage et son rôle au sein du mouvement des « Libérateurs » : Identité et Origine Famille : Membre de la prestigieuse gens Cornelia, il est le fils de P. Cornelius Lentulus Spinther. Son surnom « Spinther » lui vient de la ressemblance de son père avec un acteur de théâtre populaire de l’époque. Statut : Il occupait le rang de propréteur (magistrat avec pouvoir de commandement) au moment de la frappe. Rôle auprès de Cassius Lentulus Spinther était l’un des lieutenants les plus fidèles de Cassius. Après l’assassinat de César, il rejoint les républicains en Orient : Commandement militaire : Il a participé activement aux campagnes en Asie Mineure, notamment lors du siège de Rhodes aux côtés de Cassius et en Lycie avec Brutus. Responsabilité monétaire : En tant que propréteur, il avait l’autorité de frapper monnaie pour payer les légions. Le denier RRC 500/1 porte sa signature (LENTVLVS SPINT) au revers, agissant comme garant de la valeur de la pièce au nom des généraux républicains. Qualifications religieuses Le choix des symboles sur la monnaie n’est pas un hasard. Lentulus Spinther était membre du collège des augures. C’est pour cette raison qu’il fait figurer le lituus (bâton augural) et la cruche au revers. Ces emblèmes servaient à affirmer que les chefs républicains possédaient la légitimité religieuse et le droit de consulter les dieux, contrairement aux triumvirs (Antoine et Octave) qu’ils présentaient comme des usurpateurs. Son destin Après la défaite de Cassius et Brutus à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., les traces historiques de Lentulus Spinther deviennent floues. Bien que certaines sources suggèrent qu’il ait pu s’échapper, il disparaît de la scène politique romaine après le désastre, marquant la fin de sa lignée parmi les grands acteurs de la République finissante. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon P. Cornelius Lentulus Spinther. Propréteur en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.). Ce personnage était fils de P. Cornelius Lentulus Spinther, consul en 697 (57 av. J.-C.) dont nous avons donné plus haut des monnaies. Il suivit la fortune de Pompée à l’exemple de son père; retiré à Alexandrie, il finit par obtenir son pardon de César et revint en Italie. Après le meurtre de César, il se lia avec M. Brutus et il fut envoyé en Asie comme proquesteur, tandis que C. Trebonius s’y rendait en qualité de proconsul. Un peu plus tard, il fut élevé à la dignité de propréteur, et quand Brutus et Cassius commencèrent la guerre, il les rejoignit et frappa monnaie sous leur autorité, en plaçant sur ses espèces l’effigie de la Liberté pour laquelle ils combattaient. Spinther se battit à Rhodes avec Cassius, et en Lycie avec Brutus. Il paraît avoir échappé au désastre de Philippes, en 712 (42 av. J.-C.), mais l’histoire cesse de le mentionner à partir de cette époque. Les monnaies de P. Lentulus Spinther ont été frappées en Orient en 711 et 712 (43 et 42 av. J.-C.). Lieux de découverte (24 exemplaires)
1505LO – Quinaire Lollia – Marcus Lollius Palicanus

1505LO – Quinaire Lollia – Marcus Lollius Palicanus Avers : FELICITATIS Tête de Libertas (la Liberté) laurée à droite. Revers : PALIKANVS Victoria galopant sur un bige à droite. Bibliothèque nationale de France 2.08g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 45 avant J.C. Matière : Argent Gens : Lollia Références : RRC 473/3 – B.3 (Lollia)- Syd.962 Ce quinaire, frappé en 45 av. J.-C. par Marcus Lollius Palicanus, est une monnaie chargée de messages politiques et familiaux. Ce type monétaire s’inscrit dans une série plus large (incluant les deniers 473/1 et 473/2) qui sert de manifeste à la faction des Populares (le parti du peuple) à la fin de la République. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette pièce : 1. Symbolisme de l’Avers : Felicitas (ou Libertas) Le buste représenté est accompagné de la légende FELICITATIS. La Félicité (Felicitas) : Elle incarne la « bonne fortune » ou la prospérité de l’État. En 45 av. J.-C., après les ravages de la guerre civile entre César et Pompée, ce symbole annonce une ère de paix et de bonheur retrouvés sous l’égide de Jules César. Lien avec la Liberté : Certaines analyses (notamment sur LesDioscures.com) soulignent la ressemblance stylistique avec la tête de Libertas (la Liberté) présente sur les deniers du même monnayeur. Cela suggère que la prospérité (Felicitas) est vue comme le fruit de la liberté restaurée. 2. Symbolisme du Revers : La Victoire en bige La légende indique PALIKANVS, le nom du magistrat monétaire. La Victoire (Victoria) : Elle est représentée sur un char à deux chevaux (bige) au galop. Ce motif classique célèbre les triomphes militaires de Rome. Propagande Césarienne : L’année 45 av. J.-C. est celle de la bataille de Munda, l’ultime victoire de César sur les fils de Pompée. La monnaie célèbre donc la victoire finale du camp césarien, auquel la famille des Lollii était rattachée. 3. Le Contexte Historique : Une revanche politique Le monnayeur Marcus Lollius Palicanus utilise ces frappes pour réhabiliter la mémoire de son père, M. Lollius Palicanus (tribun en 71 av. J.-C.). La défense de la Plèbe : Le père était un partisan acharné de Pompée et un défenseur des droits des tribuns de la plèbe, dont les pouvoirs avaient été réduits par la dictature de Sylla. L’affront de 67 av. J.-C. : Bien que favori du peuple pour le consulat, sa candidature avait été illégalement rejetée par le consul conservateur Pison. En frappant monnaie en 45 av. J.-C. sous l’autorité de César, le fils affirme la légitimité de sa lignée et la victoire définitive des idées démocratiques sur l’ancienne oligarchie sénatoriale. Transition vers l’Empire : Cette pièce illustre la transition où les grandes familles romaines utilisent la monnaie non plus seulement pour l’État, mais pour leur propre promotion politique, un usage qui deviendra systématique sous l’Empire. Le monétaire Marcus Lollius Palicanus (ou Palikanus) appartient à la gens Lollia, une famille d’origine plébéienne (peut-être samnite) qui a marqué la fin de la République romaine par son attachement aux droits populaires. Voici les informations clés sur ce personnage et sa lignée : 1. Identité du monétaire (45 av. J.-C.) Le monétaire de cet émission est identifié comme le fils du célèbre tribun de la plèbe du même nom. À cette époque (45 av. J.-C.), la fonction de monétaire (tresvir monetalis) était souvent occupée par de jeunes hommes issus de familles sénatoriales, servant de tremplin pour leur future carrière politique (cursus honorum). 2. L’héritage de son père (M. Lollius Palicanus, Tribun en 71 av. J.-C.) La majeure partie du message de la monnaie rend hommage à l’action politique de son père. Ce dernier était un personnage central de la politique « populaire » : Défenseur de la plèbe : Il fut l’un des principaux artisans du rétablissement des pouvoirs des tribuns de la plèbe, qui avaient été drastiquement réduits par la dictature de Sylla. Orateur et opposant : Décrit par les sources (comme Valère Maxime ou Cicéron) comme un orateur fougueux, il fut un farouche opposant aux Optimates (la faction conservatrice du Sénat). Échec au consulat : En 67 av. J.-C., il brigua le consulat, mais le consul en charge des élections, Pison, refusa de proclamer son nom bien qu’il ait reçu les suffrages, le jugeant « indigne » en raison de son passé séditieux. 3. Carrière possible du monétaire Certains historiens et numismates (comme Crawford ou Babelon) suggèrent que ce monétaire pourrait être le même Marcus Lollius qui devint consul en 21 av. J.-C. sous Auguste : Proche d’Auguste : Si cette identification est correcte, il aurait été un fidèle de l’empereur, premier gouverneur de la Galatie et plus tard précepteur de Caius César (le petit-fils d’Auguste). La Clades Lolliana : Ce Marcus Lollius est resté célèbre pour une défaite militaire en Gaule contre les Germains en 16 av. J.-C., où il perdit l’aigle de la Vème Légion. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Lollii n ‘apparaissent pas dans l ‘histoire de Rome avant le dernier siècle de la république. On les croit d’origine samnite parce qu ‘un Samnite du nom de Lollius est mentionné dans la guerre contre Pyrrhus, roi d ‘Epire, en 485 (269 av. J.-C.). Le seul cognomen qu’on rencontre chez les Lollii est Palicanus; il fut porté pour la première fois par M. Lollius Palicanus ou Palikanus, tribun du peuple en 683 (71 av. J.-C.). Orateur médiocre, mais ardent défenseur de la classe plébéienne contre Sylla, il parvint à rendre aux tribuns du peuple leur ancienne puissance et fut un des principaux accusateurs de Verrès le souvenir de son dévouement à la cause populaire a été conservé sur les médailles. La famille Lollia n’a fourni qu’un seul monétaire, dont le prénom est inconnu. C’était certainement un descendant du fameux tribun, puisque les monnaies sont frappées en son honneur. Ces monnaies qui datent de 709 (4, av. J.-C.) environ, peuvent être attribuées à M. Lollius M. f., probablement fils de Palicanus. et qui devint consul en 733 (21 av. J.-C.). Cinq ans plus tard, nous trouvons ce personnage comme légat en Gaule; il combattit