213AN – Sextans Anonyme

213AN – Sextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, coiffée du pétase, au-dessus marque de valeur composée de deux globules. Revers : ROMA Proue de navire à droite, à droite marque de valeur composée de deux globules et au-dessus une corne d’abondance. Bibliothèque nationale de France 4.48g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 207 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 58/7a La corne d’abondance (cornu copiae en latin) est un objet mythologique en forme de corne de ruminant ou de coquille de triton utilisé par Ploutos, le dieu grec de la richesse et de l’abondance. La Corne d’Abondance est un symbole bien connu de l’abondance, de la fécondité, de la fertilité et de la joie. Les Cornes d’Abondance sont très fréquemment représentées sur les monnaies antiques en général et sur les monnaies romaines en particulier. Certains auteurs de l’antiquité ont identifié la corne d’abondance comme étant la corne d’Amalthée, la chèvre nourricière de Jupiter enfant. D’autres auteurs antiques prétendent que la corne d’abondance est celle que Hercule prit sur la tête d’Acheloüs lors de sa rencontre avec ce monstre protéen, et que les nymphes prirent pour la convertir en corne d’abondance. Corne d’Abondance
203AN – Sextans Anonyme

203AN – Sextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, coiffée du pétase, au-dessus marque de valeur composée de deux globules. Revers : ROMA Proue de navire à droite, au-dessous marque de valeur composée de deux globules et au-dessus un croissant. British Museum 4.69g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 207 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 57/7 – Syd. 221d La présence du croissant de lune sur cette monnaie peut avoir plusieurs significations, qui ne sont pas toujours exclusives et peuvent se superposer : Symbole de Diane/Luna : Le croissant de lune est l’attribut principal de la déesse Luna (la lune personnifiée) ou de Diane, déesse de la chasse, des forêts et, en tant qu’Artémis grecque, souvent associée à la lune. Sa présence pourrait symboliser la protection divine de ces déesses sur les actions de Rome, notamment les campagnes militaires nocturnes ou les voyages. Bien que Jupiter et Victoria soient les figures principales, des symboles secondaires peuvent faire référence à d’autres divinités importantes. Symbole cosmique et de bon augure : Dans l’Antiquité, les corps célestes comme le soleil et la lune étaient des symboles puissants, souvent associés à la fortune, au destin et à la durée. Un croissant de lune pouvait être un signe de bon augure, de croissance ou de renouveau, suggérant un avenir prospère pour Rome. Il peut aussi simplement représenter l’ordre cosmique sous la protection des dieux. Marque du monétaire ou de la famille : Bien que cette monnaie soit souvent classé comme une émission « anonyme » sans nom de monétaire explicite, il est possible que le croissant de lune ait servi de marque de contrôle ou de symbole personnel du magistrat monétaire responsable de cette frappe, ou de sa famille (gens). À l’époque républicaine, les magistrats monétaires utilisaient souvent des symboles pour distinguer leurs émissions ou faire référence à leur lignée. Le croissant de lune pourrait être un cognomen (surnom) ou un signum (signe distinctif) lié à la famille du monétaire. Référence à un événement spécifique : Moins courante pour les symboles permanents comme le croissant, mais pas impossible : la présence d’un symbole peut parfois faire allusion à un événement particulier, comme une bataille ayant eu lieu de nuit, ou un événement dont la date coïncide avec une phase lunaire spécifique. Cependant, il est plus probable que le croissant ait une signification symbolique plus générale.
464AN – Sextans Anonyme

464AN – Sextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, coiffée du pétase, au-dessus marque de valeur composée de deux globules. Revers : ROMA Proue de galère tournée à droite, au-dessous marque de valeur composée de deux globules et au-dessus une étoile. Wien, Münzkabinett, 5.75g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 206-195 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Référence : RRC 113/6 La présence d’une étoile sur cette monnaie peut avoir plusieurs significations, car ce symbole est polyvalent dans l’iconographie romaine. Voici les interprétations les plus courantes : Marque d’atelier ou de série : L’étoile peut être une marque monétaire utilisée par l’atelier de frappe pour identifier un atelier spécifique, un magistrat monétaire, ou pour distinguer une série de monnaies d’une autre. Symbole divin et de déification : L’étoile est souvent un symbole de la sphère céleste et de la divinité. Elle peut représenter la présence des dieux ou, plus tard sous l’Empire, l’ascension de l’empereur au rang de divin après sa mort. L’étoile est associée à la gloire et à l’immortalité. Référence mythologique : Sur certaines monnaies, une ou plusieurs étoiles peuvent faire référence à une constellation ou à un mythe. Par exemple, deux étoiles peuvent symboliser les Dioscures, Castor et Pollux, qui étaient considérés comme les protecteurs de Rome. Symbole de la victoire ou de la bonne fortune : L’étoile peut être un symbole de la victoire ou de la bonne fortune pour l’État romain. Elle peut être associée à un événement victorieux ou à un règne prospère. Dans le contexte de cette monnaie, datant de la République romaine (environ 206-195 av. J.-C.), l’interprétation la plus probable est celle d’une marque d’émission. À cette époque, l’étoile sur une monnaie était souvent un signe distinctif pour le magistrat monétaire responsable de la frappe ou un marqueur de la série de pièces. Elle permettait de distinguer une émission d’une autre.
691AN – Sextans Anonyme

691AN – Sextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, avec le pétase ailé; en haut, marque de valeur composée de deux globules. Revers : (TP) ou (PT) / ROMA Proue de navire à droite ; devant marque de valeur composée de deux globules. Badian Collection, Rutgers University 5.16g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 169-158 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 177/5 – Syd. 353d La légende P T (ou T P) est considérée par les numismates comme un symbole ou un monogramme de magistrat monétaire. Fonction de la légende : Sous la République Romaine, ces lettres servent à identifier les responsables de la frappe (les tresviri monetales), ou parfois à marquer un atelier monétaire secondaire ou une série spécifique. Identité spécifique (PT / TP) : Dans ce cas précis, l’identité du magistrat monétaire qui a utilisé cette abréviation n’est pas connue avec certitude (d’où la classification d’émission « anonyme »). Les chercheurs ont émis des hypothèses sur les familles possibles (comme Papirius Turdus ou autres combinaisons de praenomen et nomen), mais aucune n’a fait consensus pour attribuer définitivement la frappe à un individu ou une gens spécifique.
818SC – Sextans Scribonia – Caius Scribonius

818SC – Sextans Scribonia – Caius Scribonius Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, avec le pétase ailé; en haut marque de valeur composée de deux globules. Revers : C. SCR. ROMA (Caius Scribonius. Rome) Proue de navire à droite ; devant marque de valeur composée de deux globules. British Museum 2.86g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 154 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Scribonia Référence : RRC 201/6 Le monétaire de cette monnaie, portant l’inscription C. SCR, est Caius Scribonius. L’identité exacte et la carrière de ce Caius Scribonius spécifique ne sont pas connues avec certitude, car les inscriptions monétaires de cette période (154 av. J.-C.) ne fournissent que des abréviations. Cependant, les numismates et historiens proposent l’hypothèse suivante : Hypothèse la plus probable : Il est généralement supposé qu’il pourrait être le fils de Caius Scribonius Curio, un homme politique plus célèbre de la Gens Scribonia. Le Caius Scribonius Curio père eut une carrière connue : Édile en 196 av. J.-C. Préteur en 193 av. J.-C. Curio Maximus (une charge religieuse) en 174 av. J.-C. Quant au monétaire lui-même (Caius Scribonius, actif en 154 av. J.-C.), on sait seulement qu’il faisait partie des tresviri monetales (les trois magistrats monétaires) de cette année-là, mais sa carrière politique ultérieure n’est pas documentée. Il est important de noter que cette monnaie appartient à une période où les monétaires commençaient tout juste à identifier leurs émissions avec leurs initiales (C. SCR), s’éloignant progressivement du monnayage purement anonyme qui dominait auparavant. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Scribonius Curio. Monétaire vers 550 (204 av. J.-C.) Ce personnage désigné, sur les monnaies, seulement par Caius Scribonius, est probablement C. Scribonius Curio, déjà mentionné ci-dessus comme chef de la branche des Curiones. Il fut édile en 558 (196 av. J.-C.), préteur en 561 (193 av. J.-C.), et curio maximus en 580 (174 av. J.-C.) . Les fonctions de cario maximus (chef des prêtres de la curie) étaient une dignité sacerdotale inférieure à celle de summus pontifex; jusqu’en 545 (209 av. J.-C.) elle était réservée aux patriciens : le premier plébéien qui en fut investi fut C. Mamilius Atellus.Le denier de C. Scribonius Curio est de même style que ceux de L. Itius et de C. Junius C. f. ses collègues comme magistrats monétaires, vers l’an 550 (204 av. J -C.).
883SE – Sextans Sempronia – Lucius Sempronius Pitio

883SE – Sextans Sempronia – Lucius Sempronius Pitio Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, avec le pétase ailé; en haut marque de valeur composée de deux globules. Revers : L·SEMP // ROMA (Lucius Sempronius. Rome) Proue de navire à droite, devant marque de valeur composée de deux globules. British Museum 4.56g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 148 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Sempronia Référence : RRC 216/6 Le monétaire associé à cette monnaie est Lucius Sempronius Pitio. Nom complet : Lucius Sempronius Pitio Fonction : Triumvir Monetalis (membre du collège de trois magistrats chargés de la frappe des monnaies, appelé les « trois monétaires » ou III Vir Monetales). Date d’activité : Vers 148 av. J.-C. Lieu de frappe : Rome. Gens (Famille) : Il appartenait à la gens Sempronia, une famille romaine très ancienne. Points clés : Discrétion historique : Malgré l’importance de son rôle en tant que monétaire, L. Sempronius Pitio n’est pas mentionné dans les œuvres littéraires des auteurs antiques (comme Tite-Live ou Plutarque). L’essentiel de ce que nous savons de lui provient de ses monnaies. Collège monétaire : L’analyse numismatique suggère qu’il faisait partie du même collège de monétaires que M. Atilius Saranus et Q. Marcius Libo cette année-là. Ses monnaies : Ses émissions comprennent le denier et des monnaies de bronze, toutes frappées à Rome. Le denier porte son cognomen (PITIO à l’avers) et une partie de son nomen (L. SEMP au revers). Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon L. Sempronius Pitio. Monétaire vers 580 (174 av. J.-C.) On ne connaît, avec le cognomen de Pitio, que ce L. Sempronius qui, d’ailleurs, n’est pas mentionné dans les auteurs. Le style de ses monnaies prouve qu’il fit partie du même collège monétaire que M. Atilius Saranus et Q. Marcius Libo.
579AN – Sextans Anonyme

579AN – Sextans Anonyme Avers : Anépigraphe Tête de Mercure à droite, coiffée du pétase, au-dessus marque de valeur composée de deux globules. Revers : (MD) / ROMA Proue de galère tournée à droite, à droite marque de valeur composée de deux globules et au-dessus un taureau. Bibliothèque nationale de France 4.46g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 189-180 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Anonyme Références : RRC 142/5 – Syd. 299d Monogramme MD : Il s’agit d’une marque de contrôle ou d’un monogramme lié au monétaire républicain (Republican Moneyer). Dans la numismatique romaine, les monogrammes comme MD (potentiellement les initiales d’un nom comme Manius ou Marcus suivi d’un cognomen, ou une abréviation contractée) servaient à identifier le responsable de l’émission. Le taureau (bull) est un symbole complémentaire, souvent placé au-dessus de la proue, symbolisant peut-être force ou fertilité, et associé au même émetteur. Ce n’est pas une légende complète, mais un monogramme compact (souvent entrelacé : M et D superposés ou liés), typique des bronzes républicains pour éviter l’encombrement du design. Le monétaire « MD » reste anonyme, mais il pourrait être lié à des familles plébéiennes impliquées dans les finances romaines de l’époque.
020AN – Semuncia Anonyme

020AN – Semuncia Anonyme Avers : Anépigraphe Gland. Revers : Anépigraphe Marque de valeur Σ. BnF 14.65g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 280 – 276 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux coulé Gens : Anonyme Références : RRC 14/7 – Syd. 14 Le poids théorique d’une semuncia libral aurait dû être la moitié d’une once, soit environ 11.4 grammes. Comme pour les autres dénominations de cette série « supralibrale », les poids observés peuvent varier légèrement. Le chêne était un arbre sacré pour les Romains, associé à Jupiter et symbolisant la force et la durabilité. Le gland pourrait avoir une signification religieuse ou représenter une ressource naturelle importante.
1457AN – Sesterce Antia – Caius Antius Restio

1457AN – Sesterce Antia – Caius Antius Restio Avers : C·ANTIVS (Caius Antius) Buste de Mercure à droite, avec le pétase ailé et le caducée. Revers : RESTIO Autel allumé et orné de guirlandes. Bibliothèque nationale de France 0.56g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 47 avant J.C. Matière : Argent Gens : Antia Références : RRC 455/5 – B.5 (Antia) L’analyse du symbolisme et du contexte historique de ce sesterce nous permet de comprendre comment la gens Antia cherchait à se positionner dans le climat tumultueux de la fin de la République. 1. Symbolisme Iconographique : La Piété et la Tradition Contrairement au denier (RRC 455/1) qui met en avant un portrait familial réaliste, ce sesterce utilise des codes religieux et mythologiques : Avers : Tête de Mercure (pétase ailé et caducée) Le Messager et le Commerce : Mercure est le dieu des échanges. Sa présence sur un sesterce — une dénomination destinée aux transactions courantes — souligne l’importance de la stabilité économique. Négociation et Paix : Le caducée sur l’épaule est un symbole de diplomatie. Dans le contexte de 47 av. J.-C., cela peut être vu comme un espoir de réconciliation après les déchirements civils. Revers : L’Autel allumé et orné de guirlandes La Pietas : L’autel (ara) est l’un des symboles les plus forts de la piété romaine. Il représente le respect des rites et des engagements envers les dieux. Lien avec la famille : Les Antii revendiquaient une origine mythique (descendance d’Antiades, fils d’Hercule). L’autel souligne la légitimité religieuse de cette famille de « noblesse » récente (hommes nouveaux). 2. Contexte Historique : La Dictature de César (47 av. J.-C.) Le contexte de production est celui d’une Rome en pleine mutation : L’année de frappe : En 47 av. J.-C., Jules César est au sommet de son pouvoir. Le monétaire, C. Antius Restio, est un partisan de César. Frapper de la petite monnaie en argent (sesterces) à cette date répond à un besoin de liquidités tout en affirmant une continuité avec les valeurs ancestrales de la République. La Lex Antia Sumptuaria : La famille Antia était célèbre pour sa rigueur morale. Le père du monétaire avait fait voter une loi contre le luxe excessif des banquets. Comme l’indique LesDioscures.com, l’austérité des symboles choisis (un autel, des divinités classiques) sert de rappel de cette vertu familiale face à la corruption et au luxe de l’époque. 3. Importance Numismatique Ce sesterce est une pièce rare et technique (je n’ai observé qu’un seul exemplaire). À cette époque, la production de sesterces en argent devenait sporadique avant de disparaître au profit du bronze sous Auguste. Son message est clair : la famille Antia, bien que fidèle à César, reste la gardienne des anciennes mœurs romaines (mos maiorum). Le monétaire derrière ce sesterce est Caius Antius Restio (souvent écrit C. Antius Restio). Bien que l’histoire n’ait retenu que peu de détails sur sa carrière politique personnelle, son identité et son prestige reposent sur deux piliers : son héritage législatif familial et son allégeance politique. Voici les informations clés sur ce personnage : 1. Un héritage de rigueur : le fils du législateur Caius Antius Restio est le fils d’un tribun de la plèbe homonyme, célèbre pour avoir fait voter la Lex Antia Sumptuaria vers 71-68 av. J.-C. La loi somptuaire : Cette loi visait à limiter les dépenses excessives lors des banquets et interdisait aux magistrats en exercice de dîner chez des tiers pour éviter la corruption. La réputation : Le père était tellement rigoureux qu’il aurait refusé de dîner à l’extérieur après le vote de sa loi pour ne pas voir ses propres principes bafoués. Le monétaire de 47 av. J.-C. utilise son monnayage (notamment le denier RRC 455/1 avec le portrait de son père) pour capitaliser sur cette image d’austérité et de probité. 2. Un « Homme Nouveau » (Homo Novus) La gens Antia n’était pas issue de la vieille noblesse patricienne de Rome. C’était une famille de rang sénatorial mais de statut « nouveau ». Affirmation généalogique : Pour compenser ce manque d’ancêtres consuls, Restio met en avant sur ses monnaies (comme le souligne LesDioscures.com) une origine mythique prestigieuse : la descendance d’Antiades, fils d’Hercule. C’est pour cette raison que Hercule apparaît souvent sur ses émissions. 3. Allégeance à Jules César En 47 av. J.-C., on ne devient pas monétaire sans l’aval du pouvoir en place. Soutien césarien : Restio était un partisan de Jules César. Sa nomination au poste de magistrat monétaire pendant la dictature de César montre qu’il faisait partie des cadres de confiance chargés de réorganiser les finances de l’État après la phase la plus aiguë de la guerre civile. Le titre : Il signe ses pièces avec son nom et parfois son titre, bien que sur les sesterces, la place limitée ne laisse souvent voir que C. ANTIVS ou RESTIO. 4. Le surnom « Restio » Le cognomen (surnom) Restio a une origine humble et artisanale. Signification : Il dérive du latin restis (corde), désignant à l’origine un fabricant ou un marchand de cordes. Symbolisme : Paradoxalement, porter un tel nom à une époque de luxe effréné soulignait l’attachement de la famille aux racines laborieuses et traditionnelles de Rome, renforçant l’image de « gardien des mœurs » héritée de son père. En résumé : C. Antius Restio est un magistrat qui utilise le métal précieux pour faire de la politique. À travers son sesterce, il ne fait pas que frapper monnaie : il rappelle à Rome que, malgré les guerres civiles, sa famille incarne la loi, la piété et la tradition. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Très ancienne et d’origine plébéienne, la gens Antia compte parmi ses membres les plus illustres, Sp. Antius qui fut envoyé avec trois autres Romains, en qualité d’ambassadeur, à Lar Tolumnius, roi de Véies, l’an 316 (438 av. J.-C.). Les ambassadeurs furent assassinés et, en souvenir de leur malheur, on leur érigea des statues sur le Forum. Plus tard, les membres, de la gens Antia se
1255RU – As Rubria – Lucius Rubrius Dossenus

1255RU – As Rubria – Lucius Rubrius Dossenus Avers : Anépigraphe Double tête composée d’une figure d’Hercule avec la peau de lion, et de la tête de Mercure avec le pétase allé; quelquefois, devant la figure d’Hercule, une massue, et devant la tète de Mercure, un caducée. Revers : L. RVBRI. DOSSEN. (Lucius Rubrius Dossenus) Proue de navire à droite, en partie dissimulée par un temple à deux colonnes et à fronton triangulaire; dans le temple, un autel de forme ronde autour duquel un serpent est enroulé. British Museum 13.16g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 87 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Rubria Références : RRC 348/6 – B.6 (Rubria) – Syd.710 👤 Le Monétaire : L. Rubrius Dossenus Nous avons peu de détails biographiques directs sur L. Rubrius Dossenus, mais les informations numismatiques et historiques nous permettent d’établir ceci : Période d’activité : Il a frappé monnaie en 87 av. J.-C., une période extrêmement instable à Rome, marquée par les guerres civiles et les luttes entre Marius et Sylla. Identité potentielle : Certains historiens, comme Ernest Babelon, suggèrent qu’il pourrait être le même personnage qu’un certain L. Rubrius, un sénateur mentionné comme ayant été fait prisonnier lors de la prise de Corfinium par Jules César au début de la guerre civile en 49 av. J.-C. (si cette identification est correcte, cela ferait de lui un homme qui a vécu de grandes époques de l’histoire romaine). La Gens Rubria : Il appartenait à la Gens Rubria (la famille Rubria), une famille d’origine plébéienne. Un membre de cette gens, un certain Rubrius, fut tribun de la plèbe avec Caius Gracchus en 123 av. J.-C. 🛡️ Avers : Têtes de Mercure et Hercule L’avers présente une tête bifrons (à deux faces) inhabituelle pour un As, qui n’est pas Janus, mais une association de deux autres divinités importantes : Divinités : La tête bifrons est celle d’Hercule (Hercules) et de Mercure (Mercurius). Hercule : Souvent la tête à gauche, laurée ou portant la peau de lion (bien que peu visible ici). Il symbolise la force et l’effort victorieux. Mercure : Souvent la tête à droite, reconnaissable à son pétase (chapeau ailé) ou son bonnet. Il est le dieu du commerce et des messagers. Symboles : Derrière la tête d’Hercule (à gauche) : Une massue (club). Derrière la tête de Mercure (à droite) : Un caducée. ⛵ Revers : Proue et Sanctuaire d’Esculape Le revers est l’endroit où le monétaire intègre son message civique spécifique : Image Principale : Proue de navire (prora) orientée vers la droite. C’est le type traditionnel des revers des As romains. Symbole Aditionnel : La proue est représentée émergeant de derrière un petit sanctuaire (small shrine) qui contient : Un autel guirlandé. Un serpent enroulé autour de cet autel. Légende : L • RVBRI DOSSEN (ou une forme abrégée) en dessous. Signification : Le serpent enroulé autour de l’autel est l’attribut d’Esculape (Aesculapius), dieu de la guérison. Ce motif fait allusion à la victoire de Rome sur une maladie ou une peste, et lie le monétaire aux thèmes de la santé publique et de la protection divine, un message récurrent dans cette émission (voir RRC 348/4 et 348/5). Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La première fois que l’on voit apparaître la gens Rubria dans l’histoire, c’est lorsqu’il est fait mention d’un Rubrius qui fut tribun du peuple en même temps que C. Gracchus en 631 (123 av. J.-C.), et proposa d’établir une colonie romaine à Carthage. On cite plus tard Q. Rubrius Varro, déclaré ennemi public avec Marius en 666 (88 av. J.-C.); un autre Rubrius, ami de Verrès et complice de ses exactions en Sicile; enfin, Rubrius Ruga, un des meurtriers de César.La numismatique n’enregistre que le nom de L. Rubrius Dossenus qui paraît être le même personnage que le sénateur L. Rubrius, fait prisonnier à la prise de Corfinium, au commencement de 705 (49 av. J.-C.). Ses monnaies peuvent dater de l’an 671 (83 av. J.-C.). Leurs types sont fort intéressants : on y voit, au droit, les trois grandes divinités du Capitole, Jupiter, Junon et Pallas ou Rome, et au revers, les chars honorifiques de ces trois divinités, surmontés d’une Victoire; ce char triomphal ou tensa, rappelle les jeux du cirque et l’entrée solennelle des chars; Cavedoni croit que ce type a été choisi parce que la loi Rubria-Acilia, mentionnée dans une inscription, fait allusion à cette grande solennité. Rappelons que le char du revers de ces pièces ressemble à celui qu’on voit plus tard sur des deniers d’Auguste (Julia, 119).Les types du quinaire de L. Rubrius Dossenus n’ont pas été jusqu ‘ici suffisamment expliqués. La Victoire se rapporte aux fêtes populaires dont il vient d’être question. L’autel entouré d’un serpent est l’autel d’Esculape, dans l’île du Tibre. Quant à la tête de Neptune, nous ne pouvons l’expliquer qu’en la rapprochant de la proue de navire qui paraît sur l’as n. 6 et sur le sextans n. 9 : elle rappelle le voyage maritime que dut faire un ancêtre du monétaire, allant chercher Esculape à Epidaure ; pour faire cesser la peste qui désola Rome en 461 (293 av. J.-C.), les livres sibyllins avaient conseillé d’introduire à Rome le culte du dieu grec et de lui bâtir un temple. Une légende analogue est racontée au sujet de l ‘introduction à Rome du culte de Cybèle, la grande déesse de Pessinunte, et ce fait est également traduit sur des médailles de la famille Volteia. Au revers de l’as n. 6 et du sextans n. 9, figure le même autel d ‘Esculape que sur le quinaire; le temple d’Esculape est aussi sur l ‘as n. 6 et sur le sextans n. 9; la proue de navire fait enfin, comme la tête de Neptune sur le quinaire, allusion au vaisseau qui amena d ‘Epidaure à Rome le dieu de la médecine sous la forme d’un serpent. On est ainsi amené à supposer que L. Rubrius Dossenus et M. Eppius dont les