1481CA – Sesterce Carisia – Titus Carisius

1481CA – Sesterce Carisia – Titus Carisius Avers : T. CARISIVS (Titus Carisius) Tête de Pan à droite. Revers : III VIR (Triumvir) Panthère tenant un thyrse, à droite. British Museum 0.99g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 46 avant J.C. Matière : Argent Gens : Carisia Références : RRC 464/7a – B.12 (Carisia) Symbolisme : Une Ode à Bacchus (Dionysos) Ce sesterce se distingue radicalement des autres émissions de Titus Carisius (qui montrent souvent Junon Moneta ou les outils de frappe). Ici, l’iconographie est purement dionysiaque. Avers (Tête de Pan) : Pan est une divinité de la nature sauvage, des bergers et des troupeaux. Dans la mythologie, il est un compagnon fidèle du cortège de Dionysos (Bacchus pour les Romains). Sa présence annonce souvent une thématique liée à la fête, à l’abondance ou à la nature indomptée. Revers (Panthère et Thyrse) : La Panthère est l’animal favori de Bacchus. Elle symbolise la force sauvage maîtrisée par le dieu. Le Thyrse est l’attribut par excellence de Bacchus : un bâton entouré de feuilles de lierre ou de vigne et surmonté d’une pomme de pin. Il représente la prospérité et l’extase religieuse. Interprétation : L’association de ces trois éléments (Pan, Panthère, Thyrse) forme un message cohérent célébrant Liber Pater (l’équivalent romain de Bacchus/Dionysos). Ce dieu était associé à la liberté civile et à la fertilité. Contexte Historique : L’Année 46 av. J.-C. Pour comprendre cette frappe, il faut la replacer dans l’ambiance électrique de Rome en 46 av. J.-C. 1. La Domination de César C’est une année charnière. Jules César, alors dictateur, célèbre son quadruple triomphe (sur la Gaule, l’Égypte, le Pont et l’Afrique). Rome est en effervescence, gorgée de butin et de festivités gigantesques. Les monétaires de cette année (Titus Carisius, mais aussi Cordius Rufus et Considius Paetus) frappent massivement monnaie pour payer les légions et financer ces célébrations. Tandis que les deniers de Carisius célèbrent la Victoire ou l’atelier monétaire lui-même, ce petit sesterce rare semble avoir une fonction plus spécifique. 2. Pourquoi Bacchus ? Lien avec les jeux ou la famille ? Les jeux du Triomphe : Les triomphes de César incluaient des défilés d’animaux exotiques et des spectacles grandioses. La panthère pourrait évoquer ces bêtes sauvages présentées au peuple, ou les jeux scéniques (ludi) donnés en l’honneur des dieux. Origine Familiale (Hypothèse) : Comme le note LesDioscures.com, la famille Carisia est mal connue avant cette date. Il est possible que ce type monétaire fasse référence à une dévotion privée de la gens Carisia envers Liber Pater, ou à une origine régionale spécifique (peut-être liée aux Volcae près d’Avignon, où le culte du vin et de la vigne était présent, si l’on suit la piste de l’inscription d’Avignon mentionnée par Babelon). Propagande Césarienne : Marc Antoine, lieutenant fidèle de César, s’associera plus tard fortement à Dionysos. Il n’est pas impossible que des courants dionysiaques aient été en vogue dans l’entourage césarien comme symbole de l’Âge d’Or qui revenait. L’identité exacte de Titus Carisius reste en partie mystérieuse, car il appartient à une famille (gens Carisia) qui n’apparaît dans l’histoire de Rome qu’à la toute fin de la République. Voici ce que l’on sait sur ce magistrat influent : 1. Son rôle de Triumvir Monétaire En 46 av. J.-C., Titus Carisius occupe la fonction de III VIR AAAFF (Triumvir Auro Argento Aere Flando Feriundo), c’est-à-dire l’un des trois magistrats chargés de la fonte et de la frappe des monnaies d’or, d’argent et de bronze. Il partage ce collège monétaire avec Manius Cordus Rufus et Caius Considius Paetus. Son mandat coïncide avec le retour triomphal de Jules César à Rome après ses victoires en Afrique (bataille de Thapsus). 2. Un fervent partisan de Jules César Titus Carisius n’est pas un simple fonctionnaire ; son monnayage montre qu’il est un allié politique dévoué à César. À travers ses émissions (comme le denier à la Sibylle ou celui à la Victoire), il participe activement à la construction du culte de la personnalité de César. Il utilise la monnaie comme un outil de propagande pour célébrer le quadruple triomphe de César (Gaule, Égypte, Pont et Afrique). 3. Hypothèses biographiques Le peu d’informations biographiques à son sujet provient de croisements épigraphiques et historiques : Origines possibles : Une inscription trouvée à Avignon suggère qu’un certain T. Carisius aurait été préteur des Volques (un peuple gaulois). Cela pourrait indiquer que sa famille avait des liens avec la Gaule transalpine, peut-être grâce à la clientèle de César. Confusion historique : Les auteurs anciens (et certains historiens modernes) le confondent souvent avec son fils (ou parent proche), Publius Carisius. Ce dernier fut légat d’Auguste en Espagne et fonda la ville d’Emerita Augusta (Mérida) après avoir vaincu les Astures en 25 av. J.-C. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon Les Carisii n’avaient pas de cognomen, et leur famille n’apparaît dans l’histoire que vers la fin de la République. Les deux seuls membres connus ont frappé monnaie : c’est T. Carisius et P. Carisius, personnages qui ont souvent été confondus par les historiens. T. Carisius. Monétaire vers l’an 706 (48 av. J.-C.) Ce personnage fut monétaire sous Jules César; on ne sait à peu près rien de son histoire, et les auteurs anciens l’ont souvent confondu avec son fils P. Carisius, chargé plus tard de faire la guerre en Espagne. Toutefois, une inscription de l’époque de la République, trouvée à Avignon et conservée au musée de cette ville porte : T. CARISIVS. T. F, PR. VOLCAR. DAT. Ce T. Carisius, préteur des Volkes, est probablement notre monétaire.Sur ses médailles, nombreuses et intéressantes, il prend quelquefois le titre de triumvir monetalis, avec la mention senatus consulto. Sur le n. 1, on voit la tête de Junon Moneta, déesse dans le temple de laquelle était établi l’atelier monétaire de Rome; au revers, sont gravés les emblèmes de la charge de monétaire : le coin, les tenailles, l’enclume et le marteau. Le coin monétaire, de forme conique, est entouré d’une couronne de laurier, comme le bonnet de Vulcain qu’on voit sur des monnaies
1218TI – Quadrans Titia – Quintus Titius

1218TI – Quadrans Titia – Quintus Titius Avers : Anépigraphe Masque de Silène barbu et couronné de lierre, à droite; derrière, trois points. Revers : Q. TITI. (Quintus Titius) Masque barbu de Pan, avec des oreilles de chèvre, à droite. Bibliothèque nationale de France 4.56g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Titia Références : RRC 341/7 – B.7 (Titia) – Syd.697 👤 Le Monétaire Q. Titius Fonction : Monétaire (un des magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Date d’activité : Vers 90 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission de monnaie a eu lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure et de réformes importantes pour la citoyenneté romaine. Identité Personnelle : On ne sait pas avec certitude qui était ce Quintus Titius. Certains chercheurs suggèrent qu’il pourrait être identifié à un certain Q. Titius mentionné par Plutarque comme s’occupant de commerce, qui serait venu voir Sylla en 86 av. J.-C., mais cette identification reste hypothétique. 🏛️ La Gens Titia et les Monnaies La famille (ou gens) Titia était d’origine plébéienne et n’a accédé à une visibilité politique significative que très tardivement dans l’histoire de la République. Aucun de ses membres n’a atteint le consulat avant la fin de la République. 🌳 Le Thème Rustique et Bacchanal Le Quadrans est le plus exotique du monnayage de bronze de Q. Titius, en raison de son iconographie : Silène et Pan : Ces deux figures sont des divinités rustiques, associées à la nature, à l’ivresse et aux cortèges de Bacchus (Dionysos). Leur présence fait écho au denier RRC 341/2 qui représente Liber/Bacchus. Lien avec Mutinus Titinus : Le Mutinus Titinus des deniers (RRC 341/1) est une divinité de la fertilité. L’ensemble des types de Q. Titius—Mutinus Titinus, Liber/Bacchus, Cérès, Silène, et Pan—crée une série thématique centrée sur les divinités chthoniennes, rustiques et de la fertilité. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Titia, d’origine plébéienne, était néanmoins sénatoriale dès le VIle siècle de Rome. On trouve Sex. Titius, tribun du peuple en 665 (89 av. J.-C.); il se montra le vengeur de Saturninus et de Glaucia tués l’année précédente. A la même époque, vivait un de ses parents, C. Titius, orateur distingué. Nous citerons encore M. Titius un des chefs de la flotte romaine, qui fut fait prisonnier en l’an 714 (40 av. J.-C.) par Sex. Pompée, sur les côtes de la Gaule Narbonnaise. On le trouve en Orient, dans la guerre des Parthes, sous les ordres de Marc Antoine, en 718 (36 av. J.-C.); il se rallia plus tard à Octave et fut consul suffectus, en 723.Les médailles donnent le seul nom de Q. Titius, monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) avec C. Vibius Pansa. Mais on ne sait quel est ce personnage, à moins qu’on ne l’identifie avec Q. Titius qui s’occupait de négoce, et vint, selon Plutarque, trouver Sylla en 668 (86 av. J.-C.) après la bataille de Chéronée.Sur le denier n. 1, on voit la tête du dieu Mutinus ou Mutunus Tilinus, surnom de Priape; c’est un type parlant, faisant allusion au nom de famille Titius. Dans la même intention, le chef gaulois Tatinos a reproduit aussi cette tête avec une barbe cunéiforme et des ailerons, sur ses monnaies. Festus rapporte que le dieu Mutinus Titinus avait, à Rome, un temple où les matrones romaines venaient sacrifier, revêtues de robes prétextes : les jeunes mariées étaient tenues d’offrir symboliquement à Mutinus Titinus le tribut de leur virginité. Le Pégase, au revers du même denier, se rapporte aussi à cette même divinité : c’est le type des monnaies de Lampsaque, ville où le culte de Priape était particulièrement en honneur. Sur le denier n. 2, figure la tête de Bacchus, ordinaire aussi sur des monnaies grecques de Lampsaque. L’analogie de ces types s’explique « non par une intention d’imitation servile de la part de l’artiste romain, mais par une communauté de culte entre les deux villes Rome et Lampsaque, communauté qui devait produire des figures semblables pour les mêmes divinités’ » Le Cabinet des Médailles possède un buste de marbre, à double tête comme Janus, dont une des têtes est celle de Bacchus imberbe et couronné de lierre, et l’autre, celle du dieu priapique Mutinus Titinus, ailée, avec la barbe cunéiforme. L’association de ces deux têtes montre le rapport qui existait entre le culte de Bacchus et celui de Mutinus Titinus, le Priape romain.
1217TI – Triens Titia – Quintus Titius

1217TI – Triens Titia – Quintus Titius Avers : Anépigraphe Masque barbu de Pan, avec des oreilles de chèvre et couronné de lierre, à droite ; derrière marque de valeur composée de quatre globules. Revers : Q. TITI (Quintus Titius) Cérès marchant à droite, tenant dans chaque main une torche allumée, et précédée d’un porc; le tout dans une couronne de laurier. British Museum 4.09g INDICE DE RARETE : 10+ 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Alliage cuivreux Gens : Titia Références : RRC 341/6 – B.6 (Titia) 👤 Le Monétaire Q. Titius Fonction : Monétaire (un des magistrats chargés de la frappe des monnaies à Rome). Date d’activité : Vers 90 av. J.-C. Contexte Historique : Son émission de monnaie a eu lieu pendant la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), une période de crise majeure et de réformes importantes pour la citoyenneté romaine. Identité Personnelle : On ne sait pas avec certitude qui était ce Quintus Titius. Certains chercheurs suggèrent qu’il pourrait être identifié à un certain Q. Titius mentionné par Plutarque comme s’occupant de commerce, qui serait venu voir Sylla en 86 av. J.-C., mais cette identification reste hypothétique. 🏛️ La Gens Titia et les Monnaies La famille (ou gens) Titia était d’origine plébéienne et n’a accédé à une visibilité politique significative que très tardivement dans l’histoire de la République. Aucun de ses membres n’a atteint le consulat avant la fin de la République. 💡 Signification du Revers Ce revers est particulièrement intéressant car : Cérès (Déesse de l’Agriculture) : Cérès est souvent associée à Liber (ou Bacchus) et Libera (ou Proserpine/Perséphone). Elle était la déesse qui présidait aux céréales, aux récoltes et à la vie. Lien avec Liber : On trouve Liber/Bacchus sur un autre type de denier de Q. Titius (RRC 341/2). L’association de Cérès sur le bronze avec Liber sur l’argent suggère une cohérence thématique dans l’émission liée aux divinités du vin et de la terre. Torches : Cérès tient deux torches, souvent en référence à son périple à travers le monde pour retrouver sa fille Proserpine, enlevée par Pluton. Contrairement à l’As, le Semis (Apollon/Minerve) et le Triens (Minerve/Cérès) de Q. Titius délaissent la proue de navire traditionnelle pour introduire des types parlants ou des divinités thématiques, ce qui rend cette émission de bronze plus riche en iconographie que la plupart des monnayages divisionnaires de l’époque. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon La famille Titia, d’origine plébéienne, était néanmoins sénatoriale dès le VIle siècle de Rome. On trouve Sex. Titius, tribun du peuple en 665 (89 av. J.-C.); il se montra le vengeur de Saturninus et de Glaucia tués l’année précédente. A la même époque, vivait un de ses parents, C. Titius, orateur distingué. Nous citerons encore M. Titius un des chefs de la flotte romaine, qui fut fait prisonnier en l’an 714 (40 av. J.-C.) par Sex. Pompée, sur les côtes de la Gaule Narbonnaise. On le trouve en Orient, dans la guerre des Parthes, sous les ordres de Marc Antoine, en 718 (36 av. J.-C.); il se rallia plus tard à Octave et fut consul suffectus, en 723.Les médailles donnent le seul nom de Q. Titius, monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) avec C. Vibius Pansa. Mais on ne sait quel est ce personnage, à moins qu’on ne l’identifie avec Q. Titius qui s’occupait de négoce, et vint, selon Plutarque, trouver Sylla en 668 (86 av. J.-C.) après la bataille de Chéronée.Sur le denier n. 1, on voit la tête du dieu Mutinus ou Mutunus Tilinus, surnom de Priape; c’est un type parlant, faisant allusion au nom de famille Titius. Dans la même intention, le chef gaulois Tatinos a reproduit aussi cette tête avec une barbe cunéiforme et des ailerons, sur ses monnaies. Festus rapporte que le dieu Mutinus Titinus avait, à Rome, un temple où les matrones romaines venaient sacrifier, revêtues de robes prétextes : les jeunes mariées étaient tenues d’offrir symboliquement à Mutinus Titinus le tribut de leur virginité. Le Pégase, au revers du même denier, se rapporte aussi à cette même divinité : c’est le type des monnaies de Lampsaque, ville où le culte de Priape était particulièrement en honneur. Sur le denier n. 2, figure la tête de Bacchus, ordinaire aussi sur des monnaies grecques de Lampsaque. L’analogie de ces types s’explique « non par une intention d’imitation servile de la part de l’artiste romain, mais par une communauté de culte entre les deux villes Rome et Lampsaque, communauté qui devait produire des figures semblables pour les mêmes divinités’ » Le Cabinet des Médailles possède un buste de marbre, à double tête comme Janus, dont une des têtes est celle de Bacchus imberbe et couronné de lierre, et l’autre, celle du dieu priapique Mutinus Titinus, ailée, avec la barbe cunéiforme. L’association de ces deux têtes montre le rapport qui existait entre le culte de Bacchus et celui de Mutinus Titinus, le Priape romain.
1442VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa

1442VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa Avers : C.PANSA (Caius Pansa) Masque barbu de Pan à droite. Revers : ALBINVS BRVTI F (Albinus Bruti Filius, Albinus fils de Brutus) Deux mains jointes tenant un caducée ailé. Bibliothèque nationale de France 4.1g INDICE DE RARETE : 7 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gentes : Vibia, Junia et Postumia Références : RRC 451/1 – B.22 (Vibia) – Syd.944 Ce denier, frappé en 48 av. J.-C., est une monnaie fascinante qui capture un moment charnière de la guerre civile entre Jules César et Pompée. Voici l’analyse du symbolisme et du contexte historique de cette émission : 1. Le Masque de Pan (Avers) Le portrait de Pan est un exemple classique de « jeu de mots visuel » (type parlant) très apprécié par les magistrats monétaires romains. Référence familiale : Il s’agit d’une allusion directe au cognomen du magistrat C. Vibius Pansa. Le mot latin Pansa évoque quelqu’un « aux larges pieds », mais ici, le choix de la divinité Pan crée un lien phonétique et iconographique évident avec son nom. Nature sauvage et chaos : Pan, dieu de la nature sauvage et des bergers, est aussi à l’origine du mot « panique ». Son apparition en pleine guerre civile peut symboliser la force brute nécessaire pour rétablir l’ordre, ou simplement servir d’identifiant personnel pour Pansa. 2. Les Mains Jointes et le Caducée (Revers) Ce revers est l’un des plus chargés de sens politique de l’époque. La Concordia (Concorde) : Les deux mains droites jointes (dextrarum iunctio) sont le symbole universel de l’alliance, de la bonne foi (Fides) et de la réconciliation. Le Caducée : Attribut de Mercure, il représente la paix, la prospérité et la négociation diplomatique. Synthèse : L’association des mains et du caducée en 48 av. J.-C. est un message de propagande césarienne. Elle suggère qu’après le chaos de la guerre (représenté par Pan ou le contexte ambiant), le but de César est de restaurer la paix publique et l’harmonie entre les citoyens romains. 3. Le Contexte Historique : 48 avant J.-C. L’année de frappe est capitale pour comprendre l’ironie et la tension derrière cette pièce : La victoire de César : C’est l’année de la bataille de Pharsale, où César défait Pompée. Rome est sous son contrôle, et ses partisans (comme Pansa et Albinus) utilisent la monnaie pour stabiliser son image : il ne se présente pas comme un tyran, mais comme celui qui apporte la concorde. Un duo de monnayeurs paradoxal : La pièce est signée par C. Vibius Pansa et Albinus Bruti f. (Décimus Junius Brutus Albinus). Pansa restera fidèle à César jusqu’à sa mort au combat en 43 av. J.-C. Décimus Brutus, bien que très proche de César à cette époque, deviendra l’un de ses assassins quatre ans plus tard (aux Ides de Mars 44 av. J.-C.). Cette émission de 48 av. J.-C. est le fruit d’une collaboration entre deux magistrats aux destins croisés, tous deux proches de Jules César à cette époque. Voici les informations clés sur les deux monétaires ayant signé ce denier : 1. Gaius Vibius Pansa Caetronianus Gaius Vibius Pansa était un homo novus (homme nouveau), c’est-à-dire le premier de sa famille à atteindre les hautes sphères de l’État. Fidèle de César : Il a servi sous César en Gaule et a été un défenseur acharné de ses intérêts à Rome en tant que tribun de la plèbe en 51 av. J.-C. Carrière : Après avoir été magistrat monétaire en 48 av. J.-C., il devient gouverneur de la Bithynie et du Pont, puis de la Gaule Cisalpine. Consul en 43 av. J.-C. : Il atteint le sommet du cursus honorum aux côtés d’Aulus Hirtius. Après l’assassinat de César, il tente de maintenir une position modérée pour restaurer la République, mais il meurt de ses blessures après la bataille de Forum Gallorum contre Marc Antoine. Note numismatique : Il est probablement le fils (adoptif ou naturel) du monétaire C. Vibius Pansa qui avait frappé des monnaies similaires en 90 av. J.-C. (RRC 342). 2. Decimus Junius Brutus Albinus Souvent éclipsé par son cousin Marcus Junius Brutus (celui du célèbre « Tu quoque »), Décimus est pourtant une figure centrale et tragique. Le protégé de César : Il était l’un des lieutenants les plus appréciés du dictateur. Il s’est illustré par ses victoires navales contre les Vénètes en Gaule et lors du siège de Marseille. César l’aimait comme un fils, au point de le nommer héritier de second rang dans son testament. L’adoption : Son nom « Albinus » vient de son adoption par Aulus Postumius Albinus, bien qu’il ait conservé son nom d’origine. Le traître : Malgré ses liens avec César, il rejoint la conspiration des Ides de Mars. C’est lui qui convainc César de se rendre au Sénat le jour de sa mort alors que ce dernier hésitait à cause des présages. Sa fin : Poursuivi par les forces de Marc Antoine et d’Octave après la bataille de Modène, il est capturé et exécuté dans le Jura en 43 av. J.-C. Pourquoi deux noms sur une seule pièce ? À cette période, il arrivait que les tresviri monetales (le collège des trois magistrats responsables de la monnaie) s’associent pour une émission. C·PANSA signe l’avers (le masque de Pan). ALBINVS·BRVTI·F (Albinus fils de Brutus) signe le revers. Cette association montre la cohésion du parti césarien en 48 av. J.-C., juste après la victoire de Pharsale, avant que les trajectoires politiques de ces deux hommes ne divergent radicalement suite à l’assassinat du dictateur. Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius C. f. C. n. Pansa. En 711 (43 av. J.-C.) Il s’agit de C. Vibius Pansa qui fut consul en 711 avec A. Hirtius. Tribun du peuple en 703 (51 av. J.-C.) et probablement préteur en 706 (48 av. J.-C.), il se montra un ardent partisan de Jules César, qui l’honora de sa confiance et lui donna, en 709 (45 av. J.-C.), le gouvernement de la Gaule
1434VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa

1434VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa Avers : PANSA Masque barbu de Pan à droite. Revers : C. VIBIVS. C. F. C. N. / IOVIS AXVR (Caius Vibius Caii filius Caii nepos/ Jovis Axurus, Caius Vibius fils de Caius, petit-fils de Caius/ Jupiter Axurus) Jupiter Axurus assis de face, la tête de face, lauré, nu jusqu’à la ceinture, tenant une patère de la main droite et un sceptre de la main gauche. British Museum 3.87g INDICE DE RARETE : 4 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 48 avant J.C. Matière : Argent Gens : Vibia Références : RRC 449/1a – B.18 (Vibia) – Syd.947 Ce denier est une monnaie riche en symboles qui reflète à la fois l’identité personnelle du monétaire et le climat de tension extrême de l’année 48 av. J.-C., date de la victoire de Jules César à Pharsale. 1. Le Symbolisme de l’Avers : Le masque de Pan Le jeu de mots (Calembour visuel) : Le choix de la tête de Pan est une référence directe au cognomen (surnom) du monétaire : Pansa. C’est une pratique courante chez les monétaires romains de l’époque d’illustrer leur nom par un symbole parlant. La nature sauvage : Pan, divinité des bergers et de la nature sauvage, évoque une forme de force brute et indomptée. Derrière sa tête, on trouve parfois un pedum (bâton de berger), renforçant cette iconographie champêtre et rustique. 2. Le Symbolisme du Revers : Jupiter Axurus Identité régionale : Jupiter Axurus (ou Anxurus) est la divinité tutélaire de la ville d’Anxur (aujourd’hui Terracina). La gens Vibia était originaire de cette région. En représentant ce dieu, Pansa affirme son ancrage aristocratique local et l’ancienneté de sa lignée. Attributs régaliens : Jupiter est représenté assis, tenant un sceptre et une patère. C’est une image de souveraineté et d’ordre. Contrairement à l’image traditionnelle de Jupiter foudroyant, cette version « Axurus » est plus juvénile et protectrice. Lien avec César : En pleine guerre civile, invoquer Jupiter (le père des dieux) est une manière de légitimer la cause césarienne en lui donnant une caution divine. 3. Contexte Historique : L’année 48 av. J.-C. L’apogée de la Guerre Civile : Lorsque ce denier est frappé, Rome est déchirée entre les partisans de César et ceux de Pompée. Pansa, fervent partisan de César, utilise cette monnaie pour financer l’effort de guerre. Le contrôle du Trésor : Depuis que César a forcé les portes du Trésor (le Saturnium) à son arrivée à Rome en 49 av. J.-C., il a besoin de monétaires de confiance pour transformer le métal précieux en monnaies destinées à payer les légions. Pansa remplit ce rôle stratégique. Une monnaie de transition : Le style de ce denier montre une évolution vers des portraits plus expressifs et un relief marqué, caractéristique des ateliers césariens qui cherchent à frapper vite et en grande quantité, tout en maintenant une haute qualité artistique pour marquer les esprits. Le monétaire de ce denier, Caius Vibius Pansa Caetronianus, est une figure marquante de la fin de la République romaine. Proche de Jules César, il a joué un rôle clé lors des guerres civiles qui ont mené à la chute de la République. 1. Ses Origines : Un « Homme Nouveau » Famille : Il appartient à la gens Vibia, une famille d’origine étrusque (de Pérouse). C’est un homo novus (homme nouveau), le premier de sa lignée à atteindre le sommet de l’État romain. Adoption : Son nom « Caetronianus » indique qu’il est né dans la gens Caetronia avant d’être adopté par un Caius Vibius Pansa (probablement le monétaire de 90 av. J.-C., célèbre pour ses types à la tête d’Apollon). 2. Carrière et Allégeance à César Compagnon de César : Il sert comme légat sous Jules César pendant la Guerre des Gaules. Tribun de la plèbe (51 av. J.-C.) : Il utilise son droit de veto pour protéger les intérêts de César contre le parti aristocratique (les Optimates). Monétaire (48 av. J.-C.) : C’est l’année où il frappe votre denier. À cette époque, il est probablement édile ou préteur. Le choix de Jupiter Axurus sur sa monnaie rappelle les origines de sa famille à Anxur (Terracina). 3. Le Consulat et la Fin Tragique (43 av. J.-C.) Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., Pansa se retrouve dans une position délicate. Bien que césarien, il se rapproche du Sénat et de Cicéron pour tenter de stabiliser la République. Consul : Il devient consul en 43 av. J.-C. aux côtés d’Aulus Hirtius. Bataille de Modène : Il mène les armées du Sénat (aux côtés du jeune Octave, futur Auguste) contre Marc Antoine, qui assiégeait Modène. Mort au combat : Bien que la campagne soit victorieuse, Pansa est mortellement blessé lors de la bataille de Forum Gallorum. Il meurt quelques jours plus tard, le 23 avril 43 av. J.-C. Son collègue Hirtius étant également tombé, la République se retrouve sans consuls, ouvrant la voie à l’ascension définitive d’Octave. Anecdote historique : Pansa était réputé pour son éloquence et son caractère modéré. Sur son lit de mort, il aurait conseillé à Octave de se méfier de Cicéron et du Sénat, pressentant que ces derniers l’utiliseraient avant de s’en débarrasser. Variante 1 avec pedum derrière le masque de Pan au droit Références : RRC 449/1b – B.19 (Vibia) – CRR.948 British Museum 4.14g Variante 2 avec une flute de pan derrière le masque de Pan au droit Références : RRC 449/1c – CRR.948a Moins de 10 exemplaires observés. British Museum 4.05g Pour voir d’autres exemplaires de cette monnaie : Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius C. f. C. n. Pansa. En 711 (43 av. J.-C.) Il s’agit de C. Vibius Pansa qui fut consul en 711 avec A. Hirtius. Tribun du peuple en 703 (51 av. J.-C.) et probablement préteur en 706 (48 av. J.-C.), il se montra un ardent partisan de Jules César, qui l’honora de sa confiance et lui donna, en 709 (45 av. J.-C.), le gouvernement de la Gaule Cisalpine. Pansa rentra à Rome l’année suivante, et, en 710, César le fit désigner comme consul
1220VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa

1220VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa Avers : PANSA Masque de Pan barbu à droite. Revers : C. VIBIVS. C. F (Caius Vibius Caii Filius, Caius Vibius fils de Caius) Masque de Silenus barbu à droite. British Museum 3.76g INDICE DE RARETE : 10 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Argent Gens : Vibia Références : RRC 342/2 – B.9 (Vibia) – Syd.688 C. Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius) était un important monétaire de la République romaine, actif autour de 90 av. J.-C. à Rome. 🏛️ Informations Clés sur le Monétaire Identité : C. Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius, surnommé Pansa). Période : Vers 90 av. J.-C. (pendant la Guerre Sociale). Rôle : Magistrat monétaire (tresviri monetales), responsable de la frappe des monnaies. Famille : Il appartenait à la gens Vibia, une famille plébéienne. Postérité Numismatique : Il est le père (probable) de C. Vibius Pansa Caetronianus, qui fut consul en 43 av. J.-C. et qui frappa également des monnaies (RRC 449) reprenant certains types de son père (comme le masque de Pan). ⚔️ Contexte de Frappe La période durant laquelle C. Vibius C.f. Pansa a frappé monnaie (90 av. J.-C.) correspond à la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), un conflit majeur opposant Rome à ses alliés italiens. Ses émissions de deniers, qui étaient très importantes en quantité, ont largement servi à financer l’effort de guerre de la République romaine. Les types les plus courants de ses deniers (RRC 342/5) représentent souvent la tête laurée d’Apollon à l’avers et Minerve conduisant un quadrige à l’inverse, commémorant peut-être les premières victoires romaines dans ce conflit. 🎭 Les Masques et leur Signification 1. L’Avers (PANSA / Silène) Le Personnage : Le masque de Silène est un vieux satyre barbu, souvent chauve et jovial, lié au cortège de Dionysos/Bacchus. Il est connu pour son ivresse, mais aussi pour être le précepteur de Dionysos, possédant une certaine sagesse et des talents de prophète lorsqu’il est forcé de les utiliser. Lien avec le Monétaire : Le masque de Silène est une allusion iconographique directe au cognomen (surnom) du monétaire : Pansa. Selon les sources numismatiques, le nom Pansa (qui signifie peut-être « pied plat » ou « joues pleines ») aurait pu être visuellement évoqué par la figure de Silène, traditionnellement représenté comme bedonnant et aux traits lourds. Les masques bachiques en général sont une forme de jeu de mots visuel. Légende : La légende PANSA est clairement inscrite à côté du masque. 2. Le Revers (C • VIBIVS • C • F / Pan) Le Personnage : Le masque de Pan est une divinité grecque des bergers, des troupeaux et de la nature sauvage (assimilé au Faunus romain). Il est représenté avec des traits de bouc (barbe, cornes) et une nature exubérante et parfois craintive (d’où le terme « panique »). Il est souvent considéré, dans certaines versions, comme le père de Silène. Lien avec le Monétaire : Pan est également un personnage du cortège dionysiaque, renforçant l’allusion aux thèmes de la nature et de l’ivresse qui sont des éléments visuels choisis par la gens Vibia. Il sert à compléter l’allusion familiale commencée avec Silène/Pansa. Légende : La légende C • VIBIVS • C • F identifie le magistrat. 📜 Conclusion sur le Choix Iconographique L’iconographie du denier RRC 342/2 est donc une illustration précoce de l’utilisation de types familiaux et personnels sur les monnaies républicaines, où le monétaire choisit des images pour célébrer l’histoire, le nom ou les affiliations de sa famille, au lieu d’utiliser uniquement les types standards (divinités majeures comme Jupiter ou Mars). C’est une affirmation publique de l’identité du monétaire C. Vibius C.f. Pansa. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius C. j. Pansa. Monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) Il est probable que ce magistrat est le père de C. Vibius Pansa C. f. C. n. qui fut consul en 711 (43 av. J.-C.). Le prénom concorde parfaitement avec cette identification, ainsi que le style des médailles. Mais on ne sait rien sur l’histoire de ce monétaire, sinon qu’il fut proscrit par Sylla en 672 (82 av. J.-C.). Il fit partie du même collège monétaire que Q. Titius dont les deniers sont de style semblable.Nous avons fait remarquer ailleurs que Q. Titius copia sur ses pièces de bronze la plupart des types des deniers de C. Vibius Pansa. Ajoutons ici que l’as n. 10 de C. Vibius Pansa porte, au droit, une tête de Janus à barbe pointue, pareille à celle qui figure sur l’as de Q. Titius. Nous n’avons rien à dire de la tête d’Apollon et du quadrige de Pallas identifiée à la dea Roma, qu’on voit sur les cinq premières médailles. Sur le denier n. 6, Cérès ou Déméter, tenant deux torches, est à rapprocher de Diane Lucifera sur un denier de P. Clodius Turrinus ; c’est un type emprunté à la numismatique des villes grecques ou siciliennes, sans que nous connaissions les motifs de ce choix. Le cochon qui accompagne souvent Cérès à la recherche de sa fille Perséphone, rappelle les cochons qui, suivant la légende, bouleversèrent le sol afin de cacher la trace du passage de Perséphone. Les masques bachiques sur les autres deniers, sont des types parlants qui font allusion au cognomen du monétaire. Lieux de découverte (2 exemplaires)
1219VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa

1219VI – Denier Vibia – Caius Vibius Pansa Avers : PANSA Masque de Silenus avec une couronne de lierre à droite. Au dessous un symbole variable (des clochettes, un thyrse, des crotales ou un triangle). Revers : C. VIBIVS. C. F (Caius Vibius Caii Filius, Caius Vibius fils de Caius) Masque de Pan barbu à droite. Devant un symbole variable (un pédum, des flutes ou la syrinx). British Museum 3.95g INDICE DE RARETE : 5 1 10+ ATELIER : Rome Datation : 90 avant J.C. Matière : Argent Gens : Vibia Références : RRC 342/1 – B.8 (Vibia) – Syd.689 C. Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius) était un important monétaire de la République romaine, actif autour de 90 av. J.-C. à Rome. 🏛️ Informations Clés sur le Monétaire Identité : C. Vibius C.f. Pansa (Caius Vibius, fils de Caius, surnommé Pansa). Période : Vers 90 av. J.-C. (pendant la Guerre Sociale). Rôle : Magistrat monétaire (tresviri monetales), responsable de la frappe des monnaies. Famille : Il appartenait à la gens Vibia, une famille plébéienne. Postérité Numismatique : Il est le père (probable) de C. Vibius Pansa Caetronianus, qui fut consul en 43 av. J.-C. et qui frappa également des monnaies (RRC 449) reprenant certains types de son père (comme le masque de Pan). ⚔️ Contexte de Frappe La période durant laquelle C. Vibius C.f. Pansa a frappé monnaie (90 av. J.-C.) correspond à la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), un conflit majeur opposant Rome à ses alliés italiens. Ses émissions de deniers, qui étaient très importantes en quantité, ont largement servi à financer l’effort de guerre de la République romaine. Les types les plus courants de ses deniers (RRC 342/5) représentent souvent la tête laurée d’Apollon à l’avers et Minerve conduisant un quadrige à l’inverse, commémorant peut-être les premières victoires romaines dans ce conflit. 🎭 Les Masques et leur Signification 1. L’Avers (PANSA / Silène) Le Personnage : Le masque de Silène est un vieux satyre barbu, souvent chauve et jovial, lié au cortège de Dionysos/Bacchus. Il est connu pour son ivresse, mais aussi pour être le précepteur de Dionysos, possédant une certaine sagesse et des talents de prophète lorsqu’il est forcé de les utiliser. Lien avec le Monétaire : Le masque de Silène est une allusion iconographique directe au cognomen (surnom) du monétaire : Pansa. Selon les sources numismatiques, le nom Pansa (qui signifie peut-être « pied plat » ou « joues pleines ») aurait pu être visuellement évoqué par la figure de Silène, traditionnellement représenté comme bedonnant et aux traits lourds. Les masques bachiques en général sont une forme de jeu de mots visuel. Légende : La légende PANSA est clairement inscrite à côté du masque. 2. Le Revers (C • VIBIVS • C • F / Pan) Le Personnage : Le masque de Pan est une divinité grecque des bergers, des troupeaux et de la nature sauvage (assimilé au Faunus romain). Il est représenté avec des traits de bouc (barbe, cornes) et une nature exubérante et parfois craintive (d’où le terme « panique »). Il est souvent considéré, dans certaines versions, comme le père de Silène. Lien avec le Monétaire : Pan est également un personnage du cortège dionysiaque, renforçant l’allusion aux thèmes de la nature et de l’ivresse qui sont des éléments visuels choisis par la gens Vibia. Il sert à compléter l’allusion familiale commencée avec Silène/Pansa. Légende : La légende C • VIBIVS • C • F identifie le magistrat. 📜 Conclusion sur le Choix Iconographique L’iconographie du denier RRC 342/1 est donc une illustration précoce de l’utilisation de types familiaux et personnels sur les monnaies républicaines, où le monétaire choisit des images pour célébrer l’histoire, le nom ou les affiliations de sa famille, au lieu d’utiliser uniquement les types standards (divinités majeures comme Jupiter ou Mars). C’est une affirmation publique de l’identité du monétaire C. Vibius C.f. Pansa. Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon C. Vibius C. j. Pansa. Monétaire vers 664 (90 av. J.-C.) Il est probable que ce magistrat est le père de C. Vibius Pansa C. f. C. n. qui fut consul en 711 (43 av. J.-C.). Le prénom concorde parfaitement avec cette identification, ainsi que le style des médailles. Mais on ne sait rien sur l’histoire de ce monétaire, sinon qu’il fut proscrit par Sylla en 672 (82 av. J.-C.). Il fit partie du même collège monétaire que Q. Titius dont les deniers sont de style semblable.Nous avons fait remarquer ailleurs que Q. Titius copia sur ses pièces de bronze la plupart des types des deniers de C. Vibius Pansa. Ajoutons ici que l’as n. 10 de C. Vibius Pansa porte, au droit, une tête de Janus à barbe pointue, pareille à celle qui figure sur l’as de Q. Titius. Nous n’avons rien à dire de la tête d’Apollon et du quadrige de Pallas identifiée à la dea Roma, qu’on voit sur les cinq premières médailles. Sur le denier n. 6, Cérès ou Déméter, tenant deux torches, est à rapprocher de Diane Lucifera sur un denier de P. Clodius Turrinus ; c’est un type emprunté à la numismatique des villes grecques ou siciliennes, sans que nous connaissions les motifs de ce choix. Le cochon qui accompagne souvent Cérès à la recherche de sa fille Perséphone, rappelle les cochons qui, suivant la légende, bouleversèrent le sol afin de cacher la trace du passage de Perséphone. Les masques bachiques sur les autres deniers, sont des types parlants qui font allusion au cognomen du monétaire. Lieux de découverte (165 exemplaires)